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Antoine, d’un départ à l’autre

2007 : départ d’Antoine pour les USA, dans le cadre du séjour PIE en High School (promo Crevette Dorée) ; 2012 départ pour Singapour : 2013, départ pour Berlin ; 2017 retour aux USA (NY, NY) pour travailler chez Christian Dior. La décision qu’Antoine a prise à 16 ans a orienté son parcours et sa vie actuelle.

Antoine d'hier et d'aujourd'hui - Parcours d'ancien PIE

En image : Antoine d’hier et d’aujourd’hui

Pourquoi je suis parti avec PIE
J’avais 17 ans. J’avais passé trois semaines au Canada. J’avais tellement aimé l’Amérique du Nord qu’au retour, je n’avais plus qu’une idée en tête : « Faut que j’y retourne. »  J’ai découvert sur internet qu’on pouvait passer un an au lycée. Je me suis dit : « C’est fantastique ça. » Je connaissais le concept Rotary mais l’idée de changer tous les trois mois de famille ne me plaisait pas. J’ai choisi PIE, mais j’avoue que je ne sais plus trop pourquoi. Dans ma tête j’étais prêt. Il n’y avait plus qu’à convaincre les parents. Je leur ai fait le pitch : « Je sais ce que je veux faire, j’ai trouvé l’association, vous n’avez plus qu’une chose à faire, c’est dire « oui ». » Et ils l’ont fait… et en août 2007 je suis parti. Je crois que ma motivation profonde touchait au besoin de m’échapper, de quitter mon coin de Bretagne, à mon envie de parler anglais tous les jours, d’être autonome, de prendre le bus jaune, de vivre toutes ces choses un peu « cliché », mais si réelles, et qui sont vite devenues ma réalité.

En partant tu deviens un être augmenté. Une fois là-bas, tu es très fier de voir les touristes comme des étrangers : eux restent à la porte de la maison, toi tu es à l’intérieur ; tu es chez toi, tu connais chacune des pièces, et les recoins aussi. C’est ça le vrai « Life changing ».

Mon année PIE en trois mots
L’enrichissement — La première force de ce concept c’est le fait de pénétrer à l’intérieur de la culture, d’être baigné dedans. Tu ne regardes pas de l’extérieur, tu vis le truc, tu es partie prenante. Du coup, c’est ton « toi » qui s’agrandit. Je me souviens par exemple avoir appris des comptines en anglais, et pour moi c’était tout un symbole. En réalité, tout ce que tu fais là-bas, s’ajoute à ce que tu es déjà. Tu additionnes et ça te modifie : tu deviens un être augmenté. Une fois là-bas, tu es très fier de voir les touristes comme des étrangers : eux restent à la porte de la maison, toi tu es à l’intérieur ; tu es chez toi, tu connais chacune des pièces, et les recoins aussi. C’est ça le vrai « Life changing ». Confiance — Grâce à ce séjour et sans que tu fasses rien de particulier, tu deviens un être à part, à qui on accorde beaucoup d’attention. On t’apprécie, juste parce que tu es toi… et ça, ça booste sérieusement ta confiance. Moi, j’étais au bout du monde, seul Français dans un petit village de Géorgie et tout le monde m’adorait. Et c’est vrai qu’avec le temps —un an, dix après— j’ai réalisé que ce saut dans l’inconnu était un énorme pari, et je me suis dit que, dans la mesure où j’avais pu faire ça, je pourrais faire plein d’autres trucs dingues. La confiance vient aussi de là. Et ça relève, tout compte fait, d’un processus assez sain, c’est tout sauf une histoire d’égo surdimensionné. Reconnaissance — À mes deux familles : celle qui m’a laissé partir (la mienne), et celle qui m’a accueilli (et qui est devenue la mienne aussi).

Une anecdote sur mon séjour.
J’ai participé à un concours de comédie musicale avec ma High School (on avait donné « Into the wood »). Ce concours avait lieu en plein cœur de la Géorgie et, croyez-moi, personne ne pouvait imaginer qu’il y aurait un acteur/élève étranger dans la pièce. Les remarques sur ma prestation, ça a été : « Parfaite interprétation de l’accent français ! »… Alors moi, j’ai fait comme si j’avais travaillé ça pendant des années ! C’était vraiment drôle.

Études / Parcours depuis le séjour
L’obsession a toujours été de repartir. Au retour, j’ai fait ma terminale. J’ai loupé le coche pour une inscription à McGill au Canada, alors j’ai fait deux ans de prépa en France, puis l’ESSEC à Paris. J’ai profité des stages pour m’échapper à nouveau : Singapour 6 mois, Berlin 3 mois (car je voulais vraiment parler allemand). De fil en aiguille, j’ai décroché mon premier job chez Christian Dior à Munich, où j’ai passé trois ans. De retour à Paris où je pensais m’installer pour un moment, on m’a proposé un poste à New-York. J’y suis actuellement, je travaille toujours chez Christian Dior. Mon boulot consiste principalement à accompagner les équipes digitales dans le développement de tous les projets créés par la centrale (organisation, logistique…). J’ai récemment œuvré sur l’ouverture du site marchand sur le Canada (ouverture des entrepôts, tests, embauche, formation…). Je bosse vraiment dans le secteur business, à la croisée de nombreux services, c’est un travail très transversal.

Relation à PIE
J’ai participé à des petits trucs à mon retour (stage ou autre) mais comme je bougeais beaucoup le lien s’est estompé. J’ai gardé quand même des contacts avec des « Crevettes dorées ». Je sais qu’il y a quelque chose qui unit tous ceux qui sont partis un an à cette période de leur vie, tous « ceux qui l’ont fait » !

Si je n’étais pas parti avec PIE…
En fait, rien ne serait pareil… en raison principalement de cette confiance dont je parlais plus haut. Exemple : quand je suis rentré de Munich, et qu’au bout d’à peine un an à Paris on m’a proposé New-York, je n’avais pas le courage de repartir (changer à nouveau de vie sociale, refaire ses bagages, s’arracher à nouveau…). Je sais que je me suis appuyé sur cette expérience passée et sur le fait que je « savais » partir, pour dire : « OK, j’y vais ! » Et aujourd’hui je suis hyper content de ma décision.
En fait, si je n’étais pas parti avec PIE, je ne parlerais pas anglais, je n’aurais pas fait d’école de commerce, je ne serais pas reparti ailleurs, je ne vivrais pas à New York et je crois que je ne comprendrais pas la ville comme je la comprends… Si je n’étais pas parti, je crois que je vivrais en France, que je ferais tout à fait autre chose, genre ingénieur dans la protection de l’environnement. Mes parents seraient sans doute contents car je serais plus proche d’eux… mais, en même temps, ils sont contents de venir à New-York de temps en temps, donc tout va pour le mieux !