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Ligia, Brésilienne en France, La Flèche

Avant d’arriver, c’est difficile de penser ce que c’est
qu’une année. On a des préoccupations et des inquiétudes. Mais la réalité c’est autre chose. Quand nous sommes arrivés, il y a presque deux mois, nous avons passé quelques jours à Paris. Il y avait des étudiants du monde entier et le monde s’est trouvé réuni dans quelques mètres carrés. On a provisoirement oublié toutes les peurs et, pendant quatre jours, on a pensé qu’on était en vacances. Or, les nouveautés étaient seulement en train de commencer. Le plus dur pour moi a été le train. On a dit « au revoir » aux autres. Ça a rendu triste et la peur a recommencé. Pendant le voyage j’ai pensé : « Qu’est-ce-que je vais devenir? ». A chaque minute la peur était plus forte. J’ai pensé : « Maintenant je suis toute seule, sans personne et sans parler bien le français ». Mon français en fait ce n’est pas un vrai français, c’est du français mélangé avec du portugais. C’est vraiment dur quand tu ne trouves pas les mots. Tu veux comprendre la télé, et tu ne peux pas. On ne peut pas être nous-mêmes sans parler. On a beaucoup de choses à dire mais il faut attendre. Pour moi, c’est vachement dur, parce que j’aime bien parler tout le temps. C’est si important d’avoir quelqu’un de patient à ton côté et qui peut t’écouter. Moi, des fois, je parle avec mon frère, mais quelquefois il dort pendant que je parle parce que j’ai besoin de beaucoup de temps pour dire quelque chose. Il m’est impossible de penser qu’avant la fin de l’année, je vais écrire, parler et bavarder comme une vraie française.

Ligia, Brésilienne en France, La Flèche – Octobre 96