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Des hauts et des bas

Cher journal qui m’a procuré un enthousiasme indicible avant de partir, et qui m’a rendue vraiment triste pendant mon séjour ! Triste ? Oui, je t’en ai voulu de montrer tous ces témoignages positifs de jeunes comme moi ! J’avais vraiment la sensation d’être la seule à ne pas être bien ! Mais maintenant ça va mieux, et je décide enfin de te donner du temps en souhaitant que mon témoignage soit publié dans le prochain numéro pour que les futurs participants comprennent que tout n’est pas toujours tout beau, tout rose !

22 Août 2005 : pour parler franchement, le stage m’a dégoûtée de partir. Mon excitation – cette envie qui m’avait animée durant tant d’années – s’est alors transformée en lassitude. Moi, j’avais envie de sauter directement dans l’avion, je ne voulais parler à personne de ce que je ressentais, je voulais tout garder pour moi, en égoïste. Le matin du grand jour, je voulais tout remettre en question, tout annuler ! Je suis arrivée dans ma ville après 14 heures de voyage, et j’ai été accueillie avec simplicité par ma famille. Mon moral a regrimpé après une nuit de sommeil bien méritée. Les premiers jours ont été durs sur le plan physique, j’ai perdu 4 kilos, écoeurée que j’étais par la nourriture, par tous ces drapeaux américains. J’en avais des cauchemars ! Mais, malgré la difficulté de la langue (vu mon niveau d’anglais, je ne pouvais avoir que du mal), au bout d’une semaine, tout allait mieux. Il faut dire que j’y ai cru. Après quatre mois de vie américaine j’ai encore du mal … Mais je ne cesse d’écouter cette chanson qui va sûrement rythmer tout mon séjour : « Don’t give up ! » Je n’abandonnerai pas, même si ce n’est pas facile tous les jours.

J’ai déjà eu quelques problèmes avec ma mère d’accueil qui ne me disait même pas « bonjour ». Dans la mesure où la communication ne passait vraiment pas entre elle et moi, j’ai sérieusement pensé à changer de famille. Quand enfin elle m’a avoué qu’elle restait muette avec moi à cause de la barrière de la langue, j’ai bien failli lui rire au nez. Mais les larmes ont pris le dessus… N’est-ce pas pour lutter contre la barrière de la langue, et la briser que je suis ici ? N’est-ce pas pour apprendre que je suis ici ? Voilà qu’on me reprochait mon anglais ! Tant pis, me suis-je dit. J’ai continué mes efforts. J’ai rebondi sur ce reproche. Depuis je continue, avec ma rage de vaincre, avec optimisme. Un optimisme comme jamais je n’en ai connu dans ma vie ! Je veux réussir à parler « fluently », et je sais que je vais y arriver.

Mon séjour a changé ma vie : c’est sûr et certain. J’ai acquis de la confiance en moi, j’ai acquis une plus grande ouverture d’esprit, une soif de voyage, j’ai réussi à mettre ma timidité de côté, j’ai appris des millions de choses sur moi, mon pays d’accueil, ma « Douce France », sur les autres… Bref, j’en ai eu plein les mirettes en quatre mois… et il m’en reste encore six ! Pour parler des coups de blues, ça rejoint un témoignage disant « qu’un jour tout va bien et le lendemain tout va mal ! » Je dois avouer que c’est effrayant. Parfois je me couche la plus heureuse du monde et, le lendemain, je me réveille submergée par la tristesse. C’est terrible d’être si instable au niveau du moral. Mais heureusement je suis plus souvent heureuse que triste ! J’aime ma vie ici, et même si j’ai passé une semaine horriblement dure fin octobre (à n’en pas dormir, à brasser du noir sans interruption), je dois avouer que jamais je n’ai regretté d’être partie, jamais je n’ai eu envie de rentrer en France… Maintenant, j’ai peur d’oublier, j’ai peur de regretter certaines choses, j’ai peur de n’avoir pas assez profité, j’ai tout simplement peur de rentrer. Je pourrais fuguer et vivre d’amour et d’eau fraîche toute ma vie avec le pays que j’aime : les USA. Oui, je pourrais !

Futurs participants, je vous envie. N’hésitez pas à vous lancer dans cette aventure, c’est une expérience qui change une vie, je vous l’assure. Soyez un peu fous – pour une fois. Ne vous faites pas trop de films – comme j’ai pu le faire – parce que vous pourriez être très déçus. Sachez que si on a tous une chose en commun – être « exchange student », on vit tous une expérience unique. Personne n’a la même histoire, chacun se crée la sienne. Dans une année, il y a des hauts et des bas, je ne peux pas vous mentir sur ce point, mais les bas sont là aussi pour savourer les hauts !

Eve, Spokane,Washington
Une année scolaire aux USA