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PIE – Petite histoire d’une association

L’histoire de l’association PIE est relatée ici en détail, depuis sa création en 1981 jusqu’à aujourd’hui : retour sur les périodes de développement, de tempêtes et de beau temps, gros plan sur une vie associative —si professionnelle par bien des aspects et si familiale par d’autres—, bilan d’un projet éducatif, mené collectivement, dans le but de valoriser le parcours individuel des adolescents.

En images :  1°/ Déclaration en préfecture, février 1981 — 2°/ 1974 : sept ans avant la création de PIE, Laurent Bachelot (étudiant d’échange YFU) est en route pour les USA — 3°/ Premier groupe « Départ USA », août 1981 — 4°/ Organisation/planning de l’année 1981-1982 — 5°/ Première brochure, mars 1981 — 6°/ « Profession de foi » PIE, rédigée par le collège des fondateurs, février 1981 — 7°/ Brochure PIE, 1987 — 8°/ Olivier Gallo, président de PIE de 1988 à 2002 — 9°/ Réunion des délégués régionaux au milieu des années 90 — 10°/ Olivier Weill, président de PIE de 2002 à 2011

Toutes les époques sont des époques de transition. Nous savons une seule chose de l’avenir, ou plutôt des avenirs, c’est qu’ils ne ressembleront pas au présent — J.L. BORGES

 

PIE, depuis 1981CRÉATION, VOCATION ET ACTION

Le 10 février 1981, le Journal officiel fait état de la naissance de Programmes Internationaux d’Échanges (alias PIE), association à but non lucratif (loi de 1901) dont l’objet, tel que défini dans les statuts, est le suivant : « Promouvoir la compréhension internationale en organisant et en patronnant des programmes d’échanges scolaires internationaux ; établir, dans ce but, des contacts avec les organismes existants ; recruter et sélectionner de jeunes Français désireux de vivre une expérience familiale et scolaire à l’étranger ; recruter et sélectionner des familles françaises susceptibles d’accueillir des jeunes de nationalité étrangère au sein de leur foyer ; et, d’une manière plus générale, créer et promouvoir toute activité tendant à compléter l’enseignement scolaire par une formation intellectuelle, morale, physique, culturelle et artistique, dans un cadre familial international, en dehors de toute considération raciale, politique, sociale ou confessionnelle. »

Trente ans après sa création, on réalise que l’objet de l’association était, dès l’origine, précisément défini, et que les objectifs ont été poursuivis avec une constance certaine par les différents responsables et adhérents. L’action, durant cette période, a en effet principalement consisté à mettre en place des séjours communément appelés séjours académiques ou séjours de longue durée, qui se distinguent des séjours linguistiques classiques ou des séjours touristiques par leur durée bien entendu, mais surtout par leur contenu : ils conjuguent, en effet, « exil », vie familiale et vie scolaire. Le séjour académique permet à l’adolescent qui y participe d’acquérir la connaissance pratique d’une langue mais aussi des mœurs et usages d’une autre société grâce notamment à son intégration en famille et à l’école. Il consiste pour un jeune Français à mettre entre parenthèses pendant toute la durée de son expérience « la vie à la française » (ou, pour un jeune étranger, la vie à l’américaine, à l’allemande, à la thaïlandaise…) et à changer provisoirement de schéma familial, scolaire et culturel. Les implications du séjour académique sont nombreuses et majeures ; c’est ce que l’association et ses membres n’ont cessé de découvrir et de redécouvrir au fil des ans. Parce que les repères des adolescents se déplacent, ces derniers découvrent qu’on peut vivre et penser autrement. Ils entrevoient d’autres perspectives, acquièrent une vision plus réaliste des choses, une vision qui permet de mieux se situer dans le monde. Ce séjour constitue au final une véritable formation : formation complète puisque touchant autant au savoir qu’à l’observation, la compréhension, l’adaptation, (à l’école et à la famille) ; formation plus que continue puisque dispensée pendant près de trois cents jours ; formation très bénéfique puisqu’elle a des conséquences sur le court, le moyen et le long terme. Outre qu’elle procure aux participants un atout essentiel dans leur future vie universitaire et professionnelle, cette expérience les aide d’une façon ou d’une autre à entrer dans la vie adulte et ce, quelles que soient les difficultés qu’ils rencontrent, ou plutôt grâce aux difficultés qu’ils rencontrent et qu’ils sont amenés à surmonter.

L’organisme a donc un dessein éducatif : son projet de toute évidence ambitieux et son action auprès des adolescents est positive : voilà qui donne de la noblesse à l’association, voilà qui soutient et motive tous ceux qui, de près ou de loin, participent à son développement.

Départ vers les USA - de YFU à PIEL’ESPRIT D’UNE ASSOCIATION

En jetant un coup d’œil sur le parcours de PIE, on s’aperçoit que malgré les courants contraires (tracasseries administratives, difficultés pour obtenir les visas pour les jeunes Français et pour les jeunes étrangers, difficultés pour inscrire les participants dans les écoles…), malgré les grains (années difficiles, remise en cause d’échanges avec certains pays —l’Australie, hier, le Canada aujourd’hui.—, fluctuations du dollar, crises économiques…), malgré les avis de tempête (menaces des autorités américaines d’interdire les échanges pour les élèves bacheliers, tassement du « marché » américain de l’accueil, années Trump…), et malgré les tempêtes (le 11 septembre, le cataclysme de Fukushima, la crise sanitaire du Covid-19 ), l’association a réussi à maintenir le cap. PIE a su, en effet, d’un côté rester fidèle à sa ligne de conduite et à son esprit, et, de l’autre, a su faire preuve de la souplesse nécessaire pour s’adapter à un environnement et un contexte en perpétuel mouvement.

PIE, depuis 1981

Cet esprit PIE, comment le définir ou l’appréhender ? Il tient à quelques notions autour desquelles les membres de l’association et les participants aux programmes se sont toujours accordés, des axes de travail qui n’ont jamais été abandonnés :
La foi dans l’action engagée — Tous les membres de l’association et tous les salariés sont persuadés du bien-fondé des séjours éducatifs qu’elle propose et met en place. Cette conviction est un moteur essentiel. Elle permet, en toute circonstance, de garder énergie et moral, de donner si nécessaire un nouvel élan, de rebondir et de repartir.
Le bénévolat des familles d’accueil (à l’étranger comme en France) — C’est un principe fondamental, auquel l’association n’a dérogé qu’à de très rares exceptions (et toujours pour des raisons politiques ou administratives – ex. : Chine ou Russie). Cette règle est, selon PIE, la meilleure garantie d’un accueil sincère, le certificat le plus sûr quant à l’esprit dans lequel est pratiqué l’échange culturel. Le fait de respecter ce principe a également permis de proposer des séjours à des prix raisonnables, et donc de les ouvrir à une « population » relativement large et disparate.
La création d’un réseau de partenaires étrangers fiables PIE a dû tisser patiemment un réseau à l’échelle des cinq continents en veillant à ce que tous ses partenaires s’accordent sur les objectifs, sur la façon de concevoir les échanges et sur les règles de fonctionnement (sélection des participants, des familles, suivi, etc.).
La disponibilitéPIE a bâti en partie sa réputation sur sa capacité à passer du temps avec chaque participant et avec chaque famille. Le réseau est dense ; les relais de l’association sur le terrain (responsables de régions, correspondants et délégués) sont toujours prêts à répondre aux questions ; les bureaux sont ouverts de 9 à 19 h le plus souvent et toujours sans interruption ; l’association est joignable 24 h/24 ; la fréquence de communication est importante (courrier, téléphone, e-mail, fax, journal). La quantité d’information ne nuit pas à sa qualité : rares sont en effet ceux qui se plaignent d’être mal reçus ou mal guidés, rares sont les critiques majeures émises sur la façon d’informer.
L’expérience — Elle s’est, par définition, acquise et développée avec le temps ; mais, pour autant, elle n’était pas nulle au départ. PIE en effet s’est appuyé, dès son lancement, sur le fait que deux de ses fondateurs avaient vécu une année scolaire dans un pays étranger ; l’association a par ailleurs bénéficié, à sa naissance, de l’appui de deux « parrains » de marque : Sue Marcos, ancienne dirigeante de YFU (qui fut à l’origine de la création de l’association) et Jean-Marc Mignon, ex-directeur du Club des 4 vents (organisme qui hébergea et épaula PIE jusqu’en 84), lequel fut dirigeant de l’UNAT et de la FYTIO et créateur de l’Office. PIE n’a cessé au fil des ans d’emmagasiner cette expérience : son travail a été facilité par le fait que tous ceux ou presque qui ont gravité autour de l’association (des dirigeants aux salariés, en passant par les délégués) avaient participé directement ou indirectement à un séjour de longue durée à l’étranger.
La spécialisation — Plusieurs organismes mettent en place, organisent et gèrent des séjours de longue durée, mais PIE est le seul à concentrer son énergie et son savoir-faire sur ce seul programme. L’association connaît parfaitement les rouages des séjours « longs » : elle est donc apte à remédier au mieux et au plus vite aux obstacles qu’ils génèrent. Au niveau international, PIE et son partenaire américain ASSE ont créé une dynamique de l’échange de longue durée et tissé un véritable réseau international.
Les relations humaines — La qualité des relations humaines au sein des bureaux comme du réseau, de même que la qualité de la communication avec l’ensemble des adhérents/participants/parents a permis à l’association de cultiver un esprit de corps, de groupe, de proximité. PIE ressemble aujourd’hui autant à une grande famille qu’à une petite entreprise.

PIE, depuis 1981

L’HISTOIRE

Elle commence, officiellement, le 2 février 1981. À cette date se tient en effet la première assemblée générale de l’association. Il s’agit en fait d’une assemblée constitutive qui approuve les statuts, nomme les administrateurs (au nombre de six) et élit son premier président (Pierre Hersan). Suivent : la déclaration de l’association à la Préfecture (5 février 1981), la déclaration au journal officiel (le 10 du même mois), et le premier conseil d’administration (le 16). L’idée même de la création remonte quant à elle, à l’automne précédent. Laurent Bachelot et Jean-Louis Berquer, deux anciens participants YFU ont été contactés, via Sue Marcos, par Pacific Intercultural Exchange, un organisme américain qui recherche un correspondant en France (car la France est un partenaire sinon indispensable du moins précieux dans ce type d’échanges).  Les négociations s’engagent avec Rita Hammer et Klaus Bergman. Discussions, échanges, mise en place : en moins de trois mois, le train est en marche.

Le nom de l’association met du temps à se dégager. Au terme d’un brainstorming infructueux, l’équipe se fixe une contrainte, celle de respecter les initiales du partenaire américain de l’époque. Les trois premières lettres de Pacific Intercultural Exchange
(soit P.,I.et E.), donneront donc Programmes Internationaux d’Echanges.

PIE, depuis 19811981-1984 : Les débuts

Le nom de l’association met du temps à se dégager. Au terme d’un brainstorming infructueux, l’équipe se fixe une contrainte, celle de respecter les initiales du partenaire américain de l’époque. Les trois premières lettres de Pacific Intercultural Exchange (soit P., I ., et E.), donneront donc Programmes Internationaux d’Echanges. Pour la petite histoire, on retiendra que l’association faillit s’appeler Passeport International Etudiant ou encore Programme Interculturel Étudiant… Avec un peu de distance, on admettra que ce nom (Programmes Internationaux d’Echanges) à défaut d’être génial avait (et a toujours le mérite) d’être sans prétention et assez parlant (même si le terme « d’Echanges » a toujours porté un peu à confusion, car rien ne nous dit qu’il s’agit d’échanges culturels, et parce que ce terme laisse entendre que les séjours sont conçus dans l’idée de réciprocité départ/accueil dans l’échange, ce qui n’est globalement pas le cas. Petit à petit, c’est l’abréviation (P.I.E.) qui, de toute façon, finit par prendre le dessus et s’imposer. On notera que, dans le milieu international des échanges culturels, PIE est aujourd’hui bel et bien connu et reconnu comme un organisme français.

Le lancement — Pascal Blox, qui a fait ses études avec Laurent Bachelot, se joint bientôt au duo de dirigeants. Il assurera la partie administrative et comptable. Deux aides concrètes mettent très vite l’association dans le sens de la marche. L’une vient du partenaire étranger, l’autre du Club des 4 vents (association française spécialisée dans les séjours courts). Le premier avance à PIE 4 500 dollars. Cette somme permet notamment d’imprimer un papier à en-tête, de créer et de diffuser un premier dépliant/brochure afin de recruter les participants. De son côté, le Club des 4 Vents met à la disposition de PIE un bureau dans ses locaux. Le parrainage du Club —dont la réputation et l’assise sont solides— va être crucial. Il aide l’association à mettre le pied à l’étrier. L’adresse —au cœur du 6e arrondissement — apporte tout de suite un peu de notoriété et de sérieux à l’organisme. Dans les premiers temps, la répartition du travail est simple : Laurent noue et développe les liens avec les États-Unis et tisse la trame d’un petit réseau en France. Pascal, d’abord trésorier, quitte bientôt le conseil et s’installe à l’administration et aux finances. Jean-Louis assure les entretiens et la sélection. Grâce à sa parfaite maîtrise de l’anglais, il donne de la crédibilité à l’architecture. L’attelage est très jeune (24 ans de moyenne d’âge) mais très complémentaire. Les débuts de PIE sont durs —surtout financièrement— sans être poussifs : la demande existe (même s’il s’agit d’une toute petite « niche ») et la concurrence en France est faible, pour ne pas dire inexistante. Il y a clairement de la place pour un nouvel organisme. Les débouchés américains sont réels.

Ces premières années sont marquées par un choix fort : celui de se focaliser uniquement sur la longue durée et de se démarquer de façon radicale de tout séjour qui pourrait s’assimiler à du tourisme.

La première année, 23 jeunes Français s’inscrivent pour une année scolaire aux USA, et 5 étrangers sont accueillis en France. Ce résultat est inespéré autant que prometteur, dans la mesure où les inscriptions n’ont débuté qu’en février) ; et même si 11 dossiers parmi les 23 sont refusés par le partenaire (dossiers difficiles, car montés trop rapidement), ce résultat permet de voir venir et d’aborder la seconde année sereinement. En 82/83 (première année complète), 33 jeunes s’inscrivent aux programmes. Ils seront 64 en 83/84 et 62 en 84/85.

PIE, depuis 1981

PIE est sur de bons rails. Ces premières années sont marquées par un choix fort (celui de se focaliser uniquement sur la longue durée et de se démarquer de façon radicale de tout séjour qui pourrait s’assimiler à du tourisme) et par quelques événements majeurs :
> la nomination au poste de délégué général de Laurent Bachelot ; un poste qu’il ne quittera plus (sinon provisoirement en 2008/2009) ;
> l’embauche des deux premiers salariés ;
> le départ de Jean-Louis Berquer vers d’autres cieux (l’interprétariat) ;
> la création par Xavier Bachelot du journal de l’association ; le n° 1 de Trois Quatorze sort en février 82 ; à l’époque, le logo de PIE étant un pi grec, le nom du journal s’impose avec évidence ; Trois Quatorze va contribuer grandement à façonner l’image de l’association ;
> le changement de partenaire aux USA (en 83) ;  les rapports avec Pacific Intercultural Exchange se dégradent très vite ; Interschola, dirigé par Janis Schmitt, prend la suite  ; le siège de l’organisme (une « Non Profit Organization ») se situe à San Diego ; la plupart des placements se font donc en Californie, mais aussi dans le Michigan (où Theresa Barnes, représentante locale, abat un gros travail de recrutement de familles et de suivi des participants et des familles) ;
> le développement des échanges avec un nouveau pays, le Brésil (82) et un nouveau partenaire (Quintino) ;
> la participation au premier salon Expolangues (83)…
> et surtout… la naissance d’un vrai réseau de délégués bénévoles. Aux précieux pionniers, Maryse Boyer (Nord-Picardie), Annie Bachelot (Paris), et Jean Bonnaud (PACA) —sans lesquels rien sans doute n’aurait été possible— viennent se joindre rapidement Bernard Mahé, Michelle Habert, Eric Jeunemaître (83), puis (de 83 à 85) Jean-Claude et Jackie Richoud, Claude et Zon Suplisson, Josette Chaudeaux, Andrée Calvez-Billon, Lionelle Goyé, Geneviève Rose, Geneviève Emanuely, Nicole Cerrutti… Ces derniers sont tous des parents d’anciens participants au programme. D’autres délégués suivront. Chacun, avec son « background » et son approche, apportera sa touche. Et c’est ce mélange particulièrement hétéroclite de personnalités et de points de vue qui donnera sa pâte et sa couleur à l’association.

1985-1997 : de l’enfance à la maturité

À la fin de l’année 84, PIE déménage. L’association qui a grandi et grossi (en nombre de participants, en effectifs, en nombre de délégués, en chiffre d’affaire…) est à l’étroit dans les locaux de la rue Gozlin. PIE prend alors son indépendance et s’en va vivre seule. L’arrivée rue du Bac, Paris 7e, est le point de départ d’une nouvelle phase de développement. Une phase qui amènera, en trois ou quatre ans, l’association sur un rythme de croisière de 150 participants par an (départ et accueil cumulés). En 85, les échanges se développent avec l’Allemagne. L’année 86 est une année charnière dans la mesure où L’association change à nouveau de partenaire américain. En choisissant de s’associer à ASSE, PIE prend de l’envergure et du poids. PIE élargit notamment sa sphère d’échange : d’abord à l’Australie et au Canada (87), bientôt aux pays scandinaves (Suède, Norvège, Islande)… plus tard aux pays asiatiques. ASSE est dirigée par Bill Gustafson ; le siège de l’organisme est à Laguna Beach (Californie). ASSE présente l’énorme avantage d’être une organisation solide (qui accueille plus de deux mille étrangers chaque année), influente, reconnue aussi (notamment par le Département d’État américain). Le « mariage » entre PIE et ASSE est plutôt heureux. On en veut pour preuve sa longévité. Le couple a tenu — et tient encore à ce jour !— grâce à une convergence de vues, une complicité de plus en plus grande. Il tient, malgré des coups durs et en dépit d’intérêts pas forcément toujours communs.

PIE est bel et bien devenue une grande famille. Durant ces années, un véritable réseau d’anciens s’est créé et n’a cessé de s’agrandir.

PIE, depuis 1981

En France, PIEveloppe largement son réseau — L’association choisit de calquer sa trame sur celle de l’administration française, donc autour de 22 régions. Rapidement tout le territoire national est couvert, exception faite de la Corse. Si l’Aquitaine et l’Alsace sont à cette époque les maillons faibles de l’association (PIE les a toujours reliées et associées à d’autres régions), Picardie (Maryse Boyer), PACA (Jean Bonnaud), Rhône-Alpes (Josette puis Chrystel Chaudeaux), Midi-Pyrénées (Jackie et Jean-Claude Richoud), Languedoc-Roussillon (Claude et Zon Suplisson), Franche-Comté (Geneviève Rose), Pays de la Loire (Andrée Calvez-Billon puis Danièle Charamat), Normandie (Lionelle Goyé) et Bretagne (Dominique Glémot), sont, successivement ou simultanément, les fers de lance de PIE en région. La Bourgogne (de Claudine Bernardis puis d’Annie Bachelot) a toujours été présente, de même que l’Auvergne et le Centre (qui se réuniront un peu plus tard sous la férule d’Andrée Hamonou). Au milieu des années 80, la Guadeloupe (d’Arlette et Christian Lolo) intègre le groupe (c’est le premier D.O.M.) ; suivent, en métropole, la Champagne-Ardenne (de Dany Carton) et le Poitou-Charentes (d’Elisabeth Mostini), deux régions au fort potentiel qui avalent respectivement la Lorraine (après le départ d’Evelyne Keller) et le Limousin. Dans les années 90, c’est au tour de La Réunion de faire son entrée dans la famille.

Car PIE est bel et bien devenue une grande famille. Durant ces années, un véritable réseau d’anciens s’est créé et n’a cessé de s’agrandir. À la première génération (Michel, Hélène, Geneviève, Catherine, Myriam, Sandra, Bénédicte, Chrystel, Olivier, Annaïck, Isabelle, Carole, Jacques, Cyril, Rachelle, Laure, Cécile, Laura, Yvette, David, Marie, Sylvie, Domitille, Stéphane, Elsa…) vient s’en ajouter une seconde puis une troisième : Virginie, Sophie, Matthieu, Hugues, Fred, Céline, Maya, Morgann, Vincent, Pascale, Mylène, Cécile, Benjamine, Marie, Dominique, Rachida, Frédérique, Agathe, Christine, Aurélia, Daphné, Davy, Julien, Florian, Sébastien, Francis, Etienne, Juliette, Marion, Valérie, Agathe, Daphné, Marie, Sabrina, Anne-Pascale, Pierre, Claire, Leslie, Simon, Élodie, Ludivine, Élisabeth, Mathieu, Xavier, Astrid, Maxime, Davy, David, Clément… On en oublie… Forcément !… Un sentiment réunit tout ce beau monde : l’envie de partager ses souvenirs, de se remémorer son expérience, de la diffuser. Ce sentiment est bien résumé par Yvette et Cyril qui dans un numéro de Trois Quatorze parlent : « […] d’une expérience qui rapproche et qu’on aime se remémorer, de références communes, de communauté de pensée. »  Une majorité d’anciens ont de l’affection les uns envers les autres ; ils tissent leur toile. Le 12 de la rue Berbier-du-Mets (où PIE s’installe en 89) se transforme en une sorte de camp de base.

Le réseau se développe également en Province — En 85, alors même que Françoise Boutier prend en charge la gestion des programmes, PIE crée la fonction de correspondant local. Il s’agit de faire face à une charge de travail trop importante en région. Certains délégués sauront rapidement créer autour d’eux une petite équipe (composée généralement de parents, d’anciennes familles d’accueil et d’anciens participants), déléguer une partie de leur travail et élargir ainsi l’audience de l’association. En Languedoc Roussillon, Christine Callier réunit, autour de Fred, Mylène, Mathieu, Séverine, Cyril, Mickaël, Benoît…, une vraie association au sein de l’association. Dominique Bogdanski fait partie du groupe ; elle deviendra « Calife à la place du Calife ». En Bretagne, Julien, Véronique, Sabrina et d’autres assistent Dominique Glémot. Dans les Pays de la Loire, Andrée Calvez-Billon met sur pied un véritable « staff technique » où chacun a une fonction précise. Danièle Charamat prend le relais en 1997, avec détermination et habileté et modèle la région à sa façon (avec Gabriel, Anaïs, Marianne, Maxime…). Andrée « occupe » le Centre… de l’échiquier, elle sera épaulée par Romain et Martine, Hélène, Marie-Françoise… puis plus tard par Annie). En Rhône-Alpes, Michèle et Alain Cardon entrent à petits pas dans le réseau de Josette et Chrystel, et développent en quelques années, dans la discrétion mais avec une incroyable efficacité, un petit PIE régional, presque autonome ! Même si les anciens sont durs à fixer (déplacements fréquents liés aux études, activités multiples…), la création du poste de correspondant local dynamise nettement l’association. Chaque délégué dessine une région à son image.

La période est marquée par le renforcement du Conseil d’Administration. Ce conseil, équilibré et compétent, suit de près la croissance de l’association et contribue par ses avis et ses jugements à sa stabilité et à son équilibre.

Immédiatement le réseau se densifie — Des correspondants s’installent à Châlon, Albi, Niort, Bordeaux, Tours, Nantes… mais aussi à Pontarlier, Sainte-Anne (en Guadeloupe), Kourou (en Guyane)… C’est durant cette période, qui s’étend de 85 à 97, que PIE va affirmer son identité et que l’esprit dont nous parlions plus haut, symbolisé par cette symbiose des anciens et des délégués, va prendre forme et s’imposer. L’époque est aussi marquée par l’ancrage de l’association au sein du monde des séjours culturels et linguistiques. En quelques années, le statut de PIE change radicalement. D’inconnue, l’association devient incontournable. En 90, PIE intègre l’U.N.A.T. (Union nationale des associations de tourisme). En 92 elle est, avec A.F.S. (association qui œuvre dans le même secteur), à l’initiative de la création de l’U.N.S.E. (Union nationale des organisations de séjours de longue durée à l’étranger) et de la rédaction de sa Charte éducative. En 96, elle suit son « parrain » —Jean-Marc Mignon— et sous son impulsion participe activement à la création de « L’Office national de garantie des séjours et stages linguistiques », dont elle devient l’un des premiers adhérents. L’association est signataire, l’année suivante, du contrat approuvé, contrat établi dans le cadre de l’Office, sous l’égide du Ministère chargé de la consommation. Dans le secteur de la longue durée, PIE est aujourd’hui une référence. Son image dans la profession est bonne (mélange d’humanisme et de professionnalisme). Son avis est reconnu et écouté. Son journal est lu et commenté. Au début des années 90, la demande se diversifie (séjours linguistiques courts, séjours au pair…), mais PIE choisit de préserver sa spécificité et son identité : les programmes de longue durée.
À titre symbolique, on retiendra également de cette phase de développement, la création d’un club de baseball (MAGPIE ) et d’une équipe : Les Chiens Andalous. Composée de salariés et d’anciens (âgés de 16 à 45 ans), affiliée au stade de Montrouge, coachée par un américain (Randy Lear), sponsorisée par TWA (excusez du peu), l’équipe écrème les terrains de la banlieue parisienne entre 86 et 89. Ses titres de gloire sont minces… ou plutôt et pour être franc, totalement inexistants : elle obtint en effet sa seule victoire —par 2 à 1— contre une équipe de minimes et accumule les défaites cinglantes (on se souvient d’un 24 à 6 contre l’équipe féminine de Savigny). Les aventures des Chiens Andalous sont racontées dans les numéros 9 à 14 de Trois Quatorze. On notera enfin, et de façon plus sérieuse, que cette période est marquée par le renforcement du Conseil d’Administration. Ce conseil, équilibré et compétent, est présidé par Olivier Gallo (directeur du personnel dans le secteur industriel). Philippe Saint-Martin (ancien chef de cabinet au ministère du Travail et personnalité influente du monde associatif) en est le trésorier. Sont également membres du conseil : Jean-Marc Mignon, Bernard Mermillon (avocat fiscaliste) et deux anciens participants (Olivier Orth et Cécile Geoffray : respectivement chef d’entreprise et responsable de communication). Le conseil suit de près la croissance de l’association et contribue par ses avis et ses jugements à sa stabilité et à son équilibre.

PIE, depuis 1981Les grandes manœuvres– 1997-2001

Cette troisième phase s’enclenche dans le courant 97. Elle correspond à la convergence de quatre événements majeurs, mais bien distincts : la volonté de PIE d’augmenter son audience en province, la volonté d’une majorité de salariés de quitter Paris, le développement d’Internet, la difficulté de plus en plus grande à placer les jeunes (dans les familles et les écoles), la modification des relations entre l’association et les participants.

Le déménagement du bureau national — Il a lieu en deux temps. En 1996, Laurent Bachelot installe une antenne près de Salon-de-Provence. De là, il travaille, prospecte, et étudie la viabilité d’un projet plus ambitieux : installer le bureau national à Aix-en-Provence. Il faut dire que PIE souffre d’un énorme déficit d’image et de représentation dans le sud-est — notamment dans la région PACA (2 participants seulement en 95 !), que le bail de la rue Berbier-du-Mets touche à son terme, et que l’équipe parisienne, dans sa grande majorité, envisage d’un assez bon œil de migrer vers une région plus chaude et moins stressante. En juin 98, PIE fait le pas. L’association établit ses quartiers à Aix, au 39 de la rue Espariat, au cœur même de la vieille ville, dans un bel immeuble. Le déménagement s’effectue entre juillet et octobre. PIE engagera des travaux assez importants (en trois phases majeures : 1999-2006-2010) pour bonifier les lieux et offrir à tous de bonnes conditions de travail. En janvier, PIE abandonne les 160 m2 de locaux de la rue Berbier-du-Mets, et installe un petit bureau de 35 m2 rue de Charenton, à deux pas de la Gare de Lyon. Aix prend le statut de bureau national, et Paris — qui héberge le siège social de l’association — devient une région à part entière (Paris / Île-de-France). Le bureau sera mis en place par Sylvie (1998-2000), puis développé par Zohra —soutenue par Benjamine et Marie (2001-2003)— puis tenu et animé par Anne-Pascale, Alexandra et Julie (de façon transitoire), Astrid (2004-2007), Margaux (2007-2011), Simon (2011-2013), Sarah G (2013-2016), Sarah S (2016-2018), Anne-Nelly (2018-2021) et enfin Manon (2021…). ; chacun et chacune apportant sa touche personnelle dans le développement de ce bureau central —de par son rôle et sa position—, mais néanmoins régional.

Les débuts de PIE se sont faits à l’ère du stencil, de la machine à polycopier (qui sentait bon l’alcool) et de la machine à boule. À la toute fin des années 90, on bascule soudain dans le tout numérique.

Le développement de la communication informatique — À la fin des années 90, en France et dans le monde, le « Net » prend soudain son envol, et l’e-mail s’impose en très peu de temps, comme un outil de travail incontournable ; au niveau national, il gagne chaque jour du terrain sur les moyens plus classiques (téléphone et fax). En 2000, l’ensemble des partenaires de PIE décide officiellement d’abandonner le fax pour passer définitivement à l’e-mail. Une révolution sourde est en marche. La chose fait sourire aujourd’hui, mais il faut bien comprendre qu’en quelques années, PIE va, comme la plupart des entreprises françaises, bouleverser ses habitudes de travail. Il n’est pas inutile de rappeler, à ce stade de l’histoire, que les débuts de PIE se sont faits —bien avant la démocratisation de la photocopieuse et bien avant l’arrivée du premier ordinateur dit « personnel »— à l’ère du stencil et de la machine à polycopier (qui sentait bon l’alcool), de la machine à boule, et, en ce qui concerne le journal Trois Quatorze, de la maquette entièrement « fait main »… Au passage du siècle, dans la mesure où les adhérents, les délégués, les correspondants et les partenaires de l’association commencent à utiliser couramment l’e-mail, PIE s’engage intensivement dans le passage au tout numérique. Le déménagement dans le nouveau bureau et le fait que PIE s’est toujours bien adapté aux grandes évolutions techniques, favoriseront une bascule plutôt radicale. Et l’embauche de Frédéric Lanier s’avérera cruciale. Fred, ancien participant (Alaska 1993) et délégué depuis quelque temps, intègre l’équipe de salariés à l’été 1998. Fred est à la fois « fan » de PIE et féru d’informatique. Il s’investit avec passion dans sa tâche. Il va marquer de son empreinte l’association en l’aidant à aborder cette ère du changement et en accompagnant ce virage radical. Un an après son arrivée PIE lance le site internet que Fred a donc conçu et créé de toutes pièces (et qui sera par la suite également suivi et animé par Afif Boucetta). Le baptême a lieu à la fin 1999. Ce site est plein d’astuces. Il se distingue de ceux de la concurrence par son caractère évolutif et par le complément d’informations qu’il procure à ceux qui le consultent. www.piefrance.com n’est pas un doublon de la brochure ; il profite de nombreuses passerelles extérieures (cartes, informations sur les États nord-américains, liens vers les écoles) et intègre des témoignages, enquêtes et interviews recueillis par Trois Quatorze. Le site est donc aussi un relais du journal ; il permet à l’information d’être diffusée plus souvent et plus rapidement. La version 2.0 du site sortira, elle, en 2012. Fred en reste, aujourd’hui encore, le superviseur.

Le problème des placements et la modification de la relation de PIE avec les participants et leurs parents — Les États-Unis ont beau être la cible de nombreuses critiques et de nombreux sarcasmes, le monde entier continue à vouloir s’y rendre, y étudier, voire s’y installer. Et les plus jeunes ne font pas exception à la règle. À partir du début des années 90, la demande sur les séjours scolaires aux États-Unis ne cesse de croître (particulièrement la demande en provenance des ex-républiques soviétiques). Parallèlement, le « marché » de l’accueil bénévole se tasse. Les écoles américaines deviennent de plus en plus exigeantes (niveau d’anglais et niveau scolaire des participants, âge, etc.) et les règles du Département d’État américain de plus en plus sévères. Au point même que certaines dates de départ et certains placements ne peuvent plus être garantis à 100 %. Cet état de fait amène l’association à prendre conscience de la valeur du séjour qu’elle propose et à faire évoluer son discours vis-à-vis des participants et de leurs parents. Ces changements tiennent donc à la forme plus qu’au fond. L’association choisit de jouer la transparence. Elle fait désormais clairement savoir que son rôle est celui d’un intermédiaire, qui met tout en œuvre pour rendre possible et heureux le séjour du jeune à l’étranger, mais qui ne peut en aucun cas se substituer aux autorités compétentes et garantir ce que l’école ou les autorités administratives étrangères ne peuvent ou ne veulent garantir.

La charte du participant, rédigée au tournant des années 2000 par PIE met chacun face à ses responsabilités : les rapports entre salariés, parents, participants et partenaires à l’étranger deviennent plus clairs, et l’association est plus précise quant à ses engagements.

PIE, depuis 1981Autonomie — Parallèlement, PIE réalise qu’une majorité de parents deviennent de plus en plus exigeants quant au contenu du séjour. À partir du moment où ils inscrivent leur enfant à PIE, ils ont tendance à considérer qu’ils ont confié la « garde » de leur enfant et que l’association devient l’unique responsable de toutes les composantes de l’expérience (faits et gestes de leur enfant, faits et gestes de la famille d’accueil, des délégués, des écoles et de la société dans son ensemble, relations des individus entre eux, etc.). Pour toutes ces raisons, à l’heure où le consumérisme se développe et où les rapports entre les contractants ont de plus en plus tendance à se « judiciariser », les responsables prennent conscience de la nécessité de définir précisément le rôle et les responsabilités de tous les acteurs. PIE établit donc une nouvelle charte, très complète, qui (re)cadre chacun des partenaires et modifie assez radicalement la donne. La charte du participant, rédigée au tournant des années 2000 par PIE (sous l’égide de Charles Bonelli, juriste) met chacun face à ses responsabilités et à ses limites et modifie sensiblement la relation entre les participants, leurs parents et l’association. Les rapports entre salariés, parents, participants et partenaires à l’étranger deviennent plus clairs. L’association est plus précise quant à ses engagements. Les participants, quant à eux, connaissent mieux leurs devoirs et sont ainsi mieux préparés encore au séjour et au choc culturel qui l’accompagne. Le concept associatif est remis au centre du système : il est clairement établi que les parents du participant, en inscrivant leur enfant, ne « règlent » pas le coût d’une « prestation » mais s’acquittent du « Montant de la participation » aux frais de fonctionnement de l’association (laquelle est là pour mettre en place et suivre les séjours). Parents et participants sont donc amenés à prendre conscience qu’ils sont membres à part entière de l’association, au même titre que tous les adhérents, salariés et membre du conseil. Ce nouveau « contrat » va s’avérer essentiel pour aborder sereinement les années à venir.

Cette période de mutation est également marquée par la restructuration du bureau national — Les programmes « Départ » (Bénédicte Déprez) et « Accueil » (Caroline Sanson), jusque-là dissociés, sont désormais réunis. Bénédicte et Céline d’abord (puis Mylène et Maya à leur arrivée en 1999 et 2000) prennent en charge le fonctionnement de ces deux programmes dans toute leur étendue. La promotion des programmes devient un poste à part entière : il est confié à Fred. Quant au réseau de correspondants bénévoles, il continue de se renouveler et de grandir autour de la nouvelle génération de participants (voir plus haut). Certaines et certains d’entre eux ont, aujourd’hui encore, un rôle prépondérant dans la structure, les autres se sont éloignés, sans pour autant et dans la grande majorité « disparaître ».

Au début des années 2000, deux nouveaux programmes voient le jour : en 2001, le programme « 2×6 » (le participant vit un semestre dans un pays et un semestre dans un autre), et, un peu plus tard, le programme « 3+3 » (le participant vit d’août à novembre aux USA, au Canada ou au Mexique, sa famille naturelle reçoit un jeune étranger de janvier à avril) — Ces deux nouveaux programmes témoignent de la nécessité pour PIE de diversifier son « offre ».

2002-2011 : une lente évolution vers la professionnalisation

Le départ de Bénédicte Déprez (responsable des programmes) vers d’autres cieux et son remplacement par Maya Ludwiczak symbolise assez bien le changement discret mais profond que va subir la structure en l’espace de dix années.

Maya Ludwiczak, tout comme Bénédicte, est issue du « sérail » : ancienne participante au programme, puis correspondante, elle intègre le bureau comme assistante des programmes en 2000 et devient responsable des programmes en 2002. Maya va réussir le coup de force de se faire accepter des anciens tout en imposant une façon de faire un peu différente. Son approche va permettre aux dirigeants de prendre un peu de distance avec le quotidien et à l’association de négocier, sur la durée, des virages importants. Les tendances, entr’aperçues avant le passage du siècle, ne vont cesser de se confirmer jusqu’en 2010 : durcissement drastique des conditions administratives d’accueil aux États-Unis et, en conséquences, difficultés prégnantes à recruter, là-bas, des familles et des écoles ; consumérisme et augmentation des litiges ; évolution du rapport au bénévolat et « vieillissement » du réseau de délégués régionaux… Soutenue par le conseil, et le délégué général, Maya va donc ouvrir une nouvelle ère qui mènera PIE à plus de professionnalisme dans la gestion des dossiers et des problèmes.

Au tournant de la décennie, la structure régionale, basée totalement sur le bénévolat, cède la place à une structure nationale, plus professionnelle, axée autour de quatre bureaux.

La période est marquée par le passage à 4D (base de données de PIE qui prend la place des fiches cartonnées), par les premiers départs tardifs ou différés, puis par les premiers départs « non garantis » , par l’abandon des stages « départ » du mois d’août et de septembre (remplacés par un grand stage d’orientation, programmé en mai) — Le départ de Fred en 2005 va élargir la sphère d’influence de Maya qui deviendra bientôt « Directrice des programmes », en charge désormais du « départ » et de « l’accueil », mais aussi de la promotion et du suivi des partenaires étrangers. Au bureau, se relaient à ses côtés, Pascale, Gwenaëlle, Rachida, Raphaëlle, Julie, Céline, Axelle, Léna. Suivront Sarah, Julie, Cécile, Madeline…. Au niveau du réseau national, la métamorphose est inéluctable. En l’espace de 10 ans, la grande majorité des pionniers vont petit à petit quitter l’association.
Au décès de Maryse Boyer, de Jackie & Jean-Claude Richoud et aux départs de Christian et Arlette Lolo et de Christine Callier vont se greffer dans la décennie ceux de Dany Carton, Annie Bachelot, Danièle Charamat, Geneviève Rose, Dominique Glémot, Geneviève Emanuely (qui sans être déléguée régionale a été présente durablement et fidèlement en région parisienne)… Tous ces délégués ont réalisé un travail exceptionnel sur le terrain et contribué à donner son esprit à l’association. La relève est assurée avec brio par Roseline et Laurent Bénétreau en Aquitaine, Sophie Sorba dans le Nord puis en Corse, Martine et Eric dans le Nord, Pascale Godot en PACA, Sylvie Liebens en Champagne, Sue-Ellen en Bourgogne, Annette Maurier en Lorraine, Anne Schachinger en Alsace, Georgina Lemée en Martinique, et aussi François, Sandrine, Chantal, Marie-Claude, Paul… Avec eux, tout un nouveau réseau de correspondants voit le jour.

Mais au tournant de la décennie, à l’heure où l’emploi est de plus en plus fragile en France et où la jeune génération ne peut plus s’investir de la même façon dans le bénévolat, il apparaît clairement que le réseau doit évoluer pour pouvoir soutenir avec la même efficacité qu’auparavant le bureau national, pour pouvoir satisfaire une « demande’ plus exigeante et pour pouvoir relancer l’accueil en France — La structure régionale, basée totalement sur le bénévolat, cède la place à une structure nationale, plus professionnelle, axée autour de quatre bureaux. Les bureaux PARIS-NORD, SUD-EST, SUD OUEST, OUEST sont tenus et animés respectivement par Margaux Demailly, Michèle et Alain Cardon, Morgann Mobry et Pascale Albert. Ces quatre responsables en régions sont (ou ont été) soutenus par des délégués, des correspondants nouveaux, issus pour la plupart de la génération participants ou parents 2000 : Luc, Corinne et Patrice, Martine et Philippe, Brigitte, Valérie, Renée, Annie, Anne Sophie, Danielle, Frédérique, Audrey, Caroline, Cyrielle, Céline, Carole, Cécile, Arlette, Hugues, Ingrid, Marion, Muriel, Nathan, Lucie, Astrid, Félicité, Béatrice, Célia, Clara, Romain, Claudette, Christiane, Emmanuelle, Joanna, Pierre, Anne-Sophie, Claire, Marie, Nolwen, Angélique, Myriam, Pascale, Martine & Romain, Clément, Marie, Aurélia, Thibaut, Soukayna, Clémence, David, William, Marguerite, Isis, Amandine, Anaïs, Marion, Félicité…Jules, Stéphanie, Pauline, Lucie, Élodie, Béatrice, Clara, Marion, Muriel, Léa, Romain, Claudette, Christiane, Nathan, Lauren, Mathieu, Cécile, Laetitia, Romuald, Armelle, Bénédicte, Joanna, Emmanuelle, Arlette, Flora, Nidhal, Sabrina, Coralie, Christiane et Axelle, Warda, Marianne, Vanda, Marie, Pascale, Anne Sophie, Julie, Céline, Marie, Vincent, Sophie, Mélodie, Géraldine, Simon, Carole, Annie, Caroline, Miguel, Nathalie et Dominique, Philadelphe, Justine, Simon, Thomas, Camille, Mélisande, Léa, Antoine, Dimitri, Cyril, Carole, Evelyne, Arlette, Pascale, Etienne, Mathieu, Céline, Christina et Marie, Tiphain… et les autres !

En 2008, Etienne, le fils de Domitille Suplisson (participante au programme en 1983) s’envole pour les USA. PIE inaugure ainsi et avec fierté les départs « longue durée » de sa deuxième génération !

La période est propice à l’élargissement du réseau de partenaires étrangers — Même si les États-Unis restent la destination privilégiée, PIE propose désormais des échanges avec les cinq continents : le programme Japon se développe avec régularité, l’Afrique du Sud séduit, même si c’est par intermittence. Certains échanges, particulièrement exotiques, font la fierté de PIE : en 1999, Odyssée part pour une année en Thaïlande ; en 2003, Willem va passer une année à Oulan-Bator en Mongolie ; en 2004, David est accueilli à Grise Fiord, un village inuit situé aux confins du Pôle Nord (c’est même le lieu habité le plus septentrional de la planète !). On note durant cette période, la naissance du programme École privée aux USA qui offre de nouveaux débouchés à l’association et aux participants. En 2008, Etienne, le fils de Domitille Suplisson (participante au programme en 1983) s’envole pour les USA. PIE inaugure ainsi et avec fierté les départs « longue durée » de sa deuxième génération !

La période est marquée par trois crises internationales graves — Toutes trois frappent PIE de plein fouet : le 11 septembre aura des conséquence énormes sur le tourisme, les transports, la délivrance de visas et plus largement sur la structure des échanges mondiaux ; la crise économique de 2008 affectera naturellement l’activité de PIE (car l’association a besoin de confiance pour prospérer) ; et le tsunami du 11 mars, dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences économiques et politiques (mais qui affectera à l’évidence durablement le partenaire japonais de l’association et sans nul doute nos échanges).

PIE, depuis 1981Le décès brutal d’Olivier Gallo, précieux président de l’association depuis une petite décennie, marque un changement important au niveau du conseil d’administration — Olivier Weill, qui lui succède de 2002 à 2010, s’impose par sa sagesse et son recul. En 2010, le relais est transmis à Jean-Louis Berquer. Ces passages de témoin soulignent avec élégance deux des qualités majeures de l’association : la capacité à se renouveler et, dans le même temps, à travailler dans la continuité (puisque Jean-Louis est un des trois fondateurs de l’association et qu’Olivier reste au conseil). Bernard Mermillon (qui occupe le poste de trésorier depuis la disparition, en 2001, de Philippe Saint-Martin), Annie Bachelot, Jean-Marc Mignon, ainsi que Bénédicte Déprez et Laura Michel, sont les autres gardiens du temple.

À suivre :
2011/2021 – Constances et changements