Arlette et Christian Lolo
Délégués régionaux de Guadeloupe.
Arlette, originaire de la Métropole (de Chambéry exactement)
est Guadeloupéenne d’adoption : «Je suis arrivée
sur l’île en 67. J’avais un poste de professeur. Je
devais rester deux ans. J’ai rencontré Christian à
peine un mois après mon arrivée.» Elle s’étend
sur leur rencontre : «Je suis sortie pour danser. C’était
le seul qui dansait “normalement “ - qui dansait le rock,
je veux dire ! Deux jours après je vois un type qui me rattrape
en vélo et qui me dit : “Vous vous rappelez de moi , on a
dansé ensemble samedi ? “ Je dis : “Non“. Et
voilà.. Je suis là depuis 31 ans !» Elle dit être
ici chez elle et avoir su, au début, regarder uniquement le bon
côté des choses. Elle reconnaît par contre que, depuis
quelque temps, le printemps lui manque... ainsi que le passage des saisons.
«Je crois de toute façon que plus on avance en âge
plus on ressent ses racines.»
Christian, lui, est originaire de l’île ; de Basse-Terre,
plus précisément. Retraité d’Air France, il
décide, en 1995, de prendre avec Arlette la délégation
régionale de PIE en Guadeloupe. Il faut dire que Laurence et Jessica,
leurs deux filles, sont toutes deux parties aux USA (en Californie) avec
PIE et que l’expérience a été probante.
En quatre ans, Arlette et Christian ont permis à une bonne trentaine
de Guadeloupéens de partir une année à l’étranger.
Le programme Accueil est encore inexistant. «Mais comment faire
comprendre aux étrangers que la Guadeloupe, c’est la France
?» Et comment résoudre le problème des coûts
de transport ?
Au cours d’une conversation, Christian lâche ce qui pourrait
bien être leur devise : «Je ne sais plus qui disait que le
fait de ne pas être dans le malheur, c’est déjà
être dans le bonheur. En partant de ce principe,on réalise
qu’il y a des milliers de façon d’être heureux,
et qu’il faut savoir prendre le bonheur, dans les toutes petites
choses... Et partout où il se trouve.»
Dominique Talbot
Correspondante locale en Guyane
Charles, le fils de Dominique et d’Alain Talbot, est parti aux
USA en 97-98.
«Charles a passé son année à Hawaii. Il en
est revenu très épanoui, plus sûr de lui, bien dans
sa peau. Il a affronté quelques petits problèmes, mais les
difficultés se sont doucement aplanies. Sa première famille
était d’origine philippine. La grand-mère ne parlant
que le philippin, il a même acquis de petites notions dans cette
langue (il avait un bon répétiteur , en la personne du perroquet
familial !). Sa seconde famille était «typiquement américaine»,
au sens où on l’entend ici (niveau de vie, origines...).
Les deux parties de son expérience furent donc très complémentaires.
Avant son départ, il manquait un peu de maturité. En fait
il ne savait trop quoi faire. Il avait des projets d’études,
mais ne se donnait pas les moyens de les réaliser. A ce niveau
là, l’année lui a beaucoup apporté. L’objectif
était qu’il prenne du recul ; il a été largement
rempli. Il a grandi, il a mûri. Aujourd’hui il nous paraît
déterminé et convaincu. Je sais que cette année a
compté et comptera pour lui.»
Au moment où Charles s’envole pour les USA, Dominique et
Alain migrent de Normandie en Guyane (où les obligations professionnelles
les appellent). Là, Dominique se décide à endosser
la casquette de correspondante locale. Elle représentera donc le
département d’outre-mer, soutenue et "supervisée"
à distance par Paris, et, au niveau régional, par Christian
et Arlette, les Guadeloupéens : «J’avais été
particulièrement contente du suivi du séjour de Charles,
par la présence et le soutien de Bénédicte. J’avais
donc commencé à faire de la publicité pour PIE auprès
des amis, voisins. Et puis Christian m’a fait la proposition. Il
m’a paru logique de donner suite. Je suis encore sous le charme
de cette expérience. Je crois vraiment que je peux convaincre des
parents.»
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