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Il n’a pas imaginé ne pas partir !

En août 2020, en dépit de la crise du Covid-19, Max a pu partir aux États-Unis pour y suivre son année scolaire. Sa mère revient sur la longue période d’incertitude qui a précédé son départ. Elle insiste sur la détermination de son fils, sur la force de conviction de PIE et sur la confiance et le crédit qu’en tant que parents, ils n’ont cessé d’accorder à l’association.

Arrivée aux USA en période de Covid - Étudier sur un campus américain

En image — Max, attendu par sa famille d’accueil, à son arrivée sur le sol américain 

PARTIR MALGRÉ LE COVID
Mère de Max (Saint Johns, Michigan)
Une année scolaire aux États-Unis

3.14 — Max est parti il y a une quinzaine de jours pour les États-Unis. Comment va-t-il ?
Il semble bien. Il vit dans le Michigan, dans une famille où il y a un jeune de son âge et un autre étudiant d’échange italien. Ça a l’air de bien se passer. Hier, en tout cas, il avait un beau sourire. J’espère qu’il va pouvoir saisir et profiter au maximum de tout ce qui se présente.

3.14 — Que lisez-vous dans ce sourire ?
J’y vois la satisfaction d’avoir réussi à faire aboutir son projet. Il faut dire que Max était tellement demandeur. Mais quel chemin pour en arriver là !

3.14 — Revenons justement sur ce chemin que nous avons parcouru ensemble (lui participant, vous parents et nous association), et sur cette année de « préparation » si particulière ! Comment avez-vous connu PIE ?
Un jour d’octobre ou de novembre 2019, Max nous a dit qu’il aimerait partir un an aux États-Unis. Je ne sais pas trop comment l’idée lui était venue. Toujours est-il qu’on a commencé à regarder sur internet pour voir comment nous pouvions nous y prendre. J’ai pris contact avec vous et avec d’autres organismes. J’ai parlé à Sarah (votre responsable de régions) et on a décidé d’assister à une ou deux réunions (dont celle de PIE), puis de vous rendre visite sur le salon de l’Étudiant. En réalité, on a vite opté pour PIE.

3.14 — Pour quelles raisons ?
La décision a été collective. Lors de la réunion, il a eu —et on a eu— la réponse à toutes les questions que l’on se posait. Je dirais même que vous devanciez nos questions, ce qui n’était pas du tout le cas avec l’autre organisme. On a senti, à tous les niveaux, que vous maîtrisiez votre sujet. À partir de là, tout a bien roulé : le dossier administratif, l’entretien avec Capucine, etc. La confiance s’est donc instaurée : cela a été primordial par la suite, notamment au moment de cette phase de doute consécutive à la crise du Covid, quand il a fallu faire face à toutes ces incertitudes.

3.14 — La crise se déclenche vers la mi-mars 2020. C’est là que débute la période de doute, n’est-ce pas ?
Exactement. Tout s’est enclenché négativement : la maladie, la fermeture des frontières… Max a commencé à douter : « Je ne pourrai pas y aller… c’est la cata, etc, etc. »… tout en continuant en même temps à y croire. À partir de là, deux choses essentielles sont intervenues : d’un côté, la détermination de notre fils —qui ne pouvait pas imaginer ne pas partir— et de l’autre, la confiance que l’on avait dans votre association.

3.14 — Quand on vous a écrit, pour vous dire que l’on ferait tout notre possible pour que les candidats puissent partir, mais que, quoi qu’il en soit (et dans le seul but de pouvoir continuer à travailler) on serait contraint d’appliquer une retenue sur les séjours, vous ne vous êtes pas inquiétés ?
Oui, un peu, c’est vrai —car c’était un investissement non négligeable—, mais pas vraiment non plus. En fait, on a choisi de s’en remettre à vous, de vous laisser faire. On savait qu’il y avait un risque financier réel, mais on a compris le sens de vos courriers qui reflétaient à la fois les incertitudes liées à la situation et votre conviction.

3.14 — Jamais, vous ne vous êtes dit : « Mais qu’est-ce que c’est que cette association qui invoque la force majeure pour nous imposer une retenue ?
Non, sinon on vous l’aurait fait savoir. Votre approche était cohérente. On a donc décidé de jouer le jeu. Je me répète, mais on s’est persuadés qu’il fallait garder confiance en vous.

3.14 — Vous soulevez là un point essentiel : le succès du projet dépendait principalement de cette confiance des protagonistes les uns envers les autres : PIE, les participants, les parents, les partenaires étrangers de l’association). Il fallait que nous nous serrions tous les coudes et que l’on partage les risques. C’est l’esprit associatif qui devait l’emporter.
De notre côté, Max, de toute façon, était tellement déterminé qu’on ne pouvait/voulait pas arrêter le processus. Je crois qu’il avait besoin de faire un break et de mener a bien son dessein. Il avait une telle foi en son projet qu’on avait vraiment le sentiment de ne pouvoir faire autrement que de le soutenir.

3.14 — Il est certain que la conviction des adolescents a été également au coeur de cette réussite. Sans cette détermination rien n’aurait pu se faire. Le planning jouait également en notre faveur, puisque nous disposions de plus de cinq mois avant le départ !
C’est vrai. Mais plus le temps passait plus les obstacles s’accumulaient et plus cela devenait angoissant.

3.14 — Il est vrai qu’à un moment nous ramions tous un peu à contre-courant. Il a fallu tenir, contre vents et marées. Nous n’étions plus très nombreux à croire à la possibilité du « départ ».  À quel moment, avez-vous senti que le vent tournait ?
Max a reçu son placement début juillet. Mine de rien, ce fut la première éclaircie. Mais la réunion en vidéo-conférence de la fin juillet a été cruciale : c’est là que vous nous avez appris que l’émission du premier visa J1 était programmée. On a commencé vraiment à y croire. Quand Max a obtenu son visa, on s’est dit qu’on tenait le bon bout. Ensuite on a eu sa confirmation de vol. On y était presque.

3.14 — Un vrai « parcours du combattant » en somme ?
Oui, on a franchi les obstacles un à un, en suivant vos instructions à la lettre et en continuant à vous écouter. Mais pour Max, il y a eu une dernière étape très anxiogène… celle du test Covid !

3.14 — On a tous entendu parler de ça au bureau. Max refusait de le faire, n’est-ce pas ?
Oui, il était persuadé qu’il allait être positif et qu’il ne pourrait pas partir…. et je dois dire que j’ai reporté son stress sur PIE. On avait beau lui dire que dans le pire des cas son départ serait retardé, il ne voulait rien entendre : il était totalement stressé. Au point qu’il a passé la nuit précédant la réception des résultats à consulter le labo sur le net et qu’au matin son compte était bloqué. On en a déduit qu’il était vraiment positif… la pression est montée… À 7h30, j’étais au labo… Max était négatif. On était délivrés !

3.14 — Quel bilan tirez-vous de toute cette affaire ?
Que la crise, même si elle a nui à la préparation de Max, a renforcé sa conviction et sa foi dans son projet. Le Covid a généré une somme de doutes et d’angoisse importante, car on était dans un « oui/non » permanent, mais le fait d’avoir bravé tous les obstacles donne encore plus de poids à l’ensemble. Le parcours initiatique de Max aura commencé bien avant le départ : il n’en aura que plus de poids et d’envergure. (Avec une émotion non feinte) Je dois dire que, tout au long de cette préparation, tout a été fait pour les enfants : on nous a accompagnée, expliqué et soutenus du début à la fin et et je tiens à remercier chaleureusement PIE pour ça.