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Mémoire d’une année (2018/2019)

TÉMOIGNAGE DES PARTICIPANTS AU SÉJOUR DE LONGUE DURÉE À L’ÉTRANGER — Ils ou elles sont parti(e)s pour un an à l’étranger. Elles ou ils nous envoient de leurs nouvelles. Cette année,  il est plus spécialement question de rencontres et d’amitié : Tom évoque ses potes de natation, Juliette nous parle de Laura et Maïwen de Mako… et Marguerite de la séparation d’avec sa grand-mère japonaise, avant de conclure par ces mots : « Les rencontres que l’on fait, c’est ce qui donne à notre séjour son caractère. » 

Savourez son année scolaire à l'étranger, Jean, MichiganDERNIÈRE LIGNE DROITE
Jean, Spokane, Washington
Une année scolaire aux États-Unis
Il fait froid. Février vient juste de commencer. Les – 15°C qui règnent révèlent la buée cristalline que nous expirons ; nous ne sentons plus nos mains engourdies depuis déjà quelques minutes. Il neige si fort que l’on ne peut distinguer la route, mais guidés par les chaudes lumières électriques qui éclairent notre chemin, nous arrivons finalement sur le toit de la ville. Et quelle vue, et quelle vie ! Empire de glace, royaume de l’hiver. La ville est engloutie par les montagnes, et seule la neige qui tombe trouble le calme absolu du ciel et fait régner un silence abyssal au sol. Le froid mord nos joues rouges, nous nous extasions de la fantastique perspective qu’offre ce moment magique. Presque 6 mois que je suis parti. Les mois les plus courts et les plus longs de ma vie… Que d’aventures ! À ce moment précis, je réalise que je rentre dans quatre mois. J’aurai 18 ans. J’ai l’impression que j’ai vécu mille vies, vu mille villes. Verdict : mon existence fait enfin sens. Je me prépare à vivre cette dernière étape en profitant de chaque jour. 25 heures par jour. Maîtrisant l’anglais, voyant l’ultime distance qui me sépare de mon retour, je joue la montre et m’efforce d’en tirer le plus possible, mais les aiguilles, d’une précision chirurgicale, pressent le temps, filent à toute vitesse. Et s’égrènent inexorablement les jours restants. Dernière ligne droite vers les derniers instants. ­­

AU-DELÀ DU RÉSULTAT
Jeanne, Parch Grove, Wisconsin
Une année scolaire aux États-Unis

J’ai 17 ans. J’habite dans un petit village de 200 habitants et je vais dans le lycée du district : « River Ridge High School ». Je passe une année merveilleuse. Partir est l’une des meilleures décisions que j’ai prises. J’ai décidé dans les premières semaines de mon arrivée de m’inscrire dans le club de cross-country du lycée. Aux États-Unis, l’approche du sport est très particulière : le sport fait complètement partie de la culture populaire et la façon de le pratiquer en dit long sur les valeurs du pays. Ici on s’encourage, on se pousse les uns les autres, on fait plein de « High Five ». En gros, on prend chaque course et chaque compétition comme la chose la plus importante qui soit… mais contrairement à ce qu’on croit, les résultats ne sont pas ce qu’il y a de plus important. Ici, aucun sportif n’est méprisé : on applaudit chacun et chaque performance : on motive les meilleurs mais on soutient les plus lents, on encourage son équipe tout comme celle de ses adversaires. Tout le monde déborde d’énergie, les coureurs sont positifs et souriants. Bref l’ambiance est incroyable. Pour moi, le plaisir d’être dans cette équipe de cross-country dépasse largement les pures joies de la course.

LA DATE BUTOIR
Pierre-Marie, Fulda, Minnesota
Une année scolaire aux États-Unis
Ce projet de « Partir un an » me paraissait intéressant pour ma vie future : savoir parler anglais, découvrir un nouveau monde, s’ouvrir l’esprit. Le contexte me plaisait : vivre en famille, au cœur du pays… la vraie vie. Mais en y réfléchissant plus longuement, j’ai eu quelques doutes : ne pas voir mes proches pendant une année me faisait un peu peur, tout comme le fait d’avoir sans doute à faire une seconde à mon retour. Mais je me suis dit que l’occasion ne se représenterait plus et que ce moment précis, entre le collège et le lycée était le meilleur pour partir. Alors on a décidé (moi et ma famille) de remplir un dossier pour partir un an à l’étranger. Je me suis inscrit très tardivement. La date butoir approchait et je n’avais toujours pas de famille. J’étais de plus en plus stressé et je me disais que je ne partirais pas cette année. Le soir du jour J, je n’avais plus aucun espoir de partir.Mais les faits allaient me démentir, car aux environs de 20h45, j’ai reçu un appel de PIE. Une famille du Minnesota avait retenu mon dossier et avait décidé de m’accueillir pour toute une année. Le destin avait tourné.
Me voilà donc aux États-Unis, au cœur de ce Minnesota. C’est une magnifique région agricole avec de somptueux décors. Tout le monde est chaleureux, ma famille et tout le village. Je me fais vite des amis. Ils me font découvrir énormément de choses (beaucoup de vocabulaire et un peu de leur culture).
Dans cette région nord-américaine, la température peut tomber jusqu’à -35 degrés Celsius. C’est le cas aujourd’hui. J’ai pu observer pour la première fois de ma vie une sublime aurore boréale, le tout sous un terrifiant blizzard. Il y a énormément de neige (1 mètre en moyenne) et tous les lacs sont gelés. On perce des trous dans la glace et on pêche.
Ma famille d’accueil s’occupe très bien de moi. Je suis en train de vivre une expérience extraordinaire, qui me marquera à vie. Je vis la meilleure année de ma vie, et de loin !
De tout ça je tire un enseignement : il faut toujours positiver et garder espoir. Tout se joue parfois in extremis… pour moi c’était juste avant la date butoir.

UNE VIE EN UNE ANNÉE
Jeanne, Fulda, Balnearia, Cordoba
Une année scolaire en Argentine
Je suis arrivée il y six mois maintenant, dans une famille très accueillante qui, dès le début, a tout fait pour que je me sente à l’aise. J’arrivais en plein milieu d’année scolaire (puisque l’Argentine se trouve dans l’hémisphère Sud) : j’appréhendais donc particulièrement mon premier jour à l’école.
Je suis inscrite dans une école de 150 élèves, une grande famille où les élèves et les professeurs sont tous très proches les uns des autres. Ils ont eu la gentillesse de tous m’intégrer aussitôt à leur groupe. J’ai la chance de participer à de nombreuses activités scolaires, notamment et avant tout à l’« Intertribu » : c’est une grande compétition organisée par l’école. L’école se divise en 2 tribus, les rouges (nommés « Hueltén ») et les jaunes (« Caru Cura »), qui s’affrontent pendant 3 jours en sport (basket, athlétisme, foot, volley, baseball…), art (dessin, chant, danse…) et dans toutes les matières académiques. Avec les rouges, ma tribu, j’ai participé à l’épreuve d’anglais, de dessin, j’ai joué le match de basket, et j’ai chanté la chanson créée avec ma tribu. Le reste du temps j’ai encouragé « Hueltén ». À la fin de la semaine, on a largement fêté le vainqueur. Ma tribu, n’a pas gagné, mais je garde de très bons souvenirs de cette épreuve. Avec l’école, je suis également partie en camp pendant 3 jours dans la région montagneuse de ma province. Nous avons fait une randonnée jusqu’à une cascade, nous avons fait des jeux, construit des cerfs-volants… Les liens avec la classe et les autres élèves n’ont fait que se renforcer.
J’ai également eu la chance de voyager : les « Cataratas de Iguazu » (une des merveilles du monde), les plus beaux endroits de la Patagonie, au Sud du Pays. J’ai pu voir les baleines de Puerto Madryn, Le glacier « Perito Moreno » au Calafate, Ushuaia —la ville du bout du monde—, et enfin une des plus belles cités du pays : Bariloche.
L’année scolaire s’est terminée début décembre par la remise des récompenses. Les trois « dernières années » ont reçu leur diplôme, on a élu le meilleur compagnon de chaque classe, primé les trois meilleures moyennes, puis « celui qui a loupé le moins de jours d’école » et « celui qui s’est le plus dévoué pour la vie du lycée ». À ma grande surprise, j’ai été élu « Meilleur compagnon » et 3e « Meilleure moyenne de la classe ». La semaine s’est achevée par l’« Egreso », le bal de promo des dernières années : les garçons portent un costume et les filles de belles grandes robes. Je profite des grandes vacances : j’ai fêté Noël et le premier de l’an dehors, sous 30° à l’ombre, autour d’un barbecue et en tee-shirt.
Mon échange est une vraie réussite et une expérience inoubliable. J’ai rencontré des gens formidables, découvert un pays extraordinaire. Avec les autres étrangers que j’ai rencontrés on se disait : « On ne vit pas une année dans une vie, mais une vie en une année. »

Programme d'échange scolaire au Canada de PIE — Friends GraffitiÇA VA TROP VITE
Mathilde, Toronto, Ontario
« Échange Trimestre », Canada
Ça a été dur pour moi de quitter ma famille, mais le fait qu’il y ait, avant le départ ce petit stage m’a permis de faire la rencontre de personnes qui sont devenues aujourd’hui de véritables amis. On se soutenait tous. L’ambiance était très bonne ! Les débuts au Canada ont été un peu difficiles, car ma famille me manquait, et parler anglais tout le temps était un vrai challenge.
Ma famille d’accueil a été adorable avec moi ! Ils m’ont emmenée à Ottawa, aux chutes du Niagara, à la CN Tower, aux « Blue Jays Game », on a fait un tas d’activités ! Au fil du temps, mon anglais s’est amélioré, et au moment où les cours ont débuté, j’ai vraiment ressenti un déclic : ce fut plus simple pour moi de communiquer. J’ai adoré suivre les cours au Canada et cela m’a permis de faire de fabuleuses rencontres. La relation que j’ai entretenue avec ma correspondante était géniale : on partageait tout, elle est devenue une amie. Le dialogue s’est vite installé. Elle m’a faite connaître les spécialités du Canada, les lieux ou activités cultes. Le soir on regardait des films ou séries, on partageait beaucoup. Elle m’a habillée comme une vraie Canadienne et je compte bien faire de même à son arrivée en France. Elle m’a présentée à ses amis et grâce à elle, mon expérience a pris une autre tournure. Nous sommes très fusionnelles et très complices. Je me réjouis de l’accueillir en France.
Quand je me suis inscrite au programme, j’avais peur que ce séjour soit trop long… et tout, en fait, a filé trop vite.

ANNE ET LES 4 GARÇONS
Anne, Nettetal
Une année scolaire en Allemagne
Rien n’a vraiment été difficile, à part la langue au début. C’est sûr que les quelques années de cours d’allemand à l’école étaient insuffisantes pour parler correctement, mais si je suis ici, c’est bien pour apprendre. Et j’apprends vraiment tous les jours. J’aime beaucoup ma « nouvelle » vie, si différente de celle que j’ai en France.
Ma famille d’accueil est très gentille. Je m’entends extrêmement bien avec la mère. J’ai quatre frères d’accueil, ma présence change donc beaucoup de choses pour elle !
À l’école, mes nouveaux camarades m’ont très vite intégrée : dès le premier jour, je me sentais déjà « appartenir » à ma classe. Les cours ne sont pas du tout organisés de la même manière qu’en France Je finis l’école beaucoup plus tôt.

100% USA
Ines, Anoka, Minnesota
Une année scolaire aux États-Unis
Le football américain aux États-Unis, est une vraie religion. C’est un peu comme en France, même si ce n’est pas le même football. Ce jour-là, on est arrivés sur le terrain vers 7 pm, pour une soirée 100% USA. J’avais enfilé mon tee-shirt rouge et mon jean bleu. Une fois sur place on a retrouvé les autres lycéens, tous habillés de blanc, de rouge et de bleu, paillettes autour des yeux et rouge aux lèvres. On a rejoint nos amis, on en a rencontré d’autres. Ce genre d’événement nous permet de faire plein de nouvelles connaissances, et c’est pour ça que j’aime autant y assister. Être sociable, c’est important quand on est étudiant étranger ! l’ambiance était incroyable, entre la fanfare, les danseuses et « Cheerleaders », les cris de joie et d’encouragement…. le tout sous un coucher de soleil aux mille couleurs. Je n’ai pas toujours compris ce qui se passait sur le terrain, mais peu importe. Ce qui compte dans ces moments-là, c’est de sentir que je fais partie d’une grande famille, celle d’Anoka High School. À l’heure où je vous écris, la saison de Football Américain est terminée. Je suis un peu triste, car je sais que tout ça va énormément me manquer. Il me reste les matchs de Basketball, de Volley-ball ou encore de Hockey. Toujours cette bonne ambiance, toujours ces lieux de rencontre. Et ça, je ne m’en lasserai jamais !

Tom, participant PIE au séjour d'une année en High School aux USA - Entraînement de natationSWIMMING TEAM
Tom, Butler, Pennsylvania
Une année scolaire aux États-Unis
Depuis début novembre, je suis impliqué quotidiennement dans la vie sportive de mon lycée américain. Et principalement dans l’équipe de natation et de plongée. Mes amis nageurs et plongeurs sont devenus mes meilleurs amis. Nous nageons et plongeons ensemble, nous gagnons et perdons les compétitions ensemble. Je n’avais jamais fait de plongée en compétition. C’est quelque chose que j’ai découvert. Mes entraînements sont animés par mes deux « coaches », Dave et Ken. Ça bosse et ça rigole. Je sais que la saison d’hiver bientôt s’achève. Je serai très triste de quitter cet univers fantastique où j’ai noué beaucoup de liens d’amitié.

TOI LA SŒUR QUE JE N’AI JAMAIS EUE
Juliette, Zanesville, Ohio
Une année scolaire aux États-Unis
Je vis avec une autre étudiante d’échange Espagnole, Laura. Jamais avant de partir, je n’aurais pu imaginer que j’allais lier une amitié aussi forte. On partage la même chambre… au début ça me faisait un peu peur : est-ce que je vais supporter d’avoir toujours quelqu’un dans ma chambre ? et si on s’entend mal, etc. Puis on s’est rencontrées, on a appris à se connaître, et je me suis vite rendu compte que mon échange aurait été bien différent sans elle : on passe tout notre temps ensemble, on rigole énormément, on partage des milliards de choses qu’il nous serait difficile de partager avec notre famille d’accueil… parce qu’ils ne peuvent pas vraiment comprendre. Comme on vit exactement la même chose, quand ça ne va pas, on se soutient. Ensemble, on se fabrique nos meilleurs souvenirs. Elle est devenue la sœur que je n’ai jamais eue. Ça va me faire extrêmement bizarre de ne plus la voir tous les jours quand je rentrerai… Mais l’Espagne n’est pas très loin. On a déjà prévu de se revoir !

Séjour de deux semestres scolaire à l'étranger (USA et Mexique) : la joie dépasse la tristesse

QUAND LA JOIE DÉPASSE LA TRISTESSE
Juliette, Sidney, Ohio
Une année à l’étranger, 2×6 (USA/Mexique)
Dans quelques jours, je quitte les USA pour le Mexique. Ce moment charnière me ramène au départ et me fait repenser à la façon dont tout s’est construit. Je suis arrivée ici dans l’Ohio, dans le but de maîtriser la langue et de faire connaissance avec des personnes étrangères. Tout cela était classique. Mais je ne m’attendais pas à ce qui allait arriver.
Quelques temps après mon arrivée, j’ai vécu ce que j’appréhendais le plus : un changement de famille. Personne n’était responsable de ce changement : ça n’a tout simplement pas fonctionné… question de caractères ! Mais cela m’a permis de connaître deux modes de vie américains bien différents. Je me souviendrai toujours de la générosité de cette seconde famille qui m’a ouvert sa porte au moment où j’en avais le plus besoin. Avec elle, ça colle très bien : j’ai développé avec chacun des liens forts, intimes et profonds. Je n’étais pas une simple étudiante d’échange, je faisais simplement partie de cette famille. Ce changement a donc été une réussite. Je me suis adaptée peu à peu au système scolaire américain ; j’ai commencé à me faire des amis : je mangeais avec l’équipe de football et j’allais à la salle de musculation avec un ami de biologie.
Quelques semaines après mon arrivée, une amie d’une de mes sœurs d’accueil est venue vivre avec nous à cause de problèmes personnels. Nous nous sommes doucement rapprochées, et de plus en plus. Elle est devenue ma meilleure amie. Nous avons passé toutes nos soirées, nos week-ends ensemble. Nous avons partagé beaucoup de choses elle et moi, au niveau de la musique notamment. Elle avait sa propre voiture, ce qui nous a permis d’aller régulièrement au restaurant, au cinéma ou encore faire les magasins. Ce furent des moments très précieux pour moi. Pour mon 18e anniversaire, nous sommes partis en famille dans un grand zoo avec son et lumière, et même si ma famille naturelle m’a manqué, je me suis sentie entourée de gens que j’aimais, et c’est ce qui comptait pour moi.
Se confronter à de la différence nous apporte et nous apprend. Au contact de ma famille et de mes amis américains, je pense m’être ouvert l’esprit, et j’espère, de mon côté, avoir ajouté de la nouveauté et de l’exotisme dans leur vie. Je leur ai peut-être permis à eux aussi d’élargir leur regard sur le monde.
Aujourd’hui je pars au Mexique. Toutes ces personnes que j’ai connues, je ne les laisse pas derrière moi : je garderai à jamais gravé dans mon cœur leur générosité. Ils sont ma famille. Et la tristesse de les quitter n’est rien au regard de la joie d’avoir pu les connaitre.

Vivre une année au Japon - Programme scolaire PIE - Maïwen: à bicyclette !

SPEECH CONTEST
Maïwen, Kochi City
Une année scolaire au Japon
En début d’année, j’ai participé à un « Speech Contest ». Nous devions faire à l’oral, un exposé en japonais sur un sujet de notre choix. Nous étions quatre élèves étrangers à participer. J’ai d’ailleurs « gagné » un prix ce jour-là… mais ça, c’est une autre histoire ! Ce qui compte, c’est que ce concours se déroulait dans un autre établissement que le mien, et que là-bas, j’ai rencontré Mako, une Japonaise qui a déjà vécu dix mois en Nouvelle-Zélande : on a commencé à parler et le courant est tout de suite passé. À partir de là, on s’est beaucoup revues. Elle est dans un autre lycée, mais dès qu’on a la possibilité de se voir, on le fait. Je suis persuadée que nous resterons longtemps amies. Je suis heureuse d’avoir participé à ce concours.

DIRE OUI À TOUT
Manon, Nampa, Idaho
Une année scolaire aux États-Unis
J’ai voulu vivre « L’expérience américaine », me plonger dans l’atmosphère de toutes ces séries et de tous ces films que j’avale depuis que je suis toute petite, j’ai voulu faire une « Senior Year », connaître une énorme « High School », supporter une équipe de football, faire tout ce qui m’a fait rêver sur Disney Channel !
Le 20 février 2018, quand PIE m’a appelée pour me dire que j’étais placée pour dix mois dans l’Idaho, j’ai vécu l’un des moments les plus excitants de ma vie ! Et cinq mois après mon arrivée aux USA, je peux dire que j’ai vécu les moments les plus intenses de ma vie. L’énorme « High School » dont j’avais rêvé s’est transformée en une toute petite « Charter School », une école de moins de 100 élèves, très différente de l’école de base américaine et bien « éloignée » de celle des séries de mon enfance. Au début, j’étais un peu déçue, mais je me suis très vite habituée. Grâce à cette école, j’ai pu très rapidement me faire des amis… américains, belges, suisses, italiens, brésiliens, asiatiques, équatoriens. Et j’ai, au final, retrouvé ce que j’étais venue chercher, puisque ici, comme partout ailleurs aux USA, nous avons les danses, les sports et tous les événements scolaires typiquement américains.
J’ai dû aussi changer de famille d’accueil au bout d’un mois, car celle que j’avais ne me correspondait pas du tout. Je m’entends à merveille avec celle que j’ai maintenant.
Voilà deux choses qui ont été bien difficiles à gérer. Et je réalise aujourd’hui, et avec de la distance, à quel point cette expérience est enrichissante et à quel point elle est importante pour moi. J’ai dû m’adapter à une nouvelle culture certes, mais surtout à des nouvelles façons de penser et à une nouvelle routine. J’ai appris à parler à des personnes complètement différentes de celles qui m’entouraient en France. J’ai quitté ma zone de confort. J’ai dû savoir dire « OUI » à (presque) TOUT. Au début « mon monde » a changé et au final c’est moi qui ai changé. Aujourd’hui, je me sens plus patiente, plus mature et plus autonome, j’ai moins peur de l’inconnu. Je suis beaucoup plus ouverte d’esprit qu’avant.
Certains disent que cette année d’échange est la meilleure année de la vie… et la plus difficile ! Je confirme : partir dix mois à l’autre bout du monde, devoir gérer la langue, l’adaptation et l’absence, ce n’est pas facile tous les jours. Mais qu’est-ce que ça vaut le coup !
Dans quelques mois je serai de retour en France. Je retrouverai une petite routine et ma vie d’avant. Alors, à chaque fois que je suis un peu « homesick », j’appelle mes copines américaines, je me bouge et je me dis : « Profite, c’est peut-être la dernière fois que tu vis ça ! »

PIE — Une année scolaire au Japon entre 14 et 18 ans — Marguerite et sa grand-mère d'accueilÊTRE OU NE PAS ÊTRE COURAGEUSE
Marguerite, Tokyo
Une année scolaire au Japon
« Il en faut du courage pour faire ce que tu fais ». Voilà la phrase qui a le plus tourné dans la bouche des gens de mon entourage. Je peux comprendre cette réaction, car ce n’est pas commun de partir vivre dix mois au Japon, quand on a tout juste le BAC en poche. J’ai mis deux ans à convaincre mes parents de me laisser partir. À force de persévérance et de détermination, ils ont fini par me dire « Oui ». Ce jour-là a été une véritable victoire.
Dans la notion de « courage », chacun met ce qu’il entend : certains pensaient que j’affronterai un tas de désillusions par rapport à mes propres perceptions du pays hôte. D’autres, comme mes parents, pensaient que le choc culturel et le fait de m’éloigner de ma zone de confort me feraient mûrir et grandir un peu. Aucun n’avait totalement tort.
Des changements dans ma vie quotidienne, il y en a eu plein : la transition entre mon petit village gersois et la Grosse Tokyo (synonyme de plus d’indépendance en matière de transport par exemple, mais aussi d’absence d’arbres et de calme…), l’acceptation de la discipline à la japonaise (cependant moins stricte que ce que j’avais imaginé), la découverte des petits déjeuners salés !
Et pourtant, après ces cinq mois à l’autre bout du monde, je me rends compte que très peu de choses aujourd’hui me manquent véritablement (même si la vue d’un arbre me rappelle avec nostalgie mon doux Sud-Ouest). Papa, Maman, je suis désolée de vous l’apprendre, mais je vis super bien de ne plus vous voir aussi souvent ! On pourrait se dire que je suis une fille atroce, mais pas du tout en fait !
La raison est simple : je ne suis pas seule. Je suis même très bien entourée. Si je devais citer une personne qui m’a beaucoup apporté jusqu’à présent, ce serait ma première grand-mère d’accueil. Elle a été parfaite en tout point. J’ai lié des liens très forts avec ma première famille d’accueil. Ma grand-mère et mon grand-père d’accueil : Hiromi-san et Nao-san vivent à trois minutes à pied de chez leur fille ; quand je rentrais du lycée, j’allais souvent les voir et je restais avec eux. Ma grand-mère d’accueil avait pour habitude de me faire goûter chaque fois à de nouveaux gâteaux. Même si au début de mon séjour mon niveau de japonais était précaire et que la communication n’était pas limpide, je me suis tout de suite sentie bien à ses côtés… j’étais si attachée à elle que le changement de famille —qui était prévu bien avant mon arrivée au Japon— reste encore un moment bien triste pour moi…
J’ai quitté une super famille qui pour moi valait tout l’or du monde ! Cette séparation au cœur de mon séjour m’a permis de comprendre que le temps n’est pas figé, et que tout passe bien plus vite qu’on ne le pense…
Les rencontres que l’on fait, c’est ce qui donne à notre séjour son caractère. Et c’est là, dans cet effort nécessaire d’aller vers l’autre, que j’ai eu le plus besoin de courage. Mais l’impatience et l’excitation de rencontrer des amis ont été pour moi les puissants moteurs utiles et nécessaires pour vaincre ma timidité et pour dépasser la peur. Au final, je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir été courageuse. J’ai simplement accepté de vivre ce pourquoi j’étais venue. J’ai juste réalisé mon rêve.

QUITTER LES SIENS
Ariane, Bloomsburg, Pennsylvania
Une année scolaire aux USA
Il y a un monde entre le lycée aux États-Unis et le lycée en France. L’organisation des cours, la question du diplôme, la mentalité et l’approche générales, la pédagogie… tout cela est si différent. Aux U.S.A, beaucoup de cours sont plus ludiques : les professeurs par exemple, font très souvent des projets pour leurs classes, les notes ne sont pas aussi importantes qu’en France et les élèves sont beaucoup plus habitués à prendre la parole et à s’exprimer. L’écriture — au sens de la rédaction— n’est pas aussi importante qu’en France. Vous seriez étonnés par le nombre de devoirs qui ont la forme de Q.C.M.
Les lycées américains ont énormément de cours à proposer et les conseillers sont toujours accueillants et prêts à aider les étudiants d’échange. Je me permets de donner le conseil suivant aux prochains participants : choisissez vos classes en début d’année, jugez un peu le niveau et changez rapidement si ça ne vous plaît pas. Moi, j’ai encore changé une de mes classes, il y a peu. C’est mieux que de rester longtemps dans une section qui ne vous convient pas.
Au lycée, vous aurez l’occasion de jouer d’un instrument, de chanter, de rejoindre le « Band » du lycée, de pratiquer différents sports (en fonction de la saison), de rejoindre des « teams ». Comme les cours finissent plus tôt et qu’il n’y a que peu de devoirs, on a beaucoup plus de temps qu’en France pour faire des activités, du sport et voir ses amis. Les élèves sont très accueillants avec les étudiants d’échange et en tant que français, on est intégré très vite.
J’ai des groupes d’amis au lycée. Je suis très proche des amis de ma sœur Morgan, notamment d’Alanna. Alanna, Morgan et moi, nous avons très vite formé un trio inséparable. Elles me répètent souvent que tout va être très différent sans moi, l’année prochaine. L’échange c’est ça : petit à petit, on s’intègre dans une famille et lorsque l’on part, c’est comme si on quittait et les siens et son chez soi.


LA PETITE PRINCESSE
Laura, Oklahoma City, Oklahoma
Une année scolaire aux États-Unis
Le 24 août 2018, j’ai eu la confirmation que je partais aux USA. Le 14 septembre je me suis envolée vers l’Oklahoma ! Le soir même, j’ai découvert ma famille d’accueil et ma nouvelle maison. Je n’ai pas tout de suite réalisé que j’allais rester ici un an : c’était une étrange sensation. J’avais l’impression que j’allais revenir en France la semaine suivante. Mais cette sensation s’est vite estompée. Je suis heureuse d’avoir cette famille d’accueil, elle est super. Je suis partie au Colorado pour « Fall break » ; à l’occasion de « Thanksgiving » j’ai pu tester la fameuse dinde ; à Noël, j’ai pu rencontrer mes frères et sœurs d’accueil (on a passé des bons moments et on a bien rigolé) ; pour le nouvel an on a couru dans la rue avec des valises (une tradition de ma famille d’accueil, pour souhaiter et espérer beaucoup de voyages). J’ai aussi découvert ma « High School » : les étudiants sont supers et ils n’hésitent pas à t’aider ; j’ai pu soutenir l’équipe de football du lycée, je suis aussi allée à la « Winter Assembly » (un rassemblement qui consiste à crier le plus fort possible ton « Grade » pour avoir le « Spirit Stick » ; on l’a gagné d’ailleurs). Je suis vraiment heureuse d’être ici et je ne regrette rien. Je pense à Saint-Exupéry qui dans le « Petit Prince » a dit : « Fais de ta vie un rêve et de tes rêves une réalité. »

LOVE YOU ALL
Marie-Amélie, Ione, Oregon
Une année scolaire aux États-Unis
Ces cinq premiers mois étaient juste les cinq plus beaux de ma vie. Et cela n’est pas fini. J’ai la chance d’avoir une merveilleuse famille d’accueil avec qui je m’entends très bien et que j’aime beaucoup. En France, j’ai trois grands frères, et aux États-Unis, je vis avec trois sœurs. Cela donne une vision très différente des choses. Au jour de l’an, quand minuit a sonné, on s’est tous pris dans les bras et on s’est dit « I love you ». C’était comme si je les connaissais depuis très très longtemps. Ce nouvel an est inoubliable. Mais tout ce que je vis est mémorable.

SARA (image + Légende)
Audrey, Edgewood, Iowa
Une année scolaire aux États-Unis
Sara est une étudiante d’échange Espagnole. On s’est « trouvées » très rapidement, parce qu’on avait le même « statut »… et parce qu’on était toutes les deux très timides. Nos points communs nous ont menées à l’amitié et à la complicité. Elle est toujours très gentille : c’est une fille qui sait écouter quand il faut et qui est très drôle. On est tout le temps ensemble et on se comprend plus facilement qu’avec les Américains. Sara, c’est ma plus grande rencontre ici.

MA SECONDE VIE
Solange, Waikanae
Une année scolaire en Nouvelle-Zélande
Janvier
— Après les deux mois de grandes vacances, les cours ont repris. Cette année va être un peu particulière, car finalement et contrairement à ce qui était prévu à la base, je ne vais rentrer en France en avril que pour deux semaines, avant de revenir, ici, en Nouvelle-Zélande. J’ai tellement aimé ce pays que j’ai décidé d’y rester pour y suivre mes études supérieures.
Ce qui m’a plu ici ? La façon dont vivent les gens —c’est un peu cliché dit comme ça, mais c’est pourtant la vérité. C’est vraiment différent de la France, que ce soit au niveau scolaire ou au niveau du quotidien : tout est plus décontracté.
Le système scolaire néo-zélandais est très différent du nôtre. Il y a un large choix au niveau des matières scolaires, une grande variété. Ensuite il y a les horaires : dans mon école on commence tous les jours à 8h50 et on finit à 15h15, sauf le jeudi 10h10 à 15h15. Les professeurs sont plus à l’écoute, on se sent plus proche d’eux. Je dirais que le système néo-zélandais me convient plus car l’étudiant est mis au centre du système. La compréhension et l’aspect pratique sont mieux mis en avant.
Je suis ici depuis déjà un peu plus de six mois et je n’ai pas vu le temps passer. On se crée ici une seconde vie, qui vient s’ajouter à la première (notre vie française)… et cette nouvelle vie, on a peur de la quitter par la suite. Pourtant être étudiant d’échange ce n’est pas rose tous les jours : il y a des hauts et des bas. Mais au final, on ne garde en tête que les meilleurs moments et on rigole ensuite des moins bons.

DE NOUVEAUX HORIZONS
Vincent, Lima, Ohio
Une année scolaire aux États-Unis
Je pense que cette aventure va me faire grandir et que cette décision de partir a changé ma vie. L’adaptation n’a pas été chose facile. Me détacher de la France a été dur. Ici tout est si différent : la nourriture, la mentalité, la culture. J’ai été impressionné par l’accueil qui m’a été réservé. Mes amis américains souhaitent me faire découvrir leur environnement et veulent de faire de moi un « Américain » ; ma famille d’accueil quant à elle me soutient tous les jours et me fait découvrir les environs de la ville, la culture, les traditions. J’essaie de vivre cette expérience à fond, car cela ne se présente qu’une seule fois dans sa vie. Je suis parti vers de nouveaux horizons. Et je sens que je suis en route pour la vie adulte.
Il faut partir, oser casser la routine. On rencontre des Américains et d’autres étudiants d’échange. On partage ses valeurs. Depuis que je suis là, j’ai pu vérifier la justesse de cette citation : « Seul, on avance, à plusieurs, on va plus loin. »

UN NÉCESSAIRE INVESTISSEMENT DE L’ENFANT
Parents de Rose-May, Ionia, Michigan
Une année scolaire aux États-Unis

Rose-May nous a fait part de son souhait de vivre une année à l’étranger à l’âge de 14 ans. Son projet avait été réfléchi et mûri. Elle a eu la chance de faire connaissance avec sa famille sept mois avant son départ. Nous avons donc eu le temps de nous y préparer, nous les parents, en échangeant et en l’accompagnant. Rose-May a été formidablement accueillie par sa famille américaine. Sa sœur d’accueil lui a présenté ses amis. Cela lui a permis d’être très vite intégrée à un groupe. Elle est totalement investie dans le choix de ses activités. Elle est curieuse de tout et profite de cette expérience. Nous vivons très bien la séparation, car nous la voyons très heureuse. Sa famille d’accueil est vraiment très chouette, mais nous restons persuadés que l’enthousiasme de Rose-May contribue pleinement à la réussite de son séjour.

Témoignages Trois Quatorze n° 59