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Raphaël Sachetat, journaliste & photographe — Parcours d’ancien

Raphêl Sachetat, PIE 1988 — Parcours d'anciens participants PIEPARCOURS D’ANCIEN — RAPHAËL SACHETAT

ENTRETIEN — Participant PIE au programme d’une année aux USA en 1988, Raphaël est aujourd’hui photographe-journaliste. Il se souvient.

Année de séjour : 1988
Lieu de séjour : Leesburg, Florida, USA
École : Tavares High School
Lieu de vie actuel : Bry-sur-Marne
Profession : journaliste et photographePigiste régulier aux Échos & directeur d’une agence photo spécialisée dans le badminton
Marié, 2 enfants

3.14 — Nous sommes en 1988… comment te vient cette idée de partir et comment fais-tu, à l’époque, la connaissance de PIE?
Raphaël — J’avais un oncle qui était parti sept ou huit ans avant moi, dans les mêmes conditions. Et j’avais également des membres de ma famille qui accueillaient très régulièrement (avec d’autres associations que PIE). Je dirais donc que je vivais dans un monde qui avait la «culture» de ce type d’échanges.
Je crois qu’on a connu PIE sur un salon ou quelque chose comme ça, mais je ne me souviens plus très bien. Je sais que j’étais en fin de seconde et que je ne faisais pas une bonne année scolaire. Je me sentais à l’étroit dans une atmosphère scolaire un peu «bourgeoise», même si ma classe était sympa. Je voulais prendre l’air. Je voulais apprendre l’anglais. L’idée a fait son chemin. je me suis senti mûr pour partir.

3.14 — Raconte-nous un peu tes débuts aux USA?
Je me suis retrouvé dans une famille hors normes avec une mère infirmière de nuit — qui était donc un peu absente —  et un père détective privé, qui se baladait avec son pistolet sous le bras. C’était un personnage haut en couleur, un peu colérique et très strict. Il s’entourait —sans doute volontairement— de pas mal de mystère… c’était assez rigolo, et à la fois cocasse et impressionnant pour le jeune Français que j’étais, mais astreignant également car j’avais, du coup, peu d’accès aux activités extra-scolaires: ils étaient très vigilants sur les horaires, je ne pouvais pas trop voir ma copine, etc. Au bout de sept mois, j’en ai eu assez. Je leur ai dit. Ils l’ont mal pris et m’ont rétorqué: «Alors tu rentres en France». J’en ai parlé à mon prof d’histoire qui a tout de suite proposé de m’accueillir. Il a appelé sa femme, et dix minutes après, c’était entendu. La déléguée ASSE, qui me suivait, avait été très compréhensive. À partir de là, j’ai vécu une fin de séjour merveilleuse.

3.14 — Qu’as-tu fait à ton retour?
J’ai refait une première dans le privé. Puis j’ai fait des maths et de l’histoire à l’université, et, au final, une école de journalisme. À l’époque, on devait faire le service militaire et j’avais choisi d’être objecteur de conscience. C’est dans ce cadre que j’ai travaillé deux ans pour Amnesty International, en tant que rédacteur de leur journal interne. J’ai donc appris le métier sur le tard. Le fait que je parlais anglais m’a ouvert pas mal de portes, car il y avait peu d’anglophones. À ma sortie j’ai fait une formation de journaliste d’une année pour «peaufiner» l’affaire, mais c’est à Amnesty que j’ai vraiment appris et apprécié ce métier.

3.14 — Quel est ton travail aujourd’hui?
J’ai deux activités parallèles et très complémentaires. Je suis pigiste régulier au journal «Les Échos». Je travaille au service «Nouvelles technologies» des deux suppléments du quotidien. Je rends compte de tout ce qui est nouveau en termes d’objets connectés et de nouvelles technologies en général….

3.14 — Et quid de cette agence photographique spécialisée dans le badminton?
Un jour que je travaillais aux USA sur un papier, je suis tombé un peu par hasard sur l’Open américain de badminton. J’ai compris que c’était un événement assez important et peu couvert par les médias. Il se trouve que c’est un sport que je pratiquais en compétition. J’ai alors proposé à la fédération internationale de couvrir l’événement (articles et photos). Ils étaient en train de créer leur site. Ils étaient ravis. On a commencé à collaborer. Cela a commencé comme ça: il y avait un vide et je l’ai comblé en devenant un spécialiste de cette “niche”. Petit à petit, j’ai acquis du matériel  photo de plus en plus performant et approprié. Aujourd’hui, j’ai fondé l’Agence qui est le fournisseur officiel de la Fédération Internationale ce qui me permet de voyager à travers le monde.

3.14 —  Que te reste-t-il de ton année américaine?
Des contacts d’abord. J’ai encore des liens forts avec ma famille —on se contacte très régulièrement. Et je vois également régulièrement mes amis, qui sont dispersés sur tout le territoire américain. J’ai eu la chance, grâce à cet échange et parce que je parlais anglais, de travailler durant mes quatre années d’études comme steward saisonnier à Air France. J’ai pu beaucoup voyager et garder ce contact étroit avec ma terre d’accueil. Et c’est grâce à ces voyages que j’ai rencontré ma femme, à l’époque hôtesse sur la compagnie nationale. Alors, on peut dire que cette année a engrangé un tas de choses.
Au delà, cette année à l’étranger a changé ma façon de voir le monde. Tout, là-bas, était si différent de ce que je connaissais. Je crois qu’en un an, j’ai perdu mes œillères de pariso-parisien et/ou de franco-français. Quand tu ne bouges pas, il y a toujours un risque de penser que «ton monde» est le seul monde et que ta façon de voir est la seule qui tienne la route.
En un an, j’ai aussi fait l’apprentissage de la «débrouille». Loin de tout le monde, un peu seul, il m’a fallu m’en tirer. Cette année est une leçon d’autonomie.

3.14 — Que ferais-tu aujourd’hui si tu n’étais pas parti?
C’est impossible à dire, mais quoi qu’il en soit, je pense que si je ne n’étais pas parti avec PIE, j’aurais tenté une expérience à l’étranger, autrement et plus tard. C’était en moi.

Raphaël Sachetat & le journal “Les Échos”

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