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Prendre de la hauteur

On apprend au détour d’un post Instagram qu’il participe à une compétition internationale d’athlétisme. Quand on l’interroge pour en savoir plus, il nous révèle avec modestie des performances hors normes ! Et quand il dresse le bilan de son année américaine, il le fait avec la même simplicité et la même évidence.

D’aucuns diraient que Martin sait aborder les choses avec une certaine distance… d’autres qu’il sait prendre de la hauteur !

Martin participant PIE USA - Programme High School - Championnat du monde junior d'athlétisme 2022 En images : Martin (aux « Championnat du monde juniors d’athlétisme » – Concours de la hauteur : un saut à 2m10) – Le jour de son départ aux USA en 2019 – Le jour de son retour, en pleine crise du Covid – Lors de son séjour aux USA (4 dernières images)
Martin – Une année scolaire aux États-Unis avec PIE en 2019-2020, Vernonia, Oregon

3.14 — Commençons par ton actualité la plus récente. Tu reviens tout juste des championnats du monde junior d’athlétisme —excusez du peu !— où tu as concouru pour la France à la hauteur masculine. Une vraie belle surprise, pour nous à PIE, quand nous avons découvert cela.
Martin — Pour moi aussi, car au départ, il n’était pas du tout prévu que j’aille aux championnats du monde. Pour tout dire, je ne m’entraîne pas énormément (juste 2 fois par semaine). Je devais concourir aux France, mais comme j’ai beaucoup amélioré mes performances cette année, ça m’a bien motivé… et j’ai fait les minima !

3.14 — Autrement dit ?
Martin — En fait, en une année, je suis passé de 1 m 98 à 2 m 15 !

3.14 — Ah oui ! Là tu entres dans la cour des grands. D’autant qu’en saut en hauteur, c’est un peu la peau de chagrin en France ?
Martin — J’ai la meilleure perf française de l’année ! J’espérais la battre en Colombie, aux championnats du monde, et me rapprocher du vieux record de France junior (2.24), mais on a eu des conditions pourries, avec des pluies torrentielles… de la flotte, que de la flotte. On a sauté sous une grosse bâche. Ça encore, j’ai l’habitude, car je viens du Nord, mais le plus dur c’est que le concours a été arrêté pendant plus d’une heure ! Ça nous a tous cassés !

J’ai la meilleure perf française de l’année ! J’espérais la battre en Colombie, aux championnats du monde, et me rapprocher du vieux record de France junior (2.24), mais on a eu des conditions pourries, avec des pluies torrentielles…

3.14 — Quel est ton résultat au final ?
Martin — Quatrième, avec la même barre que le second (2.10). J’ai, comme on dit, fini au pied du podium, en titillant la barre à 2.14. C’est un peu énervant. Mais ça me motive sérieusement pour continuer.

3.14 — Avec de telles performance on aurait du mal à imaginer le contraire. Est-ce que tu t’es fixé des limites ? Quelle est ta marge de progression ?
Martin — Des limites pas vraiment. Si je m’entraîne plus, qui sait. J’ai fait très peu de compétitions en fait. Je ne suis pas vraiment très grand (1m86), mais ce n’est pas forcément un problème. Stefan Holm, champion olympique à Athènes, sautait 2.40 et mesurait 1.76 ! Après, pour participer aux compétitions internationales sénior, c’est une autre histoire : les minimas sont très élevés !

Aux USA, j’ai fait du Cross les trois premiers mois, puis du basket et au moment d’enchaîner sur l’athlé (Track and Field), le Covid a frappé… et trois semaines après le début de l’entraînement c’était le retour à la maison ! Très râlant.

Martin participant PIE USA - Programme High School - Départ 2019Martin participant PIE USA - Programme High School - Retour par temps de Covid - 20203.14 — Comment as-tu découvert cette spécialité ? est-ce que cela a un rapport avec ton séjour aux USA avec PIE ?
Martin — Non pas vraiment. J’ai découvert l’athlétisme à Marquette (banlieue de Lille), vers l’âge de 10 ans. J’ai tout de suite accroché, surtout au sprint et à la longueur. À 13 ans, j’ai été obligé de participer à un concours de hauteur… et comme j’ai gagné, j’ai continué.
Aux USA, j’ai fait du Cross les trois premiers mois, puis du basket et au moment d’enchaîner sur l’athlé (Track and Field), le Covid a frappé… et trois semaines après le début de l’entraînement c’était le retour à la maison ! Très râlant.

3.14 — Pourquoi es-tu parti en High School aux USA et pourquoi avec PIE ?
Martin — Pour l’anglais. Vraiment pour m’améliorer de ce côté-là. Je voulais travailler dans l’hôtellerie internationale et je savais que j’avais besoin de parler couramment. Une amie était partie avec vous ; elle nous a conseillés PIE. Alors on y a été les yeux fermés, sans chercher ailleurs.

Martin participant PIE USA - Programme High School - Uue année aux USA3.14 — S’il fallait résumer ton année en trois mots ?
Martin — Je n’en garde qu’un : L’ADAPTATION. Partir c’est juste s’adapter. Si tu fais ta petite princesse, c’est mort. Moi j’ai imaginé plein de trucs : une espèce de rêve américain rempli de clichés, type une grosse maison, des grosses voitures. Je me suis retrouvé chez un couple âgé (des grands-parents en fait), dans une petite maison, bien paumé(e). Je m’attendais pas du tout à ça. Le choc à l’arrivée a été assez brutal. Au final, ces gens ont été très dispo, on a fait beaucoup de choses ensemble et en compagnie de l’autre jeune qu’ils accueillaient (il était de Bosnie-Herzégovine). Le fait qu’ils aient une grosse expérience de l’accueil était un énorme avantage. Ils avaient déjà accueilli 43 fois !… dont beaucoup de doubles placements. Croyez-moi, ils savaient s’y prendre ! Par rapport à cette expérience, aujourd’hui, je suis sûr d’une chose : le mieux c’est de ne rien imaginer et d’être prêt à faire face à tout. De toute façon, c’est déjà une chance énorme de pouvoir partir. Moi c’est incroyable comme ça m’a fait grandir !

3.14 — Disons —si on peut se permettre ce jeu de mots facile— que tu es tombé de haut et qu’au final tu as pris de la hauteur…
Martin — Mais c’est exactement ça : franchement, si je m’étais écouté, je serais rentré au bout de deux semaines. Et maintenant je mesure le chemin parcouru, et si je pouvais refaire une année pareille, je repartirais aussitôt. Un projet comme ça ne se présente qu’une fois dans la vie. C’est du « Full Bonus ».

Le jour de mon arrivée à l’aéroport, les parents m’ont demandé si j’avais faim, et moi j’ai compris qu’ils me demandaient si j’étais en colère (« Hungry » et « Angry ») : donc j’ai dit : « Non ». Du coup j’ai vraiment eu la dalle toute la journée….

Martin participant PIE USA - Programme High School

3.14 — Une anecdote sur ton séjour ?
Martin — Le jour de mon arrivée à l’aéroport, les parents m’ont demandé si j’avais faim, et moi j’ai compris qu’ils me demandaient si j’étais en colère (« Hungry » et « Angry ») : donc j’ai dit : « Non ». Du coup j’ai vraiment eu la dalle toute la journée…. Bon, au final, j’étais quand même en colère !

3.14 — Tes performances sportives t’ont-elles aidé à être accepté ?
Martin — Non je ne crois pas du tout. D’autant qu’au moment de la sélection, je n’avais pas les résultats d’aujourd’hui. Ça a pu jouer au niveau de la persévérance, et patati et patata, mais je ne crois pas qu’il se soient appuyés là-dessus. Beaucoup plus je pense sur l’anglais et sur l’idée de mon année aux USA. Ça, ils ont adoré, car ils sont très attachés au concept d’adaptabilité.

3.14 — Ton parcours depuis ton retour ?
Martin — En 2019, je suis rentré un peu plus tôt que prévu, à cause du Covid. J’ai réintégré l’école française. Je viens tout juste de finir mes deux années de lycée, et l’an prochain, je vais aux Pays-Bas, faire une école d’hôtellerie. « Hotelschool The Hague » est une école très réputée (la cinquième mondiale).

3.14 — Ta relation à PIE ?
Martin — Un très bon souvenir. De A à Z. Même pour le retour, la réactivité de l’association en pleine période de Covid. On est toujours en contact et c’est très cool.

3.14 — Si tu n’étais pas parti avec PIE ?
Martin — Je n’aurais pas été pris dans mon école. Je n’aurais pas pu parler avec les compétiteurs du monde entier aux championnats en Colombie… et j’aurais grandi moins vite ! J’ai clairement mûri et évolué là-bas.

3.14 — Encore une histoire de hauteur ! Bon « vol » à toi, Martin. On suivra de près tes performances.
Martin — Merci à vous pour tout.

À PROPOS DU SPORT AUX USA, Martin nous écrivait en 2020 :
« Ici le sport prend une grande partie de notre temps. C’est, dans la vie du lycéen, pratiquement la chose la plus importante. Rien à voir avec la France. Le lendemain d’un match, par exemple, les profs discutent de ce qui s’est passé, de qui était présent, la majeure partie des étudiants assistent à chaque rencontre de volleyball, ou bien de football américain et même de cross-country. Tout le monde est content de venir encourager son équipe, même si elle est en train de perdre. Les rencontres sportives sont juste des moments conviviaux où tout le monde se retrouve. Le sport est aussi un moyen de faire connaissance avec beaucoup de personnes et de se faire des potes plus facilement. Tous les jours, je finis l’école à 15h et après nous avons entraînement. Moi, j’ai choisi le cross-country, parce que je fais de l’athlétisme en France… donc je savais que je n’étais pas si mauvais que ça ! Dès le premier entraînement tout le monde est venu me voir pour me demander qui j’étais, d’où je venais, et si j’avais déjà fait du cross auparavant. Même le coach était très ouvert à la discussion (et même si je ne parlais pas très bien anglais). Maintenant on est comme potes, on rigole ensemble, etc. La saison de cross country s’est achevée la semaine dernière. Dans une semaine commence la saison de basketball. Nous attendons tout cela avec impatience. »Martin participant PIE USA - Programme High School - Avec des amis

 

 

 

 

 

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