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Au-delà des mots

Charlotte et sa mère d'accueil — Une année en Virginie avec PIEEn image — Charlotte et sa mère d’accueil, en Virginie

AU-DELÀ DES MOTS
Charlotte, Dillwyn, Virginia
Scolarité USA — Une année en High School

Au départ, je voulais comprendre l’anglais et le parler couramment. Parce que c’est la langue la plus utilisée dans le monde entier et parce que je savais que cela m’aiderait dans la vie. Mais je me suis rapidement rendu compte, au fur et à mesure que mon séjour avançait, que cette expérience allait bien au-delà de l’anglais et qu’elle m’apporterait bien plus que je ne pouvais l’imaginer. Côté anglais, mes progrès ont vite été « validés ». Quand je suis arrivée ici, dans cette petite ville de Virginie, je ne comprenais que 15% de ce que j’entendais : à cause de l’accent bien sûr et parce que tout était si différent. Aujourd’hui, je comprends environ 85% — ce qui fait une sacrée différence. Mon expression orale comme écrite est de plus en plus fluide et je pense que je peux être fière du chemin que j’ai parcouru, même si je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre. Mais l’anglais — qui était donc, au départ, ma priorité — je n’y pense même plus : c’est devenu naturel, une sorte d’habitude, quelque chose qui m’accompagne et qui fait partie de ma vie. L’anglais est devenu pour moi une évidence.

Ce qui m’a surpris, c’est tout ce j’ai appris et découvert en parallèle sur moi-même. S’intégrer, c’est comme réapprendre à parler, à écouter et à écrire. Je ne fais pas référence ici aux mots, au vocabulaire et à la syntaxe, mais à la culture, à la façon d’être et de se situer. Dans un autre pays, tous les repères changent et l’on se doit, si l’on veut s’adapter, accepter de changer. Il nous faut apprendre à accepter, tolérer, partager, aimer. Chaque jour était un challenge pour moi. J’ai dû faire face à des moments très durs — des moments où « rien ne va ». J’ai dû — et su — me relever et continuer. J’ai eu la chance incroyable d’être tombée dans cette maison… ma maison. Ici, pourtant, rien n’est parfait, et tout est complètement différent de là où je viens, mais c’est cela justement qui me fait autant progresser et grandir.

Je vis avec une mère d’accueil (seule) qui a soixante-treize ans et qui accueille aussi une autre étudiante, du Kazakhstan. Je pense que ma mère d’accueil me connaît mieux que mes propres parents. Elle est toujours là pour moi et me donne toujours de bons conseils. Je sais que je peux être complètement sincère avec elle. Elle fait tellement de choses pour nous : elle nous fait voyager et nous permet de rencontrer des personnes incroyables — comme cette dame qui a travaillé avec les premiers astronautes ou ces personnes qui travaillaient dans l’industrie du cinéma. Sa famille est tout aussi incroyable qu’elle. Je l’admire énormément. C’est grâce à elle notamment que je sais un peu mieux qui je suis et ce que je veux être. Quant à ma nouvelle « sœur », je ne pouvais pas demander mieux. Malgré le choc de ces trois cultures, nous avons créé de véritables liens et nous avons su nous ouvrir. Nous prévoyons déjà de nous revoir après la fin de cette année. Je ne regrette rien des erreurs que j’ai pu faire ici car, sans cela, je n’aurais jamais autant appris et grandi. S’il fallait recommencer cette expérience depuis le début, je referais je crois les mêmes erreurs, au même endroit, et avec les mêmes personnes.