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François Reyes, président & fondateur de «Réveil Citoyen» — Parcours d’ancien

François Reyes lors de son TEDx à Berkeley, California, USA
PARCOURS D’ANCIEN — FRANÇOIS REYES

Illustration : François, lors de son TEDx — Berkeley University, California, USA

ENTRETIEN — François, participant au programme PIE en 2011, s’est lancé, il y a deux ans, dans un projet aussi passionnant qu’ambitieux. Il est aujourd’hui le président de l’ONG qu’il a créée. Gros plan, via un court entretien, sur un parcours pour le moins ébouriffant.

 

Année de séjour de François : 2011
Lieu de séjour : Woodstock, New York, USA
École : Woodstock Day School
Lieu de vie actuel : Strasbourg, France
Profession : Directeur général de l’ONG «Réveil Citoyen»
Employeur : lui-même

3.14 — Décris-nous ton parcours depuis ton retour de ce séjour scolaire PIE dans l’état de New York
François — Je suis revenu des USA à 16 ans, avec une énorme envie et un énorme besoin d’indépendance : je ne voulais plus vivre chez moi. Parallèlement à mes études et avant même de passer le bac, j’ai donc bossé à droite à gauche, en faisant des stages bien sûr, en m’engageant dans des associations, en participant à des «Think Tanks». J’ai passé Science Po : j’ai été reçu à Strasbourg. Il se trouve qu’à peine un mois avant de passer le bac, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’OCDE. J’y ai travaillé pendant un et demi, dans la recherche contre les armes nucléaires, bactériologiques et chimiques. On faisait du suivi, de la veille. C’était évidemment passionnant.

3.14 — Tu as donc travaillé avant le bac et pendant toutes tes études à Science Po?
Oui. mais au bout d’un an et demi, j’ai du démissionner, car je vivais entre Strasbourg et Paris, et cela était un peu compliqué à gérer. Alors j’ai pris un poste d’attaché parlementaire à Strasbourg, poste que j’ai occupé pendant plus d’un an.

3.14 — Et aujourd’hui, tu es donc le président d’une ONG, que tu as créé?
Entre temps, il y a eu les attentats de Charlie Hebdo. C’était en janvier 2015. Je me suis demandé alors comment, à mon niveau, je pouvais agir pour ne pas laisser la société se fracturer. Mon idée était de rassembler les gens. Tout cela tombait à un moment où j’étais un peu déçu par l’action et le milieu politique. J’ai pensé à un mouvement associatif qui réfléchirait à la façon de faire se rencontrer et dialoguer des populations qui n’avaient a priori aucune raison de le faire, de leur permettre de débattre, de les mettre en condition de rapprochement plutôt que d’affrontement, et ce dans le but de dégager des solutions communes. À un niveau plus large, l’idée était de lutter contre la haine et la colère que des organisations politiques et/ou religieuses pouvaient tenter d’attiser. C’est ainsi que l’on a créé «Réveil Citoyen», qui a fait son bonhomme de chemin jusqu’en novembre 2015

3.14 — …Date des nouveaux attentats à Paris, n’est-ce pas?
Oui cela a constitué un nouveau déclic. J’avais l’impression que notre travail était inutile, trop abstrait. Il se trouve qu’à la date même des attentats, j’étais invité au sommet de «One Young World» à Bangkok (une sorte de Davos de la jeunesse), et, là, j’ai réalisé que le modèle «Réveil Citoyen» n’attendait qu’une chose, c’était de s’exporter et de grandir. J’ai réalisé que dans le monde entier se développait des réseaux qui voulaient lutter contre le communautarisme et l’intolérance planétaire. J’ai senti de la part de nombreux participants au forum, une vraie demande, un réel besoin qu’il fallait fédérer. Du côté français, l’idée d’un front international donnait tout son sens au projet que nous développions depuis quelques mois. On était donc mûrs pour passer d’une association franco-française («Réveil Citoyen»), à une ONG internationale : «Citizenwaking». Son objet serait de lutter plus directement contre l’extrémisme. C’est ainsi qu’est né cet organisme, maison-mère de tous les «Réveil Citoyen» à travers le monde,

3.14 — L’espace est court ici pour développer les actions de l’ONG (on renvoie donc le lecteur au site www.citizensawakening.org) mais peux-tu nous donner en deux mots un exemple de son action?
On travaille directement sur la radicalisation. En fonction des pays, les actions sont différentes, car chaque peuple a ses priorités. En France, nous coopérons beaucoup avec la Commission Européenne, et l’on créé à la fois des événements formels et informels dans le but, entre autres, d’informer et de former. Au niveau formel, sur le terrain, nous organisons des débats et conférences et nous éditons des conclusions que nous diffusons ; au niveau informel, nous agissons concrètement pour la cohésion et pour faire se rencontrer des communautés diverses qui n’ont pas l’occasion de se parler… ou même de se voir. Nous organisons, par exemple, des événements (sportifs et culturels) entre groupes et communautés diverses.

3.14 — Pour en revenir à un niveau personnel et pour être concret, comment, toi, pendant tout ce temps, t’en sortais-tu financièrement ?
J’ai conservé mon poste d’attaché parlementaire un moment, car, dans un premier temps, les revenus de l’ONG ne permettaient pas de dégager de salaire, mais il est vrai que j’étais un peu écoeuré par le processus politique classique, lequel va d’hésitation en hésitation, tourne en rond et vit sur lui-même. J’ai vu de près ce qu’était la peur d’agir par peur de ne pas se faire réélire! J’étais un peu en colère pour tout dire. Donc, dès que j’ai pu démissionner, je l’ai fait —c’était en mai 2015— pour me consacrer à 100% à mon action. Je mets pour l’instant de côté la politique telle qu’on la connaît. Même si l’association ne dégageait pas assez de moyens pour me fournir un revenu décent, j’ai la chance d’avoir quelques ressources de côté, grâce à mes activités passées, à l’OCDE et en tant qu’attaché parlementaire. Je peux donc pour l’instant compenser la faible rémunération que j’arrive à dégager de «Citizenwaking». Pour le moment, ce qui me mène, c’est vraiment la passion. D’ici un an ou deux, il faudra de toute façon un changement et un renouvellement à la tête de l’ONG (car cela est vital), et je passerai donc personnellement à quelque chose de différent voire de complémentaire. D’autres projets se présenteront.

3.14 — Revenons à PIE : en quoi ton année à l’étranger a-t-elle orienté ton parcours et ta vie actuelle?
Cette année PIE a été essentielle pour moi. Elle reste la plus belle de ma vie. Je suis partie aux États-Unis à la suite d’une petite tragédie personnelle, puisque je venais de perdre ma mère. Mon objectif personnel était de trouver un nouveau lieu de vie, dans lequel je me sente bien. De partir, —ou plutôt de re-partir— sur de bonnes bases. Et ce fut le cas. Pour moi, c’est l’année A+O, l’année du renouveau. Tout ce que je fais aujourd’hui je le fais par rapport à ce point de départ. Je ne peux pas quantifier ce que cette année m’a apporté, mais je sais que là-bas, j’ai trouvé une famille (que je vois au moins trois/quatre fois par an), que  j’ai trouvé un équilibre et que j’ai pu donné un sens à ma vie. On parle souvent de ce séjour par rapport à l’acquis linguistique. Je peux vous dire que pour moi, la langue, dans tout ça, est un détail.

LE SITE : www.citizensawaking.org

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