Un an en ChineAnne-Cécile prend du recul et nous décrit son expérience d'une année scolaire à Wux City dans la province de Jiangsu.
Malgré le lycée, j'adore la Chine ! Le pays a ses qualités
et ses défauts comme n’importe quel pays. Un truc que je
déteste c'est la pauvreté et la saleté. Tous les
matins, au bas de mon immeuble, des personnes âgées et des
handicapés font les poubelles et à chaque fois que je sors,
il y a deux petites filles qui viennent faire la manche. Voir des gens
faire leur shampooing ou leur lessive dans une bassine sur le trottoir
est tout à fait habituel. Ces visions me font prendre conscience
de mes privilèges, aussi bien en France qu’en Chine. Avant de partir j’avais peur de changer ; maintenant je me dis que c’est bien d’avoir changé. C’est étrange, non ? J'avais un rêve : partir une année scolaire en Chine. Le réaliser n'a pas été facile. La plupart des associations ne voulaient pas de moi car je ne parlais pas chinois, je n'avais pas mon bac et je n’avais pas dix-huit ans. Une fois que PIE a accepté mon dossier, il a fallu que je travaille pour payer le maximum du coût de mon séjour. Plusieurs personnes n’avaient qu’une idée en tête : m’inciter à laisser tomber. Le plus dur a été de tenir bon. Mais mon projet, j'y tenais et je n'étais pas prête à l’abandonner. C'est ainsi que le 5 Septembre, j’ai quitté ma chère Bretagne pour passer deux jours à Paris en compagnie de pleins d'autres jeunes. Nous étions tous différents les uns des autres, nous partions aux quatre coins du monde, mais nous nous embarquions tous dans la même galère, persuadés que nous allions vivre une des expériences les plus inoubliables de notre vie. Le 7 au soir, je montais dans l'avion sans aucune appréhension, le coeur ouvert à l'inconnu. Je partais en Chine, sans aucune image en tête, j’étais juste à la recherche de quelque chose de différent, d’étonnant et d’exotique. Aucun regret, j'ai trouvé ce que je cherchais. La famille dans laquelle je me trouve est extraordinaire, toujours prête à m'aider et il n'y a aucun reproche que je puisse leur faire. Le lycée, c'est une autre affaire. Je savais avant d'y être que ça serait long et sévère, mais j'ai tout de même beaucoup de difficultés à m'y habituer. Les élèves chinois restent onze heures en cours et ont comme seule pause une demi-heure, à l'heure de midi. J'ai des difficultés à me faire des amis, non pas que mes camarades de classes ne m'apprécient pas, mais ils travaillent tout le temps. Dans ces conditions il n’est pas facile de faire connaissance. Je pense que les profs en France seraient aux anges s'ils avaient une classe comme celle dans laquelle je suis en Chine ; il n'y a que des élèves studieux ; or les profs ici n’ont vraiment pas l’air d’être satisfaits ! Mais les profs ici, je ne les supporte plus. Et je crois bien que c’est réciproque. Question nourriture, c'est indescriptible tellement c'est bon ! Rien
à voir avec la nourriture chinoise en France. Maintenant que je
n'ai plus de problème pour manger avec des baguettes, j’ai
bien du mal à m’arrêter de manger. Tant pis pour les
kilos, je les perdrai à mon retour ! En choisissant la Chine, il faut être prêt à beaucoup
de choses. Je n'ai pas grand-chose à ajouter ; je veux juste vous inciter à venir. Si vous êtes motivés, n'hésitez pas, lancez vous ! Vous n'avez rien à perdre ! Que vous aimiez Winnie l'ourson (c'est la grande mode ici...), que vous soyez fans de philo, accros au shopping (la vie n’est pas chère en Chine) ou, tout simplement et comme moi, en quête de nouveautés, venez ! Il n'y a pas besoin de parler chinois, il y a juste besoin d’être ouvert ! Merci PIE. Anne-Cécile, Wux City, Jiangsu / Un an en Chine |