Une année scolaire au Mexique
Choisir le Mexique
Vaste pays, de près de deux millions de km2, bordé par
les USA et par le Guatemala, le Mexique semble avoir toujours eu du mal
à se positionner. Il est placé au centre d’une Amérique
à laquelle il ne paraît pourtant pas appartenir totalement.
Au fait, le Mexique est-il du Nord ou est-il du Sud ?
Les importantes différences de latitudes et d’altitudes,
qui modifient le climat au sein de la même région, ont engendré
une étonnante variété de paysages : montagne aux
cimes enneigées de la Sierra Madre, jardins flottants de Xochimilco.
À Mexico-City, les pyramides aztèques se dressent comme
des sentinelles au-dessus des stations de métro,tandis qu’au
Yucatan, les ruines mayas forment le décor de complexes hôteliers
de luxe.
Le Mexique se distingue par ses contrastes et la richesse de ses couleurs
: au nord le désert avec ses hivers froids et ses étés
trop chauds ; au sud la jungle, ses pluies et ses températures
toujours élevées, au centre, les grands plateaux, ses pluies
encore et sa sécheresse parfois.
Pays de passage, pays de mixité, pays de contraste, le Mexique
n’est donc ni en Amérique ni en dehors de l’Amérique.
C’est un pays qui a réussi son émancipation bien mieux
que nombre de pays sud-américains et qui, malgré son incontournable
filiation linguistique et religieuse, est aujourd’hui bien plus
proche des Etats-Unis qu’il ne l’est de son ancêtre
espagnol. Le Mexique c’est une évidence est aujourd’hui
plus indien qu’espagnol mais paradoxalement plus nord-américain,
par ses échanges et son économie, que sud-américain.
Longtemps piégé entre la violence (de la colonisation et
des révolutions) et le sacré (partout présent et
toujours respecté), parfois déchiré entre richesse
et pauvreté, souvent écartelé entre la puritanisme
anglo-saxon et la tradition catholique latine, le pays a fini par émerger.
Il a imposé son identité sans tourner le dos à une
certaine complexité, fruit de ses origines et de la difficile naissance
de sa nation.
La population actuelle, issue de plus de 150 ethnies indigènes
et d’une forte immigration, n’a jamais tourné le dos
à un passé riche et glorieux (songeons qu’au temps
de la chute de Rome, la civilisation mexicaine était déjà
florissante !) ; et le Mexique apparaît aujourd’hui comme
une nation forte, compacte, fière, paradoxalement jeune, et donc
en devenir. Sur un point au moins le Mexique a réussi là
ou les USA ont échoué : dans le métissage des blancs
et des Indiens. Cela nous amène à penser, avec M. Adler,
que la question mexicaine reste centrale pour les Etats-Unis et que le
rapprochement des deux voisins, aux côtés du froid Canada,
est à terme inévitable. À l’intérieur
de ce vaste marché/espace panaméricain, le Mexique, parce
qu’il est définitivement au centre de tout, aura une place
de choix.
Choisir le Mexique comme terre d’adoption pour une année,
c’est partir à la découverte d’un pays complexe
et mystérieux, d’une civilisation millénaire et riche
; c’est poursuivre une quête inachevée mais plus que
jamais prometteuse.
Scènes de vie mexicaines
Le Mexique est un peuple souriant, qui s’incline un instant à
la vue d’une madone, et vous invite toujours à faire la fête.
Cette terre est imprégnée d’histoire(s), de traditionstransmises
de génération en génération, qui s’expriment
dans les arts (particulièrement en musique, en peinture, en littérature)
autant que dans la philosophie de la vie. Les Mexicains sont uniques,
parce qu’accueillants, ouverts, charmants.
Au Mexique, la religion est prépondérante, omniprésente.
Elle est le fruit des croyances autochtones, de la conquête espagnole
et des influences marranistes ; elle est le résultat du mélange.
La création artistique de l’ancien Mexique traduit cette
ferveur religieuse et se lit dans l’expression plastique (des ex-votos
à Freda Kalho).
Le Mexique est un lieu de fêtes, profanes autant que sacrées,
où s’allient le faste et la simplicité, où
se déploient couleurs, rires et émotions. La fête,
là-bas, a mille et un visages. Elle varie suivant la région,
la population, le degré de métissage de la communauté.
Le Mexique est un pays où la notion de rythme (lent, rapide, contrasté)
revêt la plus grande importance.
Les familles d'accueil mexicaines
Les Mexicains sont, nous l’avons vu, particulièrement ouverts
et accueillants. Ils aiment profiter de la vie, il leur paraît naturel
de partager leur savoir, leur cadre, leur culture. Les familles d’accueil
au Mexique sont en grande majorité issue de la classe moyenne.
Elles voient, dans cette expérience d’échange d’une
année, une façon de découvrir de s’ouvrir de
nouveaux horizons. Ces familles habitent en général aux
abords des grandes villes.
Le lycée mexicain
Au Mexique, le programme d’éducation secondaire supérieure
s’étale sur trois années. Le programme qui correspond
au lycée français – et que suivent les élèves
d’échange français – est désigné
sous le nom de «bachillerato » ou « preparatorio».
Il prépare au «bachiller » (diplôme équivalent
au baccalauréat et qui ouvre les portes de l’enseignement
supérieur).
Dans la mesure où chaque établissement dispose d’une
forte autonomie, il y a une grande variété de programmes
mais les cours les plus courant restent les mathématiques, l’histoire,
la chimie, les ateliers de lecture et d’écriture, la littérature
mexicaine et latino-américaine, la biologie, l’anglais, la
philosophie, la mécanique, le sport, la musique, le dessin... D’autres
matières, plus originales pour nous Français, sont également
étudiées, comme l’éthique, la logique, l’organisation
du travail, la méthodologie de recherche, le génie thermique
et mécanique, l’écologie, les relations humaines...
De nombreux clubs scolaires proposent des activités parallèles
(hors curriculum). Ces clubs sont de véritables lieux de vie et
de rencontres.
L’année est organisée en deux semestres ; le cycle
de cours est hebdomadaire (du lundi au vendredi). L’ambiance dans
un lycée mexicain est plutôt détendue, mais le rythme
de travail est assez soutenu (30 à 40 heures de cours par semaine,
les journées débutent à 8 heures et s’achèvent
vers 15 heures). Un certain sens de la discipline et du protocole reste
de règle (on note qu’en de nombreux endroits, l’uniforme
est encore de rigueur).
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