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Le choix de l’immersion

Le choix de l'immersion — Partie de pêche dans l'ontarioTao, Ayr, Ontario
Échange Trimestre au Canada

En image : « Partie de pêche dans l’Ontario »

J’ai principalement choisi de venir ici pour améliorer mon anglais, alors, sitôt sur place, j’ai décidé de me couper du français pour m’immerger le plus possible dans ma nouvelle langue. La première chose que j’ai faite, en arrivant, c’est de basculer mon téléphone, mon ordinateur et ma Nintendo DS sur l’anglais. Ensuite, j’ai envoyé un mail à mes parents pour leur dire que j’étais vivant, que ma famille m’avait bien réceptionné et pour leur annoncer d’entrée de jeu mon envie d’immersion totale dans la langue : alors je leur ai demandé de m’écrire en anglais et je leur ai annoncé que nous communiquerions dans cette langue. Ensuite je suis allé sur « Facebook » et j’ai posté un message annonçant que je ne me connecterais plus sur ce réseau afin me déconnecter totalement de ma vie en France. Cela réglé, j’ai banni mes bouquins en français et j’ai pioché dans ceux de ma famille d’accueil. J’ai ensuite décidé de ne plus écouter que de la musique en anglais.

Quelques semaines ont passé. Contrairement à ce que j’avais annoncé, je me suis mis à poster quelques photos sur mon « Facebook », même si j’ai veillé à faire mes commentaires en anglais (et depuis un mois je n’ai pas dérogé à cette règle!). Côté famille, ma mère a bien essayé au départ de m’écrire en anglais, mais comme son anglais est relativement limité, elle s’est finalement remise à m’écrire en français. Je considère maintenant que mon immersion est suffisante pour me donner la liberté d’avoir quelques interactions en français avec ceux de mes proches qui le souhaitent.

La question de l’anglais mise à part, il m’est arrivé quelque chose d’extraordinaire. J’étais à la caisse d’un magasin à Ottawa, pour acheter un livre, et j’ai réalisé au dernier moment qu’il me manquait 2$. Une femme qui passait à la caisse, juste à côté de moi, m’a alors tendu une pièce de 5$. Je me suis confondu en remerciements, Elle m’a sobrement répondu : « No, it’s nothing. Don’t worry. » Je n’en revenais pas! Jamais je n’aurais imaginé vivre ça un jour. Je me suis questionné: « Est-ce représentatif de l’esprit canadien? » Mon père d’accueil m’a assuré que « Oui ».

J’étais à la fois assez anxieux et stressé à l’idée d’intégrer l’école… et excité aussi. Je rêvais de voir ce fameux système scolaire en action: celui qui vous permet de choisir vos matières, celui dont j’avais tant entendu vanter les mérites. Sur la question de la sympathie des professeurs, je n’ai pas été déçu. Les professeurs ont une relation de proximité impressionnante avec les élèves, je n’avais jamais connu ça. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cela n’empêche pas les professeurs de faire leur cours, car la classe est très à l’écoute et reste très respectueuse. Les classes sont peu chargées, ce qui calme beaucoup les choses. Ce matin, comme tous les vendredis matin, les membres du secrétariat vont accueillir les élèves dans le hall en chantant et dansant… Très surprenant la première fois. Jamais je n’ai vu ça en France! Les élèves sont également très accueillants. Ils me posent des questions, me demandent mon prénom, m’aident volontiers quand je ne comprends pas ce que dit un professeur, etc. L’école est vivante, ils ont un tas de clubs! Leur existence est possible car les cours terminent tôt: à 14h30 chaque jour! J’ai dit à mon correspondant : « Vous avez vraiment tout compris ici. » La première semaine achevée, j’avais hâte d’entamer la suivante. Je crois que je vais déprimer en revenant au lycée, en France!