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Pierre Bénétreau, manager — Parcours d’ancien

Illustration, reseau PRO, professeur des universitésPARCOURS D’ANCIENS — PIERRE BÉNÉTREAU

llustration : « Le professeur d’université » par Laurindo Feliciano

ENTRETIEN — Rien ne prédisposait Pierre Bénétreau, originaire de Bergerac, à vivre et à travailler au Canada. Son année scolaire à l’étranger l’a projeté dans un autre monde.

Année de séjour de Pierre : 1999
Lieu de séjour : Stenen, Saskatchewan, Canada
École : Sturgis Composite High School)
Lieu de vie actuel : Edmonton, Alberta, Canada
Profession : Manager
Employeur : Custom Edge Designs & LP Pent

3.14 — Décris-nous ton parcours depuis ton retour de ce séjour scolaire ­avec PIE.
Pierre — Je suis revenu en 2000. J’ai passé une licence Pro dans l’agriculture. J’ai assez vite quitté la France. J’ai bossé plusieurs années aux USA et au Canada. J’étais responsable d’une concession agricole dans l’Alberta. Il y a un an et demi maintenant, j’ai pris un virage important en m’orientant vers la vente/marketing.

3.14 — Pourquoi ce virage ?
On m’avait fait pas mal de promesses dans mon ancien travail, et dans la mesure où rien ne se concrétisait, j’ai jugé que le temps était venu de m’en aller. J’avais des contacts chez «Custom Edge Designs» (l’entreprise où je bosse aujourd’hui)… ils cherchaient un manager. Alors j’ai saisi l’occasion.

3.14 — Qu’est-ce qui t’a séduit dans le projet ?
L’entreprise que j’intégrais était jeune et avait un beau projet. Cela me permettait de changer de vie. Le challenge était important, mais la compagnie avait un potentiel énorme.

3.14 — En quoi consiste ton travail?
On recherche principalement des compagnies de revendeurs avec qui travailler et on bosse aussi en direct avec des grandes marques qui font beaucoup de promotion pour essayer de se démarquer (type marques de vélos, de chaussures…). On essaie de leur proposer de bons supports. C’est un travail intéressant car on mise sur la qualité (bons produits et bon service après-vente) et sur le fait que l’on essaie de traiter nos clients comme on voudrait être traités. Je voyage pas mal également. L’activité est donc enthousiasmante.

3.14 — Revenons en arrière ? Pourquoi et comment, à 17 ans, as-tu décidé de partir au Canada?
Ma sœur Claire était partie avant moi. Pour elle, tout s’était très bien passé. Alors mes parents m’ont proposé de faire la même chose. Cela m’a paru naturel. Je suis donc parti, mais sans trop réfléchir en fait, plutôt en me laissant porter. Je crois que, du coup, je n’avais pas vraiment mûri mon affaire. C’était un peu comme si le séjour de ma sœur garantissait la réussite de ma propre expérience. Et je dois dire que les trois premiers mois ont été difficiles, voire très difficiles. Problèmes d’adaptation, de blues, etc. Je suis un peu tombé de haut.

3.14 — Au-delà de ces difficultés, que te reste-t-il, quinze ans après, de ce séjour?
Que du positif. D’ailleurs, je ne dirai pas «au-delà des difficultés» mais plutôt «à cause des difficultés». Car, au final, j’ai, durant cette année, appris avant tout à m’adapter, à faire face à l’in-
connu, à sortir de mon cadre. Le plus grand enseignement tient au fait qu’au terme du séjour, je n’avais plus peur de bouger, de changer, de me lancer dans une aventure. Ce séjour fut pour moi une révélation. Voilà maintenant 12 à 13 ans que je vis loin de la France (USA ou Canada), j’ai aujourd’hui la double nationalité (française et canadienne), j’ai «vu du pays», j’ai beaucoup voyagé. Si je regarde objectivement mon parcours, je peux affirmer que tout ce que j’ai fait depuis, je le dois à mon année d’études au Canada.

3.14 — Faisons de la rétro-prospective. Que serais-tu devenu si tu n’étais pas parti?
C’est forcément difficile à dire. Mais ce qui est sûr, c’est que quand je reviens du côté de Bergerac —le pays où j’ai grandi— je reviens quasiment en arrière dans le temps. Quand je croise des copains d’école dans la rue, je me mets un peu à leur place. Je n’aurais pas mal tourné, non, mais mes perspectives auraient été plus étroites. Je serais sans doute devenu ouvrier, agricole ou autre… Je dis cela sans aucune condescendance, parce que je ne tire aucune gloire de ça, mais je sais que j’ai eu la chance de pouvoir me remettre en question et d’élargir mon horizon.

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Article paru dans le Trois Quatorze n° 56