Vous êtes ici: Home > Trois Quatorze >  Témoignages > Avec du recul

Avec du recul

Pierre, Chapmansboro, Tennessee - à l’occasion de son premier match de « Major League » de Baseball à Saint-louis, Missouri. « Un super week-end ! »Pierre, Chapmansboro, Tennessee
Une année scolaire aux États-Unis

En image : Pierre, à l’occasion de son premier match de « Major League » de Baseball à Saint-louis, Missouri. « Un super week-end ! »

Témoignage — À première vue, certains diraient que «je n’ai pas eu de chance», car la campagne profonde du Tennessee on dit que «ce n’est pas le rêve!» Et c’est vrai que le début n’est pas facile. Et notamment quand les Américains que tu croises te demandent: «Mais pourquoi as-tu choisi de venir dans la partie la plus paumée des États-Unis?»
Soudain, on se sent seul, et d’autant plus seul que c’est difficile de s’intégrer en deux semaines de cours. On est en droit alors de se poser la fameuse question: «Pourquoi je suis là?»
Et puis le temps passe… Vingt jours maintenant que je suis arrivé et je réalise le chemin parcouru. Je réalise que c’est paradoxalement sur ma vie d’avant que je comprends le plus de choses. Ces vingt jours m’ont permis de prendre un recul monstre, de faire un zoom arrière, de me poser, de réfléchir.
J’ai compris ce qui permettrait de mûrir durant ce périple.
Que « notre histoire » soit la plus belle du monde ou la plus nulle (que l’on puisse imaginer), nous ne faisons qu’acquérir de l’expérience.
Pourquoi dit-on que les personnes plus âgées sont sages? C’est que l’expérience qu’ils ont acquise durant toute leur vie, leur permet d’appréhender n’importe quelle situation, de façon plus intelligente, en ayant conscience de tous les paramètres. Forts de leurs précédents, ils ont une vision claire et nette de ce qui les entoure.
Aujourd’hui, je n’arrive pas à bien sonder mon cerveau: je suis très heureux, et l’heure suivante, je suis comme vide, perdu, immensément seul. Tout va très vite, c’est imprévisible.
En me lançant dans cette aventure, je me suis exposé, mis à découvert. Je dois faire face à une multitude d’émotions. En fait, je vis plus vite, plus fort. Il faut se nourrir de tout ce qui passe, et revenir plus fort, avec un regard plus fin, plus ouvert, en ayant fait le tri entre l’essentiel et le superflu, en aimant plus et en détestant moins.
Aujourd’hui n’était pas une bonne journée, mais je sais que je suis prêt à affronter ce séjour avec le plus grand des sourires… car demain !
Un grand merci à PIE, à mes parents qui m’ont soutenu dès les premiers instants, à toute ma famille… et à ma nouvelle famille sans qui rien n’aurait été possible.