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Un visage pour une année

Les participants aux programmes d’une année choisissent une personne qui les a particulièrement touchés ou influencés durant leur «exil». Il prennent cette personne en photo et nous parlent d’elle.

BRIE, participante PIE Américaine en France Il n’y a pas qu’une personne qui m’ait fait impression. Je dois en compter au moins quatre. Deux fois par semaine nous nous réunissons pour parler et rigoler. Nous sommes toutes d’origines différentes. Deux sont des étudiantes d’échanges et les deux autres sont assistantes d’anglais et d’allemand. Ces filles m’ont ouvert les yeux sur le monde réel. Je comprends aujourd’hui que le monde est petit et grand en même temps. Maintenant que j’ai l’expérience des autres cultures et des regards nouveaux, je ne peux pas rester enfermé dans mes vieux points de vue. J’ai rencontré le monde extérieurr aux États-Unis, au travers de ces quatre filles. Quand je rentrerai aux USA je les porterai avec moi. Alors , je vous remercie les filles. Vous m’avez fait prendre conscience de ce qui est important. Keep cool !
BRIE,  Américaine en France

C’est ma prof de photo aux US. Accueillante, chaleureuse, souriante, omniprésente. Mme Anderson m’a beaucoup aidée durant les premières semaines de mon séjour, au moment où l’adaptation me jouait des tours. C’est une prof qui, à l’image de beaucoup de professeurs américains, entretient des relations très amicales avec ses élèves. Mais elle le fait avec beaucoup d’à propos et une intelligence toute particulière. D’ailleurs, Madame Anderson, tout le monde l’adore ici. Alors, merci à vous, Mme Anderson. Vous resterez un de mes très bons souvenirs.
VIRGINIE – Un an aux États-Unis

Lorsqu’on m’a posé cette question, il m’a semblé impossible d’y répondre. J’ai pensé à tous ceux qui avaient impressionné mon année. Puis j’ai beaucoup réfléchi et je me suis rendue compte que la personne qui m’avait le plus marquée était ma mère d’accueil : Sophie Thomasse. Grâce à Sophie j’ai fait des progrès en français. Elle m’a poussée et m’a appris à travailler, elle m’a intégrée vraiment à sa famille et elle a été présente à chaque fois que j’avais besoin d’aide. Elle m’a fait rire lorsque ma famille m’a manqué. Elle m’a félicitée lorsque j’ai réussi à l’école et m’a fait des reproches gentils lorsque j’ai fait une bêtise. Tout cela m’a aidée à changer et à devenir plus mûre cette année. En six mois, Sophie est devenue une personne très importante dans ma vie. Je ne l’oublierai jamais. Elle sera éternellement «ma maman française».
ANNA – Suissesse – Un an en France

Elle s’appelle Perrine. Elle a un an de moins que moi, mais nous sommes ensemble à l’école. Elle habite à 5 mns de chez moi, dans la même ville. Elle m’a aidée à m’adapter à l’école, pour les devoirs et pour mon français. Elle monte à cheval avec moi. On passe beaucoup de temps ensemble. Sa famille est très sympa. Sans Perrine, mon séjour serait beaucoup moins bien.

Qu’est-ce que le mot différent signifie ? Toujours peur de perdre quelqu’un, flot de pensées qui file dans le vide. Le vent est si violent, il ne nous laisse aucun regard – nature tu es trop forte pour nous ! Un souffle nous rapprochant, un souffle nous séparant. Le ciel ne devient paisible qu’après les pleurs passés, envoyant dans mon coeur la chaleur du soleil. Et soudain, les larmes de la colère noire transpercent discrètement le secret de ma vie. Juste le besoin de la protéger de ces trous profonds qui l’encerclent, lui faire découvrir la flamme. Différence : la corde qui nous unit.
MARIE-ANNE – Un an aux États-Unis

Les lettres et les coups de fil ont certainement été les choses les plus précieuses depuis que je suis ici mais cela ne se prend pas en photo ! Mais Susie, oui. Alors voilà Susie ! Susie et sa bonne humeur, Susie et sa magie. Susie est la clef de mon séjour. Quand nos chemins se sépareront, elle sera toujours à mes côtés. Jamais je ne l’oublierai !
MARIE – Un an aux États-Unis

Monica Fuller. Au début nous étions «friends». J’ai dû changer de famille. Alors elle m’a proposé de venir habiter chez elle. Alors nous sommes devenues «sisters». Je l’admire beaucoup. Elle a 15 ans, elle est si mûre. La vie ne lui a pas fait de cadeau et elle a toujours su faire face. Elle a toujours les bons mots aux bons moments. Elle est unique et exceptionnelle. L’idée de penser que l’an prochain nous ne serons plus ensemble me fait froid dans le dos « and makes us enjoy more the moments we spend together. »
LAETITIA – Un an aux États-Unis

J’ai d’abord pensé à Aimée, ma meilleure amie ici. Et puis j’ai pensé à mes parents et à ma soeur et j’ai réalisé l’importance qu’ils ont eu durant toute cette année. Ils m’ont appris à grandir. Les premiers temps je n’ai cessé de penser à eux. C’était la première fois que je les quittais vraiment. Je ne me référais qu’à eux : «Papa aurait aimé ça», «Maman n’aurait pas fait ça». Puis j’ai commencé à m’émanciper et en même temps à ressentir le vide. Ils n’étaient pas là : quelque chose me manquait. Les quelques bons conseils qu’ils pouvaient me donner, les mots gentils, les disputes avec les frères et soeurs (n’y voit rien de personnel, Claire !), leur présence : tout cela me manquait. Il ne me restait que les lettres, les messages E-Mail, les rares coups de téléphone. J’ai une famille américaine qui m’aime, comme leur fille, mais ce n’est pas pareil. Pas pareil que ma famille française, que ma famille tout court. Quand je dis famille, je pense aussi aux oncles, grands-parents, tantes, cousins. Je sais que c’est un peu cliché, mais quand, dans un an, vous vous retrouverez dans une situation identique, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous comprendrez certainement ce que j’ai voulu dire.
CAROLINE – Un an aux États-Unis

Je ne sais pas si elle nous voit ! Une Française, une Norvégienne et une Allemande. Je ne sais pas si elle nous voit et pourtant, depuis 108 ans qu’elle est plantée là, c’est la première fois qu’on passe ensemble par là. Si elle nous voit , elle se rend compte qu’on est de très bonnes copines, et pour toujours. Si elle ne le voit pas c’est qu’elle est aveugle et qu’elle a plus de 108 ans. Merci Lena et Anaïs d’être auprès de moi depuis que je suis là !
ANNIKA – Une Norvégienne en France

Dans mon journal, les premiers jours, quand je parlais de ma soeur française je n’étais pas très contente, je disais d’elle qu’elle était comme un caméléon. Aujourd’hui je dis d’elle qu’elle m’a beaucoup marqué, qu’elle m’a beaucoup aidée, qu’elle m’aide encore énormément. Quand j’ai des problèmes au lycée, elle est à mes côtés, toujours prête à répondre à mes questions. Elle est sérieuse et en même temps elle est très drôle. Ensemble on a beaucoup rigolé. Son engagement pour son bac et pour entrer dans une grande école m’a réellement impressionnée. Elle est sûre d’elle-même et, en même temps, elle sait demander conseil. Elle m’a fait comprendre un tas de trucs : que notre avenir, par exemple, c’est notre travail, pas celui des autres. Elle dit toujours ce qu’elle pense. Nous avons souvent eu des discussions, sur la politique, sur un tas de sujets. Je n’ai pas toujours été d’accord avec elle, mais elle m’a fait comprendre que tout le monde n’a pas la même opinion et que c’est bon d’écouter. Elle a de l’importance. Je voulais l’en remercier.
Merci Aurélie.
HANNE – Une allemande en France

Mon père d’accueil. Il est très sympa. Il me comprend. Il m’emmène où je veux. Il est toujours patient, même pour mon français et il est prêt à tout pour m’aider et me rendre heureuse. Il veut que je passe une bonne année. Je connais beaucoup de personnes étrangères comme moi, qui n’ont pas toujours eu la chance de croiser quelqu’un comme ça.
HEATHER – Une américaine en France

Melissa ou Messy est ma soeur d’accueil ou ma soeur américaine si vous préférez. Moi je dis, ma soeur tout court. Je l’ai choisie, parce qu’elle partage chaque instant de mon aventure. Nous sommes dans la même chambre, elle est présente au moindre moment de cafard. Lorsqu’on a vraiment besoin d’un moment de solitude – mauvaise humeur ou cafard – on se réfugie dans la salle de bain. C’est notre petit coin de paradis, c’est là qu’on se ressource, et qu’on se retrouve soi-même. La langue et la culture sont censées nous séparer et marquer nos différences, mais en réalité, nous avons les mêmes goûts et les mêmes idées et nous sommes très proches. Nous sommes aussi désordonnées l’une que l’autre. La photo a été prise le jour où nous rangions nos chambres : un moment rare qu’il s’agissait d’immortaliser. J’ai établi avec Missy, une relation nouvelle, quelque chose que je n’avais jamais connu auparavant. Il faut dire que je n’avais pas de soeur.
Il nous reste trois mois à vivre ensemble. Trois mois et nous nous quitterons. Quelque chose me manquera définitivement : des instants de fous rires et de tristesse, des pleurs et des échanges. Mais il reste encore trois mois !
EMILIE – Un an aux États-Unis

I have learned so much with Judy, my American mother. There is a thing I’ll always remember – a thing that she thaught me. I have learned that you shouldn’t compare yourself to the best others can do, but to the best you can do ! Thanks Judy.
ANNE LAURE – Un an aux États-Unis

Amanda est dans la même high school que moi : «Campbell County High School, Alexandria -Kentucky ». Nous nous connaissons depuis la rentrée. Elle m’a tout de suite aidée. C’est la première à avoir compris que c’était pas facile de s’intégrer. On rigole. Elle a sa voiture («The green truck»), on l’utilise quand elle veut. La séparation va être dure. Au fait ! Son anniversaire est le 17 mars. Pourriez-vous lui écrire et le lui souhaiter? Ça lui ferait très plaisir de recevoir du courrier de France.
CAROLE – Une année aux États-Unis

En France, on voit les professeurs plusieurs heures par jour et plusieurs jour par semaine. Ils représentent beaucoup dans notre vie. Au début je les trouvais tous froids. Ils voulaient garder une certaine distance. En fait ils sont froids. Mais il y a un professeur qui n’est pas comme les autres. C’est Madame Catherine Shroeder, professeur d’anglais. Elle est arrivée dans la classe, souriante et gaie. Pas du tout comme les autres. Madame Shroeder a tout de suite eu sa classe dans sa main. Elle nous a tous enchantés par sa bonne humeur. Madame Shroeder ne sort pas de la classe aussitôt que la cloche a sonné, elle prend le temps de parler avec chacun. Personnellement elle m’a offert une chose que je n’oublierai jamais : elle m’a promis qu’en cas de problème, je pourrai me confier à elle. Pour un étranger, dans un lycée étranger, avoir la sécurité de pouvoir parler à quelqu’un du lycée, ça fait du bien. Merci Catherine.
MICHAEL – Un Norvégien en France

Vous m’avez demandé de vous envoyer une photo de quelqu’un qui m’ait touchée, pendant mes 10 mois passés en France. Je ne peux pas vous envoyer ce la. Car les personne qui m’ontouchéd sont plus d’un et les souvenirs sont gravés dans ma mémoire et pas sur du papier photo. Bien sûr, il y a Nicole et Guy, mes parents d’accueil. Ils m’ont reçu les bras ouverts, ils sont toujours prêts à m’expliquer quelque chose, à m’écouter, à m’apprendre. Ils font de leur mieux pour que je me sente chez moi et m’aident à découvrir la France. Il y a Isabelle, ma soeur d’accueil et son fiancé, Thierry. Ils me taquinent gentiment et me traitent comme leur petite soeur. Il y a Alexandra, mon autre soeur d’accueil, qui a mon âge et avec qui je parle de toutes ces choses dont les filles de notre âge parlent. Il y a toutes les copine de l’école, elle squi m’aident avec le Français et sans qui je serais perdue – Marika, une étudiante finlandaise, avec qui je découvre la France et avec qui je partage mes bonheurs et mes moments de déception. Elle m’apprend sa culture, je lui apprends la mienne, et ensemble, nous apprenons la culture française – Émilie, qui fut la première à prendre le temps, en septembre dernier, de parler avec une étrangère et qui, parce qu’elle a bien voulu m’écouter avec toute sa patience et son intelligence, a mis fin à mon isolement – Julie, qui me ressemble tant, que je n’arrive pas à comprendre que nous ayons grandi sans nous connaître et si loin l’une de l’autre – toute la classe, tous ceux qui se moquent de mon petit accent – mes profs (qui s’amusent parfois à parler anglais avec moi) – Siobhén, la jeune asssitante, avec qui je triche en parlant en Anglais occasionellement – Pascale – Madame Bachelot ma déléguée PIE et son mari – les autres étudiants d’échanges. Voilà mes photos. Rien de solide ! Un train d’images dans une tête ! Le rire de Julie, la compréhension d’Émilie – les mots de Marika… peuvent-ils être pris en photo ?
JENNA – Une Canadienne en France

C’est une mission impossible pour moi de choisir une personne parmi tous ces gens fantastiques que j’ai connus lors de mon séjour en France : ma chère et si gentille famille française, mes amis – qui m’ont tous marquée et dont je garderai tant de souvenirs…. Je vais pourtant dire des mots spéciaux pour ma famille d’accueil qui m’a reçue avec tant de chaleur et avec laquelle j’ai passé des moments exceptionnels et inoubliables ! A travers eux, j’ai notamment découvert la politique, car le père, Michel Neugnot, s’implique avec un tel enthousiasme dans cette activité que ça influence forcément la vie de tous ceux qui l’entourent. Cette année a été une année particulièrement importante car il y avait des élections municipales dans la ville de Semur-en-Auxois. Mon père français a d’ailleurs été élu Maire. La nuit de sa victoire a été une nuit de fête, immense, avec champagne et bonne humeur. Je m’en rappellerai toujours !
MARIKA – Une Finlandaise en France

 


Article paru dans le journal Trois-Quatorze n°26