Une année scolaire en Allemagne
Choisir l'Allemagne
Petite par la taille mais grande par le talent.
Cette formule convient parfaitement à notre voisine et maintenant
amie.
Si l'on s'en réfère à ses dimensions et à
sa population l'allemagne est, à l'échelle mondiale, une
nation modeste. Mais, grâce à sa langue, son économie
et sa culture, elle joue un rôle important dans le monde. Nous savons
peu de choses de ce pays qui est pourtant notre partenaire privilégié.
Nos connaissances se limitent bien souvent à des préjugés
défavorables. Force est de reconnaître que la plupart des
Francais ont encore tendance à réduire l'histoire de l'Allemagne
à la seule époque hitlérienne. Cette courte période
a profondément marqué la mémoire des étrangers
et des Allemands eux-mêmes. Au point qu'il est difficile aujourd'hui
de parler objectivement de ce pays - autrement dit avec sympathie - sans
commencer par se justifier. Difficile également de casser des clichés
aux connotations souvent péjoratives :
L'Allemand serait lourd, I'Allemand serait trop travailleur, l'Allemand
serait autoritaire... Difficile enfin de faire reculer une image tenace
: celle d'un pays monolithique. On voit l'Allemagne comme un bloc. On
lui refuse le droit à la complexité et aux différences.
Or l'allemagne est tout sauf cela. C'est un espace varié, sans
centre de gravité, aux identités régionales puissantes.
La différence de caractere entre les "Lander" n'a d'équivalent
que la variété des paysages. Les identités urbaines
(Munich, Berlin, Hambourg ou Dusseldorf) sont fortes. Le contraste entre
la "cordialité austère"du Nord et le "conformisme joyeux"
du Sud est dense. Le pouvoir central est sans cesse contrebalancé
par le pouvoir fédéral. La langue officielle est partout
bousculée par le dialecte et les accents.
L'Allemagne n'est ni une, ni indivisible. Elle n'est pas multiple parce
qu'elle est décentralisée, elle est décentralisée
parce qu'à l'origine son peuple est composite. Si " l'homo-germanicus
" existe, il est formé d'un nombre infini de richesses, de nuances
et de variétés.
Délicat dans ces conditions de décrire la vie à
l'allemande.
Les valeurs allemandes
Le travail
"L'Allemand n'aime que le travail". Ce type d'affirmation est absurde.
Depuis la fin de la guerre, si les Allemands ont beaucoup travaillé
et beaucoup produit, c'était par nécessité.
Mais on peut dire des Allemands que, dans l'ensemble, ils ont le sens
de l'organisation et de la discipline. En Allemagne on ne traverse pas
au vert sans se faire remarquer, on est à l'heure, on ne remet
pas au lendemain ce qu'on pourrait faire le jour même. Contrairement
à son voisin, l'Allemand ne cherche pas à transgresser la
loi et à déjouer le système. Il aime ce qui est clair
(le pays est propre, l'hygiene de vie - sport et santé - est une
notion de toute premiere importance). Dans le même ordre d'idée,
les Allemands aiment que les choses avancent. Ils savent être efficaces.
Mais attention... Dans ce pays, si toute opposition est constructive avant
d'être destructrice, rien ne s'oppose au développement d'un
goût typiquement européen : celui du clivage et de la discussion.
Ici aussi, on sait être critique et anti-conformiste.
La sociabilité
Quand on leur demande ce qu'est pour eux le bonheur, les Allemands répondent
à l'unanimité : 1) vivre libre, 2) ne pas vivre seul, 3)
avoir de bons rapports sociaux. L'Allemand, c'est une évidence,
apprécie et cultive la vie sociale.
Dans les villes, la vie grouille, les zones piétonnes se multiplient.
La structure des cités (espaces verts, circulation aisée)
et leur architecture (ouvertement moderne) facilitent les rencontres,
les jeux et la pratique du sport. Les banlieues ne sont pas quadrillées
par des barrieres et des clôtures. Partout la vie associative est
structurée avec sérieux et méthode. En Allemagne
on se regroupe vite pour défendre une cause (écologie, pacifisme
...); on revendique avec passion un véritable sentiment collectif.
Mais, là encore, méfions-nous de la caricature. L'Allemand
entretient aussi le culte de l'individu : un goût romantique pour
l'introspection et le sentiment romanesque.
Le sens de la fête
Les Allemands savent s'amuser. Ce qui leur vaut de notre part bien des
sarcasmes. Qu'à cela ne tienne. Ils voient dans les fêtes
l'occasion de satisfaire leur sens de la collectivité. Et toutes
les occasions sont bonnes. De la sortie quotidienne (discussions et rencontres
dans les "kneippe") à l'événement extraordinaire
(fasching - un carnaval qui dure plusieurs jours - ou fête de la
bière). L'Allemand a de l'humour. On lui reproche d'ëtre lourd,
disons qu'il est bon public. Il aime rire et se déguiser. De là
sa passion pour les spectacles (du match de foot à l'opéra
en passant par le concert rock et le ballet.
La culture
Les Allemands ont un rapport simple et détendu avec la culture.
Elle est à la fois importante (quantité-qualité)
et populaire. A ce niveau, un effort énorme est consenti. Il est
rendu possible par l'intérêt du plus grand nombre pour la
chose artistique. Les Allemands sont de grands consommateurs de culture
(presse, radio, télévision). Ils aiment lire, écrire
(20 % de la production mondiale de romans) et jouer de la musique. Ils
savent profiter de leurs vastes bibliothèques (qui ne sont pas
seulement des nids à poussière). La tradition allemande
est forte car ce pays, terre d'accueil des intellectuels pendant des générations,
a toujours été perméable à un brassage des
idées et des idéolo gies. Au passé florissant se
superpose un avenir prometteur. Il y avait Goethe, Kant, Nietzche ou Schopenhauer,
il y a Boll, Grass et Lenz. Il y avait Lang, Murnau et Pabst, il y a Herzog
et Wenders. Il y avait Bach, Beethoven et Wagner, il y a Stockausen. Il
y avait Durer, Ernst, Dix et Kokoshka, il y a Bellmer ... L'âme
allemande s'exprime avec génie dans tous les domaines de l'art.
L'allemagne est culturellement riche. Elle est enrichissante pour qui
y vit longtemps. Elle gagne a être connue.
Les familles d'accueil allemandes
Les familles d'accueil en Allemagne sont pour la plupart des familles
de classe moyenne, qui voient dans cette expérience une façon
de découvrir de nouveaux espaces et une nouvelle culture.
Le lycée allemand
Le Iycée ou "Gymnasium" s'étend sur une période
de neuf ans (de la 5ème à la 13ème). Au terme de
cette période les élèves passent "I'Abitur", diplôme
équivalent à notre baccalauréat.
Au Gymnasium, les matières sont plus variées qu'en France.
Aux côtés des classiques (allemand, maths, physique, biologie,
anglais...), on trouve de nombreuses options : astronomie, géologie,
théologie, informatique... Les heures de cours sont nombreuses
(environ 35 par semaine) mais elles sont concentrées dans la matinée.
L'école commence tôt. Une après-midi par semaine est
réservée au sport. Le reste du temps est consacré
à la vie sociale extra-scolaire (musique, réunions, rencontres
...). Le niveau général des études est élevé.
Quant aux relations professeurs-élèves, elles sont généralement
bien plus détendues qu'en France (le dialogue est ouvert, les enseignants
rencontrent facilement les élèves en dehors des cours).
Si ce pays a été très perméable à l'évolution
des moeurs et notamment à l'évolution des rapports entre
les parents et les enfants, il est resté très attaché
à la notion de foyer. Les Allemands consacrent beaucoup de temps
à la famille (sorties, sports, fêtes, réunions de
famille...). Le "Home, sweet home", leur convient très bien. Ils
sont , ne l'oublions pas, les inventeurs des calendriers de I'Avent ;
ces maisons cartonnées dont on ouvre chaque jour une fenêtre
pour découvrir une scène ou une friandise, ces symboles
animés d'une certaine douceur recherchée. La famille allemande
aime la chaleur. Elle apprécie l'échange et la communication.
Elle garantit à tous un accueil sincère et désiré.
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