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Fabrine Fichot, personnel navigant — Parcours d’ancien

En  images : Fabrine d’hier (lors de son séjour PIE en Australie)… et d’aujourd’hui.

Fabrine Fichot, PIE 1989 — Lors de son séjour en Australie — Parcours d'anciens participants PIE Fabrine Fichot, PIE 1989 — Parcours d'anciens participants PIE

PARCOURS D’ANCIEN — FABRINE FICHOT

Ses liens avec PIE sont multiples et anciens, et son parcours global est influencé à plus d’un titre par son année en Australie.

Année de séjour : 1989
Lieu de séjour : Kardinya, Western Australia, Australie
École : North Lake High School
Lieu de vie actuel : Voisins-le-Bretonneux
Profession : personnel navigant
Employeur : Air France
3 enfants

ENTRETIEN — 3.14 — Comment débute ta relation à PIE?
Fabrine — Nous sommes en 1989. Je me promène à cheval avec une amie. Je lui explique que je suis un peu perdue, que je galère à l’école et que je ne vois pas de perspectives. Elle me dit : « Pourquoi tu ne pars pas à l’étranger un an… mon frère dirige une association qui s’occupe de ça. » Je reviens de la balade et je dis à mes parents : « Je vais partir un an aux USA. » Ils ne savent pas de quoi je parle. Le lendemain je m’informe. Nous sommes en août ; il est trop tard pour s’inscrire pour les USA, mais il reste de la place en janvier pour l’Australie. Je me lance. Mais je crois sincèrement qu’à l’époque, je ne sais même pas où se trouve l’Australie!

3.14 — Et quatre mois plus tard, tu te retrouves donc aux antipodes pour vivre ton année scolaire?
Exactement. C’est un des virages les plus importants de ma vie. Dans la foulée, mes parents choisissent d’accueillir un jeune brésilien : Eduardo —Dudu, car c’est comme cela qu’on l’appelle— arrive chez nous dès le mois de septembre. Il passe un an à la maison. Et quand je rentre d’Australie, Yannick mon frère, part pour un an aux USA.

3.14 — Et  l’histoire ne s’arrête pas là…
Eh non! Aujourd’hui, mon fils Paul est en Pennsylvanie… avec PIE, pour vivre à son tour son année scolaire. Quasiment trente ans après moi.

3.14 — Revenons à 89? Que te reste-t-il de ton année australienne?
Une famille à l’autre bout du monde, des amis (notamment des amis internationaux), des contacts et des relations, des souvenirs, une langue… une autre vie. Ce séjour a été merveilleux, mais  je peux dire surtout qu’il a dirigé ma vie. Clairement.

3.14 — En quel sens?
Je crois que sans cette expérience, je n’aurais jamais quitté Villaine-les-Prévostes (NDLR : petit village de Côte d’Or). Je ne dis pas ça péjorativement, mais je pense que j’aurais un petit job sans qualification, quelque part en Bourgogne. Je n’avais pas le profil pour faire de longues études. J’étais un peu coincée.
Ma génération a pas mal bougé, mais je sais aussi —et je le vois quand je reviens dans mon coin—, que beaucoup de mes amis d’avant ont un peu stagné sur place. Ils ont peur de se lancer, de s’éloigner, de simplement « monter à Paris » pour un entretien… ça les angoisse presque.

3.14 — Quel est le premier enseignement de cette année?
Que le monde t’appartient, qu’il ne te fait plus peur, qu’il devient même un allié. En fait, tes frontières se déplacent: elles passent de ton village à la planète. Et la langue reste aussi un point crucial. Je n’aurais pas pu évoluer dans ma vie sans parler anglais. C’est l’anglais qui m’a ouvert toutes les portes.

3.14 —  Que fais-tu aujourd’hui?
Je suis « personnel navigant » à Air France. À mon retour d’Australie, j’ai intégré une école de commerce franco-britannique. J’ai rencontré, dans la foulée de mon séjour, des gens qui m’ont conseillé de tenter l’expérience de la compagnie aérienne, comme hôtesse. Cela m’a séduit ; je me suis inscrite, j’ai passé mes examens et j’ai été prise. D’abord chez Air Liberté/AOM et puis quelques années plus tard chez Air France. Mon parcours d’étudiante d’échange a joué en ma faveur, car il y avait un lien direct avec ce secteur d’activité.

3.14 —  Un mot sur ta relation à PIE.
Durant mon adolescence, PIE a été à la croisée de mes chemins: mon expérience en Australie, l’accueil si chaleureux de Dudu (mon frère brésilien), puis le départ de mon frère…
Je pense à tous ces contacts que nous avons tous gardés et entretenus: Doudou nous rend régulièrement visite (ma mère était témoin à son mariage)… De mon côté, je vois toujours mes parents australiens (un exemple : nous avons vécu une expérience assez forte en faisant venir le même jour, dans notre petit village, ma famille australienne, la famille américaine de Yannick, et notre famille brésilienne…). Quant à mes amis québécois et suédois (que j’ai rencontrés durant mon séjour), ils restent, 30 ans après, mes amis les plus proches.
Par l’intermédiaire de PIE, j’ai tissé une toile internationale: France, Australie, USA, Brésil, Suède, Québec…
Après, il est évident que la vie nous absorbe: je me suis éloignée de PIE pendant une longue période, mais j’avais toujours l’association dans un coin de ma tête. Mes enfants ont toujours vécu dans cette ambiance de déplacement permanent et évolué dans ce contexte international. Alors, un jour, il a paru naturel qu’un de mes fils parte. L’aîné avait une voie toute tracée au niveau de ses études en France, mais Paul, le second, avait besoin de changer d’air: on est donc revenus vers PIE… Et aujourd’hui, le voilà en Pennsylvanie pour vivre à son tour sa propre expérience.

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