Petite histoire d'une association
PIE : Vocation et action
Pour fêter les 20 ans de PIE, Trois quatorze revient ici
sur l’action et la vocation de l’organisme, sur ses structures
et son esprit.
PIE est une association à but non lucratif, régie par
la loi de 1901, dont la vocation est de promouvoir et d'organiser des
séjours scolaires et familiaux, de longue durée, en France
comme à l'étranger.
L'objet, tel que défini dans les statuts, est le suivant : «
promouvoir la compréhension internationale en organisant et en
patronnant des programmes d’échanges scolaires internationaux
; établir, dans ce but, des contacts avec les organismes existants
; recruter et sélectionner de jeunes français désireux
de vivre une expérience familiale et scolaire à l’étranger
; recruter et sélectionner des familles françaises susceptibles
d’accueillir des jeunes de nationalité étrangère
au sein de leur foyer ; et, d’une manière plus générale,
créer et promouvoir toute activité tendant à compléter
l’enseignement scolaire par une formation intellectuelle, morale,
physique, culturelle et artistique, dans un cadre familial international,
en dehors de toute considération raciale, politique, sociale ou
confessionnelle. »
Vingt ans après la création de l’association, on réalise,
en relisant ces statuts, que l’objet était précisément
défini, et que l’objectif a été poursuivi sans
faillir par l’association. L’action, durant cette période,
a en effet principalement consisté à mettre en place des
séjours appelés aujourd’hui « séjours
académiques », qui se distinguent des séjours linguistiques
classiques ou des séjours touristiques par leur durée, et
parce qu’ils conjuguent voyage, scolarité et vie familiale.
Le « séjour académique » permet à l’adolescent
qui y participe, d’acquérir la connaissance pratique d’une
langue mais aussi des mœurs et usages d’une autre société.
Il consiste à mettre entre parenthèses pendant toute la
durée de son expérience « la vie à la française
», ou, pour un jeune étranger, la vie à l’américaine,
à l’allemande, à la thaïlandaise…
Les implications du séjour académique sont nombreuses et
majeures ; c’est ce que l’association et ses membres n’ont
cessé de découvrir et de redécouvrir au fil des ans.
Parce que les repères des adolescents se déplacent, ces
derniers découvrent qu’on peut vivre et penser autrement.
Ils entrevoient d’autres perspectives, acquièrent une vision
plus réaliste des choses, une vision qui permet de mieux se situer
dans le monde. Il s’agit d’une véritable formation
: formation complète puisque touchant autant au savoir qu’à
l’observation, la compréhension, l’adaptation, (à
l’école et à la famille) ; formation plus que «
continue » puisque dispensée pendant près de trois
cents jours ; formation très bénéfique puisque agissant
sur le court, le moyen et le long terme. Outre qu’elle procure aux
participants un atout essentiel dans leur future vie universitaire et
professionnelle, cette expérience les aide d’une façon
ou d’une autre - et ce, quelles que soient les difficultés
qu’ils rencontrent - à entrer dans la vie adulte.
La vocation de PIE était donc humaniste, son action a priori
bénéfique, son projet de toute évidence ambitieux
: voilà qui a donné toute sa noblesse à l’association
et qui n’a cessé d’aider et de motiver tous ceux qui,
de près ou de loin, ont participé à son développement.
L’ESPRIT D’UNE ASSOCIATION
En jetant un coup d’œil sur le parcours de PIE, on s’aperçoit
que le cap fixé au départ a été plutôt
bien tenu, et ce malgré les « grains » (années
difficiles, remise en cause d'échanges avec certains pays - l’Australie,
hier, le Canada aujourd’hui, augmentation du dollar - entre 83 et
88, et depuis 98), malgré les avis de tempête (menace du
Département américain d’interdire les échanges
pour les élèves bacheliers -, tassement du « marché
américain de l’accueil »…), et malgré
ces courants contraires (tracasseries administratives, difficultés
pour obtenir les visas pour les jeunes Français et pour les jeunes
étrangers, difficultés pour inscrire les participants dans
les écoles…).
PIE a su créer un réseau de participants étrangers.
PIE a maintenu le cap, cela veut dire que, tout en faisant preuve de souplesse
et d’esprit d’adaptation, l’association a su rester
fidèle à une ligne de conduite, à un esprit.
Cet esprit, quel est-il ? On le définira par quelques notions
majeures, des principes ou des axes autour desquels les membres de l’association
et les participants aux programmes se sont toujours retrouvés.
La foi dans l’action engagée : tous les membres de l’association
et tous les salariés sont persuadés du bien fondé
des séjours académiques ; cette conviction est un moteur
essentiel. Elle permet, en toutes circonstances, de garder énergie
et moral, de donner un nouvel élan, de rebondir et de repartir.
Le bénévolat des familles d’accueil (à l’étranger
comme en France) : c’est un principe fondamental, auquel l’association
n’a dérogé qu’à de très rares
exceptions (et toujours pour des raisons politiques ou administratives
- ex. : Chine ou Russie) ; cette règle est, selon PIE, la meilleure
garantie d’un accueil sincère, le certificat le plus sûr
quant à l’esprit dans lequel est pratiqué l’échange
culturel ; elle a également permis de proposer des séjours
à des prix acceptables, et donc de les ouvrir à une population
relativement large.
La création d’un réseau de partenaires étrangers
fiable : PIE a dû tisser patiemment un réseau en veillant
à ce que tous ses partenaires respectent, grosso modo, les mêmes
règles de bases.
La disponibilité : PIE a, en partie, bâti sa réputation
sur sa capacité à passer du temps avec chaque participant
et avec chaque famille ; les relais de l’association que sont les
délégués et les correspondants locaux, sont toujours
prêts à répondre aux questions ; les bureaux sont
ouverts de 9 à 19 heures sans interruption ; l’association
est joignable 24 H / 24 ; le réseau et la fréquence de communication
sont très développés (courrier, téléphone,
e-mail, fax, journal…) ; à la quantité d’informations
s’ajoute également sa qualité, rares sont en effet
ceux qui se plaignent d’être mal reçus ou mal informés,
rares sont les critiques majeures émises sur sa documentation ;
L’expérience : elle s’est, par définition,
acquise et développée avec le temps ; mais, pour autant,
elle n’était pas nulle au départ ; PIE a profité,
dès son lancement, du fait que deux de ses fondateurs avaient vécu
une année scolaire dans un pays étranger ; l’association
a, par ailleurs, bénéficié à sa naissance
de l’appui de deux « parrains » de marque : Sue Marcos
ancienne dirigeante de YFU (qui fut à l’origine de la création
de l’association) et Jean-Marc Mignon, ex-directeur du « Club
des 4 vents », qui hébergea et épaula PIE jusqu’en
84) ; PIE n’a cessé ensuite d’accumuler de l’expérience
; son travail a été facilité, il faut bien le dire,
par le fait que tous ceux ou presque (des dirigeants aux salariés
en passant par les délégués) qui ont gravité
autour de l’association avaient participé directement ou
indirectement à un séjour de longue durée à
l’étranger ;
La spécialisation : plusieurs organismes mettent en place, organisent
et gèrent des séjours de longue durée, mais PIE est
le seul à concentrer son énergie et son savoir sur ce seul
programme ; l’association connaît parfaitement les rouages
de ce type de séjour ; elle est donc plus apte à remédier
au mieux et au plus vite aux obstacles qu’il génère.
Au niveau international, PIE et ASSE ont créé une dynamique
de l’échange de longue durée. Un nombre de plus en
plus grand de partenaires, partout dans le monde a compris l’intérêt
de la spécificité de la longue durée. Le système
a fait tache d’huile.
Les relations humaines : l’aspect humain et relationnel - souvent
mis en avant par les responsables - a permis à l’association
de cultiver un esprit de corps, de groupe. PIE, aujourd’hui, ressemble
autant à une grande famille qu’à une petite entreprise.
L’HISTOIRE
Elle commence, officiellement, le 2 février 1981. À cette
date se tient en effet la première assemblée générale
de l’association. Il s’agit en fait d’une assemblée
constitutive qui approuve les statuts, nomme les administrateurs (au nombre
de six) et élit son premier président (Pierre Hersan). Suivront
: la déclaration de l’association à la préfecture
(5 février 1981), la déclaration au journal officiel (le
10 du même mois), et le premier conseil d’administration (le
16). L’idée même de la création remonte à
l’automne précédent. Laurent Bachelot et Jean-Louis
Berquer, deux anciens participants YFU ont été contactés,
via Sue Marcos, par « Pacific Intercultural Exchange », un
organisme américain qui recherche un correspondant en France (car
la France est un partenaire indispensable dans ce type d’échanges).
Pascal Blox, qui a fait ses études avec Laurent Bachelot, se joint
au duo. Les négociations s’engagent avec Rita Hammer et Klaus
Bergman. Discussions, échanges, mise en place : en moins de trois
mois, le train est en marche.
1981-1984 : Les débuts
Le nom de l’association met du temps à se dégager.
Au terme d’un « brainstorming » infructueux, l’équipe
se fixe une contrainte, celle de respecter les initiales du partenaire
américain. Les trois premières lettres de « Pacific
Intercultural Exchange », soit P, I et E, donneront donc «
Programmes Internationaux d’Echanges ». Pour la petite histoire,
on retiendra que l’association faillit s’appeler Passeport
International Etudiant ou encore Programme Interculturel Étudiant…
Avec un peu de distance, on admettra que ce nom (Programmes Internationaux
d’Echanges) à défaut d’être génial
avait (et a toujours) le mérite d’être simple, parlant
et précis ; même si le terme « d’échanges
», employé au sens large (au sens d’échange
culturel) a toujours porté un peu à confusion, car il sous-entend
la réciprocité de l’accueil. Petit à petit,
c’est l’abréviation (P.I.E.) qui de toute façon,
finit par s’imposer… Mais sans pour autant reléguer
aux oubliettes l’intitulé dans son intégralité.
Cet intitulé est en effet toujours resté apparent sur le
logo, a toujours été mis en évidence dans la documentation,
et continue à être utilisé par beaucoup. On notera
que Pacific Intercultural Exchange (l’organisme américain)
ayant rapidement disparu, PIE est, dans le milieu international des échanges
culturels, connu et reconnu aujourd’hui comme un organisme français.
Revenons au lancement. Deux aides concrètes mettent l’association
dans le sens de la marche. L’une vient du partenaire étranger,
l’autre du Club des 4 vents (association française spécialisée
dans les séjours courts). Le premier avance à PIE 4500 dollars.
Cette somme permet notamment d’imprimer un papier à en-tête,
de créer et de diffuser un premier dépliant (qui fait office
de brochure) pour recruter les participants. De son côté,
le Club des quatre vents met à la disposition de PIE un bureau
dans ses locaux. Le parrainage du « Club » - dont la réputation
et l’assise sont solides - aide l’association à mettre
le pied à l’étrier ; d’autant que l’adresse
- au cœur du sixième arrondissement - apporte tout de suite
un peu de notoriété et de sérieux à l’association.
Dans les premiers temps, la répartition du travail est simple
: Laurent noue et développe les liens avec les États-Unis
et tisse la trame d’un petit réseau en France. Pascal, d’abord
trésorier, quitte bientôt le conseil et s’installe
à l’administration et aux finances. Jean-Louis assure les
entretiens et la sélection. Grâce à sa parfaite maîtrise
de l’anglais, il crédibilise l’ensemble.
Les débuts de PIE sont durs - surtout financièrement - mais
pas poussifs : le marché existe et la concurrence en France est
faible (pour ne pas dire inexistante). La première année,
23 jeunes français s’inscrivent pour une année scolaire
aux USA, et cinq étrangers sont accueillis en France. Ce résultat
est inespéré autant que prometteur (les premiers candidats
ne se sont inscrits qu’en février) ; et même si 11
dossiers parmi les 23 sont refusés par le partenaire (dossiers
difficiles, car montés trop rapidement), ce résultat permet
de voir venir et d’aborder la seconde année sereinement.
En 82/83 (première année complète), 33 jeunes s’inscrivent
aux programmes. Ils seront 64 en 83/84 et 62 en 84/85. PIE est sur de
bons rails.
Ces premières années sont marquées par quelques
événements majeurs :
- la nomination au poste de délégué général
de Laurent ; un poste qu’il ne quittera plus ;
- l’embauche des deux premiers salariés - le départ
de Jean-Louis vers d’autres cieux (l’interprétariat)
et la poursuite de Pascal et Laurent en duo ;
- la décision de se focaliser uniquement sur la longue durée
et de se détourner de façon drastique de tous les séjours
qui pourraient s’assimiler à du tourisme pur ;
- la création du journal de l’association ; le numéro
1 de « Trois Quatorze » sort en décembre 82 ; à
l’époque, le logo de PIE étant un pi grec, le nom
du journal s’impose avec évidence ;
- le changement de partenaire aux USA (83) ; Interschola prend la suite
de Pacific Intercultural Exchange ; Interschola est dirigé par
Janis Schmitt ; le siège de l’organisme (une « non
profit organization ») se situe à San Diego ; la plupart
des placements se font donc en Californie, mais aussi dans le Michigan
ou, Thérésa Barnes, une déléguée locale,
abat un gros travail ;
- le développement des échanges avec un nouveau pays : le
Brésil (82) ;
- la participation au premier salon Expolangues (83) :
- la naissance d’un vrai réseau de délégués
bénévoles. Aux pionniers, Maryse Boyer, (Nord-Picardie),
Annie Bachelot (Paris), et Jean Bonnaud (PACA) viennent se joindre Bernard
Mahé, Michelle Habert, Eric Jeunemaître (83), puis Jean-Claude
et Jackie Richoud, Claude et Zon Suplisson, Josette Chaudeaux, Andrée
Billon, Lionelle Goyé, Geneviève Rose, Nicole Cerrutti;
ces derniers sont des parents d’anciens participants au programme
; d’autres vagues suivront.
1985-1997 : de l’enfance à la maturité
À la fin de l’année 84, PIE déménage.
L’association qui a grandi et grossi (nombre de participants, effectifs,
délégués, chiffre d’affaire…) est à
l’étroit dans les locaux de la rue Gozlin. PIE prend son
indépendance. L’arrivée « rue du Bac »
est le point de départ d’une nouvelle phase de développement.
Une phase qui amènera, en trois ou quatre ans, l’association
sur un rythme de croisière de 150 participants par an (départ
et accueil cumulés). En 85, les échanges se développent
avec l’Allemagne. L’année 86 est une année charnière
dans la mesure où PIE change à nouveau de partenaire. En
choisissant de « s’associer » avec ASSE, l’association
prend de l’envergure et du poids ; elle élargit notamment
sa sphère d’échange ; d’abord à l’Australie
et au Canada (87), bientôt aux pays scandinaves (Suède, Norvège,
Islande), plus tard aux pays asiatiques. ASSE est dirigée par Bill
Gustaffson ; le siège de l’organisme est à Laguna
Beach (Ca.). ASSE présente l’énorme avantage d’être
une organisation solide (qui accueille près de 3000 jeunes étrangers
par an), influente, reconnue (notamment par le Département d’état
américain). Le « mariage » entre PIE et ASSE est plutôt
heureux. On en veut pour preuve sa durée : bientôt 14 ans.
Le couple a tenu, et tient encore, malgré les coups durs, les divergences
et les coups de gueule.
En France, PIE a largement développé son réseau.
L’association a choisi de calquer sa trame sur celle de l’administration
française (22 régions). Rapidement tout le territoire national
est couvert, exception faite de la Corse. Si l’Aquitaine et l’Alsace
ont toujours été les maillons faibles de l’association
(PIE les a toujours reliées et associées à d’autres
régions) Picardie, PACA, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées,
Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire, Franche-Comté, Normandie
et Bretagne sont, successivement ou simultanément, les fers de
lance de l’association en région. La Bourgogne (de Claudine
Bernardis puis d’Annie Bachelot) est peu puissante mais toujours
présente, de même que l’Auvergne et le Centre (qui
se réuniront bientôt, sous la férule d’Andrée
Hamonou). Au milieu des années 80, la Guadeloupe (d’Arlette
et Christian Lolo) intègre le groupe, (c’est le premier D.O.M.)
; suivent la Champagne-Ardenne (Dany Carton) et le Poitou-Charentes (Elisabeth
Mostini), deux régions au fort potentiel qui avalent respectivement
la Lorraine (après le départ d’Evelyne Keller) et
le Limousin. Dans les années 90, c’est au tour de La Réunion
de faire son entrée dans la famille.
Car PIE est bel et bien devenue une grande famille. Durant ces années,
un véritable réseau d’anciens s’est créé
et n’a cessé de s’agrandir. À la première
génération (Michel, Hélène, Geneviève,
Catherine, Myriam, Sandra, Bénédicte, Olivier, Annaïck,
Isabelle, Carole, Jacques, Cyril, Rachelle, Laure, Cécile, , Laura,
Yvette, David, Marie, Sylvie, Stéphane, Elsa…) vient s’en
ajouter une seconde, puis une troisième (Virginie, Sophie, Matthieu,
Fred, Céline, Mylène, Cécile, Benjamine, Marie, Dominique,
Rachida, Fréderique, Agathe, Christine, Maya, Aurélia, Daphné,
Davy, Julien, Florien, Sébastien, Francis, Etienne, Juliette, Marion,
Agathe, Daphné, Marie, Sabrina, Anne-Pascale, Leslie, Élodie,
Ludivine, Elisabeth …). On en oublie… Forcément ! Un
sentiment réunit tout ce beau monde : l’envie de partager
ses souvenirs, de se remémorer son expérience, de la diffuser.
Ce sentiment est bien résumé par Yvette et Cyril qui dans
un numéro de Trois quatorze parlent : « de culture qui rapproche
et qu’on aime se rappeler, de références communes,
de communauté de pensée ». Les anciens ont de l’affection
les uns envers les autres ; ils tissent leur toile. Le 12 de la rue Berbier-du-Mets
(où PIE s’installe en 89) est une sorte de « camp de
base ».
Le réseau se développe également en Province. En
87, PIE crée la fonction de correspondant local. Il s’agit
de faire face à une charge de travail trop importante en région.
Certains délégués sauront rapidement créer
autour d’eux une petite équipe (composée généralement
de parents, d’anciennes familles d’accueil et d’anciens
participants) déléguer une partie de leur travail et élargir
ainsi l’audience de l’association. En Languedoc Roussillon,
Christine Callier réunit, autour de Fred, Mylène, Mathieu,
Séverine, Cyril, Mickaël, Benoît…, une vraie association
au sein de l’association. Dominique Bogdanski fait partie du groupe
; elle deviendra « Calife à la place du Calife », et
saura dessiner une région à son image. En Bretagne, Julien,
Véronique, Sabrina et d’autres assistent Dominique et Maryvonne
Glémot. Dans les Pays de la Loire, Andrée Billon met sur
pied un véritable « staff technique » où chacun
à une fonction précise. Même si les anciens sont durs
à fixer (déplacements fréquents liés aux études,
activités multiples…), la création du poste de correspondant
local dynamise nettement l’association.
Immédiatement le réseau se densifie. Des correspondants
s’installent à Châlon, Albi, Niort, Bordeaux, Tours,
Nantes, mais aussi à Pontarlier, Saint-Anne (en Guadeloupe), Kourou
(en Guyane)…
C’est donc durant cette période, qui s’étend
de 85 à 97, que PIE va affirmer son identité et que l’esprit
dont nous parlions plus haut, symbolisé par cette symbiose des
anciens et des délégués, va prendre forme et s’imposer.
L’époque est aussi marquée par l’ancrage de
l’association au sein du monde des séjours culturels et linguistiques.
En quelques années, le statut de PIE change radicalement. D’inconnue,
l’association devient incontournable. PIE intègre l’U.N.A.T.
en 90. En 92 elle est, avec AFS, à l’initiative de la création
de l’U.N.S.E. (Union nationale des organisations de séjours
de longue durée à l’étranger) et de la rédaction
de sa charte de qualité. En 96, elle participe activement à
la création de l’Office national de garantie des séjours
et stages linguistiques, dont elle devient l’un des premiers adhérents.
L’association est signataire, l’année suivante, du
contrat approuvé, contrat établi dans le cadre de l’Office,
sous l’égide du Ministère chargé de la consommation.
Dans le secteur de la longue durée, PIE est aujourd’hui une
référence, sinon « la » référence.
Son image dans la profession est bonne (mélange d’humanisme
et de professionnalisme). Son avis est reconnu et écouté.
Son journal est lu, commenté par tous.
À la fin des années 80, la demande se diversifie. PIE
doit maintenant répondre à des attentes variées (séjours
linguistiques courts, séjours au pair…). Pour préserver
sa spécificité et son identité, les responsables
décident, en 1989 de monter une structure parallèle (Calvin-Thomas)
qui se spécialisera sur les séjours aux USA (voir page 12).
Les deux organismes partageront leurs locaux et leurs infrastructures,
et vivront en bonne entente (renvoi de clientèle, actions parallèles,
entraide des salariés). Catherine, « ancienne » participante
PIE, est la première responsable des programmes, Afif la secondera
puis la remplacera dès 97. Tous deux tiendront un rôle important
dans la mise en placet et le developpement de Calvin-Thomas et dans les
relations des deux structures. Au moment de la création de Calvin-Thomas,
Dominique Glémot (déjà délégué
PIE) se jette à l’eau ; il quitte son emploi et se lance,
en tant que salarié dans la nouvelle aventure. Il ouvre un bureau
régional et devient le relais incontournable de PIE et Calvin-Thomas
en Bretagne.
À titre symbolique, on retiendra également de cette phase
de développement, la création d’un club de baseball
(« Magpie ») et d’une équipe : « Les Chiens
Andalous ». Composée de salariés et d’anciens
(âgés de 16 a 45 ans), affiliée au stade de Montrouge,
coaché par un américain (Randy Lear), sponsorisée
par TWA (excusez du peu), l’équipe écrème les
terrains de la banlieue parisienne entre 86 et 89. Ses titres de gloire
sont peu nombreux (elle obtint sa seule victoire, par 2 points à
1, contre une équipe de minimes), ses défaites sont importantes
et cinglantes (on se souvient d’un 24 à 6 contre l’équipe
féminine de Savigny). Les aventures des « Chiens Andalous
» sont racontées dans les numéros 9 à 14 de
Trois Quatorze.
On notera enfin, et de façon plus sérieuse, que cette
période est marquée par la mise en place d’un conseil
d’administration équilibré et compétent, présidé
par Olivier Gallo (directeur du personnel dans le secteur industriel).
Philippe Saint-Martin (ancien chef de cabinet au ministère du travail
et personnalité influente du monde associatif) en fut son trésorier
(jusqu'à sa disparition le 30 mars 2001). Sont également
membres du conseil : Jean-Marc Mignon, Bernard Mermillon (avocat fiscaliste)
et deux anciens participants (Olivier Orth et Cécile Geoffray :
respectivement chef d’entreprise et responsable de communication).
Le conseil a suivi de près la croissance de l’association,
et a contribué par ses conseils et ses jugements à sa stabilité
et à son équilibre.
Les grandes manoeuvres
Cette troisième phase s’enclenche dans le courant 97; elle
correspondant à la convergence de quatre événements
majeurs, mais bien distincts : la volonté de PIE d’augmenter
son audience en province et la volonté des salariés de quitter
Paris, le développement d’Internet, la difficulté
de plus en plus grande à placer les jeunes (dans les familles et
les écoles), la modification des relations entre l’association
et les participants.
Le déménagement du bureau national.
Il a lieu en deux temps. En 1996, Laurent Bachelot installe une antenne
près de Salon-de-Provence. De là, il travaille, prospecte,
et étudie la viabilité d’un projet plus ambitieux
: installer le bureau national à Aix-en-Provence. Il faut dire
que PIE souffre d’un énorme déficit d’image
et de représentation dans le sud-est - notamment dans la région
PACA (2 participants en 95 !), que le bail de la rue Berbier–du-Mets
touche à son terme, et que l’équipe parisienne, dans
sa grande majorité, envisage d’un assez bon œil de migrer
vers une région plus chaude et moins stressante. En juin 98, PIE
fait le pas. L’association établit ses quartiers à
Aix, au 39 de la rue Espariat, au cœur même de la vieille ville.
Le déménagement s’effectue entre juillet et octobre.
En janvier, PIE abandonne les 160m2 de locaux de la rue Berbier-du-Mets,
et installe un petit bureau de 35 m2, rue de Charenton, à deux
pas de la gare de Lyon. Aix prend le statut de bureau national et Paris,
qui héberge le siège social de l’association, devient
une région à part entière (Paris - Île-de-France).
Le bureau sera mis en place par Sylvie, puis développé par
Zohra (soutenue par Benjamine puis par Anne-Pascale.)
Développement d’internet.
97-98. En France, le « net » prend réellement de
l’envergure, et s’impose comme un outil de travail incontournable.
Dans la mesure où les adhérents, les délégués,
les correspondants et les partenaires de l’association commencent
à l’utiliser couramment, PIE s’équipe de manière
conséquente (l’installation dans le nouveau bureau favorise
cette bascule) et franchit un pas important en matière de diffusion
de l’information. Au 1er juin 2000, L’ensemble des partenaires
de PIE décide de communiquer par e-mail plutôt que par fax.
L’e-mail devient donc le moyen principal de relation avec les pays
étrangers. Au niveau national, il gagne chaque jour du terrain
sur les moyens plus classiques : téléphone et fax. Parallèlement,
PIE ouvre son site internet. Le baptême a lieu en 1999. Ce site,
conçu et créé par Fred Lanier, est plein d’astuces.
Il se distingue de ceux de la concurrence par son caractère évolutif
et par le complément d’informations qu’il procure à
ceux qui le consultent. www.piefrance.com n’est pas un doublon de
la brochure. Il profite de nombreuses passerelles extérieures (cartes,
informations sur les états nord-américains, liens vers les
écoles) et intègre des témoignages, enquêtes
et interviews recueillies par Trois quatorze. Le site est donc aussi un
relais du journal ; il permet à l’information d’être
diffusée plus souvent et plus rapidement.
Le problème des placements et la modification de la relation
de PIE avec les participants et avec leurs parents.
Les Etats-Unis ont beau être la cible de nombreuses critiques et
de nombreux sarcasmes, le monde entier veut s’y rendre, y étudier,
s’y installer. Et les plus jeunes ne font pas exception à
la règle. À partir du début des années 90,
la demande sur les séjours scolaires aux USA ne cesse de croître
(particulièrement la demande en provenance d’Allemagne et
de Scandinavie). Parallèlement, le « marché »
de l’accueil bénévole se tasse. Les écoles
américaines deviennent de plus en plus exigeantes (niveau d’anglais
et niveau scolaire des participants, âge, etc.). Au point même
que certaines dates de départ et certains placements ne peuvent
plus être garantis à 100%. Cet état de fait amène
l’association à prendre conscience de la valeur du produit
qu’elle propose et à faire évoluer son discours vis-à-vis
des futurs participants et de leurs parents.
Ces changements tiennent donc à la forme plus qu’au fond.
L’association choisit de jouer la transparence. Elle fait désormais
clairement savoir que son rôle est celui d’un intermédiaire,
qui met tout en oeuvre pour rendre possible et heureux le séjour
du jeune à l’étranger, mais qui ne peut en aucun cas
se substituer aux autorités compétentes et garantir ce que
l’école ou les autorités administratives étrangères
ne peuvent ou ne veulent garantir.
Parallèlement, PIE réalise qu’une majorité
de parents deviennent de plus en plus exigeants quant au contenu du séjour.
À partir du moment où ils confient leur enfant à
PIE, ces derniers ont tendance à considérer l’association
comme unique responsable de toutes les composantes de l’expérience
(faits et gestes de leurs enfants, faits et gestes de la famille d’accueil,
des délégués, des écoles et de la société
dans son ensemble, relations des individus entre eux, etc.).
Pour toutes ces raisons, à l’heure ou le consumérisme
se développe et ou les rapports entre les contractants ont de plus
en plus tendance à se « judiciariser », les responsables
prennent conscience de la nécessité de définir précisément
le rôle et les responsabilités de tous les acteurs.
Pour ce faire, PIE établit un contrat précis et complet
qui (re)cadre chacun des partenaires et modifie assez radicalement la
donne. « La charte du participant », qui fait office de bulletin
de vente, met chacun face à ses responsabilités et à
ses limites. Les rapports entre salariés, parents, participants
et partenaires à l’étranger, deviennent plus clairs
et plus sains. Les participants connaissent mieux leurs devoirs et se
préparent mieux au séjour et au choc culturel. Ils réalisent
qu’ils sont membres à part entière de l’association
et qu’ils sont impliqués dans la vie de cette dernière,
au même titre que les salariés et les membres du conseil.
Cette période de mutation est également marquée par
la restructuration du bureau national. Les programmes « Départ
» et « Accueil », jusque-là dissociés,
sont désormais réunis. Bénédicte et Céline
d’abord, puis Mylène et Maya, à leur arrivée
en 1999 et 2000 prennent en charge leur fonctionnement, dans tous leurs
aspects. La promotion des programmes devient un poste à part entière
; il est confié à Fred.
En 2001, deux nouveaux programmes voient le jour
: le programme 2x6 (le participant vit un semestre dans un pays et un
semestre dans un autre), et le programme 3+3 (le participant vit d’août
à novembre aux USA, au Canada ou au Mexique, sa famille naturelle
reçoit un jeune étranger de janvier à avril). Ces
deux nouveaux programmes témoignent de la nécessité
de PIE de diversifier son offre.
Constance et évolution.
Les vingt années qui se sont écoulées ont été
marquées par d’importants mouvements ; elles ont également
été empreintes d’une certaine stabilité. Si
continuité il y eut - tant au niveau de la réflexion que
de l’action - on la doit, avant tout, à la permanence du
duo de direction. La présence de Laurent et Pascal (l’association
qu’ils forment - voir pages 6 et 7), leur façon de fonctionner
ensemble et de diriger, a donné un style à PIE. L’image
de PIE est parfaitement identifiable : elle est teintée de décontraction
autant que de sérieux, d’esprit de corps autant que d’esprit
d’indépendance. PIE passe pour être toujours un peu
en avance (toujours un peu à la pointe). Mais, paradoxalement,
l’association cultive certaines caractéristiques, des caractéristiques
que d’aucuns considèrent comme des archaïsmes (pas de
secrétariat, pas de standard téléphonique…).
Au fil des ans, Laurent et Pascal imposent leur présence (à
l’intérieur comme à l’extérieur, ils
sont devenus aujourd’hui des interlocuteurs privilégiés
dans le monde des échanges de longue durée). Pascal est
aujourd’hui trésorier de L’Office ; Laurent, secrétaire
de L’U.N.S.E.
PIE est toujours restée fidèle à ses « anciens
» (et inversement). Ces derniers constituent la force vive de l’association.
De stages en réunions, de rencontres en portes ouvertes, de sorties
en salons, les anciens n’ont cessé et ne cessent de donner
vie à l’organisme et aux différents bureaux. Ils passent,
repassent, disparaissent, réapparaissent… Ils sont visiteurs,
accompagnateurs, animateurs de stages et de « talent show »,
salariés, stagiaires…». 90% des salariés de
PIE ont été d’ex-participants aux programmes. Très
vite, quelquefois très jeunes, ils ont assuré des rôles
importants (entretiens, préparations) voir même des postes
« stratégiques ». À 20 ans, Benjamine dirigeait
la région Ile de France ; Anne-Pascale faisait de même…
à 19 ! À PIE, la valeur n’attend pas le nombre des
années. Ce sont les « anciens » qui ont permis à
l’association de rester « jeune », de renouveler et
d’adapter en permanence le discours. La création de «
PIE Connection » (en 2001) en est un bon exemple. Mis sur pied à
l’initiative de Dominique Béhar, il reprend et adapte une
idée lancée en son temps par Virginie Foucaut. Centré
autour de Marie, Geneviève, Laura, Marion, Adeline, Davy, Leslie,
Juliette, Élodie…, le club des « anciens » est
promis à un bel avenir.
La constance à PIE est également fruit de la durée.
Le réseau de délégués s’est construit
sur le long terme. Certains délégués sont présents
depuis 81. Avant de s’occuper de leur région, ils ont souvent
été correspondants locaux. Certains ont su bâtir une
petite équipe autour d’eux, créer un noyau, une véritable
vie en région, et su préparer leur succession. Si l’association
dégage une impression de fidélité et de disponibilité,
c’est en partie à ses représentants locaux et à
ses délégués qu’elle le doit. On pense à
Michelle et Alain Cardon (ils ont accueilli trois fois, ils ont été
les correspondants de Christelle puis les délégués
de leur région) à Jackie et Jean-Claude Richoud ou à
Annie Bachelot (qui symbolisent tous trois la permanence dans l’action),
à Danièle Charamat ou à Marie-Claude Nagle
(qui représentent le renouvellement ) à Elisabeth Mostini
et Dany Carton (les seules déléguées qui avant même
d’inscrire un de leurs enfants au programme étaient déjà
les ambassadrices de l’association), à Lionnelle, Christian
et Arlette, Andrée(s), Geneviève(s) (les travailleurs-travailleuses
de l’ombre !), et à tous les autres que nous nous excusons
de ne pouvoir citer…
« Trois quatorze » a participé, à sa
façon, à la construction de l’association. Le premier
numéro du journal est sorti en 82. Depuis, « Trois quatorze
» a oeuvré dans la régularité. Petit mais fidèle,
modeste mais sérieux, le journal s’est doucement imposé
comme l’outil de communication privilégié de PIE,
celui que la concurrence n’a jamais pu ou jamais su s’offrir
(faute de temps, faute de s’en être donné les moyens).
La première force de « Trois quatorze » est d’exister.
La seconde est de donner en priorité la parole aux principaux acteurs
de l’échange : les adolescents et les familles d’accueil.
Voilà pour la constance. En ce qui concerne le mouvement, on
retiendra les 4 adresses du bureau national : le 1, rue Gozlin (Paris
6e); le 73, rue du Bac (Paris 7e) ; le 12, rue Berbier-du-Mets (Paris
13e) ; le 39, rue Espariat (à Aix) ; et le bureau de Paris (au
87 bis de la rue de Charenton), et celui de Rennes (au 22, de la rue de
Riaval), et celui d’Amiens, qui, bien que n’appartenant pas
à PIE, est relié par le cœur à l’organisme.
Il faut dire qu’il est tenu par Maryse Boyer, la doyenne, le «
pilier » des délégués.
Difficile de parler de mouvement sans évoquer les différentes
personnalités qui ont eu en main les programmes : Hélène,
Françoise, Maya, Caroline, Bénédicte, Fred et Mylène.
Depuis sa création PIE a compté 32 salariés. Le salarié
« type », s’il existait aurait le profil suivant : femme,
ancienne participante au programme, célibataire, embauchée
à la fin de ses études et qui reste 6,53 ans au sein de
l’association. La personne qui correspond le mieux à cette
description est peut-être Bénédicte Déprez.
Elle a fortement marqué son passage et se signale par la diversité
de ses actions au sein de l’association ; d’abord participante,
elle devient famille d’accueil (à deux reprises), puis correspondante
locale ; elle fait un stage à PIE en 91, devient assistante puis
responsable des programmes en 94 ; elle quitte son poste en 2000 et entre
alors au conseil d’administration. Bénédicte est la
« mémoire » de l’association. Avant elle, Françoise
Boutier avait, à sa façon, influencé sa période.
Sa voix est restée célèbre. Son « PIE, bonjour
! » n’a pas été remplacé. Il y eut aussi
Caroline qui, durant près de dix années, s’est occupé
de près de cinq cents jeunes étrangers et familles d’acueil.
En vingt ans, le matériel aussi a beaucoup évolué.
PIE est passé de la machine à polycopier (qui sentait bon
l’éther) au tout informatique et à la communication
en réseau.
Si PIE n’a eu qu’un nom, PIE a eu quatre logos. Un petit
homme portant chapeau de cow-boy (de février à octobre 81),
un Pi grec (de 81 à 86), un cercle aux allures de barre de navigation
(de 87 à 94), une fleur dont un pétale se détache
et prend son envol (de 94 à aujourd’hui). Le bleu et le jaune
ont toujours été les couleurs de l’association. Tout
ce qui relève de la communication (brochure, journal, photos) a
été confié à Xavier Bachelot ; depuis 92,
il travaille « l’image » en collaboration avec Gilles
Vuillemard.
Au fil des années, les principaux prestataires de PIE ont été
: les partenaires étrangers (au premier rang desquels on trouve
ASSE et Interschola), les compagnies aériennes (avec, dans l’ordre
chronologique sur la seule destination USA : Air France, Capitol, TWA,
American, Northwest, United), les assureurs, les imprimeurs (Bordot, Maulde
& Renoult, Collo’doc, Qualigrah, Vincent, Polycolor et Claudine),
les sociétés de télécommunication, les propriétaires
immobiliers….
En 20 ans, le chiffre d’affaires de PIE n’a cessé
de croître : 300 000 F en 82, 1 MF en 83, 2 MF en 85, 5 MF en 97
; 9 MF en 2000.
PIE a 20 ans ; PIE poursuit sa route.
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