IMPRESSIONS
ROOTS — Margot
Houston, Texas / Un an aux USA
OK. Je vais essayer de trouver mes mots. Pas facile, je sais parfaitement
ce que je veux dire, mais, croyez-moi, après avoir été
immergée huit mois dans l’américain (le texan qui
plus est), on en vient à perdre son français. Un an c’est
excitant, hein ? Ouais ! Flippant ? Ouais, aussi ! Ce qui est le plus
impressionnant, c’est de mesurer à quel point s’inventer
un nouveau quotidien est un processus naturel.
La différence entre un simple voyage et le fait de vivre dans un
autre pays ? Dans le second cas tu n’es pas un étranger.
Je suis née française ?! Bullshit. Je suis née en
France, c’est tout.
Je profite de ce témoignage pour remercier ma mère, mon
père, mon frère, ma soeur, mes amis, bref tous les gens
que j’aime et qui ont rendu cette expérience possible, en
m’apportant sans cesse leur amour, leur présence, même
à l’autre bout du monde. Vous êtes mes racines, guys !
HOST FAMILIES — Julia
Dillon, Montana / Un an aux USA
Tant de choses que j'aimerais partager... Je pense que je vais commencer
par le début. J'ai fait un mois intensif d'anglais en Indiana,
à Newburgh, une ville d'un peu plus de 10 000 habitants. Là-bas,
il y avait un gigantesque centre commercial, et l’on pouvait faire
tout ce qu'on voulait assez facilement. C'était très vert,
avec plein de petits pavillons alignés, comme on peut en voir dans
les films ! Je me souviens que la plupart des personnes auxquelles j'ai
parlé avant de partir me disait que l'Indiana ne devait pas être
bien. Ils se sont vraiment trompés. Je crois qu’en réalité
ils ne connaissaient pas du tout l’Indiana. Je pense que je ne me
suis presque jamais sentie aussi bien que pendant les deux mois que j’ai
passés là-bas. J'aimais beaucoup notre groupe « d'Exchange
students » : il y en avait de Corée, de République
Tchèque, du Japon, du Mexique et aussi d'Espagne, on s'est tous
bien entendus et on s'est beaucoup amusés ensemble !
Au départ, ma « host-family » du camp de langue devait
être ma famille définitive. J'adorais cette « host-family
» : ma « host-mom » était un ange — jamais
je n’aurais pu soupçonner qu’un être humain puisse
être d’une telle gentillesse — mes « host-sisters
» et « host-brothers » étaient adorables —
quoique parfois, les garçons étaient un peu agaçants.
Mais malheureusement, suite à des complications de l'association
américaine et du lycée le plus proche, il a fallu que j’aille
dans un lycée privé. Et dans la mesure où il n’y
avait que douze élèves dans ce lycée, j’ai
préféré changer de famille. Et pourtant, je vous
l’ai dit, je l’adorais cette famille.
Un mois après, ASSE (l'association américaine) m'informait
que je partais pour le Montana, à Dillon, une ville de 3 000 habitants.
Pour vous donner une petite idée, le Montana est tout au nord-ouest
des USA. Les températures l’hiver descendent parfois jusqu'à
moins 40° C. Le jour du départ, j’ai dit au revoir à
ma mère d'accueil. Elle était en larmes. Elle m’a
dit que je serais pour toujours un membre de la famille, et que désormais
elle me considérait comme une de ses filles. Moi, j'ai essayé
de rester forte, de m'éloigner d'elle. Je suis partie comme ça
vers ma nouvelle destination : Dillon, Montana.
Je suis arrivée là-bas à 11 h du soir. Je ne savais
pas à quoi ressemblaient mes parents d'accueil parce que je n'avais
pas reçu une seule photo d'eux. Heureu-sement, ils m'ont fait un
signe lorsqu'ils m'ont vue. Mon premier réflexe a été
de leur faire un « hug » (de les serrer dans mes bras)—
parce que c’est comme ça qu’on fait dans l’Indiana
et que j’étais habituée à ce genre de gestes
—, mais je me suis très vite aperçue que c'étaient
des personnes rurales et qu’ici, on ne faisait pas comme ça.
Nous sommes allés à la maison, à une heure de route
de l'aéroport. Quand je me suis réveillée, le lendemain,
personne n'était là… juste une note de ma «
new "host-mom" » qui disait que je pouvais m'installer
tranquille, et que dans l'après-midi, elle me ferait visiter le
lycée.
J'étais à la fois très excitée et très
nerveuse de découvrir ma nouvelle école. La journée
s’est passée plutôt bien : j’ai fait connaissance
avec mon proviseur, j’ai choisi mes matières, je ne me suis
pas perdue dans les couloirs. Mais à l'heure du déjeuner,
en rentrant à la maison, j'ai fondu en larmes. Je ne savais pas
trop pourquoi je pleurais, ni pour qui. Pour l'Indiana ou pour la France
? Je ne sais pas, mais j'ai craqué. Craqué comme jamais
je ne l'avais fait depuis mon arrivée aux USA. J’ai pensé
alors que je ne resterais qu'une semaine dans le Montana, et qu'après
je me débrouillerais pour revenir avec ma « host-family »
en Indiana.
C’était il y a quatre mois. Et je suis encore là.
Ma vie dans le Montana est totalement différente de celle que j'avais
dans l’Indiana. Je suis en pleine campagne, au milieu des vaches
et des montagnes, mon « host-father » fait de la taxidermie,
chasse et « trappe » (son atelier est juste à côté
de la maison, alors croyez-moi, on devine tout de suite quand il a attrapé
un putois !) En arrivant le premier jour, une de mes surprises fut de
découvrir trois ours empaillés dans le salon ! Ma famille
est mormone. Je sais que plein de gens pensent que c'est une secte —
et c'est vrai que dans nos critères ça y ressemble beaucoup
— mais ça n'en est pas une. Ces gens sont vraiment gentils
— quoiqu' un peu collants desfois avec leur histoire de religion.
Ils ne boivent pas de café ni de thé, les ados n'ont pas
le droit de sortir avec quelqu’un avant 16 ans, etc. Je voudrais
conseiller à tous les futurs « exchange students »
de ne pas rejeter d’emblée tout ce qui touche au religieux
ou d’avoir des préjugés sur une famille parce qu'elle
est pratiquante. Si vous n'avez pas de religion, dites-leur que vous n’êtes
pas croyant, mais allez au moins une fois à l'église, vous
pouvez aimer ça, être avec vos amis, et faire des activités…
Bizarrement, au bout d'une semaine, je me suis faite à ma vie dans
le Montana. Mon lycée est génial, les « Students »
sont super sympas, certains cours sont supers (comme par exemple «
Food class »). Il y a les « Spirit weeks » (semaines
à thème), les matchs de basket et de football américain,
avec les « cheerleaders », la mascotte (un castor dans mon
lycée)… ! Dernièrement, j’ai fait un voyage
d’une semaine à New-York. En partant, je me suis rendu compte,
que j'avais du mal à quitter ma « new "host-family"
», ne serait-ce que pour une petite semaine. Et j’ai compris
alors que le « grand départ » — je veux parler
du départ pour la France, dans deux/trois mois— serait très,
très difficile.
Je suis aujourd’hui partagée entre la joie de rentrer et
de revoir mes amis et ma famille, et le fait de quitter ceux avec qui
j'ai vécu un an de ma vie. Je me souviendrai toujours des journées
où je suis allée « trapper » avec mon «
host-dad » — je n’aime pas tuer les animaux, mais j’ai
pris tant de plaisir au coeur de ces paysages, à monter l'un des
chevaux de mon « hostbrother » — ; je me souviendrai
toujours du bal de Noël du lycée, du bal de Promo, de l'esprit
qui règne dans mon lycée, et de toutes ces autres petites
choses : taquiner mon « host-dad », prendre le temps de regarder
les choses… Je sais que je reviendrai voir ma famille du Montana
et ma famille de l’Indiana. J'aimerais vraiment pouvoir revenir
tous les ans. Je pense que ce sera un peu difficile. Mais une chose est
sûre : je saisirai toutes les opportunités. Parce que désormais
ces familles sont toutes deux mes familles. J’espère qu'un
jour, ma mère comprendra mon expérience, qu’elle admettra
que j'ai changé — pour tout vous dire, j’écoute
même de la « Country music » — qu’elle comprendra
que ce que j'ai vécu est unique, et qu’elle comprendra surtout
que si mes « Host-families » ne remplaceront jamais la famille
qui m’a élevée depuis ma naissance, elles tiennent,
toutes deux et pour toujours, une place très importante dans ma
vie. Je les aime très fort et du fond de mon coeur.
APRÈS L’HIVER — Marie
Searsport, Maine / Un an aux USA
Des sentiments, des souvenirs, des anecdotes, j’en ai plein la tête
!
C’est en ce moment que je profite le plus de mon année, maintenant
que la barrière de la langue est levée, que le manque des
proches se fait le moins sentir. En ce moment, tout est positif. Je me
rends compte que j’ai de moins en moins envie de repartir. Quand
j’ai quitté la France, je savais que je retrouverais tout
le monde 10 mois plus tard. Mais là, tous les amis que je me suis
faits, je ne les retrouverai probablement jamais. C’est le versant
très triste de cette expérience. Mais, c’est la vie
! Dans le Maine, l’hiver touche à sa fin : presque plus de
neige, les entraînements d’athlétisme reprennent à
l’extérieur, la prom approche. Plein de belles choses en
perspective.
ET APRÈS — Océane
Berlin, Wisconsin / Un an aux USA
Il reste 61 jours avant le grand départ. Je les compte un à
un ces jours. Ils passent trop vite. Je voudrais ne jamais repartir. Je
voudrais pouvoir arrêter le temps, le retenir. Parfois, c’est
vrai, j’ai envie de l’accélérer, histoire de
revoir ma famille, mes amis : ils m’ont tous tellement manqué
pendant cette année.
L’année PIE m’aura marquée : je sais que je
ne l’oublierai jamais. Tout commence par des papiers à remplir,
des dossiers à envoyer. Après c’est l’attente.
Un jour, on reçoit une lettre : on crie, on saute de joie. Après
on a peur. Comment on va faire ? Un an sans ses proches ! Et si ça
se passe mal avec la famille d’accueil ? Et si personne ne nous
comprend ? Et si, et si… Un jour, on se retrouve à l’aéroport.
L’anxiété monte, l’excitation aussi. L’aventure
commence. Après y’a les moments de blues, les moments de
pur bonheur, les amitiés qui se forment… et se déforment,
les liens qui se nouent, les découvertes. On fabrique des souvenirs,
des souvenirs, des souvenirs… à n’en plus finir. Partir
un an c’est apprendre une langue et c’est grandir : apprendre
à se débrouiller, à accepter une culture et des coutumes
différentes, apprendre la tolérance.
Merci à mes parents qui m’ont toujours soutenue dans mes
projets et mes rêves, à mes sœurs qui sont toujours
là pour moi, à mes amis qui ne m’ont pas oubliée.
Thank you to all the families I had, from New York to Wisconsin. You are
all so amazing. I’ll miss you.
GOLDEN TRIP — Élodie & Cyrielle
Oak Ridge, Tennesse / Un an aux USA
Greenport, New York / Un an aux USA
Grâce au voyage d’ASSE, nous avons eu l’occasion d’aller
en Californie pour une semaine avec beaucoup d’autres « exchange
students » : un vrai bain de culture. Nous avions des Danois, des
Italiens, beaucoup d’Allemands, un Suédois, deux Japonaises,
deux Russes et nous étions trois françaises. On a découvert
beaucoup de choses en une semaine et notamment San Francisco ! La vie
ressemblait un peu à un film. Les Allemandes qui passent une année
au Québec nous ont initiées au Québécois,
on a pu toucher des dauphins, rencontrer Shrek et voir le Golden Gate
Bridge.
BESTIAIRE — Magali
Darwin, N.Territory / Un an en Australie
Quand on dit « Australie », on pense aux kangourous. Mais
ici à Darwin, vous pouvez toujours chercher un kangourou, il n’y
en a pas. Pas plus que de requins ou de wonbats. Non, ici le climat est
tropical, alors il y a des wallabies et des wallaros…et des crocodiles.
Les crocodiles viennent près des plages (où de toute façon
il est interdit de se baigner à cause des méduses géantes)
et dans les jardins publics. J’ai eu la chance de tenir un bébé
crocodile dans les bras ! Un « brushtail possum » aussi. C’est
mon animal préféré : 80 cms, très mignon,
moitié sauvage-moitié domestique, assez dur à voir
la nuit, mais plus facile à entendre dans la mesure où il
grogne comme un taureau.
À Darwin, il y a aussi des geckos (gros lézard) et des araignées
: pas nos petites araignées européennes, non ! Ici les araignées
sont grosses et velues, mais toutes sont inoffensives.
Je ne regrette pas du tout d’être venue en Australie. J’ai
été piquée par ce pays.
D’UNE FAMILLE À L’AUTRE — Chloé
Leipzig / Un an en Allemagne
Acte 1 — L’autoroute : je rentre de vacances. Le prochain
départ est dans quatre jours. Je repartirai seule cette fois, et
pour un an. La tête appuyée contre la vitre, je regarde les
voitures qui défilent à une vitesse vertigineuse. Les arbres,
les montagnes, la route, je suis dans un manège fou : la vie. Je
repense aux mois qui ont précédé : la fin de ma première
histoire d’amour, l’obtention du bac, l’hospitalisation
de ma meilleure amie… Tout a filé si vite.
À mes côtés, mon grand frère. Il a un an de
plus que moi. Il a mûri plus vite. Il a découvert les nouveaux
mondes avant moi. Ça n’a pas toujours été facile
avec lui, mais ces derniers temps, on partageait beaucoup de choses ensemble,
de bons moments. On est devenus amis. Certains nous prennent pour des
jumeaux, d’autres pour un couple. Ça nous fait beaucoup rire.
De l’autre côté, mon petit frère. Il dort. Paisiblement.
Un peu de silence, enfin. Guillaume n’est calme que lorsqu’il
dort. Ce petit monstre, de 4 ans mon cadet, se croit toujours supérieur
à moi ; dans tous les domaines : quotient intellectuel, force physique.
Il ne sait pas parler normalement, il crie tout le temps, ça en
devient lassant. Pour être honnête, je ne peux plus le supporter.
Je l’ignore, mais lui ne m’ignore pas ; il me croise, il me
dit des mots grossiers. Pas distingué le petit frère. Il
n’est aimable que lorsqu’il a besoin de moi, quand il s’agit
de le coiffer ou de le prendre en photo. Il est en pleine crise d’adolescence.
Mon père conduit, comme toujours. Je le vois de dos. Que puis-je
dire de lui ? Qu’en bien des points, il me ressemble. Il est calme,
parle peu, ne dit que rarement ce qu’il pense, ce qu’il ressent,
ce qui le rend triste ou heureux, ce qui l’énerve. Parfois,
en regardant simplement ses yeux, je le devine. Parfois je n’y parviens
pas. Ma mère, à sa droite, est en train de faire des mots
croisés. Ma petite maman. Elle m’a mise au monde. Je suis
son unique fille. C’est difficile pour elle de me laisser partir.
Je la regarde et je me demande comment sera ma « mère d’accueil.
»
Acte 2 — « Mesdames et Messieurs, nous rejoignons en ce moment
l’aéroport de Leipzig ; la température extérieure
est de 19°C. Air France espère que votre voyage a été
agréable… » En une heure et demie, je viens de subir
le plus gros changement de ma courte vie. Je sors de l’avion : beau
temps. J’attrape ma valise et me dirige vers la sortie. Je vois
la banderole « Bienvenue Chloé » que Daniel, «
mon petit frère » tient entre ses mains. Sa grande sœur
et ses parents l’entourent. Les quelques mètres que je parcours
en les regardant droit dans les yeux me paraissent être des kilomètres.
Ils me sourient tous les quatre, je leur souris en retour. Chacun des
membres de « ma nouvelle famille » me serre la main chaleureusement.
Le père m’aide à porter mes bagages et nous quittons
ensemble l’aéroport. Un peu bizarre cette sensation : entrer
avec une famille dans un aéroport et sortir dans un autre aéroport
avec une autre. Assise sur la banquette arrière, entre Daniel et
Isabelle, je regarde le paysage. Je suis totalement fatiguée. Mais
malgré cela, je garde les yeux grands ouverts. Je ne pense à
rien qu’à imprimer tout ce que je vois. Je me dis : «
Ne rate rien, c’est ton nouvel environnement pour dix mois. »
Étrange de se dire que cette ville est désormais ma ville,
que cette maison est désormais ma maison et que cette famille est
celle que je dois aimer. Tout ça pour dix mois. Je rejoins ma chambre,
je défais ma valise, je range des affaires, je m’allonge.
En quelques secondes, j’atteins le sommeil profond.
SIX MOIS — Laetitia
Raleigh, N.Carolina / 2x6 USA-Espagne
Ça fait six mois que je n’ai pas parlé français
pendant plus d’une heure, que je n’ai pas mangé une
vraie baguette , que je n’ai pas vu un vrai fromage, que je n’ai
pas eu de la vraie moutarde, que je mange du poulet OGM (ceci dit, il
est très bon), que je vais au fast-food (j’adore), que mes
amis qui ont 16 ans ont tous leur permis et leur voiture, que je passe
plein de soirées aux matchs de football et de basket, que je profite
du dollar à 1.5, que je vis sans mes parents, sans mes amis français,
que je suis dans un nouveau lycée, que je vois la télé,
les séries et les films en version originale, que j’achète
tout en bidon et en pack de 2 litres, que je ne vois que de grosses voitures,
que je suis super calée en géographie (enfin par rapport
aux autres : quand j’ai dit à une copine que l’an dernier,
j’avais été au Portugal, elle m’a répondu
: « T’as de la chance, j’ai toujours rêvé
d’aller en Amérique du Sud ! »), que je pense différemment,
que je prends du recul, que je grandis — beaucoup plus que je le
pensais — que je jure en anglais, que j’arrive à téléphoner
en anglais, que je pense en anglais, que je rêve en anglais, que
quand je chante, je comprends les paroles, que j’ai l’impression
d’être dans un film américain. Six mois qui auront
changé ma vie . Six mois qui m’en auront plus appris que
six ans. Six mois que je n’échangerais pour rien au monde.
Et demain, je pars pour six mois en Espagne.
VU DE FRANCE — Parents de Florian Un an aux USA
Après un voyage épique et difficile -— il a dû
se débrouiller seul pour les transferts -— Florian est arrivé
au « Summer Camp ». Il a été accueilli par une
famille californienne sympathique avec laquelle il a eu un bon feeling
(surtout avec le fils de 17 ans) : soleil, voiture avec chauffeur, musique,
plage… Notre fils trouvait son séjour aux USA des plus cools.
Le départ fin août fut douloureux. Il allait en Virginie,
dans une famille très différente. L’appel téléphonique
précédant son second départ était empreint
de mélancolie, d’abattement, voire même de découragement.
Les mois ont passé et on peut dire que Florian est dans une très
bonne famille. C’est l’impression que nous avons, car il n’est
pas évident de transcrire, au travers des conversations téléphoniques
et des mails, l’ambiance de tous les jours. Notre fils a trouvé
assez rapidement ses marques, à l’école, dans ses
activités, et surtout au sein de sa famille.
Les Hoffman ont accueilli Florian comme leur fils et nous leur en sommes
très reconnaissants. Notre en-fant est heureux, il s’épanouit,
il change. ll ne sera sans doute pas le même au retour. On pense
— et plus particulièrement moi, sa mère — à
son retour et à la timidité qui va nous envahir face à
cet adulte qu’il sera devenu. Dan, Cynde et leurs 3 enfants ont
permis à « leur » fils de voir du pays (Pennsylvanie,
chez le père de Cynde, Vermont pour faire du ski, Chutes du Niagara,
New-York, Washington…). Ils l’ont intégré comme
un membre à part entière, avec droits et obligations. Les
règles ont été édictées clairement
au départ : pas de télé, peu d’ordi, pas d’amis
à la maison sans autorisation, pas de téléphone (sauf
à la famille française). Florian a respecté ce règlement,
et petit à petit ces règles se sont assouplies afin de parvenir
à un équilibre qui convienne à chacun. L’absence
de notre fils est un manque, compensé par l’enrichissement
que l’on ressent chez lui.
UN REGARD SUR SON ASSIETTE, UN REGARD SUR LE MONDE — Rebecca,
Bangkok / Un an en Thaïlande
Dans mon cœur, il n'y a que du bonheur, dans mes yeux cette étincelle
qui trahit mes sentiments heureux, et sur mes lèvres, un sourire
permanent. Merci la vie ! C'est une chance énorme de vivre tout
ça. J'en suis consciente : alors je profite de chaque seconde !
Je suis ici depuis quatre mois et, cette nuit, j'ai rêvé
en thaï pour la première fois. Voilà un peu plus d'un
mois que je comprends pratiquement tout, et quelques semaines que j'arrive
à m'exprimer sans trop de difficultés. Et là, j’ai
rêvé en thaï ! Même un cauchemar en thaï
m’aurait rendue heureuse.
J'ai terminé mon premier semestre à Bangkok, j'ai du mal
à réaliser. Les grandes vacances sont arrivées (de
mi-février à mi-mai). J’en profite pour visiter les
endroits de Bangkok que je ne connais pas encore, et pour passer du temps
avec ma famille. Mon beau-père d'accueil adore voyager, alors,
souvent, on fait de petites excursions improvisées ! Un samedi,
il nous a emmenés à la mer : plage de sable blanc, fin,
brûlant, cocotiers, eau claire… C'était tout simplement
magnifique ! Un autre week-end, on a passé trois jours en province,
dans les montagnes au nord-ouest de Bangkok. Ma famille d'accueil m’a
adoptée dès les premiers instants. Mes « parents »
sont fiers de moi, comme ils le seraient de leur « vraie »
fille. Ils me conseillent, me prennent par la main quand il le faut…
Mes soeurs d'accueil sont là pour moi et je suis là pour
elles. Je suis passée du statut de petite soeur en France, à
celui de grande soeur ici. Je suis celle à qui l'on demande des
conseils, celle à qui les parents délèguent la responsabilité
quand ils s'absentent.
À l'école, tout mon emploi du temps est basé sur
l'apprentissage de la culture thaïlandaise. C'est tout simplement
passionnant. Certains profs ont tellement de choses à m'apprendre
qu'ils me sollicitent en dehors des cours pour m'enseigner leur matière.
Mes amis thaïlandais sont formidables, ils me font découvrir
leur ville, leurs activités, leurs lieux préférés,
leurs passions. Les Thaïlandais adorent le shopping. C’est
leur activité favorite. La vie n'est pas chère ici. Avec
1 baht (à peu près à 0,02 centimes d’euro)
on peut trouver quelque chose à manger ! On début, j’hallucinais,
maintenant je me suis habituée, et je commence à penser
l'argent comme les Thaïlandais : 300 bahts pour une robe (soit 6
euros), c’est trop cher ; un sac à main à 1,50 bahts,
ça se marchande à 100 ; une place de cinéma, il faut
compter 1,7 euro ; un trajet de bus de deux heures, autour de 50 centimes
d’euro. Le plus impressionnant, c'est au niveau de la nourriture
: au lycée, à midi, je mange (par exemple) une grande assiette
de riz avec de la viande, des légumes, et une omelette pour 34
centimes. On va au restaurant pratiquement tous les deux jours. En raison
des prix, et parce que la deuxième activité favorite des
Thaïlandais, c'est de manger. Ici, on partage tout . « Ton
» assiette n'est pas la tienne, c’est « L »’assiette.
Tout le monde pioche dans le plat de tout le monde . Notre façon
de manger en France est quand même assez « égoïste
» : en France au restaurant, on commande son plat, pour soi. Ici,
on demande à tout le monde : « Ça vous dit, ça
? » Cela change totalement le regard qu'on porte sur la nourriture,
sur les repas, et au-delà, sur la vie en général.
DU MATIN AU SOIR — Camille
Osseo, Minessota / Un an aux USA
5 h 45 — Le réveil sonne un peu tôt, mais il en est
ainsi à chaque fois qu’il y a cours. Comme mon père
est prof de bio dans la « high school », il doit être
à l’école un peu avant les élèves. 7
h 30 — Anglais : on prépare le projet de fin de second trimestre.
Une scène de Shakespeare. Je suis dans un groupe de 4 filles. Je
joue la reine. 8 h 30 — Sport : j’ai joué au foot américain
pour la première fois. Au lieu de tacler, on doit juste toucher.
J’ai fait 4 « touchdowns ». 9 h 30 — Français
: j’aide la prof ; je corrige des tests et fais d’autres petites
choses. C’est mon cours préféré : la prof est
la personne la plus folle que j’aie jamais rencontrée. Je
l’adore. Et tout le monde est si gentil.
10 h 30 — Journalisme. 11 h 30 — Pause.
12 h 00 — Guitare. C’est la première fois que je joue.
Le prof est très marrant. 13 h 00 — Maths. On avait un test
: sinus et cosinus. Facile.
En sortant, je file à la bibliothèque avec Camille et Jessica.
On bosse notre Hamlet. Le soir, je vais au « Youth group »
de mon église. On se réunit tous les mercredis. Aujourd’hui
on fait du bowling. Je profite de chaque moment. Tous les jours, j’apprends
quelque chose de nouveau. « I love my american friends. I love Osseo
Senior High school. I love the US. »
LE MORAL EST BON — Marie
Searsport, Maine / Un an aux USA
Dans ma famille,l’ambiance est bonne depuis que l’autre étudiante
d’échange est partie. On fait un tas d’activités
ensemble : shopping, matchs, sorties, restaurants… Au lycée
ça marche bien. Mieux qu’au début, car du côté
de l’anglais, maintenant ça roule. Les notes sont toujours
excellentes. Côté sport, on a fait une saison minable en
basket, mais si c’était à refaire je choisirais à
nouveau basket, car personnellement, j’ai beaucoup appris. Entre
les entraînements et les matchs, j’avais l’impression
de n’être jamais à la maison. Bientôt démarre
la saison d’athlétisme — j’adore ça —
et de softball — je voulais faire quelque chose de nouveau. Au niveau
relations, je me suis fait plein d’amis ; je sors régulièrement,
je rigole beaucoup ; je parle beaucoup. Surprenant. Ce doit être
ma vraie nature qui ressort. Le moral est bon ; mon dernier coup de blues
remonte au jour de Noël. Ça fait quand même un bon moment,
non ?
PROJET DE RÉFORME — Sophie
Spokane, Washington / Un an aux USA
Voilà 5 mois que j’ai tout quitté : pays, famille,
amis, repères. C’est drôle, on s’y habitue. Le
premier mois, je l’ai passé dans le camp de langue, au Nouveau
Mexique, près d’Albuquerque. Je me suis retrouvée
dans une famille adorable, dans une zone résidentielle, à
prendre du bon temps, au soleil. Mes journées étaient toutes
un peu les mêmes : cours le matin, amis l’après-midi.
On ne pouvait pas trop rester dehors à cause de la chaleur, mais
on trouvait toujours des occupations. Un mois génial. Quand il
a fallu repartir, j’ai pleuré, pleuré, pleuré.
Tout à coup, j’ai eu peur, je ne savais pas à quoi
m’attendre. J’ai pensé : « Il te reste 10 mois
; en soi, c’est pas très long, mais si ça ne va pas,
ça peut durer une éternité cette affaire-là
! »
Et me voilà ici, dans l’état de Washington depuis
4 mois. Et ça va. Alors… ça passe vite.
C’est fou ce qu’on peut apprendre en 4 mois.
L’école est géniale. Je ne comprends pas très
bien pourquoi l’école française ne se décide
pas à instaurer les « Cheerleaders ». Ça met
quand même une sacrée ambiance. Et côté sport,
en France, il faudrait quand même se décider à se
bouger : avec nos deux heures d’EPS, on est limite minables. Et
pourquoi on n’a pas de « team » ? franchement, Dites-moi
pourquoi ! Les « teams », ça soude les gens, ça
crée de l’entente. Côté cours, il y a quand
même des matières marrantes ici : bijoux, couture, cuisine…
Pour un étudiant étranger, c’est bien, c’est
si différent. Le fait de choisir ses matières est un avantage.
L’école US n’est pas dure : un Européen dans
une « High school » paraît super cultivé. Il
y a toujours ici un petit air de vacances : on découvre, on s’amuse,
on apprend.
En ce qui concerne la famille je suis gâtée. Ils sont merveilleux,
ils m’emmènent partout. Quant une famille décide de
recevoir un étudiant étranger, je crois que ce n’est
pas pour rien, je crois qu’ils veulent vraiment lui donner tout
leur amour. Ces familles sont géniales. C’est fou ce qu’on
peut changer en un an. Quelque chose me dit que je vais revenir épanouie.
CHAMP DE VISION — Parents de Nathalie
Un an aux USA en 1999
Notre fille, Nathalie, a fêté ses 16 ans aux USA, dans l’état
de Washington et dans le cadre d’un séjour PIE. Elle en a
aujourd’hui 25. Après avoir obtenu son diplôme d’infirmière,
elle a décidé de voir le monde et de se promener un peu
partout sur notre planète, en travaillant en interim. Elle a pu
exercer sa profession à La Rochelle, en Corse, en Guyane, au Canada.
Elle est actuellement à Montréal, bientôt elle sera
à Ottawa. Elle a décidé de réaliser ses rêves,
de ne pas remettre au lendemain, car « le temps perdu ne se rattrape
jamais ». Avoir pu faire un break d’une année dans
ses études secondaires a été une chance inespérée.
L’ouverture et la richesse acquises sont inestimables. Aucun diplôme
ne remplacera jamais une telle expérience. Poussons nos enfants
à faire des stages à l’étranger et à
élargir leur vision et leur regard sur le monde.
FIDÈLES À LEUR IMAGE — Marjorie
Preoria, Illinois / Un an aux USA
Ils me font bien rire ces Américains, ils ressemblent vraiment
à l’image que j’avais d’eux : ils mangent tout
le temps, ils ne voient pas plus loin qu’au-delà des frontières
de leur grand pays.
DOUBLE RUPTURE — Mélaine
Un an en Afrique du Sud / 2006-2007
L’Afrique du Sud, ça ne va pas de soi. Peu d’étudiants
choisissent ce pays. Qui prendrait le risque de tenter une expérience
de 11 mois au Cap. Qui se risquerait si longtemps sur un continent africain
méconnu, chargé de préjugés ? Car même
si l’Afrique du Sud est le moins africain des pays d’Afrique
noire, dans « Afrique du Sud », il y a tout de même
« Afrique ».
Un jour, j’ai décidé de partir là-bas. Pourquoi
? Disons que mes motivations se sont perdues. Il fallait partir, il y
avait une nécessité d’évasion, un besoin intime
de moi à moi, qui s’est entièrement exprimé
dans le choix atypique de ce pays : l’Afrique du Sud.
J’ai passé une année là-bas. Et j’en
suis partie. Je dis bien « partie » et non pas « revenue
». Afrique du Sud : ma grande terre, ma pointe de nulle part, mon
bout du bout ? Tu m’appartiens désormais. Je t’ai ramenée
avec moi. Pourtant au début ce n’était pas gagné.
Je vivais en province, je n’avais jamais voyagé. C’est
surtout mes parents qui ont été surpris. Mais petit à
petit ils sont devenus fiers de leur fille parce qu’elle avait eu
cette idée de partir en Afrique du Sud, une idée sortie
de nulle part et qu’eux-mêmes n’auraient sans doute
jamais eue. Au début, quand on pense à partir, on voit les
obstacles : le coût, les conséquences. Et puis,d’étapes
en étapes, de rencontres PIE en test d’anglais foirés,
ça se fait. On prépare son visa, on fait un dernier bisou
à tout le monde, et puis c’est l’heure de prendre l’avion.
Le moment mémorable – comme un bijou au cœur du trou
existentiel — a lieu à l’aéroport… entre
deux avions. Le grand moment, c’est celui où l’on réalise
que l’on vient de balayer sa vie. « Mesdames et Messieurs,
ma vie est morte, mon quotidien est fini, il n’y a plus rien. La
France n’existe plus, sa langue a disparu. Plus rien n’est
compréhensible. » Oups ! J’avoue que le premier mois
c’est un grand brouillard. On est tout le temps fatigué,
désorienté, on ne comprend rien à leur comportement
à eux, les autochtones, ces Sud-Africains aux mœurs bizar-res.
Et l’on se demande alors ce qu’on est venu faire là.
Et c’est à ce moment-là que les raisons du voyage,
les fameuses motivations n’ont plus de sens et qu’elles semblent
fumeuses. On entre alors dans un long rêve sans repères.
On a du mal à accepter la situation, on a du mal à accepter
l’autre, aussi. On est tellement perdu que ce qui semblait avoir
du sens ne rime plus à rien. Nos parents nous manquent, on tombe
malade, on se victimise, on pense qu’on est maso. Bref… Vous
me faites rire, chers étudiants d’échanges, avec toutes
vos bonnes raisons de partir ! C’est une immense richesse que d’accéder
au point où l’on décrypte le monde qui nous entoure.
On entre alors dans un autre univers. Mais les clés de celui-ci,
croyez-moi, il faut du temps pour les trouver.
Plus qu’une langue, j’ai appris une communauté, une
façon de faire et de voir. C’est incroyable d’avoir
le sentiment soudain de ne plus savoir qui l’on est et d’où
l’on vient, de réussir à dépasser ses origines
pour se projeter vers ce qui ne va pas de soi. Là-bas, je suis
devenue autre : Française avec toute la culture et les conceptions
que cela implique, et beaucoup plus que ça. Il y a des jours où
l’on se sent grand. Où l’on se dit qu’il y a
tant de choses à découvrir, à faire et à comprendre
que jamais on ne cessera de grandir, de s’élever, jusqu’aux
cimes de l’enthousiasme, jusqu’à ce bonheur de connaître
ce qui est autre. Cela fait quatre mois que je suis revenue, mais une
partie de moi-même appartient maintenant à cette Afrique
du Sud. Chaque jour, je pense à mon pays d’adoption. Je me
demande parfois pourquoi je reste marquée de cette façon,
si cela arrive à d’autres. J’aurais envie d’en
parler avec quelqu’un, mais personne dans mon entourage ne peut
vraiment capter ce qui se passe en moi. Qui peut comprendre l’horrible
déchirure du retour. Quelle rupture terrifiante ! On aime tendrement
sa patrie, mais on vit entièrement pour l’ailleurs. Après
deux semaines en France, je ne supportais plus : « Faites que tout
cela cesse, que je revienne là où j’ai fait ma vie.
» PIE ne nous avait pas dit comme le retour était difficile
: on nous l’avait caché, on avait omis intelligemment de
nous en parler. Peut-être que ça ne valait pas la peine,
que nous n’aurions pas compris ! Je suppose que je ne suis pas la
seule à vouloir rentrer (je dis bien « rentrer » en
Afrique du Sud), à vouloir tant être ailleurs. Ainsi va la
vie. Il faut apprendre à l’accepter.
BALANCE — Olivia
Australie 2007
I am a not so old Pie student who went to Australia last year
(the kiwi year) with your organisation. I have to say that I was extremely
excited by the idea to go and live one year in a foreign country and above
all Australia where I had already gone once before. The PIE programme
seemed to be exactly what I was looking for…fully immerse in a new
culture and living with “real Aussies”. Unfortunately I am
sorry to let you know that I am one of the 17 (or a bit more) who haven’t
finished their year abroad. I think you should realize that it represents
quite a huge number of students. I don’t want to criticized too
much as it’s not my job and also because now I am happy with what
I lived during my “gap year”. I just want you to be aware
that it’s easy to say that us students have to adjust ourselves…but
sometimes there are moments in which adaptation is definitely not possible.
My stay in a suburb of Melbourne is a good illustration. I won’t
tell all the details because there are no points to do so now…but
the thing is that I believe you should be more careful of what the organisation
in the host countries you work with are doing. In Australia for example,
they left me finding a new host family by myself, and when someone from
my school offered me to stay a few times at her place, the Organisation
completely stopped looking for another one. I also want you to know that
when I was not feeling really good, I would have loved to receive a call
from PIE France saying they were there, but I received none…The
only answer we got was that we had to deal with the Australian organisation…actually
PIE France didn’t exist anymore…and I was left alone, without
any other French-speakers or even other foreigners who could have been
living a similar experience abroad, and far far away from home. After
having felt anger and hatred toward you, when I was back to my home country,
I started to analyze my stay, and finally I now think that I learned a
lot…more than ever during these few months. I learnt how to be more
tolerant, how to take people the way they are, how to deal with problems
far from home, how to be more responsible and how to overcome my limits.
It was hard, but in every not-so-good experience there are a lot to learn
and actually even some good things. You just have to find them and I think
I did. That’s why I don’t regret anything : the PIE programme
just did not fit me (almost 18 and having already finished high school
in France I might have been a bit too old). Back home, I finally decided
to go in a foreign country again…I am determinated and motivated
and want to achieve everything I begin. And what I began that time was
to be bilingual. After 4 months I only had a good “everyday English”
and I wanted more. I therefore went 6 months to England, in Cambridge
with another organisation (I don’t know if I can give the name).
With real English lessons I made huge progress… I also don’t
regret the all PIE thing and above all the meeting we had from the 6th
to the 8th of May 2006 as I met Daniel, my “kiwi” boyfriend
there. We have been together (travelling quite a lot) for more than one
year now and that’s OUAW! Awesome! So even if you did not achieve
all what you had to with me…you were a really good matrimonial agency
! And thanks for that! This meeting was priceless… To conclude I
can say that there is not only one way to manage to do what we want to.
You just have to find the one which fits you…mine was maybe a bit
harder (and more expensive…thanks Mum and Dad.. lol) but I also
got love so all that worth it. For you PIE, I can also say that sometimes
even if you do your job as good as you can it does not work out. That’s
life, I am not spiteful, I had the time of my life !
Wishing you to be more successful with the following prom…
BONNES NOUVELLES — Marc
Boston, Massachusetts / Un an aux USA
Je suis accueilli par un monsieur charmant qui m’emmène à
divers concerts ou voyages. Il ne cuisine pas bien, alors il me laisse
faire la popotte, ce qui m’évite le décalage culinaire.
Ici, à Boston, on trouve de tout : vrai camembert, chèvre
du Poitou, petit lu… Mon père d’accueil est très
sensible à la bonne cuisine. Ça fait plaisir d’avoir
un connaisseur à la maison.
Au lycée, tout se passe bien. Je n’ai que des A. Je comprends,
j’arrive à tenir des conversations. Encore quelques semaines
et je serai totalement à l’aise. Je fais partie de la comédie
musicale de l’école (on prépare un show du type «
Broadway ») : ça me donne vraiment l’impression d’appartenir
à une famille. Mes journées sont bien remplies. Que de bonnes
nouvelles en fait.
TOUT EST IMPORTANT — Marjorie
Preoria, Illinois / Un an aux USA
Tout est tellement nouveau et excitant, même les plus petits détails,
ces toutes petites choses qui vous arrivent. Croyez-moi : tout est important.
Mais tout n'est pas toujours rose. La première semaine est si difficile.
Jamais je n’aurais pu imaginer cela ! Le voyage en avion était
pourtant parfait. J’étais super excitée à l'idée
de tout refaire : nouvelle vie, nouvelle maison, nouvelle chambre, nouvelle
école, etc. Et puis quand tu mets le pied sur la terre américaine,
qu'ils parlent et que tu ne comprends rien, que tu te rends compte que
t'as atterri, pour de vrai..., alors là, tu te demandes vraiment
ce que tu fous là, et ce qui t'as pris de vouloir faire un truc
aussi radical et intense que ça. Quand tu te réveilles le
premier matin, tu te rends compte que « un an », c'est long…
Ma première journée de lycée a certainement été
une des plus horribles de ma vie entière. Quand je suis rentrée
chez moi, après les cours, je voulais rentrer en France et retrouver
ma vie d'avant. Les gens ne m'ad-ressaient pas la parole. Je suis tombée
dans une sorte de quartier où les 3/4 des habitants sont noirs
et pauvres.
Et puis la première semaine est passée. J'ai fait quel-ques
connaissances. Et j'me suis dit que je pourrais pas tenir un an en tirant
la gueule tout le temps. Alors j'ai pris ça du bon côté,
en me disant que ça faisait partie de l'expérience, et,
comme m’a dit mon « hostfather », que « c’était
un challenge » ! Et c'est là que tout a changé !
Aujourd'hui, 4 mois après, tout a tourné. Oui, aujourd’hui,
je n’ai qu’une peur : celle de rentrer... Le temps passe si
vite. Parfois bien sûr, j’ai des baisses de moral, mais bien
moins que ce que j'aurais pensé en arrivant ici.
Tout le monde m'aime bien, mais pour autant je peux affirmer qu’il
est dur de se faire des vrais amis. Parfois, quand ça ne va pas,
ça me manque de ne pas avoir quelqu'un pour me consoler, de ne
pas trouver une épaule pour me réconforter, ou simplement
quelqu'un pour me donner des conseils.
J'ai dû changer de famille. Je suis passée d'un couple d'une
vingtaine d'années à un couple de retraités, eh ben,
je peux vous dire que je ne regrette rien, ils sont tellement gentils
et je suis tellement bien avec eux ! Avant de venir, j'me suis posé
des tas de questions, je pensais.
que je savais tout sur tout. Eh ben non !
J’ai connu le temps des désillusions. Et maintenant je vis
celui des surprises. Il faut faire face à tout ça et s'adapter,
il faut se donner à 100% : c'est l'unique secret pour réussir
à s'intégrer totalement. En partant, je m'étais dit
que je serais ouverte, pas timide, accueillante, etc. Mais c'est pas si
facile de devenir tout ça. Parfois on n’a pas envie de parler,
parce qu'on les comprend pas et qu'on a l'impression qu'ils font aucun
effort. Voilà : je n’ai pas encore vaincu ma timidité,
mais je m’améliore.
Parfois, oui, c'est vraiment difficile, et puis juste après, c'est
comme si on avait toujours vécu là : les 4x4 ne nous étonnent
plus, les 45 fast food côte à côte sur la même
rue, non plus, les étudiants qui viennent au lycée en pyjamas,
chaussons et peignes dans les cheveux non plus, les « lockers »
deviennent faciles à ouvrir, on trouve normal de faire un «
hug » à un prof…
Papa, Maman, je sais que je vous manque beaucoup, mais je ne vous remercierai
jamais assez de m'avoir donné la chance de partir cette année...
Je vous aime fort !
JE RIS, JE PLEURE, JE VIS — Marion
Greenbelt, Maryland / Un an aux USA
Le premier mois, c’était le paradis : le camp de langue était
facile — ce n'est pas forcément là que j'ai appris
à perfectionner mon anglais, mais j'en ai tout de même tiré
plein de positif, beaucoup de rires et beaucoup de rencontres —
et je garde dans mon coeur le meilleur des souvenirs : ma famille d'accueil.
Des gens extraordinaires qui m'ont totalement intégrée comme
un membre à part entière de leur famille. Je garde le souvenir
des deux petits loups, Ethan et Avery qui m'ont fait rire et qui m'ont
attendrie avec leurs jeux et leurs câlins; de Deirdre, toujours
présente, attentive et drôle, avec qui j'ai cuisiné
mon premier « strawbery-rhubarb pie » et avec qui j’ai
escaladé pour la première fois mon rocher (alors que le
vide est ma pire frayeur), avec qui j'ai sauté dans un lac ensoleillé,
et Jeff qui était le meilleur des papas que j’aie jamais
rencontré — c'est avec lui que j’ai découvert
la country — Je n’ai passé qu'un mois dans cette merveilleuse
famille et pourtant en la quittant, j'ai pleuré tout ce que je
pouvais… On s’est promis de rester en contact. Ils m’ont
dit que si quelque chose n'allait pas la porte restait grande ouverte.
J’ai repris l’avion. J’ai flippé une fois de
plus. Je suis arrivée à Greenbelt, dans ma famille dite
« définitive » — qui au final ne sera définitive
qu’un mois. On ne sait jamais où l’on tombe et ce qui
nous attend, et c'est cela qui fait grandir aussi. Famille exécrable,
une mère hurlant « asshole fuck piece of shit » à
longueur de temps et qui m'a détestée dès le premier
jour, un père raciste et cynique, un frère plutôt
charmant mais pas vraiment stable. Je n’ai rien dit à ma
famille pour ne pas l’inquiéter, mais après un mois
de « torture », j'ai décidé d’appeler
la représentante, et dans la foulée, j’ai déménagé.
Ce fut le temps de la famille temporaire : adorable, aimant le théâtre,
la musique, les films, une famille géniale avec qui j'ai passé
de très bons moments. Je vis maintenant dans une famille définitive,
avec ma soeur Courtney que j’adore plus que tout avec qui je partage
chambre, lit, télé, fringues, fous rires : une personnalité
très vivante. On s’entend à merveille, j’adore
la mère, j’adore les autres soeurs. Ils ne roulent pas sur
l'or, mais tout est tellement génial ici, qu'on s'en fiche. J’apprends
à me débrouiller par moi-même. Comme les parents bossent
le week-end, on doit s'arranger pour faire des choses : il y a un planning
pour ranger la maison et je participe activement aux tâches. Ça
ne me dérange pas du tout. Ici je ris, je pleure, je vis tout simplement
; tout n'est pas rose car ma famille me manque et desfois tout m'insupporte,
mais c'est très rare.
17 août 1999 — Dédicace laissée par
la mère de Leslie, sur le livre qu’elle offre à
sa fille à l’occasion du départ de celle-ci pour une
année aux USA
Mon amour adoré. C’est demain le départ. Tu as choisi
d’entamer le XXIè siècle à la découverte
d’un autre monde. Ma raison n’hésite pas : quelle superbe
aventure ? quel apprentissage de la vie ? Je suis très fière
de toi, de ton courage. « Ose devenir qui tu es. »
Je mets mon cœur en sourdine. Ce sera sans doute un peu dur ; nous
sommes si proches, si complices. Mais être parent, c’est accepter
que les enfants grandissent et se construisent : c’est le contrat.
De toute façon mon cœur t’accompagne partout où
tu es : il bat avec toi et pour toi. Et puis, ce sera l’occasion
de s’écrire de vraies lettres ; le téléphone
et internet existent ; ce n’est pas si loin, ni si long. Je t’aime
ma chérie, c’est formidable ce que tu fais. En cas de blues,
pense à tous ces gens qui t’aiment et que tu reverras bientôt,
forte de ton expérience. De mon côté, en cas de blues,
je penserai que le temps de nos retrouvailles se rapproche. « Les
gens se sentent seuls parce qu’ils construisent des murs plutôt
que des portes. Impose ta chance. Serre ton bonheur et va vers ton risque.
À te regarder, les autres s’habitueront. » Mille baisers,
ma poulette chérie. Maman qui t’aime..
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