2001, La dernière lettreVoici, dans sa quasi-intégralité la dernière lettre qui soit parvenue au journal. C’était juste avant le bouclage de ce numéro. Thomas Grimaud nous écrit des USA. Avec légèreté et humour, il décrit sa vie aux USA ; il dit son plaisir et son étonnement, et justifie à sa façon l’existence des échanges avec l’étranger.
OK, j’espère que cette lettre n’arrivera pas trop tard, et qu’elle n’est pas trop longue. J’ai essayé de faire de mon mieux : raconter ma vie. J’espère que c’est pas mal. Coupez ce que vous voulez, ou alors ne mettez rien dans le journal. Vous en faites pas, c’est pas grave. Vous pouvez inventer un autre titre, mettre une autre signature. J’ai juste fait ça pour qu’on puisse l’utiliser quelque part et que ça puisse servir à quelqu’un. Thomas. Ça fait cinq minutes que je poireaute, que je bloque plutôt,
en essayant de trouver une introduction. Je voudrais trouver un truc mieux
que « Bonjour, je m’appelle Thomas, j’ai seize ans,
je suis un « Exchange Student », à San Antonio au Texas
et je suis là pour vous dire comment ça se passe au pays
des obèses et des belles blondes aux yeux bleus très bêtes
! » On y va, c’est parti. Je vais suivre mon plan - celui que j’ai énoncé plus haut, je veux dire, dans mon introduction. Je commencerai donc par PIE. PIE a été très bien, mais j’ai tout de même eu des problèmes avec eux. Notamment en ce qui concerne le choix de ma région et le fait que ma famille s’est désistée deux jours avant mon arrivée. En ce qui concerne l’état, je comprends bien qu’il est difficile de placer tous les jeunes à L.A., Beverly Hills et d’avoir Pamela comme mère d’accueil, mais le Texas… Quand même… ! Quant à la famille d’accueil, je crois que je suis un cas rare et puis, de toute façon, PIE a pris les choses en main. Finalement j’ai pu partir, on a fait un super voyage, on s’est bien amusés, je suis bien arrivé… Alors. Je ne sais pas si je suis tombé dans la meilleure famille d’accueil, mais ils sont très sympas. En tout cas ils se démènent… J’ai toujours en tête qu’ils me nourrissent et m’hébergent pour rien du tout. Ma mère d’accueil bosse comme une folle. Elle a pris deux étudiants d’échange. Sébastien, un jeune Allemand, et moi en second (c’est pas une petite charge, je vous garantis). Elle nous a fait frères, et nous sommes maintenant très proches. Nous nous entendons très bien avec les deux autres enfants : Amanda (15 ans) et Mickael (12 ans). Le père vit au foyer ; il est retraité. Dans une petite maison, les relations sont parfois difficiles, mais si on se fixe quelques règles et qu’on est respectueux des autres, ça se passe très bien. Sachez que ma famille n’est pas typique américaine, mais que je les aime et que j’apprécie ce qu’ils font pour moi. Quelle est ma troisième partie, déjà ? Voyons voir…
Ah oui, la langue ! Autant vous dire qu’au départ j’étais
pas terrible. Les premiers temps, quand je parlais anglais, mon frère
allemand croyait que je parlais français. J’en ris aujourd’hui,
mais c’est pas drôle. Car la langue est la chose que vous
devez maîtriser un minimum si vous voulez vous intégrer.
Il faut pas hésiter à parler beaucoup, à aller vers
les autres. Il faut pas être timide. Dans la cafétéria
de l’école j’ai parlé avec beaucoup de monde
; j’ai rencontré pas mal de losers. N’empêche
qu’ils m’ont beaucoup appris en anglais. Le premier jour de
cours une fille m’a demandé d’où je venais.
« Quoi, t’es français, c’est trop cool ».
Elle m’a invité à une party. C’est pas bien
ça ? Sur les filles (4e partie) je serai rapide. Mon accent est « cute », le frenchie en général est « cute », je suis « super cute ». La star, je vous dis. Je consacre un très court paragraphe à la gastronomie
pour vous dire que la France me manque à mourir. J’ai beau
aimer les MacDo, sur ce point vraiment : Vive la France ! Voilà c’est à peu près tout. Enfin, je pourrais
continuer longtemps car je suis très très bavard. Bon anniversaire, PIE |