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Que deviennent-ils ?

De 1981 à 1988, 500 jeunes sont partis vivre à l’étranger. Aux US, au Canada, au Brésil, en Australie… Certains sont revenus l’an passé (1987)…d’autres, il y a quelques années (sept ou huit ans pour les plus anciens). L’heure est au bilan. Depuis leur retour, quels parcours ces jeunes on-ils suivi ? Aujourd’hui, que font-ils ? Leur expérience les a-t-elle aidés ? Quel souvenir gardent-ils de cette année ?

Que deviennent-ils ?200 anciens participants (ou parents) ont répondu à nos questions. Quantitativement et qualitativement (les candidats ont été interrogés au hasard), les résultats enregistrés sont significatifs. Les réponses nous permettent de mesurer l’impact d’un séjour à l’étranger et d’évaluer objectivement la qualité de notre travail. Par projection, ces réponses autorisent les candidats actuels et les futurs participants à répondre partiellement à la question : « Après un an à l’étranger, que va t-on devenir ?»

1- EN QUELLE CLASSE …ÉTIEZ-VOUS AVANT DE PARTIR ?

Les candidats dans leur majorité choisissent de partir à la fin de leur scolarité, donc à l’âge de 18 ans.
Leur raisonnement est logique :
-ils préfèrent en finir avec leurs études secondaires (se « débarrasser » du baccalauréat),
et, quitte à faire une coupure dans leurs études, ils préfèrent la faire avant d’attaquer le cycle supérieur.
Ce principe de conclure un cycle et ‘ s’offrir une année sabbatique avant d’entamer le cycle suivant’ semble, a priori, le plus cohérent et le plus profitable.
Mais ce raisonnement est incomplet.

1. Il faut savoir en effet, que l’intégration dans une école étrangère est plus facile pour les 16-17 ans que pour ceux de 18 ans.
– L’expérience et les témoignages nous prouvent qu’à cet âge (16-17 ans) l’école étrangère est mieux adaptée à la demande.
– Les obligations scolaires et familiales liées à ce type de séjour sont plus facilement assimilables par un candidat plus jeune –

2. Les parents craignent que le séjour à l’étranger perturbe les études de leurs enfants alors que pour la plupart des cas il permet aux jeunes de retrouver dynamisme et motivation. La preuve : sur les 200 participants interrogés, 3 seulement ont interrompu le cours normal de leur scolarité. C’est encourageant. D’autant que ces trois jeunes se disent satisfaits de leur emploi ou de leur situation actuelle.

3. Le taux de satisfaction des 16-17 ans comparé à celui des 18 ans (cf.8) tend à prouver que l’année qui suit la terminale n’est pas forcément la meilleure année pour partir.

2- À L’HEURE ACTUELLE QUELLES ÉTUDES FAITES VOUS ?

Les 81 % d’anciens participants qui suivent encore des études se répartissent de la manière suivante:

  • Lycée: 22% 
  • Université: 30%
  • BTS: 16% 
  • Grande École (Préparation : 3 %): 7% 
  • École de Commerce: 7% 
  • Université américaine: 6% 
  • Science-Po: 4% 
  • Journalisme / Attaché de presse: 4% 
  • Atelier préparatoire (théâtre / dessin / mode / publicité): 2%
  • École d’infirmière: 2%
  • École Normale d’Instituteurs: 1%

Université : Les 29 % d’étudiants qui sont inscrits en Faculté se répartissent de la manière suivante :

  • Langues et Civilisations (anglais : 29 %): 39% 
  • Langues étrangères Appliquées: 20% 
  • Droit: 14% 
  • Sciences Physique / Biologie / Chimie / Maths: 14% 
  • Économie: 8% 
  • Médecine: 6% 
  • Lettres: 6% 
  • Histoire: 4%

(Le total dépasse 100 % car des étudiants cumulent plusieurs cursus).

BTS : les 16 % d’étudiants qui préparent un BTS se répartissent ainsi:

  • Commerce: 42% 
  • Tourisme: 20% 
  • Secrétariat: 20% 
  • Bureautique: 8%

3- QUEL TRAVAIL ?

Les 25 % de participants qui à l’heure actuelle travaillent se répartissent ainsi :

  • Commercial : 20% 
  • Administration:15% 
  • Informatique: 7% 
  • Traducteur: 7% 
  • Enseignant: 10% 
  • Secrétariat: 7% 
  • Autre profession: 34%

4- LE TRAVAIL À L’ÉTRANGER ?

Travaillent à l’étranger en ce moment : 6%
  Étudient à l’étranger en ce moment : 6%

1. Malgré le nombre restreint d’actifs (lié à la relative jeunesse de l’association), la palette des professions est large et plutôt originale. À côté des commerciaux, des enseignants et des informaticiens, on trouve un employé au service fret à Air France, un musicien, une modéliste, et un parfumeur… à Hong Kong.

2. Étudiants et actifs confondus, 90% des jeunes interrogés préparent (ou ont préparé) un diplôme supérieur au baccalauréat (BTS, diplôme universitaire ou diplôme de grande école…). Ce pourcentage est très élevé. Il confirme, qu’à long terme, l’année à l’étranger à plutôt tendance a facilité les études qu’à les perturber.

3. Sur les 200 jeunes interrogés, 1 seul recherche un emploi, soit 0,5 %. On est loin de la moyenne nationale portant sur les jeunes du même âge. (Attention, à quelques exceptions près, les jeunes qui partent vivre un an à l’étranger sont issus d’un milieu socio professionnel plutôt favorisé).

4. Le pourcentage cumulé des jeunes qui vivent à l’étranger (12 %) est élevé. Sur les 24 étudiants concernés, 18 déclarent spontanément que les possibilités d’études ou d’emploi à l’étranger leur ont été offertes parce qu’ils y avaient séjourné (connaissance du pays, maîtrise de la langue, facilités d’adaptation).
Ils pensent que leur plus grande maturité et leur meilleure appréhension de l’étranger leur ont permis de mieux saisir ces opportunités.

5. Si la grande majorité des jeunes (95%) utilisent la langue acquise, une petite minorité seulement axent études et profession autour de cette connaissance. Dans l’esprit de la plupart des « anciens » la maîtrise de l’Anglais, de l’Allemand ou de l’Espagnol est un atout beaucoup plus qu’une fin en soi…
La langue est plus particulièrement utilisée par ceux qui travaillent ou étudient à l’étranger, par ceux qui travaillent ou étudient dans l’hôtellerie, le tourisme et l’enseignement et par ceux qui préparent un diplôme de langue ou d’interprétariat.

5- À LONG TERME, QUEL EST VOTRE PROJET PROFESSIONNEL ?

La question est posée aux étudiants et à ceux qui travaillent.

  • Commerce 
  • Import/export: 12% 
  • Commerce international: 8% 
  • Enseignement: 7% 
  • Carrière scientifique: 7% 
  • Théâtre / cinéma / publicité: 7% 
  • Tourisme: 6% 
  • Communication / relations publiques: 6% 
  • Journalisme: 4% 
  • Attaché de presse: 2% 
  • Hôtellerie: 5% 
  • Carrière dans l’aviation : 4% 
  • Juriste : 4% 
  • Interprète: 4% 
  • Décorateur / designer: 4% 
  • Médecin ou infirmière: 3% 
  • Autres: 5% 
  • Voyager /Utiliser les langues / bouger… : 4% 
  • Poursuivre ses études: 3% 
  • Ne sait pas: 5%

1. Certains projets sont très précis : « je veux être agent commercial dans une compagnie d’assurance », « je veux travailler à l’ONU », « être conservateur… ». D’autres sont plus flous «je veux faire du business », « je veux créer une entreprise », « …avoir une activité internationale ». Certains sont très ambitieux : « j’aimerais bien être directeur de communication d’une multinationale » ou, mieux encore, « j’envisage de rentrée au Sénat ». D’autres sont plus timides « pourquoi pas cadre administratif ».

2. Parmi les jeunes, quelques-uns ont la tête sur les épaules : « pourquoi pas une bonne petite situation dans une entreprise internationale » ou « pourquoi pas banquier ». Mais la plupart sont plus rêveurs, « Moi je veux bouger…. » , «voyager… », «voir du pays… », « le Brésil… », « le Canada », « Israël…». Les uns sont très pratiques : « je voudrais avoir une bonne situation », les autres moins réalistes : « je voudrais continuer mes études ». Quelques-uns sont très courageux « je suis prêt à tout », « je veux être commissaire de police (c’est une fille qui parle) ». Quant aux derniers, à défaut d’avoir les pieds sur terre : « je serai écrivain », ils font preuve d’originalité :: « je serai conservateur de musée ».

3. Surprise : 7% seulement des jeunes se dirigent vers l’enseignement des langues – C’est peu et cela tend à prouver que les anciens participants aux programmes ne se précipitent pas vers la solution de facilité qui consiste à penser : « je connais l’anglais donc je serai prof d’anglais ».

4. Au palmarès des désirs, mes carrières commerciales enregistrent un assez fort pourcentage (20%). Mais les carrières de la communication (journalisme, attaché de presse, relations publiques, cinéma, publicité…), avec 19%, ne leur concède qu’un petit point à l’applaudimètre.

5. Seulement 5% des jeunes qui ont été interrogés ne sont pas capables de définir leur projet professionnel.
C’est peu et cela tend à prouver :
-que la coupure d’une année laisse au jeune le temps de réfléchir (« j’y vois plus clair »)
-que les relations avec une école et un milieu étranger lui offrent des possibilités et l’aident à se diriger (« j’ai trouvé ma voie », « maintenant les choses me paraissent plus simples »).

6. Les projets, comme on peut s’en rendre compte, sont variés.
Après avoir vécu la même expérience (un an à l’étranger), mes 200 participants interrogés se sont orientés dans des directions très différentes. L’ensemble des commentaires prouve que cette année à l’étranger leur a permis de resserrer leurs centres d’intérêts, de mieux cerner leurs motivations et de préciser leurs objectifs.

6- VOS COMMENTAIRES

Points positifs

– Le plus difficile c’est le retour
– C’est difficile de quitter sa famille
– Je n’ai qu’une envie : repartir. Un an, c’est trop court
– C’est bien, très bien, super, génial, formidable et profitable
– C’est très enrichissant (malgré les problèmes d’adaptation et les difficultés).
– C’est extrêmement positif
– Je pense souvent à PIE. Vous nous offrez une chance incroyable
– Partir, c’est semer des graines qui continuent à germer pendant des années !
– Sur le coup j’ai perdu un an, mais plus j’avance, plus je m’aperçois que j’ai gagné du temps
– J’avais un super délégué
– Plus j’ai aimé les USA…mieux j’ai compris la France
– Partir un an…c’est très utile pour le jeune, mais aussi très utile pour la famille
– Je suis satisfait à 100%
– Je me suis mariée avec un Américain
– L’Amérique ça fait du bien
– J e parle de vous à tout le monde
– Si c’était à refaire, je le referais
– Non seulement c’est super, mais en plus c’est utile. Surtout quand on veut faire des études
– J’étais dans une petite ville, et même dans une petite ville, j’ai passé des moments supers
– Un an à l’étranger…ça devrait être obligatoire

Points négatifs

– Les règles sont trop strictes
– J’ai eu des problèmes dans ma famille (7%)
– Ce fut dur…surtout au début (3%)
– C’est dommage de ne pas être dans des grandes villes
– J’ai eu des problèmes avec mon délégué aux USA (6%)
– Je garde de très mauvais souvenirs. PIE ne m’a pas suivi (1%)
– La réadaptation est trop difficile
– Ce serait mieux si on pouvait conduire

Les différentes réponses et les commentaires qui les accompagnent sont enrichissants. Enthousiastes bien souvent. Sincères la plupart du temps. Positifs globalement…et au-delà de toutes espérances. Il y a peu d’ombres au tableau. Les jeunes qui sont partis un an à l’étranger se portent plutôt bien (moralement et professionnellement). La plupart d’entre eux estiment que PIE y est pour quelque chose.

Mais l’ensemble des points positifs ne doit pas cacher les difficultés. Elles sont principalement liées à des problèmes relationnels (familles et délégués à l’étranger). Il ne faut pas les négliger…C’est à PIE de tirer tous les enseignements. D’améliorer son réseau, d’être plus à l’écoute, de développer encore la communication et l’échange, afin que les jeunes participants et les familles qui les reçoivent profitent pleinement du bout de chemin qu’ils parcourent ensemble.

Les situations, fussent-elles heureuses, sont appelées à évoluer. Plus encore que les encouragements, mes failles et les imperfections nous incitent à continuer… et à nous améliorer.

Article paru dans le journal Trois-Quatorze n°11