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Ailleurs est aussi chez moi

Zoé, Mundulla, South Australia — S'évader un an à l'étranger entre 15 et 18 ans

En image — Zoé, Mundulla, South Australia 

AILLEURS EST AUSSI CHEZ MOI
Noor, Fairfield, Connecticut
Scolarité à l’étranger — Une année en High School aux USA

Partir dix mois, loin de tout ce que l’on connaît, ce n’est pas rien. C’est une grande étape dans une vie : quitter son petit nid français et se lancer dans l’inconnu. Je suis quelqu’un de plutôt « familiale » et je voulais voir ce que ça ferait de quitter ma famille, mes amis et ma ville pour autant de temps. Voir comment je m’en sortirais. J’avais aussi en tête de vivre, dans un futur relativement proche, aux États-Unis ou dans un pays anglophone. J’ai donc conçu cette année comme un « test » : une année pour voir. Je savais que je voulais partir, mais j’étais un peu perdue. Et c’est mon père qui, un soir, m’a dit très simplement : « Ça te dirait de partir un an aux États-Unis comme étudiante d’échange ? Pour travailler ton anglais et tout ça ? » Eh bien, il n’a pas eu à me le dire deux fois. C’était exactement ce que je cherchais, sans arriver à pointer l’idée, à la verbaliser, à mettre « le doigt dessus ». Je ne sais pas s’il était entièrement sérieux quand il m’a posé la question, mais à partir de ce moment-là je me suis lancée ; je me suis chargée de tout et j’ai tout fait pour partir. Je me suis renseignée, j’ai lu tous les témoignages, appelé le bureau, lu tous les papiers, fait signer les documents, etc. Je suis donc partie juste après avoir passé le bac. Avant de partir je sentais que je ne savais pas réellement la moitié de ce que je pensais savoir sur le monde et sur ce pays, les États-Unis, et sur cette langue, l’anglais. Avant de partir on pense savoir, parce qu’on a entendu parler de l’endroit où l’on va, parce qu’on a regardé des films, des séries, etc. Mais on devine aussi que dans la réalité ça ne doit pas être exactement comme ça. Moi, j’ai eu envie de voir de mes yeux, de sentir et d’expérimenter la réalité de la vie dans un lycée américain, et dans une famille. Le bus jaune, les bals de promo, les équipes de sport : j’ai voulu voir et toucher tout ça ! Aujourd’hui, et depuis maintenant quatre mois et vingt jours, je ne suis donc plus « chez moi ». J’écris « chez moi » entre guillemets, car en effet cette notion est vaste et polysémique. Qu’est-ce qu’est vraiment un « chez soi » ? Un endroit d’où l’on vient ? Un endroit où l’on est ? Un endroit où sont les gens qu’on aime ou encore un endroit dans lequel on se sent bien ? Ou alors, tout cela en même temps ? Jusqu’à présent, je pensais que mon « chez moi » n’était qu’en un seul endroit : dans ma maison, en France. Mais depuis quelques mois, je découvre que ce « chez moi » est aussi ailleurs, ou plutôt ici, aux États-Unis, et plus précisément, dans la ville de Fairfield, au Connecticut. Et quand ailleurs devient chez soi, c’est que notre horizon s’est élargi.