IMPRESSIONS
AIE CONFIANCE ! — Mère de Camille
Brooklyn Park, Minnesota, USA
Je tenais à vous remercier. La rigueur, la clarté et la
disponibilité dont vous faites preuvenous donnent confiance à
nous parents, et, j’en suis sûre, aux jeunes aussi.
TOUR D’HORIZON — Pierre-Loïc
Lexington Park, Maryland, USA / 2x6
Quel départ ! Je me revois encore en train d’essayer de me
faufiler dans la foule avec mes 40 kilos de valises. Et plutôt que
de m’aider, maman qui me fou- droie du regard et qui me fait des
réflexions du genre: «Si tu veux louper l’avion, préviens-moi
tout de suite, on rentre à Lyon ! » Plus tard : on s’embrasse,
on réci- te des formules dignes des plus grands films, on pleu-
re… pas ! (Seul petit bémol pour notre film). Et on s’en
va. Enfin, contrairement à ce que nous faisaient croire les gars
de PIE, on est en avance, et on glande pas mal avec Fred, avant de pouvoir
embarquer pourle pays de tous les rêves. Dans l’avion, après
un échange avec les mecs les plus blasés du monde, je me
retrouve à côté de Fred. Le vol est assez horrible.
Les hôtesses ne sont pas du tout sympas. Elles sont inefficaces
au possible. Et, par-dessus le marché, Fred me conseille des films
minables! Je me fais donc un peu chier. Je regarde «300 »,
un film de mythologie, où 300 mecs en slip affrontent une armée
entière et suréquipée. Je ne sais pas si c’est
par manque de temps ou de budget, mais la bande-son est constituée
de rugissements, avec de la guitare hard-rock pour accompagner le tout.
En résumé, c’est le film le plus minable qui ait jamais
été tourné. L’arrivée à Washington
est complètement folle. Un peu avant l’atterrissage, une
fille vient nous dire qu’on ne dispose que d’une heure pour
le transfert, qu’on doit courir sans attendre personne, et que,
de son côté, elle resterait à un point précis
pour qu’on vienne la voir dans le cas où on loupe l’avion.
Le seul truc c’est qu’elle ne nous a jamais dit où
était le point en question. Au final, voyant qu’on ne pourrait
jamais y arriver, on emploie les grands moyens : on se dirige vers une
employée avec un T-shirt où il est marqué: «Puis-je
vous aider ». Évidemment, elle nous répond qu’elle
ne peut pas nous aider ! Mais on arrive quand même à se remettre
dans la file et à gagner une centaine de places. Finalement on
passe, on court, on prend nos bagages, on fait la queue, on se fait contrôler,
on redonne nos valises, on court en remettant nos chaussures, on regarde
le tableau des départs, on recourt, on change de terminal, on re-re-court.
Et on loupe notre avion. Et là le cauchemar de l’aéroport
commence … Mais bon, je me rassure en pensant à Fred qui
doit faire un second transfert seul à Denver. Nous, on est trois,
et on n’a plus qu’un seul vol. Par chance on rencontre un
Français qui travaille à l’aéroport, et qui
nous trouve un avion pour le lendemain matin. On dort sur des
sièges, entourés d’Américains — qui se
réveillent à deux heures du matin pour aller manger des
beignets — et des employés chinois, qui ont visiblement l’habitude
de dormir sur leur lieu de travail. On finit par arriver sur le lieu du
« Langage camp ». Et là, tout est génial.
C’est ma quatrième visite aux USA, et je continue d’aller
de surprise en surprise. Je songe de plus en plus à obtenir la
nationalité. Seul bémol — imputable sans doute à
ma chance légendaire — je suis placé dans le groupe
le moins bien : 18 allemands ! Je peux vous
dire que ce sont des sauvages. Heureusement, je suis avec deux très
gentilles françaises (hélas pro-Sarko et membres de l’U.M.P.).
Les profs sont géniaux. Les Dickson sont super sympas, et mon Allemand
(celui qui est dans la famille avec moi) l’est aussi. Comme quoi
!
La plupart du temps, une journée se déroule assez simplement.
Le matin, on va en cours : on y parle de politique, de culture, de tout.
Et l’après-midi, soit on va faire du sport soit on fait des
sorties entre étudiants. La salle de sport, c’est quelque
chose. Comme dans les films : des dizaines de tapis roulants pour courir,
entourés de toutes sortes de machines à gonflette.
Moi, le plus souvent, je cours et je fais un peu de muscu. Ensuite, on
va dans une des piscines, puis au hammam. Il y a aussi un sauna, des salles
pour faire du basket ou des sports d’intérieur…! Le
week-end dernier, on est allés chez les grands- parents de la famille.
Le grand-père est un forgeron amateur et il nous a raconté
plein de trucs passion- nants. Le soir, on a fait un puzzle: j’y
ai pris goût ! Côté activités, on est allés
au concert de Linkin Park.
Je ne connaissais pas la musique, mais c’était pas mal. Ce
que j’ai préféré, c’étaient les
20000 spectateurs : ça fait plein de bruit, tout le monde crie.
J’ai pas com- pris pourquoi on s’y amuse. Presque mieux que
le concert, c’était le public! Faut imaginer des mecs de
15-16 ans, qui se disent contre l’argent et la société
de consommation et qui dépensent des fortunes pour
se donner une apparence de clochard. On est aussi allés voir un
match de base-ball. Le base-
ball, c’est marrant, parce que c’est exactement l’inver-
se des autres sports. Dans la plupart des sports, tu te fais chier pendant
la pause ; ben là, tu te fais chier pendant que les mecs jouent.
Mais par contre, à chaque pause, il font des mini jeux sur le terrain,
qui sont super marrants. À la fin, il y a même un feu d’artifice
! Aujourd’hui, on est allés au zoo. Pas génial…
Côté repas, c’est la grande surprise, car dans ma famille
d’accueil, un soir sur deux, on fait un vrai repas, et c’est
plutôt pas mal. Pour le reste, tu manges ce que tu trouves, entre
le «peanut butter», le «cheddar cheese» et un
tas d’autres immondices. Tous les vendredis, on mange des pizzas
devant la télé, car il y a des amis qui viennent regarder
Stargate. Mon frère d’accueil mange une mixture de «peanut
butter», de lait en poudre et de sirop d’érable ; il
paraît que c’est bon. Moi, je préfère ne pas
essayer.
UNE DOSE DE MATURITÉ — Nicolas
Un an au Canada en 2004
Une année à l’étranger. D’abord il y
a le rêve, et puis le moment arrive où l’on doit se
frotter à la réalité. Il faut du courage pour se
plonger dans cette année, dans cette nouvelle vie, dans ce mélange
de joies intenses et de tristesses. D’abord on apprend sur le pays,
on apprend beaucoup, et puis, doucement, on comprend qu’on en apprend
plus encore sur soi. Être
tolérant, responsable, débrouillard, savoir se plier aux
exigences d’une nouvelle famille… Chaque expérience
est unique, chacune contient ses rencontres, ses moments d’exception
(je pense à cette journée passée à faire du
patin à glace sur le canal d’Ottawa, et à ce journaliste
qui me projeta en première page du Ottawa Sun). L’année
démarre tranquillement — il y a
ce fameux temps d’adaptation— et puis les mois filent à
une vitesse vertigineuse. Bientôt, c’est le moment de dire
« Adieu ». Certains vous diront qu’il est difficile
de reprendre ses études en rentrant d’un tel voyage. Ce ne
fut pas mon cas, bien au contraire. Là- bas, j’ai acquis
assez de maturité pour savoir, à mon retour, sacrifier deux
année de ma vie à franchir l’obstacle de ma première
année de médecine. Au final, tout cela a porté ses
fruits. Cette année ne vous pénalisera jamais. Au contraire,
elle vous aidera. Elle vous apportera beaucoup au niveau de la langue,
mais, au- delà, elle vous aidera bien plus, car vous disposerez
d’une sacrée dose de maturité… celle que vous
aurez ingurgitée durant cette belle aventure.
ÉTAT D’ESPRIT ! — Mère de Romain
Un an aux USA en 2005-2006
Il y a très exactement un an, Romain revenait en France, après
10 mois passés dans le Michigan, à Traverse City, USA (voir
l’article paru dans le le n° 43 de Trois-Quatorze). Ce n’est
que progressivement, au cours de l’année qui vient de s’écouler,
que nous nous
sommes rendus compte combien cette expérience l’avait marqué.
La lettre de présentation qu’il a jointe à son dossier
d’inscription en « classe prépa » et qu’il
m’a autorisée à diffuser ici est significative des
transformations qui se sont opérées en lui et qu’il
est le
mieux à même d’exprimer.
Madame, Monsieur,
Je suis heureux de pouvoir présenter ma candidature dans votre
école et que vous preniez la peine de lire ma lettre. Celle-ci
n’est en effet pas un élément habituel des dossiers
d’inscription en classes préparatoires, mais il me semblait
important de l’y joindre, à cause de mon dossier un peu particulier.
En effet, vous aurez probablement remarqué qu’entre mon année
de première et celle de terminale, j’ai arrêté
un an le lycée pour aller aux Etats-Unis ce qui est, je pense,
peu courant. De plus, mon année de première est loin d’avoir
été extraordinaire, tandis que mon année de terminale
est plutôt assez réussie. En réalité, en première,
je ne savais pas vraiment où j’allais, ni même où
j’avais envie d’aller. Il faut admettre que je ne travaillais
absolument pas à cette époque, et que je profitais souvent
des cours pour finir mes nuits. Quant à la raison de ma réussite
en terminale, je pense qu’elle est avant tout due à une prise
de conscience de ma part. Avant de décider de partir aux Etats-Unis,
je pensais qu’il y avait des personnes qui pouvaient aller loin
et d’autres qui ne le pouvaient pas. Le monde était pour
moi divisé en ces deux catégories et le futur de chacun
était donc décidé à la naissance. J’étais,
bien sûr, persuadé de faire partie de la première
catégorie, même si j’étais loin d’être
excellent à l’école, et j’en restais convaincu
malgré mes résultats moyens en première puis au bac
de français. C’est aux Etats-Unis, sur un terrain de rugby,
que je me suis rendu compte de la bêtise de ces idées. Là-bas
en effet le travail était valorisé, et pas seulement pour
les sports. Je compris que c’était en s’entraînant,
en travaillant, que les résultats venaient. Et ce que j’avais
compris pour le rugby, je le mis en application dès ma rentrée
en France, et je me mis à travailler pour essayer tout sim¬plement
de réussir au mieux mon année. De plus, les cours ont commencé
à m’intéresser de plus en plus ; les matières
n’avaient évidemment pas changé, mais mon état
d’esprit si. Mon année aux USA m’a permis de m’ouvrir
l’esprit et de découvrir de nombreuses choses dont je n’avais
jamais entendu parler. C’est d’ailleurs grâce à
elle que j’ai envie d’al-ler en prépa aujourd’hui,
alors que cette voie ne me semblait même pas envisageable en première.
Cette expérience m’a permis de comprendre comment réussir,
ou du moins comment s’en donner les moyens, et à ce titre,
elle a sans doute été l’une des expériences
les plus importantes que j’ai vécue. On dit que les voyages
forment la jeunesse, c’est faux, ils la laissent s’épanouir
[…].
APPRENDRE À VIVRE — Magali Darwin, Northern Territory
Un an en Australie
L’école australienne est très différente de
l’école fran¬çaise. Ici on porte l’uniforme
: simple tee-shirt vert et noir et short noir. Mais attention, il y a
des contrôles d’uniforme à l’improviste ! Les
cours commencent à 8 h 40 et finissent à 14 h 50, ce qui
laisse beaucoup de temps pour s’amuser et faire ses devoirs. Je
suis en onzième année, dans une classe qui prépare
le baccalauréat international. J’ai été surprise
par les relations professeurs/élèves. Je savais qu’elles
étaient plus amicales qu’en France, mais j’ai tout
de même été surprise de voir un prof se prendre en
photo avec ses élèves sur son portable, ou de voir des élèves
cacher les affaires du prof pendant qu’il était absent. Pendant
les cours, certains élèves parlent, d’autres crient,
se lèvent, mangent, boivent et même tricotent. Mais, dans
le même temps et malgré toutes ces libertés, le pro¬fesseur
est toujours respecté, et le travail est toujours sérieux.
J’ai eu la chance d’être invitée à participer,
avec les élèves de dixième année, à
un camp de kayak et de canoë. Un voyage complet. Nous ne dormions
jamais au même endroit, chaque jour il nous fallait tout transpor¬ter
; le soir, notre instructeur nous ramenait des bébés crocodiles
! J’ai même pu en tenir un dans mes bras. L’école
australienne ne se focalise pas seulement sur le travail. Elle nous apprend
à vivre. Fêtes et sorties font aussi partie du programme.
UN DÉPART, UNE ARRIVÉE — Louise Stavely,
Alberta / Un an au Canada
Chaque jour, il fallait dire adieu à quelqu’un. C’était
dur, mais je n’ai pas pleuré. Même à la gare,
au moment de dire adieu à ma famille, je n’ai pas pleuré.
J’ai pleuré quand je me suis retrouvée seule dans
le long couloir qui me menait à mon avion. Et plus tard j’ai
pleuré quand je me suis assise à ma place. Et puis en attendant
le décollage, là j’ai vraiment pleuré. Toutes
les larmes de mon petit corps. Tous les adieux que j’avais fait
depuis deux mois sont remontés à la surface, d’un
seul coup. J’ai eu l’impression alors que mon coeur se divisait
en plusieurs morceaux. Une partie de moi était assise dans cet
avion, et l’autre restait en France. Et puis, il y a eu l’arrivée
à Calgary et le commence¬ment de cette nouvelle vie. Les «
hugs », la chaleur, ce type habillé en cow-boy de la tête
aux pieds et qui portait un grand panneau sur lequel était écrit
: « Welcome Louise. » Cette expérience est magique.
Elle n’est pas facile, mais elle est instructive. J’apprends
l’anglais, j’apprends la vie, j’apprends que pour chaque
départ il y a une arrivée !
J’IRAI ! — Raphaëlle
Dans le dernier numéro, je vous avais écrit. Je
voulais partir à tout prix. Finalement j’ai demandé
à ma mère. Mais elle n’a pas voulu. Elle ne m’a
pas prise au sérieux. C’était la dernière année
où c’était possible (avec PIE en tout cas). Alors
j’ai arrêté de penser à tout ça. Maintenant
je suis en terminale. Ça va beau-coup mieux. Mais qu’est-ce
que j’aurais aimé partir. Qu’est-ce que j’aimerais
y être, là-bas, aux USA. De toute façon, un jour je
partirai, un jour j’y serai. J’en rêve depuis trop longtemps.
Pas pour une visite. Pour y vivre. Merci à PIE de m’avoir
transmis cette volonté de me construire… Ailleurs.
PETIT COUP DE GUEULE ! — Maxime Kingston, New York / Un
an aux USA
Super pays. Des gens super accueillants. Un super séjour. Super
content de participer à ce programme d’échanges. Mais
je dois pousser un petit coup de gueule contre le fait que j’ai
appris au dernier moment où je résiderai pour toute l’année.
Maintenant que je suis installé tout se passe bien ; la high school
est vraiment géniale, mais si différente de l’école
française.
L’OFFRIR À TOUS — Carmen Portland, Oregon
/ Un an aux USA
Heureuse, et plus qu’heureuse. Le premier jour d’éco-le
me faisait si peur. Il faut dire que dans ma « High School »,
il y a 2500 élèves ! Il y avait de quoi flipper. Rien que
l’espace : un vrai labyrinthe. Mais finalement, ça s’est
bien passé. Dans le bus, quelqu’un m’a demandé
s’il pouvait s’asseoir à côté de moi.
Et puis, en arrivant dans la « High School », un superbe Américan
m’a montré le chemin. Au premier cours — « Japonais
» — j’ai dû me présenter. On m’a
posé tellement de questions ! À la fin du cours, j’avais
plein d’invitations pour manger. Une donnée de base : les
Américains sont super « friendly ». C’est exceptionnel.
Après le « Lunch », direction « Théâtre
». Encore plein de questions. Parfois très surprenantes.
Mais c’est marrant. À 10 heures, c’est le lunch (drôle
d’emploi du temps !). À table, ils remettent ça :
encore des questions. Ils sont tous curieux ; ils veulent en savoir plus
sur la France et sur ma vie. Je suis curieuse de la leur. Heureuse aussi.
Magique. Tout le monde ici est habillé de violet, de jaune, de
blanc. Ce sont les couleurs de notre « High School ». C’est
incroyable, ils ont vraiment l’esprit d’équipe. Et
moi aussi… je porte le « Jersey » ! Chaque jour il se
passe quelque chose de nouveau. Il y a des moments pas très drôles,
c’est vrai, mais les drôles prennent le dessus. C’est
sublime, ce truc-là. Ça devrait être offert à
tout le monde. « Just happy ! »
DANS LE BAIN — Mère d’accueil de Catalina,
Colombienne / Un an en France
Notre position était claire : Catalina devait absolument être
accueillie comme une soeur, et non pas comme un invité. Et cela
a été une chose facile. Il faut dire que Cata possède
une grande qualité d’adaptation. Sa motivation et sa persévérance
à apprendre nous ont agréablement surpris. Catalina a réveillé
la curiosité des autres membres de la famille. Cela a été
l’en-gouement général. Nous l’avons baignée
dans nos habitudes familiales, sans calcul. Dès le premier weekend,nous
sommes allés pêcher à pied, ramasser des coques, et
malgré la froideur de l’eau, nous avons pris notre bain traditionnel.
Elle a vite été plongée dans le vif du sujet. Il
était 8 heures du soir. Ensuite nous avons été pique-niquer.
Il y a eu ce jour-là une grande harmonie chez nos enfants et une
grande complicité entre les deux plus âgées. Chaque
jour, nous profitons du repas du soir pour discuter du déroulement
de la journée ; chacun raconte un événement. Cata
est responsable pour organiser le couvert et le débarrassage. Elle
a pris sa tâche à coeur et les autres filles se plient à
ses demandes. Nous avons installé un grand tableau noir où
chacun peut inscrire des idées, des dessins… Chaque jour,
Cata a droit à une petite dictée. On travaille aussi la
grammaire, la phonétique. Cata fait ça avec un grand sérieux.
Je crois que l’inté-gration d’un nouvel enfant dans
une famille se fait à tous les niveaux. Il faut impliquer et responsabiliser
tous les membres de la famille. Chacun doit apporter sa pierre à
l’édifice. Même respect pour tous. Pas de privilèges
: mêmes règles, mêmes réprimandes, même
attention. L’amour que nous donnons à Cata, nous ne l’enlevons
pas aux autres. C’est juste que notre coeur s’est agrandi.
ILS MANGENT DES HAMBURGERS, ET POURTANT ! — Soizic Westland,
Michigan / Un an aux USA J'habite à Westland, Michigan,
au numéro 7837, dans une rue qui ressemble à toutes les
autres, dans une maison qui ressemble à toutes les autres, avec
une famille pas comme les autres. J'habite chez eux et ça n’a
pas l'air de trop les déranger. Ils m'ont accueillie très
chaleureusement et ils me supportent depuis deux mois maintenant. Ils
sont trois : le papa s'appel-le Tim, la maman Anna, et la fille Erin.
Tim a 47 ans et travaille pour des banques en tant que comptable, Anna
a 42 ans et s'occupe d'un journal de la ville. Erin a 15 ans ; elle est
au lycée avec moi, en « Sophomore » (l’équivalent
de la seconde en France). Tim et Erin sont mordus de karaté. Erin
est ceinture noire 2è degré. Je peux vous assurer que pour
rien au monde je ne me battrai avec elle. Tim est ceinture noire également
(mais lui l’est depuis peu !). Au sous-sol, c'est tatami et instruments
de muscu ! Ils roulent en 4x4, et regardent le football américain
tous les week-ends. Mais malgré cela, ils me montrent chaque jour
qu’avec nos préjugés sur les Américains, on
est parfois complètement à côté de la plaque.
Ils n’ont rien d’écolos dans ma famille, c’est
vrai, mais ils ont une grande ouverture d'esprit ; ils mangent des hamburgers,
on ne peut pas le nier, mais ils sont très généreux.
Je m'habitue et je prends goût à nos différences.
Je repère plein de points positifs, toutes ces petites choses que
l’on n’a pas dans notre belle France. De toute façon,
avec du recul, tu réalises toujours que « la merde »
n'est pas que chez les autres. Je me considère chanceuse d'être
tombée dans cette maison, avec ces trois phénomènes,
plus le chien Rocky, et le chat Naomi (qui pourtant ne m'aime pas...).
Ma famille française me manque énormément (bonjour
Papa, bonjour Maman, et bonjour à ma soeur), mais je n'ai pas à
me plaindre, car « the Fitzpatrick's family is a great family »
!
UN VRAI CADEAU — Louise Pearland, Texas / Un au Pair aux
USA
Un an d’aventures dans un nouveau pays, de quoi est-ce fait ? De
chaleur, de soleil, de rires. Les rires sont ceux de Katherine, 3 ans,
et d’Ava, 1an. La chaleur est émise par la famille Harris
— et symbolisée par l’ac-cueil qu’elle m’a
réservé. Le soleil, lui, est autant concret qu’abstrait.
Le soleil réel — celui que que l’on connait tous —
est présent cinq jours par semaine ; mais mon vrai soleil à
moi, c’est la petite Ava, que je vois grandir de jour en jour. J’ai
droit à des milliers de sourire dès le réveil, des
moments privilégiés, des fous rires, des câlins. Tout
ceci est un vrai cadeau !
UNE CURIOSITÉ — Elodie Oak Ridge, Tenessee / Un
an aux USA
C’était un rêve mûri depuis longtemps.
Mais les premiers jours sont bien difficiles. On ne comprend pas grand
chose, on peine à s’exprimer, on est loin de ses proches.
Alors on se demande un peu ce qu’on fait là, ce qui nous
a pris de partir. Mais cette pensée passe vite. Un mois après
mon arrivée, je me rends compte du chemin parcouru. Mon anglais
a énormément progressé, j’ai plein de nouveaux
amis, je suis la seule « Exchange Student » et tout le monde
me connaît, et dans mon cours de français tout le monde est
très content de m’avoir. Les différences sont si grandes
! Les gens me trouvent bizarre, je suis une curiosité : je ne bois
que de l’eau, ils ne trouvent pas ça normal.Je ne grignote
pas entre les repas. Au lycée, tout est assez facile (facile d’avoir
des « A »). Le plus difficile, c’est d’ouvrir
son « locker ». On m’a gentiment expliqué : maintenant,
ça va. La seule chose que je regrette, c’est que les sélections
pour les équipes de sport et de cheerleading soient passées
et qu’il m’est donc impossible d’y participer. Mais
je fais partie du club des amis internationaux. Ma famille d’accueil
est vraiment géniale, ils font tout ce qu’ils peuvent pour
que je sois le mieux possible ; ils essaient de me faire découvrir
un tas de choses, en me faisant notamment voyager au-delà du Tenessee
(Louisiane, Floride, Virginie). Je veux finir en te remerciant Maman de
m’avoir laissée faire cette expérience.Tu m’as
soutenue dans mes démarches. Je sais bien que je te manque beaucoup,
mais je sais aussi que tu es très heureuse pour moi.
À NE PAS RATER — Claire Wilmington, North Carolina
2x6 USA/Allemagne
« Here I am ! » Tout est extraordinaire. Il me suffit
d’apprécier et de profiter. La « High School »
est géniale, les cours sont passionnants, les gens adorables et
« friendly ». Chaque jour m’apporte énormément
: étonnements, excellents moments, petites difficultés,
rire et plaisir. J’ai dû changer de famille. Sans regrets
! La nouvelle est absolument géniale. Nouveau départ avec
une nouvelle « soeur », Mary, et une nouvelle « mère
», Barbara. L’année à l’étranger
s’avère extrêmement enrichissante. Je crois que c’est
valable où que l’on soit. En tout cas, c’est un truc
à ne pas rater.
P.S.: Ça me fait drôle de vous écrire après
vous avoir tant lu et relu.
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