Pour fêter les 20 ans de PIE, Trois quatorze revient ici sur l’action et la vocation de l’organisme, sur ses structures et son esprit.

PIE est une association à but non lucratif, régie par la loi de 1901, dont la vocation est de promouvoir et d’organiser des séjours scolaires et familiaux, de longue durée, en France comme à l’étranger.

L’objet, tel que défini dans les statuts, est le suivant : « promouvoir la compréhension internationale en organisant et en patronnant des programmes d’échanges scolaires internationaux – établir, dans ce but, des contacts avec les organismes existants – recruter et sélectionner de jeunes français désireux de vivre une expérience familiale et scolaire à l’étranger – recruter et sélectionner des familles françaises susceptibles d’accueillir des jeunes de nationalité étrangère au sein de leur foyer – et, d’une manière plus générale, créer et promouvoir toute activité tendant à compléter l’enseignement scolaire par une formation intellectuelle, morale, physique, culturelle et artistique, dans un cadre familial international, en dehors de toute considération raciale, politique, sociale ou confessionnelle. »
Vingt ans après la création de l’association, on réalise, en relisant ces statuts, que l’objet était précisément défini, et que l’objectif a été poursuivi sans faillir par l’association. L’action, durant cette période, a en effet principalement consisté à mettre en place des séjours appelés aujourd’hui « séjours académiques », qui se distinguent des séjours linguistiques classiques ou des séjours touristiques par leur durée, et parce qu’ils conjuguent voyage, scolarité et vie familiale.

Le « séjour académique » permet à l’adolescent qui y participe, d’acquérir la connaissance pratique d’une langue mais aussi des mœurs et usages d’une autre société. Il consiste à mettre entre parenthèses pendant toute la durée de son expérience « la vie à la française », ou, pour un jeune étranger, la vie à l’américaine, à l’allemande, à la thaïlandaise…
Les implications du séjour académique sont nombreuses et majeures – c’est ce que l’association et ses membres n’ont cessé de découvrir et de redécouvrir au fil des ans. Parce que les repères des adolescents se déplacent, ces derniers découvrent qu’on peut vivre et penser autrement. Ils entrevoient d’autres perspectives, acquièrent une vision plus réaliste des choses, une vision qui permet de mieux se situer dans le monde. Il s’agit d’une véritable formation : formation complète puisque touchant autant au savoir qu’à l’observation, la compréhension, l’adaptation, (à l’école et à la famille) – formation plus que « continue » puisque dispensée pendant près de trois cents jours – formation très bénéfique puisque agissant sur le court, le moyen et le long terme. Outre qu’elle procure aux participants un atout essentiel dans leur future vie universitaire et professionnelle, cette expérience les aide d’une façon ou d’une autre – et ce, quelles que soient les difficultés qu’ils rencontrent – à entrer dans la vie adulte.

La vocation de PIE était donc humaniste, son action a priori bénéfique, son projet de toute évidence ambitieux : voilà qui a donné toute sa noblesse à l’association et qui n’a cessé d’aider et de motiver tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à son développement.

L’ESPRIT D’UNE ASSOCIATION

En jetant un coup d’œil sur le parcours de PIE, on s’aperçoit que le cap fixé au départ a été plutôt bien tenu, et ce malgré les « grains » (années difficiles, remise en cause d’échanges avec certains pays – l’Australie, hier, le Canada aujourd’hui, augmentation du dollar – entre 83 et 88, et depuis 98), malgré les avis de tempête (menace du Département américain d’interdire les échanges pour les élèves bacheliers -, tassement du « marché américain de l’accueil »…), et malgré ces courants contraires (tracasseries administratives, difficultés pour obtenir les visas pour les jeunes Français et pour les jeunes étrangers, difficultés pour inscrire les participants dans les écoles…).

PIE a su créer un réseau de participants étrangers. PIE a maintenu le cap, cela veut dire que, tout en faisant preuve de souplesse et d’esprit d’adaptation, l’association a su rester fidèle à une ligne de conduite, à un esprit.

Cet esprit, quel est-il ? On le définira par quelques notions majeures, des principes ou des axes autour desquels les membres de l’association et les participants aux programmes se sont toujours retrouvés.

La foi dans l’action engagée : tous les membres de l’association et tous les salariés sont persuadés du bien fondé des séjours académiques – cette conviction est un moteur essentiel. Elle permet, en toutes circonstances, de garder énergie et moral, de donner un nouvel élan, de rebondir et de repartir.

Le bénévolat des familles d’accueil (à l’étranger comme en France) : c’est un principe fondamental, auquel l’association n’a dérogé qu’à de très rares exceptions (et toujours pour des raisons politiques ou administratives – ex. : Chine ou Russie) – cette règle est, selon PIE, la meilleure garantie d’un accueil sincère, le certificat le plus sûr quant à l’esprit dans lequel est pratiqué l’échange culturel – elle a également permis de proposer des séjours à des prix acceptables, et donc de les ouvrir à une population relativement large.
La création d’un réseau de partenaires étrangers fiable : PIE a dû tisser patiemment un réseau en veillant à ce que tous ses partenaires respectent, grosso modo, les mêmes règles de bases.
La disponibilité : PIE a, en partie, bâti sa réputation sur sa capacité à passer du temps avec chaque participant et avec chaque famille – les relais de l’association que sont les délégués et les correspondants locaux, sont toujours prêts à répondre aux questions – les bureaux sont ouverts de 9 à 19 heures sans interruption – l’association est joignable 24 H / 24 – le réseau et la fréquence de communication sont très développés (courrier, téléphone, e-mail, fax, journal…) – à la quantité d’informations s’ajoute également sa qualité, rares sont en effet ceux qui se plaignent d’être mal reçus ou mal informés, rares sont les critiques majeures émises sur sa documentation -

L’expérience : elle s’est, par définition, acquise et développée avec le temps – mais, pour autant, elle n’était pas nulle au départ – PIE a profité, dès son lancement, du fait que deux de ses fondateurs avaient vécu une année scolaire dans un pays étranger – l’association a, par ailleurs, bénéficié à sa naissance de l’appui de deux « parrains » de marque : Sue Marcos ancienne dirigeante de YFU (qui fut à l’origine de la création de l’association) et Jean-Marc Mignon, ex-directeur du « Club des 4 vents », qui hébergea et épaula PIE jusqu’en 84) – PIE n’a cessé ensuite d’accumuler de l’expérience – son travail a été facilité, il faut bien le dire, par le fait que tous ceux ou presque (des dirigeants aux salariés en passant par les délégués) qui ont gravité autour de l’association avaient participé directement ou indirectement à un séjour de longue durée à l’étranger -

La spécialisation : plusieurs organismes mettent en place, organisent et gèrent des séjours de longue durée, mais PIE est le seul à concentrer son énergie et son savoir sur ce seul programme – l’association connaît parfaitement les rouages de ce type de séjour – elle est donc plus apte à remédier au mieux et au plus vite aux obstacles qu’il génère. Au niveau international, PIE et ASSE ont créé une dynamique de l’échange de longue durée. Un nombre de plus en plus grand de partenaires, partout dans le monde a compris l’intérêt de la spécificité de la longue durée. Le système a fait tache d’huile.

Les relations humaines : l’aspect humain et relationnel – souvent mis en avant par les responsables – a permis à l’association de cultiver un esprit de corps, de groupe. PIE, aujourd’hui, ressemble autant à une grande famille qu’à une petite entreprise.

L’HISTOIRE

Elle commence, officiellement, le 2 février 1981. À cette date se tient en effet la première assemblée générale de l’association. Il s’agit en fait d’une assemblée constitutive qui approuve les statuts, nomme les administrateurs (au nombre de six) et élit son premier président (Pierre Hersan). Suivront : la déclaration de l’association à la préfecture (5 février 1981), la déclaration au journal officiel (le 10 du même mois), et le premier conseil d’administration (le 16). L’idée même de la création remonte à l’automne précédent. Laurent Bachelot et Jean-Louis Berquer, deux anciens participants YFU ont été contactés, via Sue Marcos, par « Pacific Intercultural Exchange », un organisme américain qui recherche un correspondant en France (car la France est un partenaire indispensable dans ce type d’échanges). Pascal Blox, qui a fait ses études avec Laurent Bachelot, se joint au duo. Les négociations s’engagent avec Rita Hammer et Klaus Bergman. Discussions, échanges, mise en place : en moins de trois mois, le train est en marche.

1981-1984 : Les débuts

Le nom de l’association met du temps à se dégager. Au terme d’un « brainstorming » infructueux, l’équipe se fixe une contrainte, celle de respecter les initiales du partenaire américain. Les trois premières lettres de « Pacific Intercultural Exchange », soit P, I et E, donneront donc « Programmes Internationaux d’Echanges ». Pour la petite histoire, on retiendra que l’association faillit s’appeler Passeport International Etudiant ou encore Programme Interculturel Étudiant… Avec un peu de distance, on admettra que ce nom (Programmes Internationaux d’Echanges) à défaut d’être génial avait (et a toujours) le mérite d’être simple, parlant et précis – même si le terme « d’échanges », employé au sens large (au sens d’échange culturel) a toujours porté un peu à confusion, car il sous-entend la réciprocité de l’accueil. Petit à petit, c’est l’abréviation (P.I.E.) qui de toute façon, finit par s’imposer… Mais sans pour autant reléguer aux oubliettes l’intitulé dans son intégralité. Cet intitulé est en effet toujours resté apparent sur le logo, a toujours été mis en évidence dans la documentation, et continue à être utilisé par beaucoup. On notera que Pacific Intercultural Exchange (l’organisme américain) ayant rapidement disparu, PIE est, dans le milieu international des échanges culturels, connu et reconnu aujourd’hui comme un organisme français.
Revenons au lancement. Deux aides concrètes mettent l’association dans le sens de la marche. L’une vient du partenaire étranger, l’autre du Club des 4 vents (association française spécialisée dans les séjours courts). Le premier avance à PIE 4500 dollars. Cette somme permet notamment d’imprimer un papier à en-tête, de créer et de diffuser un premier dépliant (qui fait office de brochure) pour recruter les participants. De son côté, le Club des quatre vents met à la disposition de PIE un bureau dans ses locaux. Le parrainage du « Club » – dont la réputation et l’assise sont solides – aide l’association à mettre le pied à l’étrier – d’autant que l’adresse – au cœur du sixième arrondissement – apporte tout de suite un peu de notoriété et de sérieux à l’association.

Dans les premiers temps, la répartition du travail est simple : Laurent noue et développe les liens avec les États-Unis et tisse la trame d’un petit réseau en France. Pascal, d’abord trésorier, quitte bientôt le conseil et s’installe à l’administration et aux finances. Jean-Louis assure les entretiens et la sélection. Grâce à sa parfaite maîtrise de l’anglais, il crédibilise l’ensemble.
Les débuts de PIE sont durs – surtout financièrement – mais pas poussifs : le marché existe et la concurrence en France est faible (pour ne pas dire inexistante). La première année, 23 jeunes français s’inscrivent pour une année scolaire aux USA, et cinq étrangers sont accueillis en France. Ce résultat est inespéré autant que prometteur (les premiers candidats ne se sont inscrits qu’en février) – et même si 11 dossiers parmi les 23 sont refusés par le partenaire (dossiers difficiles, car montés trop rapidement), ce résultat permet de voir venir et d’aborder la seconde année sereinement. En 82/83 (première année complète), 33 jeunes s’inscrivent aux programmes. Ils seront 64 en 83/84 et 62 en 84/85. PIE est sur de bons rails.

Ces premières années sont marquées par quelques événements majeurs :

- la nomination au poste de délégué général de Laurent – un poste qu’il ne quittera plus -
– l’embauche des deux premiers salariés – le départ de Jean-Louis vers d’autres cieux (l’interprétariat) et la poursuite de Pascal et Laurent en duo -
– la décision de se focaliser uniquement sur la longue durée et de se détourner de façon drastique de tous les séjours qui pourraient s’assimiler à du tourisme pur -
– la création du journal de l’association – le numéro 1 de « Trois Quatorze » sort en décembre 82 – à l’époque, le logo de PIE étant un pi grec, le nom du journal s’impose avec évidence –
– le changement de partenaire aux USA (83) – Interschola prend la suite de Pacific Intercultural Exchange – Interschola est dirigé par Janis Schmitt – le siège de l’organisme (une « non profit organization ») se situe à San Diego – la plupart des placements se font donc en Californie, mais aussi dans le Michigan ou, Thérésa Barnes, une déléguée locale, abat un gros travail -
– le développement des échanges avec un nouveau pays : le Brésil (82) -
– la participation au premier salon Expolangues (83) :
– la naissance d’un vrai réseau de délégués bénévoles. Aux pionniers, Maryse Boyer, (Nord-Picardie), Annie Bachelot (Paris), et Jean Bonnaud (PACA) viennent se joindre Bernard Mahé, Michelle Habert, Eric Jeunemaître (83), puis Jean-Claude et Jackie Richoud, Claude et Zon Suplisson, Josette Chaudeaux, Andrée Billon, Lionelle Goyé, Geneviève Rose, Nicole Cerrutti – ces derniers sont des parents d’anciens participants au programme – d’autres vagues suivront.

1985-1997 : de l’enfance à la maturité

À la fin de l’année 84, PIE déménage. L’association qui a grandi et grossi (nombre de participants, effectifs, délégués, chiffre d’affaire…) est à l’étroit dans les locaux de la rue Gozlin. PIE prend son indépendance. L’arrivée « rue du Bac » est le point de départ d’une nouvelle phase de développement. Une phase qui amènera, en trois ou quatre ans, l’association sur un rythme de croisière de 150 participants par an (départ et accueil cumulés). En 85, les échanges se développent avec l’Allemagne. L’année 86 est une année charnière dans la mesure où PIE change à nouveau de partenaire. En choisissant de « s’associer » avec ASSE, l’association prend de l’envergure et du poids – elle élargit notamment sa sphère d’échange – d’abord à l’Australie et au Canada (87), bientôt aux pays scandinaves (Suède, Norvège, Islande), plus tard aux pays asiatiques. ASSE est dirigée par Bill Gustaffson – le siège de l’organisme est à Laguna Beach (Ca.). ASSE présente l’énorme avantage d’être une organisation solide (qui accueille près de 3000 jeunes étrangers par an), influente, reconnue (notamment par le Département d’état américain). Le « mariage » entre PIE et ASSE est plutôt heureux. On en veut pour preuve sa durée : bientôt 14 ans. Le couple a tenu, et tient encore, malgré les coups durs, les divergences et les coups de gueule.

En France, PIE a largement développé son réseau. L’association a choisi de calquer sa trame sur celle de l’administration française (22 régions). Rapidement tout le territoire national est couvert, exception faite de la Corse. Si l’Aquitaine et l’Alsace ont toujours été les maillons faibles de l’association (PIE les a toujours reliées et associées à d’autres régions) Picardie, PACA, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire, Franche-Comté, Normandie et Bretagne sont, successivement ou simultanément, les fers de lance de l’association en région. La Bourgogne (de Claudine Bernardis puis d’Annie Bachelot) est peu puissante mais toujours présente, de même que l’Auvergne et le Centre (qui se réuniront bientôt, sous la férule d’Andrée Hamonou). Au milieu des années 80, la Guadeloupe (d’Arlette et Christian Lolo) intègre le groupe, (c’est le premier D.O.M.) – suivent la Champagne-Ardenne (Dany Carton) et le Poitou-Charentes (Elisabeth Mostini), deux régions au fort potentiel qui avalent respectivement la Lorraine (après le départ d’Evelyne Keller) et le Limousin. Dans les années 90, c’est au tour de La Réunion de faire son entrée dans la famille.

Car PIE est bel et bien devenue une grande famille. Durant ces années, un véritable réseau d’anciens s’est créé et n’a cessé de s’agrandir. À la première génération (Michel, Hélène, Geneviève, Catherine, Myriam, Sandra, Bénédicte, Olivier, Annaïck, Isabelle, Carole, Jacques, Cyril, Rachelle, Laure, Cécile, , Laura, Yvette, David, Marie, Sylvie, Stéphane, Elsa…) vient s’en ajouter une seconde, puis une troisième (Virginie, Sophie, Matthieu, Fred, Céline, Mylène, Cécile, Benjamine, Marie, Dominique, Rachida, Fréderique, Agathe, Christine, Maya, Aurélia, Daphné, Davy, Julien, Florien, Sébastien, Francis, Etienne, Juliette, Marion, Agathe, Daphné, Marie, Sabrina, Anne-Pascale, Leslie, Élodie, Ludivine, Elisabeth …). On en oublie… Forcément ! Un sentiment réunit tout ce beau monde : l’envie de partager ses souvenirs, de se remémorer son expérience, de la diffuser. Ce sentiment est bien résumé par Yvette et Cyril qui dans un numéro de Trois quatorze parlent : « de culture qui rapproche et qu’on aime se rappeler, de références communes, de communauté de pensée ». Les anciens ont de l’affection les uns envers les autres – ils tissent leur toile. Le 12 de la rue Berbier-du-Mets (où PIE s’installe en 89) est une sorte de « camp de base ».

Le réseau se développe également en Province. En 87, PIE crée la fonction de correspondant local. Il s’agit de faire face à une charge de travail trop importante en région. Certains délégués sauront rapidement créer autour d’eux une petite équipe (composée généralement de parents, d’anciennes familles d’accueil et d’anciens participants) déléguer une partie de leur travail et élargir ainsi l’audience de l’association. En Languedoc Roussillon, Christine Callier réunit, autour de Fred, Mylène, Mathieu, Séverine, Cyril, Mickaël, Benoît…, une vraie association au sein de l’association. Dominique Bogdanski fait partie du groupe – elle deviendra « Calife à la place du Calife », et saura dessiner une région à son image. En Bretagne, Julien, Véronique, Sabrina et d’autres assistent Dominique et Maryvonne Glémot. Dans les Pays de la Loire, Andrée Billon met sur pied un véritable « staff technique » où chacun à une fonction précise. Même si les anciens sont durs à fixer (déplacements fréquents liés aux études, activités multiples…), la création du poste de correspondant local dynamise nettement l’association.

Immédiatement le réseau se densifie. Des correspondants s’installent à Châlon, Albi, Niort, Bordeaux, Tours, Nantes, mais aussi à Pontarlier, Saint-Anne (en Guadeloupe), Kourou (en Guyane)…

C’est donc durant cette période, qui s’étend de 85 à 97, que PIE va affirmer son identité et que l’esprit dont nous parlions plus haut, symbolisé par cette symbiose des anciens et des délégués, va prendre forme et s’imposer.

L’époque est aussi marquée par l’ancrage de l’association au sein du monde des séjours culturels et linguistiques. En quelques années, le statut de PIE change radicalement. D’inconnue, l’association devient incontournable. PIE intègre l’U.N.A.T. en 90. En 92 elle est, avec AFS, à l’initiative de la création de l’U.N.S.E. (Union nationale des organisations de séjours de longue durée à l’étranger) et de la rédaction de sa charte de qualité. En 96, elle participe activement à la création de l’Office national de garantie des séjours et stages linguistiques, dont elle devient l’un des premiers adhérents. L’association est signataire, l’année suivante, du contrat approuvé, contrat établi dans le cadre de l’Office, sous l’égide du Ministère chargé de la consommation.
Dans le secteur de la longue durée, PIE est aujourd’hui une référence, sinon « la » référence. Son image dans la profession est bonne (mélange d’humanisme et de professionnalisme). Son avis est reconnu et écouté. Son journal est lu, commenté par tous.

À la fin des années 80, la demande se diversifie. PIE doit maintenant répondre à des attentes variées (séjours linguistiques courts, séjours au pair…). Pour préserver sa spécificité et son identité, les responsables décident, en 1989 de monter une structure parallèle (Calvin-Thomas) qui se spécialisera sur les séjours aux USA (voir page 12). Les deux organismes partageront leurs locaux et leurs infrastructures, et vivront en bonne entente (renvoi de clientèle, actions parallèles, entraide des salariés). Catherine, « ancienne » participante PIE, est la première responsable des programmes, Afif la secondera puis la remplacera dès 97. Tous deux tiendront un rôle important dans la mise en placet et le developpement de Calvin-Thomas et dans les relations des deux structures. Au moment de la création de Calvin-Thomas, Dominique Glémot (déjà délégué PIE) se jette à l’eau – il quitte son emploi et se lance, en tant que salarié dans la nouvelle aventure. Il ouvre un bureau régional et devient le relais incontournable de PIE et Calvin-Thomas en Bretagne.

À titre symbolique, on retiendra également de cette phase de développement, la création d’un club de baseball (« Magpie ») et d’une équipe : « Les Chiens Andalous ». Composée de salariés et d’anciens (âgés de 16 a 45 ans), affiliée au stade de Montrouge, coaché par un américain (Randy Lear), sponsorisée par TWA (excusez du peu), l’équipe écrème les terrains de la banlieue parisienne entre 86 et 89. Ses titres de gloire sont peu nombreux (elle obtint sa seule victoire, par 2 points à 1, contre une équipe de minimes), ses défaites sont importantes et cinglantes (on se souvient d’un 24 à 6 contre l’équipe féminine de Savigny). Les aventures des « Chiens Andalous » sont racontées dans les numéros 9 à 14 de Trois Quatorze.

On notera enfin, et de façon plus sérieuse, que cette période est marquée par la mise en place d’un conseil d’administration équilibré et compétent, présidé par Olivier Gallo (directeur du personnel dans le secteur industriel).

Article paru dans le journal Trois-Quatorze n°34

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