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Notre cher idaho

Je venais de quitter l’Idaho, où j’avais passé un mois. Nous étions 5 français, avec des Tchèques, Japonais, Coréens, Chinois… Tout s’était très bien passé. Ma famille d’accueil était adorable. Je me souviens que pendant ce stage, nous les petits français râleurs, on ne demandait qu’une chose, c’était de nous lancer dans notre vraie vie américaine.
Personne ne se voyait rester dans l’Idaho. Quand, à la fin du mois, nous sommes partis, nous avons eu l’impression que c’était le vrai départ, le vrai commencement. J’étais prête à tout oublier de l’Idaho, pour redécouvrir les USA, comme si c’était la toute première fois. J’ai été accueillie chez une grand-mère très gentille, Jeannette, et chez son fils de 55 ans — qui m’a gentiment ignorée, dès le premier jour. Le choc a vraiment été dur. De petites choses se sont accumulées qui ont fait que j’ai demandé à changer de famille. Jeannette m’a dit qu’elle comprenait ma décision et elle a toujours été adorable avec moi. Ma déléguée a compris aussi. J’ai attendu un mois avant que l’on me trouve une nouvelle famille, puis le changement s’est fait…
Mais ça n’a pas été le soulagement espéré ! J’étais encore un peu bousculée par tous ces changements, et je n’ai pas trouvé en cette nouvelle famille le moindre réconfort ni le moindre signe d’affection. J’ai eu dès le début quelques problèmes avec la mère.
Ma correspondante m’a demandé de faire des efforts, avec eux. J’en ai fait et j’en fais encore. Mais c’est dur, car mes sourires n’ont pas de retour : ces gens sont très froids avec moi.
Parfois je déprime un peu, car au lycée il y a une étudiante d’échange du Japon, Nanami, qui vit dans une famille souriante et gentille, dans une maison propre. Sa famille, d’après moi, est une « host family » idéale.
Alors j’essaie d’être positive : je ne veux pas passer pour quelqu’un qui ne se satisfait de rien, surtout après ce changement de famille. Mais c’est dur. Vraiment très dur.
Alors moi, je repense à l’Idaho à cette famille si gentille, à ma petite vie chez cette grand-mère, Jeannette. Heureusement, il y a ma famille française, et bien sûr mes amis. C’est dur, mais je suis en Amérique. Et puis de toute façon je suis trop fière, pour rentrer en France. Alors vive le rêve américain, et puis zut !
P.S. : pour info, nous, petits d’Idaho, à un moment ou à un autre, nous avons tous regretté notre état d’origine !

Lisa, Centralia, Washington, Une année aux USA