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Ma p’tite famille adorée

Je ne sais pas si je réussirai à vous donner de mes nouvelles avant que vous ne receviez cete lettre. En fait, je n’ai pas la possibilité d’envoyer de mails… et comme j’ai probablement oublié mon portefeuille à Montrouge, avec le n° de téléphone pour vous appeler d’ici, et bien, je n’ai pas pu vous joindre plus tôt. Heureusement, il n’y avait rien d’important dans mon portefeuille. Le voyage s’est très bien passé. Je n’étais pas seul entre Paris et Atlanta: heureusement, car 9 h c’est très long !

Le premier contact avec la civilisation américaine fut plutôt brutal pour moi : le climat ici est assez différent du nôtre. En ce moment quand le jour se lève, toute la campagne est gelée, mais il n’y a pas de nuages, et l’après-midi, il fait plutôt chaud. Mais s’il y a des nuages, alors il peut faire très froid. On m’a dit qu’il fallait s’attendre à voir la neige à partir du 1er novembre et qu’elle resterait au moins jusqu’en janvier. Dur, dur ! Je ne compte pas sur la nourriture américaine pour me remonter le moral si j’en ai besoin. Ma vie quotidienne a débuté dès lundi dernier. Je dois me lever à 5 h 45 ; le « school bus » – vous savez celui qui est jaune – vient me chercher à 6 h 35 alors que l’école est à guère plus de 5 minutes en voiture ! Seulement, je ne suis que le 2e à monter dans le bus ; ensuite, il fait de gros détours. Une journée scolaire débute à 7 h 30 et finit à 14 h. J’ai 8 périodes de 46 mns chacune, (dont le lunch). Voici les matières que j’ai choisies : « Spanish1, Choir (chant), Boys Physical Education. (1er semestre), Intro to Piano (2è semestre), American Gouvernment. Band-History of Music (1er), Photography( 2è), Academic English. » Je suis en Senior.

L’école est plutôt grande et propose beaucoup de classes. Le « band » est assez grand, même plutôt grand et si je devais trouver un orchestre français qui soit comparable, je dirais la fanfare de Luzillé ! Mais le niveau n’a pas grande importance car l’ambiance y est très sympathique. Jusqu’à mon arrivée, ils n’avaient qu’un « french horn » (une petite jeunete, papa !) et le chef d’orchestre fut très enthousiaste en faisant ma connaissance. Le band fait plusieurs concerts dans l’année, il joue pour les « football games on Friday » et fait quelques « teeps » ; c’était le cas le week-end dernier, pour un concours à Baltimore. J’ai déjà eu l’occasion d’aller manger chez Mc Donald’s, et d’aller faire les courses au Wall-Mark. Uniontow n (au sud de Pittsburgh, maman) n’est pas une ville de plus de 10 000 habitants et pourtant sa zone industrielle (pôle de la consommation) est bien plus importante que celle d’une ville de la même taille en France. En ce qui concerne la maison, elle est située en campagne, mais ici la campagne ne semble pas être cultivée (je parle d’agriculture): elle est plutôt parsemée de propriétés, de forêts et de terrains non utilisés. Il est surprenant aussi de voir que la «high school », qui est grande et toute neuve, se trouve presque en rase campagne. Quant aux montagnes, elles ne sont pas loin ; je les aperçois de ma chambre, mais je n’y suis pas encore allé. Revenons donc à l’école. Je n’y suis que depuis deux jours et je suis déjà populaire ; c’est sûrement ponctuel. Le fait d’attirer les jeunes américaines était prévisible (on m’avait prévenu en tout cas) mais n’allez pas croire que c’est toujours agréable ! Vous saviez comme je désirais venir ici et quelle était mon impatience, et bien, je vous prie de croire qu’une fois sur place, on ne voit plus les choses tout à fait de la même façon. En effet, on se demande vraiment ce qu’on est venu faire ici et pourquoi on n’est pas resté dans son petit monde familier et si douillet ! Mais une fois dépassées les apparences et après avoir relu quelques «Trois Quatorze », on remet tout en perspective. Vous vous souvenez de ce que je vous disais lorsque je vous ai quittés : que ça ne me faisait rien de vous dire «Au revoir». Je vous disais cela car je n’avais pas vraiment conscience de là où j’allais. Maintenant, bien sûr vous me manquez beaucoup, mais c’est plutôt normal… et rassurant. Heureusement tout se passe bien ici, et même si ça n’est pas toujours facile, je sais que j’y arriverai. Je vous embrasse tous très fort en espérant avoir de vos nouvelles très vite. Je vous aime très fort.

Antoine , la poêle à crêpes, le livre de russe, mon dictionnaire français/anglais et un polo !