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De si beaux voyages

DE SI BEA8_clockUX VOYAGES
EN GUISE D’ÉDITORIAL

En image : Clothile, Stewartstown, New Hampshire — Une année scolaire aux USA, 2015-2016

Tourisme versus Voyage — Un auteur, non dépourvu d’humour, a présenté le tourisme comme «une industrie qui consiste à envoyer des gens qui seraient bien mieux chez eux dans des endroits qui seraient bien mieux sans eux». À l’heure où se développe un tourisme de masse à bien des égards effrayant, la formule, au-delà de son aspect provocant, en dit long sur la menace qui sous-tend des échanges mondiaux qui n’ont d’échanges que le nom. Elle nous conforte, en tout état de cause, dans l’idée que les séjours que nous mettons en place à PIE sont aux antipodes du tourisme moderne, lequel prend trop souvent des allures de molle colonisation. Les séjours scolaires de longue durée, en effet, ne fonctionnent que sur la capacité des participants à accepter de se fondre dans un nouveau monde ; ils ne perdurent que si les protagonistes font preuve d’une vive curiosité et d’un sens aigu de  l’adaptation. Ces conditions sont en effet indispensables à ce que, loin de chez eux, les participants se sentent intégrés et heureux, et à ce que leurs hôtes se sentent bien —voire mieux— avec eux que sans eux. C’est à ce prix alors que chacun devient acteur à part entière de l’échange et que tous —y compris ceux qui accueillent— se transforment alors en voyageurs, dans toute l’acception du terme.

Article paru dans le journal Trois Quatorze n° 56