Petit tour du monde des écoles (I)
Les systèmes scolaires en Allemagne, en Russie, en Afrique du
sud et aux USA. Revue de détails et analyses.
Au mois de septembre dernier, PIE lance, auprès de tous ses participants
au programme d’une année scolaire à l’étranger,
une enquête sur l’école de leur pays d’accueil.
Cette enquête porte sur les structures, les horaires, les relations
et les objectifs des différents systèmes éducatifs.
L’idée est que chaque jeune nous présente l’école
(au sens large) au sein de laquelle il vit et étudie. Trois quatorze
pose des questions d’abord techniques (qui amènent une certaine
quantité d’informations) puis invite les jeunes à
émettre leur opinion. l Les "enquêteurs" de Trois quatorze
ne sont pas des professionnels, et leur travail à ce titre n’est
pas forcément exhaustif et exempt d’erreurs, mais il nous
paraît cependant particulièrement intéressant d’en
rendre compte. Car, même s’il n’est pas d’une
rigueur journalistique ou scientifique, ce travail (exécuté,
qui plus est, avec conscience et engagement) est le fruit des élèves,
autrement dit de ceux qui sont les premiers concernés par les bienfaits
et les méfaits des systèmes scolaires l Les présentations
qui suivent sont riches en enseignements ; d’abord, parce que bien
peu de livres ou de journaux présentent les écoles étrangères
; ensuite et surtout parce que, émanant de jeunes lycéens
français, elles permettent de porter un regard comparatif et donc
critique sur notre propre système l En fonction de sa position,
profession ou opinion, chacun interprétera ces (trop) courts exposés
à sa façon. Pour notre part, cet aperçu nous conforte
dans l’idée qu’il ne peut être préjudiciable
à un jeune (français ou étranger) de côtoyer
un autre système. Il nous renforce dans l’idée de
continuer à lutter, avec nos moyens, contre ceux qui pensent que
l’enfant qui part vivre une année à l’étranger
«prend du retard», «perd une année»
ou «voit fondre ses acquis». Les chiffres (voir enquête
«que sont-ils devenus» -publiée en 97) prouvent que
"nos" anciens se portent plutôt bien, et que ce qu’ils ont
pu apprendre lors de cette année d’étude à
l’étranger leur sert d’aide et de guide tout au long
de leur vie, et que certains des acquis précieux qu’ils ont
accumulés (langue, maturité, motivation, expérience)
ne leur seront jamais ôtés l
Nous rendons compte aujourd’hui des enquêtes portant sur
l’Allemagne, l’Afrique du Sud, les États-Unis et la
Russie.
Quelques points pratiques. 1°/ Les présentations sont un condensé
d’une ou plusieurs enquêtes. Elles se veulent une représentation
d’un travail et d’une opinion plus collective qu’individuelle.
2°/ Certains enquêteurs ont jugé utile de faire intervenir
des professeurs. Nous avons décidé de rendre compte des
opinions de ces derniers quand nous les jugions intéressantes ou
complémentaires
Remerciements à Lydie, Camille, Lucie, Agathe, Stéphanie,
Julien, Aline, Amélie, Flora, Natacha, Amandine, Anne, Kevin, Céline,
Julia, Elodie, Patrick, Yann, Emilie, Camille, Chloé, Astrid, Anne,
Gaëlle, Séverine, Marie-Pierre, Amélie, Liza, Céline,
Stella, Lydie, Françoise, Julie, Estelle, Solène, Lisa,
Marie, Andrea, Odyssée, Delphine, Clément, Emilie, Yannick,
Maé, Marion, Virginie, Cécile, Marie, Jean-Baptiste, Maharid,
Alexandra, Amandine... et leurs professeurs.
ALLEMAGNE
LE DIPLÔME
Les études secondaires s’achèvent au "Gymnasium" en
"Oberstufe" (ces classes correspondent à la douzième et
à la treizième année de scolarité). En "Oberstufe»,
les jeunes allemands ont entre 17 et 19 ans ; leurs études s’orientent
autour de 2 matières principales et de 2 matières secondaires.
Pour pouvoir entrer à l’université l’élève
doit obtenir "l’Abitur". L’épreuve comporte une partie
sous forme de contrôle continu (basé sur les résultats
des deux dernières années) et une partie sous forme d’examen
final écrit et oral. `
RYTHME SCOLAIRE
Le rythme annuel
L’année scolaire est structurée en deux semestres
: de mi-août à fin janvier et de février à
fin juin. Le type de matières étudiées et l’emploi
du temps varient d’un semestre à l’autre.
Les dates des vacances scolaires sont très variables suivant les
régions, mais durent en moyenne 5 à 6 semaines l’été.
Les rythmes hebdomadaire et journalier
Les cours ont lieu du lundi au vendredi (très rarement le samedi).
Ils durent 45 minutes. Ils débutent entre 7H30 et 8H00 suivant
les "Länder" et finissent entre 13H00 et 13H30 ou entre 15H00 et
15H30 (suivant les jours et suivant les matières choisies). Il
n’y a jamais plus de deux après-midi de cours dans une semaine.
Le reste de la journée est principalement consacré
au sport, aux activités parallèles (club, art...), aux discussions
(dans les "Kneïppe"), au travail à la maison.
Sur les questions de rythme, les commentaires des jeunes Français
sont plutôt enthousiastes : «L’emploi du temps est beaucoup
plus léger qu’en France et c’est bien mieux ainsi»
; «La méthode allemande me paraît très bonne
au niveau du rythme. Les élèves ne passent pas tout leur
temps à faire des devoirs» ; «Ici, on dispose vraiment
de temps pour faire autre chose. Moi, je fais du sport 4 heures par semaine,
mais je suis considérée comme une folle.» «Les
"heures" de cours sont plus serrées et il y a de vraies plages
de repos prévues entre chaque cours. Cela facilite la récupération,
donc la concentration, et, par là-même une meilleure
attention.» Un professeur ajoute un commentaire : «Les dernières
années de "Gymnasium" sont mieux conçues que celles qui
les précédent. A mon sens, on en demande trop aux plus jeunes
(ils restent en cours tous les jours jusqu’à 14 heures !),
et leurs récréations (5 minutes toutes les 30 minutes !)
ne me paraissent pas suffisantes.»
Les matières
Jusqu’en fin de 11ème classe (équivalent seconde),
les matières sont imposées. A partir de l’"Oberstufe"
s’établit un système assez évolué qui
combine matières obligatoires et matières à option.
Ce système est très variable selon les "Länder" et
selon les établissements. Voici un exemple de ce qui se fait ("Gymnasium"
de Hambourg) :
Matières obligatoires : Allemand, Maths. Choisir 1 ou 2 matières
(une seule si l’on choisit trois langues) parmi : Physique, Bio,
Chimie. Choisir 2 ou 3 langues parmi : Anglais, Français, Espagnol,
Portugais, Russe. Choisir au moins une matière entre : Art ou Musique,
Histoire ou géographie, Philosophie ou Religion ou GMK. Matières
à option : toutes les matières non choisies dans les choix
précédents + Théâtre, Sociologie, Economie,
Orchestre ou Latin.
Les enquêtes font ressortir l’importance de la pratique musicale
(cours individuels, orchestre, orchestre de chambre). La pratique du sport
est relativement importante (entre 2 et 4 heures) et surtout plus spécialisée
qu’en France, puisqu’un étudiant choisit un sport pour
toute l’année (basket, foot, judo, karaté, volley,
badminton, danse, canoë), et qu’il s’affine dans ce domaine.
Un de nos "enquêteurs" regrette cette spécialisation, mais
son professeur lui rappelle que ce système n’est valable
que pour la dernière année. Ce même professeur signale
e revanche que la diversité des options sportives proposées
soulève un réel problème d’organisation.
Hiérarchie des matières
Dans le cadre de l’"Abitur", l’élève allemand
se doit de choisir deux spécialisations (matières à
coefficient 4) et deux matières secondaires (coefficient 1). Cette
orientation amène à une hiérarchisation des matières.
Au sommet de la pyramide on trouve généralement : l’Allemand,
les Mathématiques et l’Anglais.
RELATIONS ET ATTITUDE
Professeurs / Élèves
Ces relations sont spontanément qualifiées de détendues.
On parle de «complicité et d’écoute».
«Le cours est essentiellement basé sur la pensée et
les réflexions de l’élève, mais il est dirigé
par le professeur.» «Les élèves montrent beaucoup
de respect envers les enseignants». «Et les profs, dans leur
majorité, ont beaucoup d’humour». Quand on évoque
les conséquences de ce type de relations sur l’enseignement,
les comparaisons avec la France fusent, et les avis sont unanimes : «L’ambiance
en classe est bien meilleure ; ça discute, ça parlemente,
la voix du professeur n’est pas la seule à être entendue
; contrairement à la France, le prof en Allemagne n’est ni
le roi ni l’empereur.» «Je pense que ces relations sont
constructives. Quand on se sent proche d’un prof on a envie de lui
faire plaisir. C’est aussi simple que cela ! De son côté,
on a plus de plaisir à suivre les cours... On apprend donc plus
facilement.» «Les relations sont plus naturelles qu’en
France. Si on a un problème de compréhension, les professeurs
ont toujours un moment pour nous expliquer.» «Depuis que je
suis là, j’appréhende l’école d’une
toute autre manière.»
L’attitude des élèves
Les questions guidées font ressortir que les élèves
allemands sont plutôt détendus et plutôt heureux d’aller
à l’école. Ils sont décrits comme très
actifs au sein de cette école («Ils participent tellement
et si naturellement qu’au début c’est surprenant»).
Ils semblent, dans leur grande majorité, profiter de l’enseignement
qui leur est dispensé, mais ne pas être obnubilés,
comme c’est le cas en France, par leurs résultats scolaires.
OBJECTIFS
Nos "enquêteurs" sont, dans l’ensemble, peu loquaces sur ce
sujet. L’un d’entre eux est cependant très précis
: «Il s’agit d’enseigner avant tout des connaissances
générales en veillant à préserver un esprit
ouvert et une ambiance sympathique. On considère comme très
important d’acquérir le goût du travail (aussi important
que la méthode). L’esprit critique est très développé.
En connaissance pure, la palme revient quand même à la France.»
Niveau.
Les élèves français jugent le niveau général
bon, voire excellent. Ils sont surtout «épatés»
par le niveau artistique des jeunes Allemands, soulignant plus particulièrement
la compétence et la qualité musicale de ces derniers. Certains
s’étonnent que le niveau en philo soit moins élevé
(«ils ne vont pas toujours assez loin»), d’autres regrettent
l’absence de dissertation : «cette fameuse "dissert"
qui nous fait tant... Je crois qu’il faut la conserver».
Complémentarité par rapport à l’école
française
«Ici, on apprend à ne pas être stressé par l’école.»
«La qualité de vie d’un écolier est bien meilleure.
C’est très profitable.» «Je crois qu’en
Allemagne un jeune Français peut acquérir un vrai sens critique.
C’est d’ailleurs curieux, car je trouve les Allemands beaucoup
trop disciplinés au quotidien, et indisciplinés comme il
faut à l’école : toujours vifs, toujours piquants.»
«On ressort d’ici avec une formation plus pointue, plus spécialisée
et moins générale.»
UNE ANECDOTE
«En début d’année, nous étions 27 en
cours de maths. Notre prof s’est exclamé : "C’est impossible.
Je ne peux pas travailler dans ces conditions. Ce n’est pas pédagogique.
Je vais demander qu’on partage cette classe." Il était outré.
Nous, en France, quand on est 27, on est contents !»
AFRIQUE DU SUD
LE DIPLÔME
Deux fois par an l’élève sud-africain doit passer
une série de "Cycle tests". Ces tests sont déterminants
pour passer dans la classe supérieure. La scolarité dans
le secondaire se conclue par le passage d’un examen final : le "Matric".
Son obtention ouvre les portes de l’université.
RYTHME SCOLAIRE (en High school)
Le rythme annuel
Il y a quatre termes (trimestres). L’année scolaire débute
donc en janvier et s’achève en novembre (Nous sommes dans
l’hémisphère sud). Les vacances ont lieu en avril,
en juillet, en septembre et les «summer holidays» (vacances
d’été) en décembre.
Les rythmes hebdomadaire et journalier
Les cours ont lieu du lundi au samedi de 8H00 à 14H00. Chaque cours
dure 35 minutes (cours du matin) ou 30 minutes (cours du début
d’après-midi). L’après-midi est consacrée
au sport et aux activités personnelles. A quelques exceptions près,
les mêmes cours sont dispensés tous les jours, mais l’ordre
évolue suivant les jours de la semaine. Certains apprécient
le rythme («ces horaires sont très pratiques. On a le temps
de faire du sport, de se reposer»), d’autres émettent
des réserves («les périodes sont trop courtes - 35
minutes sont insuffisantes pour entamer un vrai travail »). D’autres
enfin font de l’humour («les après-midi libres nous
permettent de remplir les questionnaires PIE») !
Les matières
Plus l’élève avance dans sa scolarité moins
il doit pratiquer de matières obligatoires et plus on lui offre
la possibilité de choisir des options. Du 11ème au
12ème "grade" (soit : durant les deux dernières années
de secondaire) l’Anglais et l’Afrikaans sont obligatoires,
et ce dans toutes les écoles. Mais les élèves étrangers
sont souvent dispensés de l’étude de l’Afrikaans
(langue difficile dans laquelle ces étudiants n’ont généralement
aucune base). Les autres matières (4) sont des matières
à option. L’élève doit choisir entre : Histoire,
Géographie, Maths, Biologie, Physique, "Business", "Home economics"
(Apprendre à s’occuper d’une maison), Art , Dessin
technique, Théâtre, "Speech contest" (apprendre à
débattre), Comptabilité, "Typing" (dactylo), "Woodwoork"
(travail du bois). L’Informatique et les Maths renforcés
sont considérés comme des 7ème et 8ème matières
(cours qui viennent s’ajouter au cursus de base). L’anglais
et l’Afrikaans sont les matières jugées les plus importantes
par le corps enseignant et donc par les élèves.
Le sport
L’après-midi est en partie consacrée au sport. Les
élèves qui le désirent font un choix entre : Football,
Rugby, Athlétisme, Water-polo, Squash, Soft-ball (variante du Base-ball),
Tennis, Natation, "CheerLeading", Hockey, Cricket. Attention : tous ces
sports ne sont pas forcément proposés dans toutes les écoles,
mais ils sont tout de même largement répandus. On doit savoir
que la pratique de chacun de ces sports est généralement
très spécialisée, saisonnière et relativement
intense. On notera enfin l’influence britannique très prononcée
(Football, Rugby, Cricket).
RELATIONS ET ATTITUDE
Là encore, la Grande-Bretagne a laissé son empreinte. Tous
les élèves sud-africains portent un uniforme et doivent
se plier à un rituel assez précis. «La discipline
est stricte dans mon école. Ici pas de colliers, pas de bracelets.
Pour les filles : cheveux attachés, absence de maquillage, pas
de fioritures. L’autre jour, tous les grades 11 ont dû descendre
dans la cour pour la nettoyer. Je n’avais pas compris ce qu’il
fallait faire et je marchais sans me baisser pour ramasser les papiers.
Je me suis vraiment fait engueuler.» Un professeur nous parle de
discipline «douce mais ferme !»... Ce qui veut tout dire.
Si tout le monde s’accorde donc plus ou moins sur ce problème
de discipline, les avis commencent à diverger quand on aborde le
problème des relations profs/élèves. L’un de
nos "enquêteurs" nous parle de relations «amicales et de dialogue
facile», un autre de «respect mutuel» et de «bonne
ambiance» («certains plaisantent même entre eux»),
mais le troisième évoque une véritable coupure entre
le monde des élèves et celui des professeurs : «Il
n’y a pas de relations entre les profs et les élèves.
Les punitions ne sont pas les mêmes qu’en France, mais elles
ne manquent pas. Ici les professeurs peuvent taper leurs élèves
ou les mettre à genoux pour les humilier.» Le décalage
entre ses avis peut s’expliquer, une fois de plus, par la différence
entre les milieux sociaux dans lesquels sont implantées ses écoles.
Mais il est difficile de l’affirmer avec netteté dans la
mesure où le premier témoignage (plutôt positif) comme
le dernier (plutôt négatif) viennent de "black and coloured
areas".
Quel que soit le milieu ou le type d’école, les relations
entre les élèves paraissent bonnes : «On aurait pu
penser qu’il y aurait certains problèmes de racisme, mais
nous ne sommes que trois "blancs" dans notre école et il n’y
a aucune tension particulière.» Ce témoignage rend
optimiste pour les années à venir, mais il convient, en
raison du peu d’enquêtes qui nous sont parvenues et à
la vue des milieux sociaux dans lesquels sont placés nos participants,
de savoir le nuancer en le prenant pour un témoignage isolé...
L’attitude des élèves
«Les élèves sont détendus et agréables.»
Dans l’ensemble il paraissent relativement à l’aise.
Dans les écoles les plus strictes, on sent cependant «poindre
une certaine révolte.» «Il faut dire que les élèves
sont influencés par les récits que nous leur faisons de
nos écoles (françaises ou autres).»
OBJECTIFS
«L’école sud-africaine est axée principalement
sur le développement des connaissances. On veille aussi à
y développer l’esprit critique des élèves.»
Un professeur nous parle de tentative «d’exploiter le potentiel
de chacun et d’apprendre aux élèves à développer
les relations avec les autres milieux sans tenir compte des différences
sociales, économiques, raciales et culturelles.»
Les objectifs paraissent nobles mais ne semblent pas toujours atteints
. Voyons plutôt :
Niveau
Les différences semblent une fois encore immenses. Ici on parle
de «bon niveau», là de «points très faibles,
de manque d’organisation et de rigueur» ou encore «de
cours qui sautent ou qui sont pris trop à la légère».
«L’enseignement, nous dit-on, ne profite pas toujours aux
élèves.»
Complémentarité par rapport à l’école
française
Nos participants crient d’une seule voix :«Il ne faut pas
hésiter à venir.» «Ici, il y a de vrais problèmes,
mais c’est très enrichissant.»
UNE ANECDOTE
«En "Home Economics", j’ai appris à laver et à
cuisiner, et, croyez-moi, c’est vraiment très pratique !»
RUSSIE
Un seul participant en Russie cette année (en l’occurrence
une participante) donc une seule enquête. Mais un compte-rendu
qui ne manque pas d’intérêt.
LE DIPLÔME
L’examen intermédiaire, que les jeunes Russes passent vers
leur quatorzième ou quinzième année, permet de les
diriger vers une filière adaptée : "scientifique", "littéraire",
ou "enseignement global". L’examen porte sur le Russe, les Maths,
deux matières choisies par l’élève et une matière
choisie par les professeurs. L’examen dit "de sortie" permet d’entrer
à l’université. Il porte, lui, sur le Russe et sur
les matières choisies par l’élève. Les épreuves
sont notées sur 5. Une note inférieure ou égale à
2 est éliminatoire.
Notre participante juge la structure d’études assez au point,
notamment en ce qui concerne les classes à "profil".
RYTHME SCOLAIRE
Les rythmes annuels
L’année est, comme en France, découpée en trois
trimestres. Les périodes de vacances (des périodes d’une
semaine) se situent en plein milieu et en fin de trimestre.
Le rythme hebdomadaire et journalier.
Les cours ont lieu du lundi au vendredi. Quelques classes, dans certaines
écoles, ont lieu le samedi. Les cours durent 40 ou 45 minutes et
s’étalent entre 8H30 et 14H00 environ (dans certaines écoles
15H00). Il n’y a pas de pause pour le déjeuner et cela semble
«parfois dur» pour une jeune française : «A 12
heures, mon ventre crie famine, et puis je trouve ça un peu dommage
car c’est un bon moment pour parler et se retrouver entre amis.»
«Contrairement aux apparences», les emplois du temps paraissent
assez chargés, mais les vacances sont très bien réparties
dans l’année.»
Les matières
L’élève est orienté, en fonction de ses goûts
et de ses résultats à l’examen, vers une des filières
(littéraire, scientifique, globale). A l’intérieur
de chaque filière les matières sont toutes obligatoires..
On peut ajouter à ces matières obligatoires qui constituent
l’ossature du programme 1 ou 2 matières supplémentaires
(art, musique...). (L’exemple ci-dessus concerne une élève
inscrite en scientifique). Le sport est obligatoire, il se pratique 2
fois 40 minutes par semaine.
Au goût de notre participante, ce programme est «un peu léger...»
«Mais nombreux sont ceux qui pratiquent un sport l’après-midi,
en dehors de l’école.»
Hiérarchie des matières
«Aucun coefficient à l’examen final, donc aucune priorité
particulière, sinon celle que se fixe l’étudiant.»
Toutes les matières sont vraiment respectées. Il semble
que cette façon de voir ait de gros avantages.»
RELATIONS ET ATTITUDE
Professeurs / Elèves
«Ces relations sont réellement excellentes.» Chaque
élève se voit attribuer un professeur principal au début
de sa scolarité. Ce professeur devient une sorte de "parrain" pour
l’élève. Sa présence est importante et efficace.
C’est une aide. «Avec lui les relations sont vraiment très
suivies. Ma professeur principale m’a expliqué que dans certains
cas, elle devenait pour ses élèves (ceux dont elle a la
"charge"), comme une "seconde mère".
L’ambiance dans l’école
«Elle est vraiment très bonne. Il y a une vraie vie scolaire,
des discussions, un bon climat.»
Les élèves
«Ils sont heureux d’aller à l’école, et
très actifs au sein de celle-ci.»
OBJECTIFS
« L’école me paraît très axée sur
l’enseignement des connaissances. Cet enseignement me paraît
d’ailleurs assez pointu. Le niveau me paraît bon.»
Complémentarité par rapport à l’école
française
«Au niveau des structures et des acquis, et dans la mesure où
les objectifs des deux écoles sont assez proches, ce système
ne me paraît pas très complémentaire du système
français. Mais il possède quand même de vrais atouts.
L’école propose énormément de sorties (visites,
musées, excursions, spectacles...) encadrées par les professeurs.
Tous ces événements ouvrent énormément les
élèves vers l’extérieur ; ils permettent également
d’établir un autre type de relations entre professeurs et
élèves. C’est un très bon point. Le professeur
que j’ai interrogé m’a beaucoup parlé de son
double rôle : éducation et enseignement.»
UNE ANECDOTE
«Tous les ans, en septembre (donc en début d’année),
il y a une journée du professeur. Ce jour-là, les élèves
offrent des fleurs, des chocolats, des cadeaux à tous leurs profs.
L’école est entièrement décorée, et,
entre les cours (qui n’en sont pas vraiment puisque c’est
jour de fête), on met de la musique (qui s’entend dans tous
les couloirs). Puis il y a un spectacle-concert, dirigé par
les élèves et destiné à leurs professeurs.
L’ambiance est très "bon enfant". Ce genre d’événement
est inimaginable en France. Ce jour-là ne me paraît pas encore
venu.»
ÉTATS-UNIS
Trois Quatorze a beaucoup parlé par le passé de l’école
américaine. Les informations rapportées ici ne sont donc
pas nouvelles pour la plupart de nos lecteurs . On notera cependant que
les enquêtes en provenance des USA nous sont revenues en nombre
et que les avis et opinions retranscrits ci-dessous sont très représentatifs
de l’opinion générale des participants PIE au programme
d’une année en "High school".
STRUCTURE DES ÉTUDES
L’élément qui ressort à la lecture du tableau
est la verticalité du système. Cette verticalité
témoigne de l’absence de sélection avant l’âge
de 18 ans (il existe en fait une possibilité de ne pas aller jusqu’à
la "graduation", mais cette voie ne concerne qu’une très
petite minorité d’élèves). Cette quasi absence
de sélection avant l’âge de 18 ans est ardemment défendue
par certains et ouvertement critiquée par d’autres. On invoque
souvent la sélection par l’argent qui s’opère
avant l’entrée au "college" ou à l’université
mais il convient de nuancer ce point en rappelant que le système
de bourses est très developpé, ainsi que le système
de financement des études par les entreprises.
La très grande majorité des élèves américains
entre donc vers 4 ou 5 ans à l’école et en ressort
"graduée" à l’âge de 17-18 ans, en ayant tous
suivi à peu près le même parcours.
On notera que dans cette organisation, le redoublement n’existe
pas.
LE DIPLÔME
La "Graduation" (nom du diplôme de fin de secondaire) est obtenue
au terme de la dernière année de "High school". «Ce
diplôme relève du contrôle continu, et conclut le cycle
de quatre années de "High school"». «Pour être
gradué, il faut obtenir un certain nombre de crédits. Les
américains suivent, en général, 8 cours par an, soit
32 cours en 4 ans. Chaque cours équivaut à un "crédit".
Au terme d’un cours (1 ou 2 semestres), l’élève
est noté (les notes sont : A-"excellent" , B-"good", C-"average",
D -"poor", F-"fail"). L’élève obtient son "credit"
s’il n’a pas la note F. Si l’élève accumule
25 "credits", il obtient sa graduation. On comprend donc que la graduation
est accessible au plus grand nombre.
Les élèves français trouvent, dans leur grande majorité,
que ce système d’examen est «plus juste» («tout
ne se joue pas en une semaine»), plus équilibré, moins
stressant. Mais certains se demandent si ce système ne dévalorise
pas le diplôme. Il est utile de préciser à ce sujet
qu’une moyenne GPA ("Grade Point Average") accompagne ce diplôme
et que cette moyenne intervient comme l’un des critères d’entrée
à l’université (au même titre que les résultats
à un test : ACT).
Tous notent que l’obtention du diplôme est l’occasion
d’une fête attendue chargée et gigantesque.
RYTHME SCOLAIRE
Le rythme annuel
L’année est divisée en deux semestres. Fin août
- début septembre / Mi-février pour le premier semestre.
Mi-février - Fin mai / Début juin pour le second. La coupure
entre les semestres est très importante dans la mesure où
les matières étudiées et l’emploi du temps
(au niveau de ces matières) évoluent totalement entre les
deux semestres. Les "credits" correspondent d’ailleurs à
des périodes d’un semestre. Pas de réflexion particulière
sur le rythme annuel sinon pour «regretter les vacances françaises
qui sont un peu plus longues !»
Le rythme hebdomadaire et journalier
Les cours ont lieu du lundi au vendredi. Les cours débutent entre
7H00 et 8H00 et s’achèvent entre 13H00 et 15H00. L’élève
étudie généralement 5 ou 7 matières par semestre.
1 ou 2 matières s’étalent sur toute l’année
; les autres, nous l’avons vu, sont amenées à changer
à la mi-février. Une des particularités américaines
est la répétition de l’ordre des cours tous les jours
de la semaine. «C’est simple», nous dit-on, ou «On
ne se disperse pas». «Mais ça manque un peu de variété».
Le rythme journalier est globalement fort apprécié : «Les
après-midi libres ça vaut de l’or.» «On
se consacre à nos passions.» «C’est très
épanouissant et beaucoup moins fatigant.» La participante
dont nous publions l’emploi du temps consacre par exemple deux de
ses après-midi au théâtre et deux autres au tennis.
«Le sport en général prend de l’importance.»
«C’est très bien.» «Les activités
artistiques ont une vraie place.» Certains émettent des réserves
: «Quelquefois c’est exagéré, c’est au
détriment des études.» On apprécie par contre
à l’unanimité la durée des cours est de 48
minutes.
MATIÈRES.
L’Anglais et l’Histoire américaine sont les deux matières
quasiment obligatoires dans toutes les "High schools". Pour le reste,
l’élève organise son programme en fonction de ses
goûts, de ses capacités, de ses objectifs. L’éventail
des matières est particulièrement large. Il est très
variable suivant les états et les écoles («car le
système américain est très décentralisé»).
On notera à titre d’exemple : Architecture, Sociologie, Français,
Russe, Allemand, "Parent Child Development", Astronomie, Musique, Multimedia,
"Mechanic", Media, Photographie, Théâtre, Physique, "Creative
working", "Poterie", Maths, Géographie, Psychologie, "Speech",
"Wood technic", "Business", "Naval science". La liste est loin d’être
exhaustive.
Dans les "High schools" les matières sont en fait regroupées
en grandes catégories. La "high school" de Herminston dans l’Oregon
propose, par exemple, en section "Art" les matières suivantes :
Chorale, "Cultural Art Forms", Dessin (niveau 1 & niveau 2), Peinture
(1,2,3), "Exploratory arts", Jazz ensemble, "Majjazzti" , Percussions,
Photographie, "Product design","Interior design - Textiles", Production
Video (1,2), Orchestre.
Pour obtenir sa graduation, l’élève est en revanche
obligé d’obtenir un certain nombre de "credits" dans tel
ou tel domaine ou dans telle ou telle matière (exemple : 4 "credits"
de maths sur 4 ans) ce qui, dans l’absolu, limite ses choix. L’élève
doit, en fait, gérer son programme sur toute la durée de
sa "High school". A ce niveau, l’aide du "Counselor" (conseiller
pédagogique) lui est très précieuse. Tous apprécient
la diversité des matières proposées et leur originalité
: «On découvre vraiment des matières nouvelles.»
Hiérarchie des matières
L’absence de coefficients à l’examen final permet d’éviter
le piège de la hiérarchie des matières. Nos participants
semblent apprécier : «Il y a moins de divisions entre les
élèves, bons et mauvais, intellos et non-intellos, scientifiques
et littéraires... En tout cas, chacun a sa chance, même s’il
n’est pas bon en maths ou en lettres.» «Un sportif est
respecté comme les autres».
RELATIONS ET ATTITUDE
Professeurs / Elèves
Trois Quatorze publie dans chaque numéro une quantité non
négligeable de témoignages sur ce sujet. Nous nous limiterons
donc pour résumer la teneur des impressions émises à
l’occasion de cette enquête à ce témoignage
à la fois significatif et parlant : «Les professeurs sont
vraiment très proches des élèves. On peut se confier
à un professeur. Il est toujours là pour vous écouter
et vous aider. Il n’y a pas d’affrontements élèves-profs
comme il peut y en avoir en France.»
L’ambiance dans l’école
L’école est un lieu de travail autant que de rencontres,
de fêtes, d’événements. «C’est un
vrai lieu social, un lieu d’échanges.»
Les élèves
100 % de nos "enquêteurs" jugent les élèves américains
détendus, bien adaptés à leur système scolaire
au sein de cette école. «Ils sont heureux d’aller à
l’école, et très actifs.» Certains regrettent
le fait qu’il n’y ait pas de notion de classes (au sens de
groupe). «Chaque élève a son programme propre, il
est donc difficile de créer des liens solides.» D’autres
parlent d’élèves «un peu trop adolescents»,
voire «immatures» et de «relations parfois superficielles.»
OBJECTIFS
Difficile de dégager une ligne principale. Quelques axes ressortent
cependant avec netteté : «Apprendre à aimer travailler»,
«Développer le travail de groupe», «Développer
la vie sociale et faire en sorte qu’à l’intérieur
de l’école, toutes les activités qui s’y rapportent
jouent un rôle important (art, spectacle, sport...)», «Donner
confiance», «Développer le sens de la communication»,
«Apprendre à s’organiser», «Pas de bourrage
de crâne» . On parle peu de connaissances. Les acquis semblent
porter plus sur la personnalité et la méthode. Un jeune
Français est très critique : «Il s’agit en fait
d’occuper les jeunes jusqu’à 18 ans. On ne cherche
pas à développer le sens critique et on ne fait pas assez
de travail personnalisé.»
Résultats
Sur ce point, les avis sont très partagés. Une bonne partie
estime que l’école américaine remplit totalement les
objectifs précédemment cités, mais que de ce fait
le niveau global des connaissances est inférieur à celui
de l’école française. 70% l’estiment d’ailleurs
moyen. On parle même de «lenteur des élèves».
Une petite majorité montre, vis-à-vis des performances de
cette école, un grand enthousiasme («On gagne en réflexion
et en créativité», ou «Ce système favorise
totalement l’épanouissement et la réussite personnelle,
car il vous montre qu’il y a toujours un domaine où on peut
réussir»), et une petite minorité un fort dédain
(«C’est l’école de la fainéantise»).
Cet avis, plus nuancé, pourrait faire réfléchir le
dernier intervenant : «Il est certain qu’ici celui qui ne
veut rien faire ne fait rien.»
Complémentarité par rapport à l’école
française
Au vu des commentaires, elle paraît très grande. Rien d’étonnant
à cela, tant les deux systèmes diffèrent au niveau
des objectifs et des moyens. «L’école américaine
possède des points très forts que l’on pourrait introduire
dans notre pays». Un avis, radical, mérite selon nous d’être
entendu : «Ici on apprend à aimer l’école et
les professeurs. C’est une différence énorme, une
différence qui explique d’ailleurs qu’on fasse le déplacement.»
Et la même participante de conclure : «A mon retour en France,
j’entame la révolution de notre système !»
UNE ANECDOTE
«En Maths le prof nous donne parfois les solutions des contrôles.
Le but c’est de les retrouver.»
|