IMPRESSIONS
NOSTALGIC MOOD
Marie, Kewaunee, Wisconsin
Un an aux USA en 2004
Je sentais en moi le besoin d'écrire et de parler de mon deuxième pays, de ma deuxième famille. Certaines personnes ne comprennent pas que je puisse appeler ma famille d'accueil « ma » famille ! Mais la réalité, pourtant, c'est que je pense à mes parents d'accueil chaque jour, comme je pense à mes propres parents et que je pense à mon « American Sister », comme je pense à mes fréros. Le Wisconsin est une partie de moi. Je suis fière de dire que j'y ai vécu. Je suis fière d'être une Américaine d'adoption. Je n'approuve pas tout ce qui se passe dans ce pays — pas plus d'ailleurs que ce qui se passe en France —, et je peux même affirmer que je suis rarement en accord avec nos politiques et nos « way of life », mais j'accepte ce pays, l'Amérique, tel qu'il est... en bloc. Voilà quatre années que je suis revenue. Et je réalise à quel point cette expérience m'a changée. Désormais, je prends les choses avec plus de légèreté, je les accepte avec plus de facilité : j'ai une autre ouverture d'esprit.Je retourne régulièrement dans ma petite ville du Wisconsin, et même si en hiver, on reste coincé à la maison pour cause de tempête de neige, je m'y sens bien, entourée de mon « extended family ».
ET JE RÉALISE QUE
C'EST BIENTÔT LA FIN !
Claire, Ashern, Manitoba
Un an aux USA
Je suis partie il y a plus de huit mois, pour me lancer dans cette aventure extraordinaire : vivre un an au Canada. Je réalise aujourd'hui que c'est bientôt la fin, alors je repense à tout ce que j'ai vécu. Sincèrement, je n'aurais jamais cru que je pourrais aimer l'endroit où j'ai atterri. Tout a commencé par ce mois de « Prépa », le plus beau mois de ma vie, quelque part en Californie. Et puis, j'ai débarqué ici, dans ce tout petit village au milieu de nulle part. Vous n'avez pas idée de l'effet que ça m'a fait : le choc. Il faut dire d'abord que j'ai toujours vécu en ville et toujours détesté la campagne. Et, pour corser le tout, il a fallu me mettre à parler anglais : plus personne autour de moi pour parler français, plus d'autres étudiants étrangers pour m'aider. Je ne savais pas quoi faire. L'affolement total. Je me suis sentie si mal pendant les trois premiers mois que j'ai vraiment failli rentrer en France. Je me suis forcée à rester en me disant que je ne pouvais pas abandonner comme ça, que je ne pouvais laisser tomber ce projet que j'avais tant préparé et tant attendu. Après un temps, j'ai changé de famille. Peu à peu, j'ai commencé à apprécier la vie au Canada. Mon anglais est devenu fluide, je me suis sentie plus confiante. Cette expérience a fait naître une force en moi que je n'avais pas auparavant. Cette année, j'ai acquis de l'assurance et de l'autonomie. Le plus surprenant dans cette histoire, c'est de s'habituer à un style de vie qui n'est pas le sien. On découvre de petites choses nouvelles : au début on les trouve décalées, étranges, voire déplacées, et puis, petit à petit, ces petites choses deviennent notre quotidien, elles deviennent ordinaires. Quant à l'anglais, c'est encore plus fort. On apprend rapidement. On progresse sans s'en rendre compte. Aujourd'hui, quand je parle en français, je ne trouve plus mes mots — honnêtement, pour écrire cet article, j'ai eu du mal, car je pensais en anglais. C'est la langue anglaise qui a pris le dessus, qui me submerge. Je suis fière d'avoir atteint ce niveau et très fière d'avoir atteint l'objectif que je m'étais fixé au départ. Je suis plus fière encore d'avoir appris à vivre et à aimer un coin où a priori je ne voulais pas rester. Je n'ai pas abandonné. Je tiens à remercier mes parents, qui m'ont soutenue dans ma décision ainsi que ma seconde famille, qui a été merveilleuse à tout point de vue avec moi. Et je remercie l'équipe PIE qui m'a donné la chance de partir et de réaliser mon rêve.
AMÉRICAINE
Alexandra, Elk River, Minnesota
Un an aux USA
Nous voilà quelque part, au coeur du mois d'avril...Et j'ai peur de rentrer !
Parfois je rêve de mon retour en France, de mon retour à ma vie habituelle. Je sais très bien que je n'y arriverai pas, car après avoir vécu cette année, plus rien ne sera jamais comme avant.
Aujourd'hui, mes meilleurs amis sont ici, et je ne veux pas les quitter. J'ai une nouvelle famille, une nouvelle maison. Me voilà totalement intégrée, dans mon nouveau monde. Je me suis adaptée au Minnesota et lui m'a adoptée ; nous nous sommes domptés. Avec pa-tience et persévérance. J'ai essuyé des coups durs, mais je les oublie pour ne me souvenir que des bons, des meilleurs. J'ai tellement appris, sur moi et sur les autres. J'ai appris qu'avec la volonté tout est possible.
Nous voilà au coeur du mois d'avril. Dans quatre jours, j'ai ma représentation de « Musical ». Dans 19 jours, j'ai la « Prom » — on a prévu de prendre une limousine avec des copains et de se préparer ensemble avec quelques copines — puis, ce sera le « Fashion Show » — que l'on présentera avec toute la classe de « mode » — puis la « Graduation ». Je ne serai pas là pour toutes les « Grad parties ».Oh, peu importe... je sais que je reviendrai.
Maintenant que je suis américaine.
THE FAIRY QUEEN
Rémi, Souris, North Dakota
Un an aux USA
La « Prom » en Amérique est quelque chose de splendide. Tout le monde est sur son trente-et-un. Toutes les filles portent des couleurs magnifiques, c'est comme un arc-en-ciel humain. Tout le monde est ouvert, gentil. Les choses sont préparées, cadrées — on sait exactement comment accompagner sa partenaire, comment marcher à ses côtés — c'est comme une chorégraphie : tout est parfait. Après le défilé, il y a une « party », avec de la musique américaine, du rap et autre. Tout le monde est en tenue de soirée (et vous êtes content à ce moment là d'être un garçon, car danser avec les robes de « Prom », bien serrées, ça ne doit pas être facile). Au bal de « Prom », j'étais avec une splendide demoiselle, qui répondait au nom de « Heather Esby ». Une fille américaine qui a le coeur sur la main. Je souhaite à tout le monde de connaître de tels moments.
Voilà... En rentrant de week-end, quand j'ai appris qu'un nouveau Trois Quatorze allait sortir, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je partage avec vous ce moment inoubliable.
DES VALISES TROP PETITES
Antoine, Bay city, Michigan
Un an aux USA
C'est une année qu'il est impossible d'oublier, avec des hauts et des bas, mais avec, au final, un super résultat. Les débuts sont parfois difficiles. Surtout lorsque l'on ne tombe pas du premier coup sur la famille avec laquelle on va s'entendre. En ce qui me concerne, le fait de m'être inscrit à un maximum d'activités m'a beaucoup aidé : cela m'a permis de passer de bons moments, et cela m'a aidé à supporter les moments plus difficiles que je vivais au sein de ma famille. Pendant tous ces temps d'activités, j'étais, qui plus est, obligé de parler anglais tout le temps, et cela m'a amené à progresser. C'est également grâce à l'une de ces activités (mon groupe de musique) que j'ai rencontré une famille qui s'est proposée pour m'accueillir. Je n'ai pas eu à changer de ville ou de lycée, ni à tout recommencer. J'ai découvert ici de nouveaux sports qui m'ont beaucoup plu et que je vais peut-être pouvoir continuer après mon retour en France (le hockey sur glace par exemple).
Aujourd'hui, le temps défile très vite ; je parle américain sans effort, je rêve souvent dans cette langue, je me sens tout à fait à l'aise au lycée comme dans ma famille.
Dans deux mois, c'est le retour en France : heureusement que tous les souvenirs sont dans dans la tête et qu'ils ne prennent pas de place dans la valise, car si tel était le cas, je peux vous assurer qu'il n'en existerait pas d'assez grande.
RENTRER OU NE PAS RENTRER ?
Lucie, Portland, Oregon
Un an aux USA
Dans deux mois je rentre.
Mais je sais parfaitement qu'une grande partie de moi ne rentrera pas !
ET PLUS ENCORE
Lucie, Portland, Oregon
Un an aux USA
Huit mois et demi de bonheur, quelques jours de nostalgie, quelques heures de tristesse, quelques minutes de larmes...
Et plus que 10 semaines à vivre, ici, à Portland.
Moi, la petite « Frenchy » de la Côte d'Azur, vivant sous le soleil, au bord de la mer, je me suis retrouvée à vivre un an sous la pluie, la neige et le ciel gris !
Je sais bien qu'il y a plus important que le climat dans la vie, mais, le fait est que le temps influe sur le moral. Alors après deux mois de pluie, de grêle ou de neige, j'en ai eu un peu ras le bol. Mais j'ai fait avec. Et puis avec cette merveilleuse famille qui est la mienne et mes supers amis, tout finalement a été pour le mieux !
J'ai déjà vécu huit mois merveilleux. Cela semble si lointain. Et j'ai tant fait et tant appris, que c'est dur de se rappeler de tout ! Il me reste heureusement, en guise de témoignage, des tonnes de photos et tant de souvenirs, tous si forts et si vivants.
Ici, je suis dans ma bulle ; je n'ai pas vraiment d'informations sur le monde qui nous entoure. Je suis trop occupée pour vraiment m'en préoccuper. « Diversity Club » en automne ; « Swim Team » en hiver ; « Lac-rosse team » au printemps ; Californie ; « Hollywood Bld. » ; le désert ; « the Beach house » avec baleines, lions de mer, phoque, et bien plus encore...
Et il reste le meilleur : parler, comprendre, lire, regarder les films, écouter, rêver, penser en anglais... et bien plus encore. Le plus important ? Grandir : on comprend de quoi on est capable ; l'esprit s'ouvre au monde, aux gens et à tout ce qui nous entoure. Je me suis découvert un côté patriote : dès que je vois le mot « France », je suis toute fière et toute contente que notre culture touche les Américains et influe sur la leur. Et malgré cela, malgré mon côté française, je sens que je suis une Américaine presque parfaite ! J'ai, par exemple beaucoup de « School Spirit ».
J'adore la vie ici, les gens sont super sympas (mais attention il faut quand même aller vers eux et leur parler), super accueillants, et très curieux (c'est vrai qu'ils ne connaissent pas du tout leur géographie, mais j'insiste : ils sont curieux).
Futurs participants, vous vous inquiétez : sincèrement, je vous le dis, on s'habitue à l'absence de sa famille et de ses amis — quoiqu'au départ, et plus particulièrement au moment de la rentrée scolaire, ce soit dur. Je pense que tout le monde peut s'habituer à vivre loin de son monde. D'autant que de nos jours on a internet pour communiquer, et qu'à ce niveau c'est donc très simple et très rapide.
Futurs participants, je vous envie ! J'aimerais tellement revenir en arrière et entamer à nouveau mon séjour. Une chose est sûre : en un an, on change énormément. Partir c'est un vrai challenge, mais au final c'est dix mois de bonheur, quelques jours de nostalgie, quelques heures de tristesse, et quelques minutes de larmes.
COMME UNE PETITE MORT
Amandine, Waterford, Wisconsin
Un an aux USA
Et dans deux mois tout s'achève : ma vie va basculer, changer à nouveau. Je m'imagine dans cet avion qui va me ramener en France et je me dis : « Waouh ! D'où tu viens ? »
Quand je regarde le chemin parcouru, toutes ces choses accomplies, tous ces obstacles franchis, je me dis que j'ai eu de la chance. De la chance d'avoir pu réaliser mon rêve en venant vivre un an, ici, aux USA. L'année n'a pas été parfaite, loin de là. Il y a eu ces fameux « hauts et bas ». Les relations avec ma famille d'accueil auraient notamment pu être cent fois meilleures. Mais je suis heureuse. Le lycée est génial, j'ai des amis formidables, et j'adore ma petite vie américaine.
Cela va être dur de partir, de se dire que rien ne sera plus jamais pareil, qu'ici, le monde continuera à tourner sans moi. Dur de se dire que je ne reviendrai peut-être plus jamais.
Mais il restera les souvenirs, gravés au fond de mon coeur « for ever ».
Je n'oublierai jamais Waterford, ma ville ; je n'oublierai jamais Hjordis, Harrison, Flo, Christina, Amélie, Emiline, mes amis ; ni Miss B, Mr. Blake, Mr Foster, les coaches, ni Mike et Sue mes parents d'accueil. Et tous ceux que je ne peux citer.
Merci à tous de m'avoir soutenue, de m'avoir accueillie dans votre vie, dans votre coeur.
Merci à mes parents de m'avoir laissée partir.
Et d'être présents quand je vais revenir.
D.A.N.C.E. T.E.A.M.
Anaïs, Eugene, Oregon
Un an aux USA
Danse : cette année, j'ai beaucoup dansé, du hip hop, du moderne, du Jazz, du ballet...
Amitié : en intégrant la « Dance Team », je me suis fait beaucoup d'amis, et surtout ma meilleure amie : Maiyra. Une équipe est un bon moyen pour faire des rencontres. La « Dance Team », c'est encore mieux, car cela dure 8 mois.
Naissance : faire partie de la « Dance Team », c'est acquérir l'esprit d'équipe, c'est être fière de porter les couleurs du lycée. Je n'avais plus l'impression d'être une étudiante étrangère : je suis devenue une lycéenne américaine active.
Compétition : j'ai participé à de nombreuses compétitions de danse contre d'autres « High School ». Je suis même allée à Portland, pour une « State competitions », c'était très impressionnant. Une compétition c'est magique, très excitant, on y voit des choses étonnantes, comme les faux-cils et les maillots de danse obligatoires.
Étirements : au fil de la saison et à mesure que les compétitions approchaient, les entraînements sont devenus de plus en plus fréquents. J'ai pu progresser au niveau souplesse et j'en suis très contente. J'espère seulement ne pas la perdre en rentrant...
Ténacité : être membre d'une équipe ce n'est pas que du « fun ». Mais dans la mesure où, ici, l'école est assez facile, c'est un bon moyen de se donner à fond dans quelque chose. Ça me m'a pas dérangée tant que ça de me lever à 5 h du matin les semaines de compétitions.
Entraineur : Lisa, la « coach » de l'équipe est fantastique. Elle est plus qu'une prof, elle est devenue une amie, une confidente, sur qui je peux toujours compter.
Amusement : que ce soit en dansant, ou en organisant des soirées « pyjama », on s'amuse beaucoup avec la « Dance Team ». J'apprécie particulièrement les réunions en cercle avant une compétition, quand on se complimente les unes les autres et qu'on se donne une étoile à coller sur son coeur...
Mon meilleur souvenir : la saison s'achève, mais la « Dance Team » reste au centre de ma vie américaine et elle restera éternellement gravée dans mon coeur...
En souvenir de mon équipe, Maiyra, Bibiana, Jennifer, Belle, Nicky, Amber, Illya, Sarah, Danielle, Bailey, Jordan et Lindsey.
TO BREAK THE ROUTINE
Hector, Laguna Beach, California
Un an aux USA
I knew my way around, knew the people I could trust, and I knew where life was taking me. I really thought of myself as being independent. I think everyone feels grown up and independent as long as they are in their comfort zone. This is when an opportunity hit me. The American dream was about to come true. Today, it is already may and I received so much during this year that when I come back I want to share this with others. I can be proud to say I did it! I went to California and lived a life there. I know how to go on to the 405 and go to L.A. I know how to surf. I know the word « gnarly »* and use it, and I was here for the first Afro-American president elected. I also know that when I will return to France not much will have changed, and that I will have to find a new adventure to break the routine. Maybe try to go to an American university?
Un mot à multiples usages, selon le contexte : « cool », pourri, zone... *
LA NASSE DU QUOTIDIEN
Marianne, Cabarita, New South Wales
Un an en Australie
D'une minute à l'autre votre humeur peut complètement basculer, tout peut se retourner, un rien peut vous rendre heureux, ou vous mettre par terre.
Vous admettrez qu'il est difficile dans ces conditions de choisir une tonalité à notre petite chronique.
Faire rêver les futurs étudiants ou faire peur aux parents, déjà si inquiets ?
Je voulais changer de vie. Complètement. Partir au bout du monde, changer de famille, d'école, de maison, d'habitudes. J'étais consciente des difficultés, mais je me sentais assez forte pour les supporter. Je me suis retrouvée dans une famille formidable, en banlieue de Sydney. Que demander de plus ? Tout le monde m'enviait. Je me rendais compte de la chance inouïe qui était la mienne. Mais rapidement, je me suis mise à envier ceux qui étaient placés en rase campagne, perdus au milieu des fermes. Pourquoi ? Parce que j'avais beau être au bout du monde, la tête en bas, dans un pays bien différent, avec d'autres valeurs, ma vie, au final, n'avait pas changé tant que ça : je prenais le bus, le train et je me retrouvais à Sydney, pour aller en cours. Sydney ou Paris : franchement, quelle différence ?
Alors, j'ai sérieusement songé à changer de famille, mais la peur d'avoir tout à recommencer une seconde fois m'a fait réfléchir plus longuement. D'autant que ma famille est plus que géniale.
Je suis maintenant intégrée dans mon milieu, dans mon école, dans ma vie australienne. Ce n'est pas simple tous les jours, et la vie n'est pas forcément celle que j'imaginais. Parfois le quotidien me pèse, parfois la vie est monotone. Mais elle l'est ici comme ailleurs. L'emplacement géographique ne signifie, somme tou-te, pas grand-chose. Et puis ces moments de lassitude sont éphémères, et un rien suffit à les effacer de ma mémoire.
ALLO marianne...
- Bonjour, c'est PIE à l'appareil.
Le coeur qui bat, les mains moites. Je vais savoir
- Tu es placée dans une famille avec deux enfants — deux filles — dans la banlieue de Sydney.
- C'est merveilleux (traduire : « Tu as vraiment de la chance ma fille, tu aurais pu tomber en Tasmanie, dans le fin fond du bush, alors que là, tu vas pouvoir aller à Bondaï Beach tous les week-ends, faire bronzette, surfer, rencontrer des purs Australiens...).
- Il y a juste une petite chose. Ta famille d'accueil souhaite que tu ailles dans la même école que celle de leurs enfants : une école privée... une école de filles.
- Patatras. Je sentais bien que quelque chose allait clocher. Je tombe de ma chaise, fesse par terre : « École... privée... filles, privée, école... ». Ce n'est pas possible. Je ne survivrai pas.
Quatre mois plus tard, je suis heureuse de vous annoncer que je suis bel et bien vivante. Je ne vais pas à Bondaï Beach tous les week-ends, je ne me suis pas mise au surf, je ne connais pas tant d'Australiens que ça ; à l'école, il manque un peu de présence masculine, et les potins vont bon train (pas étonnant me direz-vous) ! Mais pour le reste tout va bien : je me suis bien intégrée, et tout ici est amusant. J'apprends à rire de toutes ces petites histoires sans importance que les filles partagent avec plaisir, en prenant la fâcheuse habitude de tout exagérer.
Extraits du discours d'adieu de Marianne à sa « High School » :
[...] My exchange is ending very soon, and this assembly is the last one I'll attend. I'm very glad to stand here today, to talk to all of you about my year in Australia, and especially at Meriden. [...] Before leaving France, I was dreaming about my future life in Australia. I also had several nightmares, seeing myself staying at some places such as Alice Springs, the Victorian bush, or worse, Canberra. I felt very lucky to get a host family in Sydney. But, because there is a but... I had been told that I had to go to a PRIVATE GIRL SCHOOL. I didn't even know that this still existed! In France, I was attending a public co-ed school. Now, I had to leave my family and my friends, move to a unisex school, wear a uniform... (And a Hat) ! My family and friends found it hilarious, I was very scared. [...] For my first few weeks, I had to get used to the school routine. Houses, assembles, chapels... Everything was new for me. I spent my first birthday away from my family, and was not homesick yet. I went to the yr 10 formal, which was also completely new for me. I loved it, and felt a bit like I was in an American TV show.
[...] The fourth term of school was for sure the hardest for me. Homesickness, feeling of depression, I wanted to go home. But luckily, the summer break came up very quickly. The first week of the holidays I went shopping in Melbourne with 10 year 12 girls... simply crazy. I was delighted, my parents more disappointed when they checked my expenses. I spent my first Christmas in summer, went away for two weeks in a beach house with my host family, (And had to put my head in the sand for some crazy art project...) tried surfing, and went out with some friends the rest of the time.
[...] The first term of year 11 was definitely the best all round. I was integrated in the year group, absolutely loved all of my subjects and made my friendships stronger everyday. I was used to the Australian slang, some people mentioned that I was starting to have an Aussie accent, and I was (and still) addicted to Tim Tams.
But why am I standing in front of you today ? I don't really want to share every moment of my year with you, because every exchange is unique and incomparable. I only wish to give you envy to do the same thing as I did. I am conscious that it is a frightening decision to make, and that life is not easy everyday.
[...] It is hard to live away from home and all your habits, its hard to get used to a different family, a different school, a different country. But this year made me growing up so much; and the ability to talk two languages became in spite of everything only a small part of all what I experienced the past 10 months.
[...] Last, but not least, I want to dedicate a huge thank you to all the girls in year 11. You are all amazing people, and I'll always remember these moments spent with you. Either the formal, the year 10 camp, the carnivals, or the normal days of school, You have always been by my side. I realize that you are now all part of my life, and I will always be grateful for what you did for me, from the beginning to the end. So whatever everyone says about you, I am convinced that you are the most human, friendly and crazy girls I've ever met. [...] Thank you all, my year at Meriden is one of the most amazing challenge I've ever been through, and it has been enjoyable because of all of the Meriden community.
HALF AND HALF
Alexandra, Elk river, Minnesota
Une année aux USA
C'est une histoire de verre à moitié plein ou à moitié vide... J'ai fait la moitié du chemin. Et je me suis assez bien adaptée à la vie polaire du Minnesota : la luge, le « tubbing », le patin, le hockey. Au lycée je m'éclate. Il y a tant de choses à faire : théâtre « Cheerleading » — je crie : « Go Elks » — avec mon accent français. J'aime les gens ici, j'aime la neige qui tombe à gros flocons, j'aime embêter ma petite soeur d'accueil et en rire avec ma grande soeur. J'aime aller au lycée tous les jours et retrouver ma « Cheerleader Team », j'aime même mon « locker » — parce qu'un jour il a bien voulu s'ouvrir !
J'aime ma vie au Minnesota, mais je vois ce satané verre qui se vide. Dire qu'il n'en reste que la moitié moitié!
J'ai bien l'intention de le finir petit à petit et d'en savourer chaque gorgée.
SOURIRE ET S'ADAPTER
Zoé, Strathclair, Manitoba
Un an au Canada
Être un étudiant d'échange, ce n'est décidément pas facile tous les jours.
Il y a moins d'une semaine, j'ai changé de famille d'accueil. Mes anciens hôtes n'avaient pas bien compris le sens du mot « accueillir ». J'ai beaucoup pris sur moi, mais jusqu'à un certain point. Je me suis posée beaucoup de questions sur moi-même. C'est ma correspondante locale qui a pris la décision, voyant que ça n'allait pas. Et maintenant tout va mieux. Les plaines canadiennes où j'ai atterri sont situées au milieu de nulle part. Je vis dans une ferme en plein coeur de ces plaines. Où que l'on aille, il faut conduire, conduire, conduire encore. Mon école va de la maternelle à la dernière année de « High School ». Nous sommes 150 élèves au total. En Grade « 12 » (la dernière année de lycée), nous sommes vingt-sept, ce qui est beaucoup, si on compare au nombre d'élèves dans les autres niveaux. Un des inconvénients majeurs ici c'est que tout le monde connait tout le monde, et ce depuis très longtemps (parfois depuis la naissance). Alors, il est parfois difficile de vous intégrer. Vous sentez quand même que vous venez d'ailleurs, et que votre culture est bien différente. Il n'y a pas de solution miracle — ou du moins, je ne l'ai pas encore trouvée. Je n'ai trouvé qu'un truc : sourire, essayer d'engager la discussion et sourire encore. Ce n'est pas toujours facile. Parfois on n'y arrive pas, parfois on n'y pense pas, parfois on n'a pas envie... mais généralement, ce simple effort plait aux autres.
QUAND LE SOLEIL EST LOIN
ON EN VOIT SA GRANDEUR
Arthur, Clawson, Michigan
Une année aux USA
On m'avait prévenu, mais je n'y croyais pas. La France allait me manquer, des tas de petites choses — que je n'appréciais pas forcément avant — allaient me manquer. Mais c'est vrai. Tout ceux qui m'avaient prévenu avaient raison. Aujourd'hui, je n'ai plus peur de dire que j'aime la France, la ville d'où je viens, Paris, et la banlieue où je vis.
COURAGE ET FIERTÉ
Sabrina / Une année aux USA en 1996
En lisant certains récits de participants, je me suis rappelé de ma prof de journalisme aux États-Unis. Elle n'avait jamais eu le moindre mot agréable envers moi, jusqu'au jour où elle a suggéré que l'on rédige quelque chose pour la page « Arts » du journal de l'école. Boostée par une amie, j'ai alors proposé un poème que j'avais écrit en cours de littérature. Quand cette prof a pris connaissance de mon texte, elle a été bluffée : « C'est dingue, a-t-elle dit à toute la classe, le meilleur poème que l'on ait jamais publié est écrit par une étrangère. » Je me souviens que ça m'avait réchauffé le coeur.
Voilà j'y pense aujourd'hui, car je me suis mise à l'écriture d'une histoire. Il faut dire que j'ai pas mal de temps pour moi (car je suis hémiplégique et donc limitée dans mes déplacements). A part ça, j'ai repris la fac, pour passer une licence d'anglais. Pas évident, mais je m'accroche.
NOTRE CHER IDAHO
Lisa, Centralia, Washington
Une année aux USA
Je venais de quitter l'Idaho, où j'avais passé un mois. Nous étions 5 français, avec des Tchèques, Japonais, Coréens, Chinois... Tout s'était très bien passé. Ma famille d'accueil était adorable. Je me souviens que pendant ce stage, nous les petits français râleurs, on ne demandait qu'une chose, c'était de nous lancer dans notre vraie vie américaine.
Personne ne se voyait rester dans l'Idaho. Quand, à la fin du mois, nous sommes partis, nous avons eu l'impression que c'était le vrai départ, le vrai commencement. J'étais prête à tout oublier de l'Idaho, pour redécouvrir les USA, comme si c'était la toute première fois. J'ai été accueillie chez une grand-mère très gentille, Jeannette, et chez son fils de 55 ans — qui m'a gentiment ignorée, dès le premier jour. Le choc a vraiment été dur. De petites choses se sont accumulées qui ont fait que j'ai demandé à changer de famille. Jeannette m'a dit qu'elle comprenait ma décision et elle a toujours été adorable avec moi. Ma déléguée a compris aussi. J'ai attendu un mois avant que l'on me trouve une nouvelle famille, puis le changement s'est fait...
Mais ça n'a pas été le soulagement espéré ! J'étais encore un peu bousculée par tous ces changements, et je n'ai pas trouvé en cette nouvelle famille le moindre réconfort ni le moindre signe d'affection. J'ai eu dès le début quelques problèmes avec la mère.
Ma correspondante m'a demandé de faire des efforts, avec eux. J'en ai fait et j'en fais encore. Mais c'est dur, car mes sourires n'ont pas de retour : ces gens sont très froids avec moi.
Parfois je déprime un peu, car au lycée il y a une étudiante d'échange du Japon, Nanami, qui vit dans une famille souriante et gentille, dans une maison propre. Sa famille, d'après moi, est une « host family » idéale.
Alors j'essaie d'être positive : je ne veux pas passer pour quelqu'un qui ne se satisfait de rien, surtout après ce changement de famille. Mais c'est dur. Vraiment très dur.
Alors moi, je repense à l'Idaho à cette famille si gentille, à ma petite vie chez cette grand-mère, Jeannette. Heureusement, il y a ma famille française, et bien sûr mes amis. C'est dur, mais je suis en Amérique. Et puis de toute façon je suis trop fière, pour rentrer en France. Alors vive le rêve américain, et puis zut !
P.S. : pour info, nous, petits d'Idaho, à un moment ou à un autre, nous avons tous regretté notre état d'origine !
VIVRE OU SURVIVRE
Vanda, Eustis, Nebraska
Un an aux USA
J'ai eu peur, un peu. J'ai pleuré, parfois. J'ai ri souvent.
J'ai vécu tout le temps.
La fin du chemin se profile. Je ferme les yeux et j'imagine mon retour. Je les vois tous qui m'attendent à l'aéroport ; je les sens qui me serrent fort ; leur bonheur envahit mes rêves : il devient mien.
Et pourtant, quitter tout ça me fend le coeur. Quand j'arriverai en France, il y aura ceux qui comprendront ma douleur, ceux qui feront semblant de comprendre et ceux qui ne comprendront pas — ceux là sont les pires — Mais je ne leur voudrai pas, car, après tout, ils n'auront jamais eu la chance de voir et de connaître ce que j'ai connu et vu : les champs de maïs caressés par un soleil rouge orangé, les moulins à vent dessinant des ombres noires dans un ciel trop rouge, les tournesols au garde-à-vous, les chiens de prairies envahissant les champs, au grand dam des fermiers, et les étoiles... surtout les étoiles. Tout ça fait partie de moi maintenant, tout ça m'appartient pour toujours.
Je ne pensais pas, moi, la Parisienne, vivre au milieu des vaches. Cela me paraissait impossible. Et pourtant j'ai survécu. Que dis-je : j'ai vécu. Je suis tombée amoureuse du Nebraska.
Comment expliquer cela aux miens ? Comment faire vivre ce que j'ai vécu à travers de banales photographies. C'est frustrant de ne pouvoir partager tout ça : les longues balades dans la voiture de Cecilia avec les fenêtres baissées, le vent qui souffle dans nos cheveux et la radio à fond. Et moi qui mange une glace au drugstore, en rêvant, en m'échappant dans une peinture de Norman Rockwell.
Avril est venu vite. Je dresse le bilan : j'ai appris à parler anglais... et j'ai appris mille fois plus que ça : j'ai appris un pays, et j'en ai tant appris sur moi ; j'ai survécu un an loin de ce qui m'était connu et cher. J'ai été métamorphosée par cette expérience. Au fond, je ne suis plus une gamine.
Aujourd'hui, je ne suis plus Française, et pour autant je ne suis pas Américaine. Je suis juste humaine. Profondément humaine. Et c'est bien suffisant.
LA CHOSE LA PLUS DURE
Maylis, Spokane, Washington
Un an aux USA
Au début, je me dis : « Comment peuvent-ils vivre si différemment de nous ? » Je pense même qu'ils sont un peu fous. Et les mois passent.
Neuf mois c'est long. Vous en rencontrez des inconnus, des gens bizarres — bizarres aux yeux d'une adolescente française — mais peu à peu ces gens deviennent vos amis. En neuf mois vous en découvrez et vous en comprenez des choses.
Mes amis français m'appellent souvent. Je m'aperçois que quand je leur raconte mes histoires, ils me méprisent : quand je leur parle de l'achat d'une robe pour le bal de « Prom », ou des trajets au magasin en pyjama, ils se moquent de moi ! Ils trouvent que j'agis bizarrement. Ils me disent : « Dis-nous que t'as envie de rentrer. » ; « Dis-nous que t'en as marre des Ricains. » ; « Et t'as pas trop grossi, j'espère... ».
Si par malheur un mot anglais m'échappe, ils disent que « je me la pète ». Alors j'ai envie de raccrocher.
La chose la plus dure, après neuf mois ici, neuf mois sans avoir vu mes proches. Ce sera bien de les retrouver !
MY WAY
California & Moscou
« 2 x 6 » USA-Russie
Afin de rendre au mieux compte de la réalité, j'ai conservé les noms exacts des protagonistes et j'ai rendu compte des événements tels qu'ils se sont réellement produits.
5 h 30. Fin d'une belle journée ensoleillée sur Corona. Comme d'habitude. Marty vient de rentrer du bureau ; il a garé sa petite BMW-sport dans le garage en pressant comme d'habitude sur le petit bouton de la télécommande de la porte automatique, saluant au passage les voisins qui, comme lui, rentrent du travail. Tout le monde se connait, ici, le voisinage est comme une grande famille. C'est l'heure du dîner : après le Benedicite, on engage la conversation, on rit, on parle de tout et de rien. Comme d'habitude. Mary Lou se félicite d'avoir choisi un dessert — un pudding — qui fasse 100 calories de moins que le mien — un yoplait.
Le téléphone sonne. Les voisins nous informent que le courrier de toute la rue a été volé. C'est bon, c'est parti : Mary Lou s'enflamme comme si c'était l'apocalypse — comme d'habitude — : « Je suis sûre que c'est le fils des voisins. Il les enchaîne, le sale gosse ! » 9 h 30. Marty et moi finissons notre 4ème partie de billard, avec la musique à fond ! Mary Lou est à sa réunion de « tip ». Elle aime bien tout ce qui est judiciaire. Mais attention, ça ne rigole pas : de « vraies » histoires — elle est bénévole pour tout ce qui touche à la violence conjugale ou au suicide. Ça lui plait.
J'ai vraiment progressé au billard. On descend dans le salon, Mary Lou rentre et, une minute plus tard, d'un seul coup Marty se met à se tordre de douleur. Ça vient du coeur ! Mary Lou panique : il a déjà eu des problèmes cardiaques qui lui ont valu quelques séjours à l'hôpital. Je commence un peu à stresser, moi aussi. L'ambulance arrive en quelques minutes, tout va très vite. Il y a là une dizaine d'hommes qui lui rentrent des tuyaux, lui posent des questions, le mettent sous respiration artificielle, puis l'emmènent. Je reste à la maison. Judy, la voisine d'en face, débarque pour voir si tout est OK. Horreur ! Mais qu'est-ce qu'elle a ? Son visage est tout marron et tout bizarre, je la reconnais à peine. « Ne t'inquiète pas, me dit-elle, je viens juste de faire un peu de chirurgie ! » 6 h 00 du matin. Je descends prendre mon petit-déjeuner. Mary Lou et Marty sont rentrés pendant la nuit. Tout va bien, ce n'était pas une attaque, simplement une grosse crampe. Et moi qui ai stressé toute la nuit ! Mary Lou vient prendre son petit-déj avec nous. Et c'est parti : « T'as vu Judy ?! No wonder why she looks so young in her sixties ! » Elle me raconte comment toutes ses copines ont recours à la chirurgie esthétique, elle m'apprend qu'elles payent jusqu'à 60 000 $ pour un face-lift et que tout le monde fait comme ça en Southern California. Elle me dit qu'elle doit être est « la seule dans tout Corona à ne rien faire. » Et bientôt je me retrouve là, à convaincre ma mère d'accueil que : « Non, [elle] ne deviendra pas un monstre tout frippé »...
Quinze minutes plus tard, Kimberly, la jolie voisine d'à côté, — fausse blonde à la poitrine bien rebondie, la quarantaine, trois jolies petites filles blondes, — Kimberly donc — qui sourit tout le temps et qui se balade dans son 4 x 4 noir, archi surélevé — vient voir si tout va bien. En refermant la porte, Mary Lou me dit en chuchotant : « Elle aussi, elle a fait un bon tour à la clinique, l'année dernière ! »
Voilà quelques petits moments californiens bien clichés... Mais pas d'inquiétudes, ce n'est pas comme ça tous les jours.
Trois mois après, je file en Russie. Et là, j'ai l'impression de revivre la guerre froide. Je passe, d'un coup d'un seul, des bleus aux rouges, des States à la Russie, du Sud de la Californie aux quartiers périphériques de Moscou, de + 35°C à - 15°C, d'une copie conforme de Wisteria Lane (et de ses habitants !) au treizième étage d'un immeuble que l'on qualifierait aisément de HLM, de « Starbucks » à « Soupe de coeurs de poulets avec bâtonnets de graisse de porc », d'une école de 4200 élèves à une de 300, de première de la classe à dernière de la classe, du « Homecoming » au « Lac des Cygnes », des innocentes courses de Cross Country en « Physical Education » au tir à la carabine, du pays le plus réglementé de toute la planète au plus bordélique et corrompu qui soit... Wow ! On appelle ça le choc culturel. En tant que représentante du camp de la neutralité et supporter de l'ouverture, il m'a fallu combattre d'un côté et de l'autre les préjugés (que voulez-vous, la réalité c'est que les Américains ne sont pas tous des écervelés, et que les Russes ne mangent pas tous du pain sec et de la vodka — quoique... !). Pour autant, je n'ai eu à faire face à aucun conflit majeur ou affrontement réel (si c'est une guerre, c'est donc bien d'une guerre froide dont il s'agit !).
Dans les deux cas — ça doit être ça la mondialisation —, j'ai rencontré des gens plus cool et géniaux les uns que les autres ; j'ai, chaque matin, sauté du lit sans me faire prier, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Je me suis bien accrochée. Il faut dire que j'étais bien préparée à accepter la nouveauté, et surtout archi-motivée. Tout s'est donc passé « comme sur des roulettes » !
Alors, avis à ceux qui prendront la suite des invincibles « poulpes noirs » (NDLR - promo Pie 2008) et à tous les autres : n'écoutez pas tous les vieux qui vous parlent de choc psychologique et tout le tralala : si vous en avez la possibilité, faites 2 x 6 !
UN ALLER SANS RETOUR
Cyrielle, Lexington Park
Un an aux USA
Mon année s'approche de la fin. Plus que quatre semaines
avant la fin de mon séjour. Dans ma tête, c'est difficile
à accepter, je doute que je puisse tout quitter sans difficultés.
J'appréhende d'avantage mon « départ » des états-Unis
que mon départ de France. Cette fois, il n'y a pas de ticket retour.
Il restera les souvenirs et les bénéfices que cette année
m'a apportés, mais bordel, qu'est-ce que ma famille d'accueil,
mes amis et les Etats-Unis vont me manquer ! Je n'ai aucun regret,
je suis fière et heureuse d'avoir une nouvelle famille, d'avoir
des amis géniaux, d'avoir vu ce pays — on m'a souvent dit
que j'avais d'avantage visité les Etats-Unis que la majorité
des Américains ! J'ai vu des merveilles, tel le Grand Canyon, et
je suis tombée amoureuse de Las Vegas. Je reviens aussi avec un
beau bagage en poche : l'anglais. Mon retour va m'apporter quelque
chose de nouveau et je sais que les retrouvailles seront enrichissantes.
Je suis bel et bien décidée à voyager : je ne peux
plus tenir en place. Dans un peu moins d'un mois, il sera temps de faire
mes « Au revoir ». Je dois tout d'abord remercier
ma famille Française qui m'a permis de partir et de vivre cette
expérience unique, remercier mes amis de leur soutien et de leur
présence, remercier PIE d'offrir chaque année l'opportunité
à des jeunes de vivre une année à l'étranger.
Mon plus grand merci revient à ma famille d'accueil, à
mes amis et à l'Amérique, pour tout ce que j'ai vécu
et pour tout ce qu'on a créé, tous ensemble !
RENTRER À RECULONS
Aude / Un an en Chine en 2001
Juin 2002 : je quitte à reculons l'aéroport de Shenyang ; je ne peux me résoudre à l'idée que cette année se termine, ni à celle de laisser derrière moi ces deux personnes qui m'ont tant donné durant ces quelques mois. Ce bout de ma vie... Avant de se lancer dans cette aventure, on n'imagine pas à quel point, finalement, il est facile de se sentir si bien si loin, de créer des liens si forts avec des étrangers, si différents de soi. Et pourtant ! Les larmes ont coulé longtemps sur mes joues, j'ai regardé la silhouette de mes parents chinois et je l'ai vue lentement rétrécir, pour finalement n'être pluqu'un petit int comme un point final à mon adolescence heureuse.
Novembre 2008 : me revoilà à l'aéroport de Shenyang. Je suis régulièrement venue rendre visite à mes parents chinois, depuis la fin de mon année en 2002. Mais cette dernière visite aura été la plus riche en changements : nouvel appartement, nouveau quartier, des travaux plein la ville. Je ne reconnais plus rien !
Cependant, j'ai retrouvé dans ce nouveau logement la même atmosphère chaleureuse que dans le précédent. Les plats de ma mère d'accueil sont toujours délicieux et les conversations avec mon père d'accueil toujours animées.
Je n'ai revu aucun ami du lycée — avec qui, au final, je n'ai pas gardé contact très longtemps. Mes souvenirs, en tant que lycéenne chinoise, n'en sont peut-être que plus forts. Cette année passée ici, il y a plus de 6 ans maintenant, m'a beaucoup changée. Depuis mon retour, savoir qu'une porte me sera toujours ouverte à l'autre bout du monde me rend heureuse, m'aide à me sentir un peu « spéciale », et à me mettre du baume au coeur quand les idées sont noires.
Je quitte toujours à reculons l'aéroport de Shenyang. Au moment de passer la porte d'embarquement, je ne parviens pas à retenir mes larmes. J'ai tenté pourtant de les refouler vaillamment. Mais je n'arriverai jamais à partir d'ici sans pleurs. Et pourtant, je reviendrai, je le sais...
HAUT LES BRAS
Adèle Hoover, Alabama
Un an aux USA
Je ne vous ai pas écrit avant. Je ne savais pas quoi dire.
Maintenant je sais. L'année bientôt s'achève ; bientôt,
c'est le retour au mode de vie que je connaissais. Je vais changer, une
fois encore ! Cette année restera ma favorite : nouveaux amis,
nouvelle famille, nouveaux sports. Ma vie a changé du tout au tout
et j'espère pour toujours.
Je suis partie impatiente et tranquille, avec le sourire. J'ai juste dit : « Au revoir, et à dans dix mois », j'étais
tellement curieuse de connaître l'autre versant du monde. Arrivée
de l'autre côté - je veux dire, en arrivant à l'aéroport
- je me suis retrouvée un peu perdue. Jusqu'à ce que j'aperçoive
une grande pancarte avec inscrit dessus : « Welcome Adèle ! » J'ai compris alors que j'avais atterri au bon endroit,
et que j'étais tombée dans une famille parfaite pour moi.
On m'a toujours dit que l'Alabama n'était pas le meilleur endroit
où séjourner. Mais l'Alabama n'est pas du tout ce que l'on
imagine. Ici, j'ai ma petite vie, mes amies que j'aime et que je ne veux
pas quitter. Les mois passent. Le manque ne s'installe pas. Mon anglais
progresse,
il passe du statut d'inexistant à courant. À ce niveau,
le premier jour de classe est clairement le plus dur de tous. On est perdu,
déboussolé, mais, grâce à l'aide de quelques
personnes,
on prend rapidement des repères. Alors qu'au début on a
du mal à s'orienter, on finit, après quelques jours, à
se déb-rouiller seuls : on ne réfléchit plus. On
ne se demande plus où l'on va, on ne cherche plus sa route :
nos pieds nous conduisent seuls et l'on se laisse aller.
Mes moments favoris restent « Homecoming », « Sadie
Hawkins » et la fameuse « Prom », quand on
va chercher sa robe avec ses copines — ou bien, si l'on est un homme,
son costard... mais sans ses copains ! — Que voulez-vous, les filles
sont comme ça : elles aiment les essayages et le shopping. Dans
ce pays, j'ai adoré le sport. J'ai aimé par exemple
chercher à comprendre le principe du football américain.
Vos amis vous expliquent, une fois, deux fois, cinq fois, mais vous ne
pigez toujours rien. Et le baseball aussi, ce sportétrange — le
favori des américains — qui vous laisse un peu sans voix, mais
qu'il faut avoir vu et vécu pour pouvoir dire : « Voilà,
ça, c'est l'Amérique ! »
En Amérique on rencontre des Américains, mais aussi des
russes, des Ukrainiens, des Japonais, des Coréens... Il y a plein
d'étudiants. Ils ont tous la même idée : partir,
parler anglais ; la même volonté : mûrir,
rêver, faire que son avenir ressemble à ce que l'on a toujours
voulu qu'il soit, faire en sorte qu'il ne devienne pas forcément
conforme à ce que les adultes nous ont proposé.Cette année
est ma favorite. Ces changements m'ont plu. J'ai apprécié
l'autonomie. Je suis heureuse de savoir que l'on peut arriver à
ses fins,et qu'il faut simplement ne pas baisser les bras.
MON PETIT RAYON DE SOLEIL
Grand-mère de Claire, Indiana, USA
C'est ainsi que j'appelle notre petite fille, Claire, qui illumone notre vieillesse. Elle est éprise d'inconnu et d'évasion. Ces deux mots se combinent et donne naissance à une idée géniale : partir aux USA. Maman approuve de suite, Papa est plus réticent ; mais comment résister au plaidoyer d'une Claire décidée et volontaire !
Le 24 juillet 2008, elle s'envole pour l'Indiana. L'accueil si chaleureux de sa « Host mother » et de sa famille enlève la petite boule d'appréhension pour faire place à l'enthousiasme. Tout lui paraît immense : la ferme, l'étang — un vrai lac, les voitures, le lycée...
Des contacts amicaux se nouent très rapidement avec un Mexicain, une Slovaque, une Japonaise. Elle se baigne avec bonheur dans ce mélange. Quelle ouverture d'esprit pour une ado. Sa famille d'accueil la chouchoute au point qu'elle avoue à ses parents : « Je ne m'ennuie presque pas de vous. » N'est-ce pas adorable ?
« Mon petit rayon de soleil » se transforme.
Une adolescent est partie ; une jeune fille reviendra.
J'en suis très fière.
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