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Pourquoi je suis parti(e) une année scolaire aux USA

Qui mieux que les participants au programme d’une année scolaire à l’étranger pour répondre à cette simple question : Pourquoi, entre 15 et 18 ans, choisit-on d’étudier sur le long terme à l’étranger ? Et qui mieux qu’eux pour témoigner des bénéfices —parfois insoupçonnés— d’un tel séjour.

Séjours scolaire de longue durée - Stage d'orientation PIE - Pourquoi partir ?

En image — Stage PIE, Paris, avant le départ pour une année

JE VOULAIS FAIRE QUELQUE CHOSE QUI SORTE DE L’ORDINAIRE
Gaïa, Larimore, North Dakota
Scolarité USA — Une année en High School

Pourquoi j’ai choisi de partir un an ? Pour toutes les raisons que l’on connaît (la langue, le dépassement de soi, le fait de changer d’air…), mais je crois aussi et avant tout pour faire quelque chose qui sorte du commun. La voie toute tracée, en sortant du bac, me conduisait directement à la fac. Mais comme je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, cela a finalement été un soulagement de prendre un chemin de traverse. En partant un an, j’ai eu l’impression de sortie de ma vie — la vie habituelle — et d’en recréer une autre ailleurs, dans un autre pays, dans une autre langue, une nouvelle famille, une autre école, avec d’autres amis. Je savais qu’en agissant ainsi, j’entrais dans la vie adulte, et par la grande porte qui plus est. J’ai choisi de repousser mes capacités et je découvre aujourd’hui qu’elles sont bien au-delà de ce que j’imaginais et que je suis plus forte que je ne le pensais. ­

JE VOULAIS VOIR AILLEURS, JE VOULAIS VOIR COMMENT JE M’EN SORTIRAIS
Noor, Fairfield, Connecticut
Scolarité à l’étranger — Une année dans un lycée américain

S'évader un an à l'étranger entre 15 et 18 ans

Partir dix mois, loin de tout ce que l’on connaît, ce n’est pas rien. C’est une grande étape dans une vie : quitter son petit nid français et se lancer dans l’inconnu. Je suis quelqu’un de plutôt « familiale » et je voulaisvoir ce que ça ferait de quitter ma famille, mes amis et ma ville pour autant de temps. Voir comment je m’en sortirais. J’avais aussi en tête de vivre, dans un futur relativement proche, aux États-Unis ou dans un pays anglophone. J’ai donc conçu cette année comme un « test » : une année pour voir. Je savais que je voulais partir, mais j’étais un peu perdue. Et c’est mon père qui, un soir, m’a dit très simplement : « Ça te dirait de partir un an aux États-Unis comme étudiante d’échange ? Pour travailler ton anglais et tout ça ? » Eh bien, il n’a pas eu à me le dire deux fois. C’était exactement ce que je cherchais, sans arriver à pointer l’idée, à la verbaliser, à mettre « le doigt dessus ». Je ne sais pas s’il était entièrement sérieux quand il m’a posé la question, mais à partir de ce moment-là je me suis lancée ; je me suis chargée de tout et j’ai tout fait pour partir. Je me suis renseignée, j’ai lu tous les témoignages, appelé le bureau, lu tous les papiers, fait signer les documents, etc. Je suis donc partie juste après avoir passé le bac. Avant de partir je sentais que je ne savais pas réellement la moitié de ce que je pensais savoir sur le monde et sur ce pays, les États-Unis, et sur cette langue, l’anglais. Avant de partir on pense savoir, parce qu’on a entendu parler de l’endroit où l’on va, parce qu’on a regardé des films, des séries, etc. Mais on devine aussi que dans la réalité ça ne doit pas être exactement comme ça. Moi, j’ai eu envie de voir de mes yeux, de sentir et d’expérimenter la réalité de la vie dans un lycée américain, et dans une famille. Le bus jaune, les bals de promo, les équipes de sport : j’ai voulu voir et toucher tout ça ! Aujourd’hui, et depuis maintenant quatre mois et vingt jours, je ne suis donc plus « chez moi ». J’écris « chez moi » entre guillemets, car en effet cette notion est vaste et polysémique. Qu’est-ce qu’est vraiment un « chez soi » ? Un endroit d’où l’on vient ? Un endroit où l’on est ? Un endroit où sont les gens qu’on aime ou encore un endroit dans lequel on se sent bien ? Ou alors, tout cela en même temps ? Jusqu’à présent, je pensais que mon « chez moi » n’était qu’en un seul endroit : dans ma maison, en France. Mais depuis quelques mois, je découvre que ce « chez moi » est aussi ailleurs, ou plutôt ici, aux États-Unis, et plus précisément, dans la ville de Fairfield, au Connecticut. Et quand ailleurs devient chez soi, c’est que notre horizon s’est élargi.

POUR MAÎTRISER L’ANGLAIS
Charlotte, Dillwyn, Virginia
Une année scolaire dans un lycée américain

Au départ, je voulais comprendre l’anglais et le parler couramment. Parce que c’est la langue la plus utilisée dans le monde entier et parce que je savais que cela m’aiderait dans la vie. Mais je me suis rapidement rendu compte, au fur et à mesure que mon séjour avançait, que cette expérience allait bien au-delà de l’anglais et qu’elle m’apporterait bien plus que je ne pouvais l’imaginer. Côté anglais, mes progrès ont vite été « validés ». Quand je suis arrivée ici, dans cette petite ville de Virginie, je ne comprenais que 15% de ce que j’entendais : à cause de l’accent bien sûr et parce que tout était si différent. Aujourd’hui, je comprends environ 85%…ce qui fait une sacrée différence. Mon expression orale comme écrite est de plus en plus fluide et je pense que je peux être fière du chemin que j’ai parcouru, même si je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre. Mais l’anglais —qui était donc, au départ, ma priorité— je n’y pense même plus : c’est devenu naturel, une sorte d’habitude, quelque chose qui m’accompagne et qui fait partie de ma vie. L’anglais est devenu pour moi une évidence.

POUR M’ÉLOIGNER DU SYSTÈME FRANÇAIS
Calixte, Eau Claire, Wisconsin
Scolarité américaine — Séjour scolaire de longue durée  en High School

Calixte dans son School Bus — Eau Claire, Wisconsin, USA En image — Calixte dans sa High School 

À l’école, en France, je ne suis pas une lumière. Et cela depuis mon premier jour de classe… Alors, si je suis parti, c’est d’abord pour m’éloigner du système scolaire français et en découvrir un autre. On était tous ensemble avec ma famille un vendredi soir en train de prendre un apéro, on parlait de l’année suivante et le sujet de la conversation est venu sur moi : « Calixte, qu’est-ce que tu comptes faire l’année prochaine ? » LA grande question ! J’ai répondu : « Je ne sais pas déjà. Ça serait déjà bien que j’aie mon passage en seconde, après… » Et, là, ma mère m’a parlé de PIE. Elle avait entendu parler à la radio d’une association qui faisait partir des jeunes partout dans le monde. J’ai dit : « Mouais ». Mais elle ne rigolait pas. Alors j’ai regardé le site. Quelques jours plus tard y’avait un salon « Partir à l’étranger » organisé par l’Étudiant. J’y suis allé J’étais un peu perdu. Y’avait d’autres associations mais c’était trop cher ou pas bien « noté », ou alors ils ne voulaient pas de moi à cause de mon niveau scolaire. Tout au fond de la salle y’avait le stand PIE : on discute, on me donne 3.14 et la brochure. Puis j’ai été à une réunion qui m’a éclairé : c’était bien expliqué. Après c’est allé vite : dossier d’inscription, week-end d’intégration (au début je pensais que ça n’avait aucune utilité mais ça m’a beaucoup aidé) et en août j’étais aux US !

Indian River, Michigan, USA — Interclasse, "Pajamas Day"En image — Interclasse dans ma “High School” américaine — Pajamas day 

AU DÉPART, C’ÉTAIT POUR PARLER ANGLAIS COURAMMENT…
Lilou,  Dinwiddie, Virginia
Scolarité USA — Une année en High School

À l’origine, je ne voulais partir que trois mois… et en Angleterre, pour être « fluent » en anglais, pour la culture, l’avenir professionnel et tout ça… Ah ah ! Mais, finalement, mes parents se sont emballés et m’ont proposé un autre projet : il s’agissait de partir un an aux USA. Autant vous dire que je n’ai pas hésité une seconde à dire oui ! Et c’était parti. Et me voilà cinq mois après, à Dinwiddie, Virginia. Tout se passe très bien ! La famille d’accueil est super. Je me suis fait plein d’amis. Je fais beaucoup d’activités en dehors du lycée. Le seul point un peu dérangeant, c’est qu’en France, j’habite à Paris, et que là, je suis tombée dans une campagne ! Et quand je dis « campagne »… autour de moi, il n’y a RIEN… que des champs. Moi qui avais l’habitude de marcher beaucoup et de voir mes amis tous les soirs, de sortir, etc., me voilà à prendre la voiture trente minutes pour arriver à mon lycée et la reprendre quarante-cinq minutes pour rejoindre des amis. Mais bon, c’est différent (de toute façon, en ce moment l’école est fermée pour une semaine à cause de la neige). Et c’est sympa aussi, parce que, du coup, je passe plus de temps avec ma famille d’accueil.

Dans ma "High School" aux USA — Interclasse devant les Lockers — Changer d'École

En image — High School, interclasse — Prise de vue devant les “Lockers” 

POUR VIVRE MON RÊVE
Lili, Indian River, Michigan
Scolarité USA — Une année en High School

Mon témoignage vise tous les rêveurs et aventuriers qui souhaitent voyager et découvrir. L’expérience que vous allez vivre, loin de votre famille, amis, maison, va vraiment changer votre façon de voir les choses. Toutes les choses peuvent arriver, mais c’est la façon dont on réagit à celles-ci qui impacte notre voyage et notre vie. Je suis arrivée dans le Michigan, le 20 septembre, après six longs mois d’attente et un mois de stress intense. On m’a appelée le 28 août, à 12 h 03, et on m’a annoncé que j’allais officiellement partir pour le Michigan dans la région des Grand Lacs, à une heure du Canada : j’étais comblée. J’étais juste prête et, ce jour-là, le poids qui pesait sur mes épaules depuis un mois s’est finalement envolé. J’ai contacté ma famille, qui était impatiente de m’accueillir : le feeling passait très bien, tout allait pour le mieux. Tout avait l’air si parfait… et pourtant, j’ai changé de famille au bout de trois semaines ! Je voulais partir pour vivre mon rêve. mais ce n’était pas nécessairement pour vivre une vie de rêve.

Dans la vie, toutes les choses arrivent, je vous le disais. Je veux que vous gardiez en tête quelque chose d’essentiel : ce qui va vraiment faire la différence, c’est de toujours penser et vous rappeler que cette année est VOTRE année. Si vous ne vous sentez pas bien, je veux que vous puissiez le dire et que vous ne vous laissiez pas intimider par le fait que vous êtes seul(e). Il faut que vous puissiez vous exprimer, que vous puissiez parler : à votre représentant, votre famille d’accueil, un professeur que vous aimez bien au lycée… Peut-être que tout va s’arranger, que tout ira pour le mieux ; peut-être qu’au final vous allez rester dans cette famille et être très heureux, ou peut-être que, finalement, on décidera que cette famille et vous « ça ne marche pas », et alors tant pis. Cependant, et bien que ce soit VOTRE année, il y a quelque chose d’important dont vous devez vous souvenir : il faut faire des efforts. Oui, je sais, ça peut sembler assez ironique que je dise ça, alors que j’ai changé de famille. Exemple : ce n’est pas parce qu’il y a plus de tâches ménagères à faire qu’en France ou que vous ne pouvez pas utiliser votre portable autant qu’à la maison, qu’il faudra s’alarmer et vouloir changer de famille. Vous avez décidé de partir et de sortir de votre zone de confort…

Un autre conseil : ne soyez pas trop sur votre portable, ça va vraiment vous aider. Une famille d’accueil a décidé de VOUS recevoir pour une année : alors respectez absolument le fait qu’ils aient des règles. Ensuite, un autre point important : nous sommes tous humains. Et j’insiste vraiment, parce qu’aucune famille n’est parfaite, personne n’est parfait, vous-même n’êtes pas parfait et pouvoir accueillir, accepter, vivre avec quelqu’un, avec ses défauts, ses manies, c’est quelque chose de très unique. Quand on décide de partir, on rêve bien sûr de certaines choses. Pour prendre mon exemple, j’aurais adoré être dans une famille très artistique avec les mêmes idées politiques, mais je suis dans une famille de sportifs, qui ont des points de vue très différents des miens, mais je suis très heureuse dans cette famille et je ne changerais pour rien au monde.

Beaucoup de mes amis étudiants d’échange, qu’ils soient aux États-Unis ou autre part dans le monde, ont changé de famille. Il n’y a pas de quoi être embarrassé, honteux ou gêné, parce qu’on pense qu’on n’est pas assez bien et qu’on a raté son voyage. C’est presque le contraire, on a travaillé pour le rendre encore mieux. On ne peut pas être fier de changer de famille, mais il faut être fier d’avancer et grandir, fier d’expérimenter de nouvelles choses. Je suis à la moitié de mon échange. Et tout est passé tellement vite. Il n’y a pas eu un jour où je n’ai pas fait quelque chose pour la première fois : les premiers jours au lycée, les premiers matchs de basket, les premières sorties avec mes amis. Tous ces moments ont été vraiment heureux, parce que j’ai décidé de faire en sorte qu’il en soit ainsi.

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