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Reprendre ses études

REPRENDRE SES ÉTUDES… AUX USA 
Boris, Cedar City, Utah, USA
Études universitaires aux États-Unis
Événement sportif sur le campus de SUU - Utah, USA _ Programme PIE CAMPUS
En image : événement sportif sur le campus de Cedar City

3.14 — Un mot sur ton parcours avant de choisir de partir dans une université américaine ?
Boris Gony — Je suis parti avec PIE en 2011 en Afrique du Sud (promo Toucan Turquoise), retour au lycée en 2012 jusqu’au bac. J’ai choisi de travailler (stages —notamment à PIE et Calvin-Thomas— et petits boulots), puis de revenir aux études pour un BTS de “Commerce international”. Une fois diplômé, j’ai travaillé un an en tant qu’assistant commercial dans une entreprise qui manufacture et vend du matériel de pisciculture.

3.14 — Comment expliquer cette décision de reprendre les études… Et  aux États-Unis qui plus est ?
B.G. — J’avais un CDD de 10 mois, mais le boulot ne me plaisait pas et je ne voyais pas d’ouverture et pas vraiment de futur. J’ai senti les limites, liées à la fois à ma situation, à la nécessité d’augmenter mon bagage et au fait que je n’avais aucune envie de reprendre les études en France. J’ajouterai à cela que j’avais depuis longtemps le désir de connaître et de vivre pour un temps aux USA. Pour avoir travaillé à PIE, Je connaissais le programme CAMPUS, donc j’ai franchi le pas…

3.14 — Quels ont été les obstacles à ta prise de décision ?
B.G. — Au départ, j’avais beaucoup d’interrogations. Le coût d’abord, ce n’était pas rédhibitoire, car je pouvais faire un prêt “Études”. Et j’ai vite compris que n’importe quelle école de commerce en France me coûterait aussi cher. Je me suis demandé aussi s’il n’était pas judicieux de continuer à bosser et de reprendre les études beaucoup plus tard. Mais j’avais 21/22ans. Il était donc encore temps de changer de cap. Mais je prenais un risque.

3.14 — Depuis que tu as pris ce virage, as-tu regretté ta décision ?
B.G. — Le début a été un peu compliqué, en raison des difficultés rencontrées pour obtenir mes équivalences. Comme tous mes “Credits” de BTS n’ont pas été transférés, je me vois dans l’obligation de faire un ou deux semestres de plus que prévu. Mais la bonne nouvelle en revanche, c’est qu’au final je vais finir avec 152 “Credits” et obtenir un double “Bachelor” en “Managment” et “Marketing” (autrement dit l’équivalent d’un double “Master1” européen). 

3.14 — En termes de pédagogie as-tu trouvé là-bas, ce que tu cherchais ?
B.G. — Cela me correspond mieux. Il y a plus d’interactions avec les enseignants —il n’y a pas cette distance qui reste de règle en France. Il y a surtout cette idée et cet objectif clairement définis par l’université que l’étudiant réussisse. Elle fait tout pour cela.

3.14 — Dans quel sens ?
B.G. — L’université américaine est soucieuse du parcours de l’étudiant. Elle ne veut pas qu’il décroche; elle souhaite qu’il aille au terme de son cursus. Au coeur de l’université il y a, par exemple, une salle réservée à la rencontre entre des étudiants qui ont déjà travaillé un cours ou une matière et les novices. Ces derniers peuvent poser des questions et se voir expliquer ou expliquer à nouveau des choses qu’ils n’ont pas comprises ou assimilées. Et du côté enseignant, il faut savoir que les professeurs sont disponibles en dehors des cours et sont susceptibles de vous recevoir dans leur bureau pendant leurs heures de présence sur le campus. L’aide est réelle et précieuse. En un mot, il est beaucoup plus simple de réussir aux États-Unis qu’en France… Et en cas de décrochage, l’université veille au grain.

3.14 — Quid du contenu ?
B.G. — J’ai eu pas mal de cours généraux à rattraper, dont certains ne me passionnaient pas forcément, mais plus j’avance moins j’en ai, et plus cela s’affine, se resserre sur mes matières… et se complexifie (travail, exigences, connaissances). Et pour ce qui est des matières que j’avais déjà étudiées, le plus intéressant était de changer d’approche et de point de vue. Au final, en ce qui concerne le contenu, tout dépend aussi du professeur!

3.14 — Un mot sur la vie sur place ?
B.G. — Un étudiant américain doit être partie intégrante de son école: c’est LE leitmotiv de tout campus américain. C’est donc vrai ici comme ailleurs. On veut qu’il s’intègre à la vie, à la ville universitaire (car le campus est une petite ville). Dans cette optique, le sport est particulièrement mis en valeur… À SUU, les activités d’extérieur sont particulièrement valorisées, en raison de la situation géographique (les Rocheuses et la proximité des parcs nationaux). 

3.14 — Comment imagines-tu la suite?
B.G. — Au tout début, je ne savais pas trop si je partais pour un an ou pour finir mon cycle d’études. Maintenant cette question est réglée. Il me reste deux ou trois semestres à faire. Je commence à réfléchir à la question de l’OPT (NDLR : visa et stage en entreprise envisageable, aux USA, après l’obtention du Bachelor’s Degree”), j’essaie donc de créer un réseau (ce qui est plus facile aux USA qu’en France car les universités nous aident).
Après… tout dépendra des circonstances, car j’ai une petite amie ici, qui est étudiante, mais qui n’est pas Américaine: il est donc difficile de savoir si on arrivera à faire notre trou ici. Tout est ouvert. C’est forcément un peu préoccupant, mais on essaie de relativiser. Je réalise que ce choix de partir aux États-Unis est un vrai tournant dans ma vie.
Au début j’ai eu… comment dire… jamais de regrets, mais quelques doutes… mais maintenant je prends le virage et je suis curieux de voir sur quoi il débouche.