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Avant ou après le Bac

Reportage Trois-QuatorzeLA MEILLEURE PÉRIODE POUR PARTIR UNE ANNÉE À L’ÉTRANGER

Partir à l’étranger sur la longue durée… Oui, mais quand ? Avant ou après le bac ? au lycée ou à l’université ?

PAR PAULINE ARNOULD — Correspondante Trois Quatorze en Angleterre

Charlotte est partie un an avec PIE et a effectué un second séjour à l’étranger à l’université. Elle est aujourd’hui professeur d’anglais à l’université de Lyon. Elle est particulièrement bien placée pour nous fournir des éléments de réponse. Pour elle, «une année à l’étranger est toujours enrichissante, tant sur le plan personnel que professionnel.» Selon elle «le plus tôt est le mieux!» «C’est au moment de l’adolescence que l’oreille est encore très réceptive et que l’on a la capacité d’intégrer de nouveaux sons, de nouvelles intonations, de mémoriser du vocabulaire. L’ancrage dans la vie quotidienne (famille d’accueil, lycée, activités…) est une garantie d’authenticité ; il permet au jeune d’acquérir une réelle maîtrise d’une seconde langue, cette dernière devenant presque « maternelle »». Léna, autre participante PIE, souligne la différence entre le langage utilisé par les professeurs et celui utilisé par les adolescents : «À mon arrivée aux USA, je comprenais à peu près les professeurs, mais je ne comprenais quasiment rien à ce que me disaient les autres élèves!» Léna a réalisé alors «qu’un gouffre séparait le langage parlé du langage utilisé dans un cadre institutionnel.» L’argot, certaines expressions ou tournures de phrases ne sont utilisés que dans la vie quotidienne : quel meilleur moyen pour les apprendre que l’immersion au quotidien, que le bain linguistique au milieu de gens de tous âges et de tous milieux ?­­ L’expérience universitaire est différente. D’après Charlotte, «elle est avant tout centrée sur un enseignement des disciplines et répond aux exigences propres à l’enseignement supérieur.» «La langue devient en général un outil pour les études, mais passe presque au second plan, dans la mesure où c’est le contenu propre à chaque matière qui prime.» Charlotte nous confirme également que «les étudiants qui partent en échange universitaire ne connaissent pas la même immersion linguistique que les lycéens —géographiquement souvent plus isolés et moins entourés d’autres étudiants français ou internationaux— car ils évoluent dans un monde linguistique beaucoup plus formaté et « monochrome ».» Si les bénéfices d’un séjour à l’étranger sont évidents que ce soit au lycée ou à l’université, ils ne sont pas les mêmes. Un lycéen reviendra avec une seconde langue presque maternelle, souvent une «seconde famille», un groupe d’amis et une expérience authentique de la culture de son pays d’accueil. Un étudiant reviendra avec une expérience et des amis internationaux, des connaissances plus approfondies et de nouvelles perspectives professionnelles. Il paraît important de souligner cette différence. En effet, au lieu de penser aux avantages d’un départ à l’adolescence, beaucoup ne raisonnent qu’en fonction de supposés inconvénients: passer le bac avec une année de «retard», sortir d’un chemin tout tracé, considérer la jeunesse et l’inexpérience comme des obstacles… L’expérience d’une année scolaire n’est pas meilleure ou moins bonne qu’un séjour dans une université étrangère, elle est simplement différente et complémentaire, et, à ce titre, irremplaçable. Elle apporte une ouverture d’esprit, des bases solides et des acquis précieux, quand l’expérience universitaire correspond, de son côté, à des choix plus stratégiques et souvent à une spécialisation.

Article paru dans le Trois Quatorze n° 55