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Madeline, une histoire d’identité

En 2006, Madeline est partie aux USA avec deux objectifs : devenir basketteuse professionnelle et s’affranchir de l’école française. À son retour, elle  s’est affranchie du basket et s’est « rapprochée » de l’école française ! Retour, quinze ans après, sur son parcours d’ancienne participante PIE.

Madeline d'hier et d'aujourd'hui - Parcours d'ancien PIE

En image : Madeline d’hier et d’aujourd’hui

Pourquoi je suis partie avec PIE
Deux raisons s’entremêlaient. J’étais une fan absolue de basket et de NBA. Je connaissais tous les joueurs —jusqu’à leur taille et leur poids— et je n’avais qu’une obsession : devenir joueuse professionnelle. Il n’y avait donc pas mieux que les USA… Et, par ailleurs, je ne me sentais pas bien à l’école : j’avais mal vécu le passage au collège, l’indifférence, la froideur et la rigidité du système, et ce sentiment qui m’habitait de ne pas être à la hauteur et surtout de ne pas être à ma place. Il me fallait fuir ce mal-être, m’éloigner. L’aventure de la High School s’est présentée à la croisée de ces deux chemins/motivations. Très tôt, mon père m’a parlé de la possibilité de partir et j’ai profité de l’opportunité qui se présentait comme une échappatoire.

Mon année PIE en trois mots
Le rire : je n’ai jamais autant ri de ma vie. Je me souviens de cette nuit où, avec notre équipe de basket, on a joué à ce jeu stupide qui consiste à sortir de la voiture au feu rouge et à faire tous le tour du véhicule avant le passage au vert. On s’est fait arrêter. Quand le policier nous a reconnues (nous venions de jouer contre l’équipe de basket de sa fille !)… il a été très conciliant. Révélation et transformation : cette année a vraiment été un tournant. La distance et l’éloignement m’ont permis de prendre conscience de la valeur des choses… et de mon environnement, de ma famille. Au niveau de l’école française par exemple : même si j’ai gardé un regard très critique sur sa conception des relations et du bien-être, j’ai découvert à distance ses qualités. Côté personnel, tout a un peu changé. Cette année a… comment dire… révélé à moi-même mon potentiel et a orienté tout mon parcours. C’est aux USA en effet que, paradoxalement, j’ai compris que le basket n’était pas l’alpha et l’oméga, et que ce sport a commencé à prendre moins de place dans ma vie. Et j’ai surtout commencé à balayer cette pensée —bien ancrée en moi—que j’avais quelque chose de moyen, voire même de médiocre.

Une anecdote sur mon séjour
J’ai écrit un article sur un événement survenu à l’école qui touchait à mon « identité invisible ». Il se trouve que je suis blanche, mais que j’ai des aïeux et beaucoup de membres de ma famille qui sont noirs ou métis. Le fait qu’un professeur passe sous silence une remarque inadmissible d’un élève m’a fait prendre conscience de l’enracinement profond et quasi inconscient du racisme. Il y a eu un avant et un après dans le sens où la notion de racisme a pris corps ce jour-là. Ça m’a donc ouvert les yeux et j’ai pas mal travaillé autour de ça, personnellement et plus tard en réalisant un travail d’enquête/interviews.

Études / Parcours depuis le séjour
Terminale, Hypokhâgne, fac d’anglais, retour aux USA à Seattle en tant que prof de français et de littérature, puis Master en Management International. J’ai ensuite travaillé neuf mois à PIE. Il y a un peu plus de 5 ans, je suis partie vivre au Canada avec Mick mon compagnon. Nous venons de mettre en place une agence internationale de marketing digital dont l’objet est d’apporter de l’aide aux petites structures en démystifiant le marketing digital

Relation à PIE
PIE est un modèle. Une solide organisation qui s’exécute toujours dans la bonne humeur. PIE a été ma première expérience professionnelle et reste à ce jour celle qui m’a le plus impressionnée : tant au niveau management qu’au niveau humain, et pour offrir qui plus est aux jeunes quelque chose de précieux ! Beaucoup d’entreprises aspirent à l’équilibre que vous avez réussi à construire.

Si je n’étais pas partie avec PIE…
Je pense que je vivrais quand même à l’étranger. Peut-être aux USA. Mais le fait d’être partie jeune —à un âge où j’étais malléable— et de m’inscrire surtout dans une nouvelle communauté, m’a marquée en profondeur. Je doutais terriblement de moi et je crois que, si je n’étais pas partie si jeune et si longtemps, j’aurais ensuite beaucoup moins osé.